Saint Boniface de Tarse
Martyr
Résumé
Intendant romain menant une vie de débauche, Boniface est envoyé à Tarse par sa maîtresse Aglaé pour rapporter des reliques de martyrs. Touché par la grâce, il confesse sa foi devant le juge Simplicius et subit de nombreux supplices avant d'être décapité. Ses restes, rachetés par ses compagnons, retournent à Rome où il est honoré comme un héros de la pénitence.
Biographie
SAINT BONIFACE, MARTYR
IVe siècle. — Pape : Marcel. — Empereurs : Galère ; Maximien.
Que cette histoire du martyr Boniface est profonde ! Comme on y sent cette divine nostalgie de l’âme qui a exilé et qui veut revenir !
Écoutez l’humble et forte réponse d’un pêcheur. Par faiblesse, transgressant la loi de Dieu, dans ses œuvres, il ne voulait pas du moins l’abjurer. On lui disait : « Vous, et la plupart des vôtres, vous êtes vaincus. Cette loi austère du Christ, elle est trop dure aussi pour vous, et vous ne l’observez pas ». — « Oui », dit-il, « mais nous en gémissons, et nous nous condamnons et nous obtiendrons de Dieu cette grâce de ne point nous laisser ignorer que nous avons besoin de martyre ».
Parfums de Rome, II, p. 271, éd. de 1867.
Au temps où Dioclétien, proclamé consul pour la quatrième fois, et Maximien pour la troisième, gouvernaient le monde, il s’éleva une grande sédition parmi les Gentils, à l’occasion de la persécution qui sévissait contre les chrétiens. Il s’agissait de contraindre tous les vrais adorateurs du Christ à courber la tête devant d’infâmes idoles. Les tyrans, de leur côté, avaient choisi un des officiers attachés à leurs personnes, et l’avaient investi de tous les pouvoirs ; c’était un juge cruel, astucieux et perfide, nommé Simplicius. Ils l’envoyèrent en Orient, dans la ville de Tarse, métropole de la province de Cilicie, avec la mission de faire subir un interrogatoire, en audience publique, sans distinction de sexe ni d’âge, à tous ceux qui confessaient le nom du Christ. Il devait, en même temps, employer tous les supplices, pour les faire promptement céder aux folles impiétés des empereurs.
Il y avait à Rome une femme opulente, nommée Aglaé. Elle était fille d’Acace, personnage d’une illustre famille et qui, lui-même, avait été pro-consul. Trois fois elle avait donné les jeux publics à Rome, et joui des honneurs réservés au préfet de la ville. Elle avait sous sa main soixante-treize intendants pour ses domaines, avec un chef au-dessus de cette armée, pour la commander. Il se nommait Boniface ; c’était le complice de tous les désordres de sa maîtresse. Adonné au vin et à la débauche, il aimait tout ce que Dieu déteste. Cependant il avait trois qualités excellentes : il était hospitalier, généreux et accessible à la compassion. Si, par hasard, il rencontrait un étranger ou un voyageur, il l’invitait avec empressement et affection, et le servait lui-même. La nuit, il parcourait les places publiques et les rues, distribuant des secours à tous ceux qui étaient dans le besoin.
Enfin, après de longues années, la dame romaine, touchée de la grâce de Dieu, fit venir son intendant, et lui dit : « Boniface, mon frère, tu sais en combien de crimes nous nous sommes plongés, sans avoir jamais réfléchi qu’il faudra nous présenter devant Dieu, et lui rendre compte de tout le mal que nous aurons fait en ce monde. Mais, aujourd’hui, j’ai entendu dire à des chrétiens que, si quelqu’un assiste les Saints qui combattent et meurent pour la gloire du Christ, il aura part à leur récompense, au jour terrible des justes jugements du Seigneur. En même temps, j’ai appris que dès
serviteurs du Christ combattent en Orient contre le démon et livrent leurs corps aux tourments, pour ne point renier leur maître. Va donc, et apportons des reliques des saints Martyrs, afin qu'en les honorant et en leur bâtissant des oratoires dignes de leurs combats, nous soyons sauvés par leur intercession, nous et un grand nombre d'autres ».
Le serviteur prit aussitôt avec lui une grande quantité d'or pour acheter des reliques de saints Martyrs, pour le distribuer aux pauvres en même temps, et aussi pour honorer les saints martyrs : il se choisit douze chevaux, trois litières et des parfums de toute sorte. Sur le point de partir, il dit agréablement à Aglaé : « Maîtresse, si je trouve des reliques de saints Martyrs, je les apporterai ; mais si mes propres reliques vous arrivent, recevez-les comme celles d'un Martyr ». Aglaé lui répondit : « Laisse là ton ivresse et tes extravagances ; pars et n'oublie point que tu as à porter les reliques des saints Martyrs ; et moi, malheureuse pécheresse, je t'attends bientôt. Que le Seigneur, le Dieu de l'univers, qui a daigné prendre pour nous la forme d'esclave et verser son sang pour le salut du genre humain, envoie son ange devant toi, qu'il dirige tes pas dans sa miséricordieuse bonté et qu'il accomplisse mon désir, sans égard à mes crimes ».
Boniface partit donc, et, sur la route, il se disait à lui-même : « Il est juste que je ne goûte pas même aux viandes et que je ne boive pas de vin, puisque, malgré mon indignité et mes crimes, je dois porter les reliques des saints Martyrs ». Puis, levant les yeux au ciel, il priait ainsi : « Seigneur Dieu tout-puissant, Père de votre Fils unique, venez au secours de votre serviteur ; dirigez la voie par laquelle je dois marcher, afin que votre saint nom soit glorifié dans les siècles des siècles. Amen ». Cette prière terminée, il continuait sa route.
Après quelques jours de chemin, Boniface arriva dans la ville de Tarse : il apprit qu'à ce moment-là même les saints athlètes du Christ combattaient les glorieux combats du martyre, et il dit aux serviteurs qui l'avaient suivi : « Mes frères, allez chercher une hôtellerie, et faites-y reposer les bêtes. Moi, je m'en vais visiter ceux que mon cœur aime et désire surtout rencontrer ».
Il alla donc au stade où combattaient les saints Martyrs ; il les vit dans les tortures. L'un était pendu la tête en bas, au-dessus d'un grand feu ; l'autre avait les quatre membres attachés à des pieux qui les tenaient violemment écartés ; celui-ci était écrasé par des bourreaux qui l'étouffaient ; on promenait sur celui-là un fer tranchant qui le déchirait ; à un autre on avait coupé les mains ; un autre encore avait la gorge traversée par un pieu qui était fiché en terre ; un dernier enfin, les pieds et les mains attachés derrière le dos, était frappé à coups de bâton par les bourreaux. Tous les spectateurs, à la vue de ces tourments, étaient glacés d'effroi. Que dis-je ! l'enfer était vaincu, car les serviteurs du Christ combattaient généreusement.
Boniface s'étant approché des saints Martyrs, leur donna à tous le baiser ; ils étaient au nombre de vingt ; puis, élevant la voix : « Il est grand », s'écria-t-il, « le Dieu des chrétiens ; il est grand le Dieu des saints Martyrs ! Je vous en conjure, serviteurs du Christ, priez pour moi, afin que j'aie le bonheur de devenir le compagnon de votre gloire, en combattant avec vous contre le démon ». Puis, s'asseyant aux pieds des saints Martyrs, il embrassait leurs chaînes et les baisait en disant : « Courage, ô vous, les athlètes du Christ et ses Martyrs ; combattez, foulez aux pieds le démon ; encore un peu de patience, la peine ne sera pas longue, et le repos est sans fin. Les
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tortures sont peu de chose, quand la récompense est éternelle. Ici-bas votre corps est déchiré par les bourreaux, mais au siècle à venir il sera servi par les anges ».
Cependant le gouverneur, promenant ses regards sur la foule, aperçut Boniface, et dit aussitôt : « Quel est cet homme qui ose parler ainsi, et nous vouer au mépris, les dieux et moi ? » Il le fit amener devant son tribunal, et s'adressant à lui : « Dis-moi qui tu es, pour insulter à la sainteté de mes jugements ». Boniface répondit : « Je suis chrétien, le Christ est mon maître, et je te méprise, toi et ton tribunal ». Le gouverneur dit : « Quel est ton nom ? » Boniface répondit : « Je l'ai déjà dit : je suis chrétien ; mais si tu veux connaître le nom que le vulgaire me donne, je m'appelle Boniface ». Le gouverneur dit : « Avant que la torture te déchire les flancs, approche et sacrifie ». Boniface répondit : « Je te l'ai déjà répété plusieurs fois : je suis chrétien, et je ne sacrifie pas aux démons. Si tu veux me punir, frappe ; mon corps est dans tes mains ».
A ce discours, le gouverneur, enflammé de colère, le fit suspendre, la tête en bas, et fit promener sur tout son corps les ongles de fer ; on le fit avec tant de violence que toutes les chairs furent enlevées et les os mis à nu. Mais le Bienheureux ne laissait pas échapper une parole ; ses regards étaient fixés immobiles sur les saints Martyrs. Le gouverneur, enfin, le fit détacher et remettre sur ses pieds : et après lui avoir laissé une heure de relâche, il lui dit de nouveau : « Sacrifice, misérable, et prends pitié de ton âme ». Le Bienheureux répondit : « Et toi-même, trois fois misérable, tu ne rougis pas de me répéter sans cesse : Sacrifice ! Ne vois-tu pas que le nom seul de tes vaines idoles m'est un supplice que je ne puis tolérer ? » Le gouverneur, furieux, ordonna d'aiguiser des roseaux et de les lui enfoncer sous les ongles des mains ; mais le Saint regarda le ciel et souffrit en silence. Le gouverneur, indigné de le voir insensible à ces tourments, commanda qu'on lui ouvrit la bouche et qu'on lui versât du plomb fondu. Alors le bienheureux athlète du Christ, levant les yeux au ciel, fit cette prière : « Je vous rends grâces, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu ; venez au secours de votre serviteur et allégez mes souffrances ; ne permettez pas que je sois vaincu par ce gouverneur sacrilège ; vous savez que c'est pour votre nom que j'endure ces tourments ». Et quand il eut fini sa prière, il cria aux saints Martyrs : « Je vous en conjure, serviteurs du Christ, priez pour votre serviteur ».
Les Saints lui répondirent tous d'une voix : « Notre-Seigneur Jésus-Christ enverra son ange ; il te délivrera des mains de ce juge sacrilège et dans peu il achèvera ta course, pour inscrire ton nom au rang des premiers-nés ». Après qu'ils eurent ainsi prié et dit Amen, on entendit dans la foule un long gémissement ; tous répétaient en pleurant : « Il est grand, le Dieu des chrétiens ! il est grand, le Dieu des saints Martyrs ! Christ, Fils de Dieu, sauvez-nous ; nous croyons tous en vous ; c'est en vous que nous cherchons notre refuge : anathème aux idoles des Gentils ». En même temps, le peuple entier courait à l'autel, le renversait et voulait lapider le gouverneur. Celui-ci se leva, effrayé du tumulte, et s'enfuit devant l'orage qui le menaçait.
Mais le jour suivant, dès le matin, il était assis de nouveau sur son tribunal, et se faisait amener le Saint devant lui : « Misérable », lui dit-il, « d'où te vient cette folie de vouloir mettre ton espérance dans un homme, et un homme crucifié comme malfaiteur ? » Le Martyr lui répondit : « Tais-toi, et n'ouvre pas tes lèvres impies pour nommer Notre-Seigneur Jésus-Christ. Serpent cruel, tu enveloppes ton âme d'un voile ténébreux, tu as vieilli dans les mauvais jours : anathème à toi ! Si Jésus-Christ, mon maître,
a supporté tous les tourments, c'est qu'il voulait sauver le genre humain ». Le gouverneur, irrité, ordonna qu'on emplit de poix une chaudière, et, quand elle serait bouillante, qu'on y jetât le Saint, la tête la première. Le saint Martyr du Christ y fut en effet jeté; mais il avait fait auparavant le signe de la croix. Un ange du Seigneur descendit du ciel et toucha la chaudière. Elle se fondit aussitôt comme de la cire, à la première impression du feu. Le Saint n'eut aucun mal, mais plusieurs des bourreaux furent brûlés.
Le gouverneur, épouvanté de la puissance du Christ, et s'étonnant de la patience du saint Martyr, le condamna à avoir la tête tranchée par l'épée. La sentence était conçue en ces termes : « Il n'a point obéi aux lois des empereurs; en vertu de notre pouvoir, nous voulons qu'il subisse la peine capitale ». Aussitôt les gardes s'empressèrent de l'arracher du prétoire.
Le saint Martyr ayant fait de nouveau le signe de la croix, supplia les bourreaux de lui donner quelques instants pour prier. Puis, se tenant debout vers l'Orient : « Seigneur Dieu tout-puissant », disait-il, « Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, venez au secours de votre serviteur; envoyez votre ange, et recevez mon âme dans la paix, afin que le cruel et homicide serpent, dans sa rage, ne m'empêche pas d'aller à vous; que je ne sois point le jouet de ses séductions. Donnez-moi le repos dans le chœur des saints Martyrs, et délivrez, Seigneur, votre peuple des tribulations dont l'accablent les impies; car à vous appartiennent la gloire et la puissance, avec votre Fils unique et l'Esprit-Saint, dans les siècles des siècles. Amen ».
Quand il eut achevé cette prière, le bourreau lui trancha la tête; à ce moment, la terre fut ébranlée par une si violente secousse, que tout le monde s'écriait : « il est grand le Dieu des chrétiens ! » Et plusieurs crurent au Seigneur Jésus-Christ.
Cependant les compagnons de Boniface le cherchaient partout: et ne l'ayant point trouvé, ils commencèrent à se dire les uns aux autres: « Il est maintenant dans un lieu de débauche ou dans un cabaret, à mener joyeuse vie, tandis que nous nous tourmentons à le chercher ». Or, pendant qu'ils raisonnaient ainsi, ils rencontrèrent par hasard le frère du géolier, et lui dirent: « N'avez-vous pas vu un étranger venant de Rome ? » Il leur dit : « Hier, un étranger a été martyrisé; on lui a coupé la tête. — Et où est-il ? » reprirent les autres. Il répondit : « Dans le stade; c'est là qu'il a souffert. Mais quel aspect avait-il ? » Ils dirent : « C'était un homme d'une forte stature, aux larges épaules, à la chevelure bien fournie; il portait un manteau d'écarlate ». Le frère du géolier reprit : « L'homme que vous cherchez a subi le martyre sous nos yeux ». Ceux-ci répondirent : « Non, l'homme que nous cherchons est adonné au vin et à la débauche, et il ne fait rien qui puisse lui mériter le martyre ». L'autre dit : « Qu'avez-vous à craindre ? Venez jusqu'au stade; vous le reconnaîtrez ».
Ils le suivirent donc jusqu'au stade, où il leur montra la dépouille mortelle de Boniface, étendu sans vie. Et ils lui dirent : « Nous t'en conjurons, montre-nous sa tête ». Il les quitta aussitôt et leur rapporta la tête du Martyr. Cette tête fixa un regard sur ses anciens compagnons, et, par la vertu de l'Esprit-Saint, dans ses traits se peignit un sourire. A cette vue, ses compagnons l'ont reconnu, ils pleurent amèrement, et disent : « Ne vous souvenez pas de notre péché et du mal que nous avons dit contre vous, serviteur du Christ »; puis à l'officier : « C'est bien celui que nous cherchions; nous vous prions de nous le donner ». L'officier leur répondit : « Je ne puis vous délivrer gratuitement ce cadavre ». Les compagnons de Boniface
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payèrent à l'officier cinq cents pièces d'argent et reçurent, à cette condition, le corps du Martyr: Ils l'embaumèrent avec de riches parfums, et l'enveloppèrent de linceuls d'un grand prix; puis ils le mirent sur une litière, et reprirent leur route avec joie, bénissant Dieu de l'heureuse fin du saint Martyr.
Cependant un ange du Seigneur avait apparu à Aglaé, et lui avait dit : « Celui qui était ton esclave est à présent notre frère; reçois-le comme ton maître, et donne-lui un lieu de repos digne de sa gloire. Par lui, tous tes péchés te seront pardonnés ». Aussitôt Aglaé s'était levée : elle avait pris avec elle des clercs pieux, et, tous ensemble, chantant des prières et portant des cierges et des parfums, étaient venus au-devant des saintes reliques. Elles furent déposées à cinquante stades de Rome, en un lieu où Aglaé fit bâtir un oratoire digne des combats et du glorieux triomphe du Martyr. Par la suite, les reliques de saint Boniface furent transportées au mont Aventin, dans l'église qui porte le nom de Saint-Alexis. Les deux Saints sont placés sous le même autel, le héros de la virginité angélique à côté du héros de la pénitence, redevenu ange par le baptême du sang, *angelicatus homo*.
Cependant Aglaé renonça au monde, elle distribua tout son bien aux pauvres, aux monastères et aux hôpitaux, affranchit tous ses esclaves; puis, avec quelques-unes de ses filles qui, comme elle, voulaient renoncer au siècle, elle se consacra au service du Christ. Le ciel honora son sacrifice; elle reçut du Seigneur le pouvoir de chasser les démons et de guérir, par ses prières, toute espèce d'infirmités. Elle vécut ainsi dans les exercices de la vie chrétienne pendant treize ans, au bout desquels elle s'endormit en paix.
Tels sont les actes des combats qui ont mérité la couronne de la victoire à l'illustre martyr Boniface, pour la gloire du Père et du Fils et de l'Esprit-Saint, dans les siècles des siècles. Amen.
Le Ménologe grec représente la décapitation de saint Boniface. L'attribut de sainte Aglaé pourrait être un collier de perles qu'elle foule aux pieds.
Acta Sanctorum, 14 mai.
Événements marquants
- Intendant des domaines d'Aglaé à Rome
- Vie de débauche et d'ivrognerie
- Envoi en Orient par Aglaé pour chercher des reliques
- Conversion et confession de foi au stade de Tarse
- Supplices divers (ongles de fer, roseaux sous les ongles, plomb fondu, poix bouillante)
- Décapitation par l'épée
Miracles
- Insensibilité au plomb fondu versé dans la bouche
- Extinction miraculeuse d'une chaudière de poix bouillante par un ange
- Sourire de la tête tranchée à ses compagnons
- Tremblement de terre au moment de sa mort
Citations
Je suis chrétien, le Christ est mon maître, et je te méprise, toi et ton tribunal.
Maîtresse, si je trouve des reliques de saints Martyrs, je les apporterai ; mais si mes propres reliques vous arrivent, recevez-les comme celles d'un Martyr.