Saint Camélien de Troyes

Évêque de Troyes

Fête : 28 juillet 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Disciple et successeur de saint Loup, Camélien fut évêque de Troyes pendant cinquante-sept ans au tournant des Ve et VIe siècles. Reconnu pour son humilité, sa charité et sa prudence, il assista au premier concile d'Orléans en 511 et maintint la foi de son peuple sous le règne de Clovis Ier.

Biographie

SAINT CAMÉLIEN, ÉVÊQUE DE TROYES

Puritas cordis in duobus consistit, in quæremâna gloria Dei, et utilitate praeimi.

La pureté du cœur consiste à chercher deux choses : la gloire de Dieu et le bien du prochain.

Saint Bernard.

L'école ecclésiastique dirigée par saint Loup était comme une pépinière d'évêques ; elle devait donner à l'illustre pontife un successeur digne de lui. Camélien, que quelques-uns croient être celui qui échappa au massacre des compagnons de saint Mesmin, était, de tous les disciples du prélat troyen, celui qui reproduisait le plus fidèlement les vertus de son maître. « Il alliait admirablement dans ses actions la douceur et la gravité, dans ses conseils la prudence et l'habileté. Profondément versé dans les lettres profanes, il faisait surtout des saintes Écritures ses plus chères délices, et tout en goûtant la beauté du style, il se pénétrait du sens mystérieux caché sous les mots. Il n'y avait pas un instant dans sa vie qui connût l'oisiveté ou de frivoles occupations : la pensée de Jésus-Christ réglait toutes ses démarches et leur donnait une valeur inestimable. Mais ce en quoi il excellait, c'était dans la pratique de la mortification. Il s'affectionnait au jeûne, tant il avait contracté l'habitude de la croix, et la charité seule ou le désir de cacher le secret de ses abstinences le déterminait à prendre quelquefois une nourriture plus abondante. Toujours prêt à obliger les autres, il ne demandait à personne un service dans son intérêt particulier. Son humilité allait jusqu'à céder le pas non-seulement à ses égaux, mais à ses inférieurs mêmes. Sa conversation était tellement modérée par la charité, que jamais aucun étranger ne fut humilié, jamais un ami ne fut contristé : la critique la plus soupçonneuse n'y pouvait surprendre de malice, et ses lèvres ignoraient la médisance. Simple comme la colombe dans ses fonctions pastorales, il avait au dehors la prudence du serpent ; aussi, ni bons ni méchants ne lui refusaient leur estime et leur vénération ».

Tant de vertus lui méritèrent le nom d'homme vraiment apostolique, et nous font comprendre la préférence de saint Loup, quand, pressé de désigner lui-même son successeur, il porta son choix sur Camélien. Les Troyens acceptèrent avec joie le nouveau pontife, et se félicitèrent de retrouver en lui l'image fidèle de celui qu'ils avaient perdu.

Camélien, élevé à la dignité d'évêque, ne voulut rien omettre de ses pieuses pratiques, et pour vaquer plus librement à l'oraison, il se déchargea du temporel sur un économe digne de sa confiance. Ce fut saint Aventin, son condisciple autrefois, et dont il avait apprécié le mérite et la vertu. Contentons-nous de dire ici que, fidèle interprète des sentiments généreux de son maître, Aventin distribuait en bonnes œuvres la plus grande partie des revenus de Camélien. Les veuves, les orphelins comme les indigents, associaient leurs noms dans leurs actions de grâces et leurs prières, et bien des fois Dieu, récompensant par des miracles la sainte prodigalité de l'économe et de l'évêque, permettait que les provisions, malgré ces largesses, ne subissent aucune diminution.

Sous l'épiscopat de saint Camélien, la ville de Troyes tomba sous la puissance de Clovis Ier, et fit partie de la monarchie française ; mais bien que le prince fût encore idolâtre, les Tricasses n'en restèrent pas moins fidèlement attachés à leur foi, grâce sans doute au zèle infatigable du pontife qui ne négligeait rien pour écarter de sa famille spirituelle tout ce qui était capable d'altérer les croyances religieuses ou même de les ébranler.

En 493, il accueillit au passage le roi franc Clovis Ier, quand ce prince alla jusqu'à Villery, au-devant de son épouse Clotilde. Saint Camélien assista, en 511, au premier concile, convoqué par Clovis, à Orléans, contre l'Arianisme ; il y est nommé le sixième, et signa ainsi : Camelianus episcopus ecclesiæ Tricassinæ.

Depuis ce concile, il n'est plus parlé de notre saint Évêque que pour indiquer l'année de sa mort. Elle arriva l'an 536 de Jésus-Christ, le 28 juillet, après un épiscopat de cinquante-sept ans.

Il fut mis au nombre des Saints, quelques années après, par son successeur, saint Vincent, et ses reliques précieuses reposèrent dans l'abbaye de Saint-Loup. Visitées en 1180, par les religieux de ce couvent, elles furent placées par l'abbé Nicolas Forjot dans une chasse neuve qui fut ouverte en 1606, et laissa voir le corps du saint Pontife dans le meilleur état de conservation. Les fureurs de la Révolution nous en ont privés comme de beaucoup d'autres. Il y en a cependant un fragment considérable à l'église paroissiale de Saint-Mards-en-Othe.

La fête de saint Camélien s'est célébrée jusqu'à ces derniers temps le 28 juillet de chaque année.

Extrait de la Vie des Saints de Troyes, par M. l'abbé Defer.

Événements marquants

  • Disciple de saint Loup à l'école ecclésiastique de Troyes
  • Élection comme successeur de saint Loup sur le siège de Troyes
  • Passage de la ville de Troyes sous la puissance de Clovis Ier
  • Accueil de Clovis Ier à Villery lors de sa rencontre avec Clotilde en 493
  • Participation au premier concile d'Orléans contre l'Arianisme en 511
  • Mort après un épiscopat de cinquante-sept ans

Miracles

  • Multiplication miraculeuse des provisions distribuées aux pauvres par son économe Aventin
  • Conservation du corps constatée en 1606

Citations

Camelianus episcopus ecclesiæ Tricassinæ

— Actes du Concile d'Orléans (511)