Saint Simon de Stock

Religieux Carme

Fête : 16 mai 13ᵉ siècle • saint

Résumé

Religieux carme d'origine anglaise, Simon de Stock mourut à Bordeaux au XIIIe siècle. Son tombeau devint un lieu de pèlerinage célèbre pour ses miracles, entraînant une large distribution de ses reliques en Europe. Son culte, confirmé par le Saint-Siège, reste particulièrement vivant à Bordeaux et à Londres.

Biographie

RELIGUES ET CULTE DE SAINT SIMON DE STOCK.

Simon de Stock fut enterré, selon la recommandation expresse qu'il en avait faite, à la porte de l'église du couvent des Carmes de Bordeaux, situé dans la rue et près les anciens fossés de ce nom. Mais Dieu, pour récompenser l'humilité de son serviteur, rendit aussitôt son tombeau glorieux par divers prodiges, et en particulier, par une lumière miraculeuse que l'on vit, durant plusieurs jours, rejaillir de ce tombeau.

La chambre qu'avait habitée notre Saint, durant son séjour à Bordeaux, fut érigée en chapelle l'année suivante; par ordre de l'archevêque, Pierre de Roncevaux, on y transporta ses précieuses reliques, avec solennité, et, en vertu de cette cérémonie, selon l'usage du temps, sans autre formalité, on lui déféra les honneurs de la canonisation; il fut permis, dès lors, de l'honorer d'un culte public, dans la ville de Bordeaux et dans toute l'étendue du diocèse.

Vers l'an 1276, le culte de saint Simon de Stock fut confirmé par l'autorité du Saint-Siège. Depuis la mort de saint Simon de Stock, il s'est fait, à différentes époques, une ample distribution de ses reliques aux diverses églises de l'Ordre, soit en France, en Espagne, en Allemagne, en Flandre, etc.

Le R. P. Guillaume Costalic, prieur des Carmes de Bordeaux, donna, en 1423, un bras de saint Simon de Stock aux Carmes de Gand; mais, dans les troubles excités par les hérétiques, en 1578, cette précieuse relique disparut avec tous les autres trésors de l'église. À la même époque, d'autres reliques du Saint, conservées jusqu'alors dans les églises de Cologne et de Bruges, en Flandre, eurent le même sort.

On conservait cependant avec vénération, dans l'église des Carmes, à Valenciennes, un doigt de la main droite de saint Simon; cette précieuse relique, échappée à la fureur des hérétiques, a été, depuis 1506 jusqu'en 1578, l'instrument de plusieurs miracles, et dans ce même lieu, on bénissait aussi des pains, sous l'invocation de saint Simon de Stock, lesquels, souvent, ont été l'occasion de plusieurs guérisons miraculeuses.

Jusqu'en 1592, on vit fréquemment des pèlerinages au tombeau de saint Simon de Stock, surtout des différentes contrées de la France et de l'Espagne, soit pour honorer ses reliques, soit pour implorer le secours de sa puissante protection auprès de Dieu. Parmi ces pèlerins, il s'est trouvé quelquefois des hommes d'un grand mérite, remarquables par leur piété et leur doctrine; Dieu aussi a souvent exaucé leurs vœux et récompensé leur foi par des guérisons miraculeuses. Ces pèlerinages cessèrent insensiblement lorsqu'on commença à distribuer dans les différents endroits de ces deux royaumes, quelques portions de ces précieuses reliques.

Le tombeau de Simon de Stock fut ouvert en l'année 1592, à l'occasion du voyage d'un célèbre docteur de Salamanque, religieux Carme, d'Espagne, qui était venu à Bordeaux visiter les reliques du saint. Il demanda aux supérieurs et en obtint une relique très-précieuse; savoir, l'os d'une jambe, pour l'église du couvent des Carmes de Salamanque, et une des côtes pour l'église des Carmes de Valence; ces deux reliques ont toujours été en grande vénération en Espagne. En France, l'église du couvent des Carmes d'Orléans fut enrichie, vers le même temps, d'une des côtes de saint Simon de Stock; on la conservait dans un précieux reliquaire, que l'on portait progressivement tous les ans dans la ville, la seconde fête de la Pentecôte. En 1617, les religieuses Carmélites du monastère de Paris obtinrent aussi quelque portion des reliques de notre Saint, à la sollicitation de M. Marc-Antoine de Gourgues, premier président du Parlement de Bordeaux.

Après ces distributions, on renferma tout ce qui restait à Bordeaux du corps de saint Simon de Stock dans une chasse en bois de cyprès, pour la placer sur l'autel, dans sa chapelle.

Aux jours néfastes de 93, des personnes sûres cachèrent les vénérables reliques, et lorsque Mgr d'Aviau ordonna que la confrérie du Saint-Scapulaire serait transférée à la métropole Saint-André de Bordeaux, on y porta les ossements du Saint religieux, dont l'authenticité fut soigneusement constatée. Puis, le même prélat obtint de Pie VII, en 1820, que la fête de saint Simon de Stock, déjà autorisée par Nicolas III (1277-1288), serait élevée au rite double et de précepte pour le diocèse de Bordeaux.

Nous n'avons pas l'intention de raconter ici le rétablissement des Carmes en France; disons seulement que cinq ans après leur apparition dans la ville de Bordeaux (1846), M. l'abbé Dudouble, archiprêtre de la Primatiale, remit au R. P. Louis de Gonzague, du Très-Saint Sacrement, ancien Provincial de l'Ordre, pour le Noviciat du couvent des Carmes, une relique extraite de la chasse de saint Simon de Stock.

Le couvent des Carmes, à Londres, possède aujourd'hui la plus grande relique qui existe de saint Simon de Stock, un os du tibia, ce qui est parfaitement juste, puisque cet illustre Carme était Anglais. La translation de cette relique eut lieu le 16 mai 1864, jour de la fête du Saint, patron de l'église et du couvent. Le cardinal-archevêque de Westminster présida en personne la cérémonie.

Voir sa Vie, écrite peu de temps après sa mort. Voir Stevens, Monast. Anglic., t. II, p. 159, 160; Léfand, de Script. Brit., t. II, p. 227; Papckroch, t. III, mal., p. 553; Newcourt, Repertor., vol. 1er, p. 566; Weaver, p. 139; Fuller, l. VI, p. 271; Dugdale, sous le comté de Warwick, p. 108, éd. 1730; le Père Coene de Villiers de Saint-Philippe, Bibl. Carm., t. II, p. 740, et la Vie récente du Saint, par Alfred de Moubrun, in-12, Condom, 1870.

Événements marquants

  • Enterrement à la porte de l'église des Carmes de Bordeaux
  • Translation des reliques dans une chapelle par Pierre de Roncevaux
  • Confirmation du culte par le Saint-Siège vers 1276
  • Distribution de reliques à travers l'Europe (Espagne, Allemagne, Flandre)
  • Sauvetage des reliques durant la Révolution (1793)
  • Élévation de la fête au rite double par Pie VII en 1820
  • Translation d'une relique majeure à Londres en 1864

Miracles

  • Lumière miraculeuse rejaillissant du tombeau après sa mort
  • Guérisons obtenues par l'attouchement d'un doigt de sa main droite
  • Guérisons liées à la bénédiction de pains sous son invocation