Saint Boniface Ier

Pape et Confesseur

Fête : 25 octobre 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Prêtre romain élu pape en 418, Boniface Ier dut faire face à l'usurpation de l'antipape Eulalius avant d'être confirmé par l'empereur Honorius. Durant son pontificat, il défendit la discipline ecclésiastique, soutint saint Augustin contre les Pélagiens et maintint l'autorité romaine sur l'Illyrie et la Gaule. Il mourut en 422 après avoir consolidé la paix dans l'Église.

Biographie

SAINT BONIFACE Ier, PAPE ET CONFESSEUR (422).

Boniface, Romain de naissance et fils de Jocondus, prit, après la mort de saint Zozime, le gouvernement de l'Église (29 décembre 418). C'était un prêtre avancé en âge, d'une vertu éminente, et très-versé dans la connaissance de la discipline ecclésiastique. Élu malgré lui avec l'acclamation de tout le peuple, avec le consentement des principaux de la ville de Rome, il fut consacré dans la basilique Julienne par soixante-dix prêtres et neuf évêques de diverses provinces. Son élévation déplut à trois évêques et à quelques personnes qui leur étaient attachées ; ils donnèrent

25 OCTOBRE.

leurs suffrages à l'archidiacre Eulalius, homme intrigant et ambitieux, qui fut ordonné dans la basilique de Constantinople. Cet antipape contraignit même le Pontife légitime à quitter la basilique de Saint-Pierre, et à se retirer avec ses partisans dans celle de Saint-Paul. La cause fut déférée à une assemblée d'évêques qui, ne pouvant se mettre d'accord, décidèrent qu'un concile plus nombreux serait rassemblé pour juger toute l'affaire. En attendant, par le soin de l'empereur Honorius, Boniface et Eulalius reçurent l'ordre de sortir de la cité et de se retirer, celui-ci à Antium (Anzio), celui-là dans la basilique de Sainte-Félicité.

Mais Eulalius s'introduisit secrètement dans la ville et excita une sédition ; Honorius s'en émut, et, par un rescrit, ordonna qu'il fût expulsé de Rome et que Boniface y fût ramené ; ordre qui fut confirmé par la décision du concile des évêques réunis en plus grand nombre. Boniface, rétabli sur son siège, s'occupa de faire cesser la discorde ; il prit aussi des mesures pour empêcher qu'à sa mort l'Église ne fût déchirée par de nouveaux troubles. Bien que très-savant lui-même, il ne laissait pas d'exhorter saint Augustin à répondre aux écrits des Pélagiens ; c'est pourquoi ce docteur lui adressa ses livres, mais avec beaucoup de déférence, et moins pour l'éclairer que pour lui faire examiner et corriger ses ouvrages. Il montra beaucoup de fermeté contre les évêques de Constantinople, qui voulaient étendre leur juridiction jusque dans l'Illyrie et dans certaines provinces qui, quoique soumises alors à l'empire d'Orient, avaient toujours dépendu du patriarcat d'Occident. Il maintint avec vigueur les droits de Rufus, évêque de Thessalonique, son vicaire dans la Thessalie et la Grèce ; il exigea que les élections d'évêques, faites dans ces contrées, fussent toujours confirmées par Rufus et ses successeurs, conformément à l'ancienne discipline. Dans la troisième de ses lettres, adressées à ce même Rufus, on lit ces paroles : « Le bienheureux Pierre, apôtre, reçut de Notre-Seigneur le gouvernement de toute l'Église qui était fondée sur lui ».

Il réprima Patrocle, archevêque d'Arles, qui cherchait à étendre sa juridiction sur les métropoles de Narbonne et de Vienne. Il défendit que nulle femme, même religieuse, touchât aux vêtements sacerdotaux et sacrés, même pour les laver ; que personne ne brûlât l'encens dans l'église, à moins qu'il ne fût ministre de l'Église. Il construisit un oratoire dans le cimetière de Sainte-Félicité, auprès du corps de cette illustre martyre, et orna aussi le tombeau de saint Sylvain.

Saint Boniface mourut le 25 octobre 422, et fut enterré dans la catacombe de Sainte-Félicité, sur la voie Salaria. Dans une ordination, au mois de décembre, il avait imposé les mains à treize prêtres, trois diacres et trente-six évêques, destinés à diverses provinces. Il avait tenu le siège pendant quatre ans et quelques mois. Saint Célestin Ier fut son successeur.

Propre de Rome et Godescard.

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## LE B. JEAN-ANGE PORRO, RELIGIEUX SERVITE (1506).

Notre Bienheureux naquit d'une famille noble dans le Milanais. Sa jeunesse s'écoula dans une grande innocence de mœurs, et il la termina en entrant dans l'Ordre des Servites. On le vit dès lors avancer rapidement dans la vertu, et, bientôt promu aux Ordres sacrés, il en remplit les fonctions avec une sainteté merveilleuse. Son grand attrait était pour le silence et l'oraison ; afin de se livrer à leur pratique d'une façon plus parfaite, il se retira sur le mont Senario et y embrassa la vie austère des ermites qui avaient établi là leur séjour. Après avoir mené pendant vingt ans cette vie de retraite, il fut choisi pour supérieur de l'ermitage. Mais cette charge n'était pas selon ses goûts, et, après quelques mois, il allait se cacher dans une des grottes de la montagne. Complètement séparé du monde dans ce lieu désert, il passait tout son temps à prier et à méditer. Occupé continuellement du souvenir de la passion du Sauveur et des douleurs de la sainte Vierge, il traitait durement son corps qu'il soumettait à d'austères mortifications.

Sa sainteté ne tarda pas à le faire découvrir, et son supérieur lui confia des charges importantes, dont il s'acquitta à la satisfaction et à l'édification générale. Ses exemples contribuèrent puissamment à établir une régularité parfaite dans l'Ordre des Servites, et les novices qui sortaient d'entre ses mains portaient partout son esprit et ses sentiments. Mis de nouveau à la tête de l'une des maisons de son Ordre, il fit fleurir la piété dans tout le pays situé entre Florence et Sienne. Il travailla à l'instruction des pauvres par de bons catéchismes. Les miracles qu'il opérait et les actes de son ardente charité le firent bientôt vénérer comme un Saint. Son humilité ne pouvant souffrir

MARTYROLOGES. 635

les témoignages de respect qu'on lui rendait, il partit en secret, emportant quelques provisions et vêtu d'une mauvaise tunique de toile. Il parvint à Milan, exténué des fatigues de la longue route qu'il venait de faire et de ses mortifications passées. Il était méconnaissable, car il n'avait plus que les os et la peau. Se dérobant à tous les regards, il alla s'enfermer dans une cellule où il passa le reste de sa vie uniquement occupé de Dieu. Accablé de vieillesse et de maladie, il expira le 24 octobre 1506. Au siècle dernier, Clément XII (1730-1740) approuvait son culte, et Clément XIII (1758-1769), quelques années après, permettait aux Servites de faire son office.

Acta Sanctorum, un 24 octobre.

Événements marquants

  • Élection au pontificat le 29 décembre 418
  • Schisme avec l'antipape Eulalius
  • Exil temporaire à la basilique de Sainte-Félicité par ordre d'Honorius
  • Rétablissement sur le siège pontifical par décision d'un concile
  • Lutte contre le pélagianisme avec saint Augustin
  • Défense des droits du patriarcat d'Occident en Illyrie
  • Répression des ambitions de Patrocle d'Arles

Citations

Le bienheureux Pierre, apôtre, reçut de Notre-Seigneur le gouvernement de toute l'Église qui était fondée sur lui

— Lettre à Rufus de Thessalonique