Saint David

Archevêque et Patron du pays de Galles

Fête : 1er mars 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Saint David, fils d'un prince gallois au VIe siècle, fut un moine austère et un archevêque influent. Fondateur de nombreux monastères et défenseur de l'orthodoxie contre le pélagianisme, il transféra son siège à Ménévie. Il est le saint patron du pays de Galles, reconnu pour sa piété et ses miracles.

Biographie

SAINT DAVID,

ARCHEVÊQUE ET PATRON DU PAYS DE GALLES

Vers 544. — Pape : Vigile.

Saint David était fils de Xantus, prince de la Cérétique, aujourd'hui le Cardiganshire. Il reçut une éducation très-chrétienne, qui influa sur toute la suite de sa vie. Après avoir été ordonné prêtre, il se retira dans l'île de Wight, où il vécut sous la conduite du pieux et savant Paulin, qui avait été disciple de saint Germain d'Auxerre. Dieu récompensa les éminentes vertus de David par le don des miracles. En faisant le signe de la croix, ce saint rendit la vue à son maître, devenu aveugle soit par son grand âge, soit par un effet des larmes abondantes qu'il versait dans la prière. Lorsqu'il se fut bien préparé aux fonctions du saint ministère, il quitta sa solitude, et comme un autre Jean-Baptiste sorti du désert, il alla prêcher aux Bretons la parole de la vie éternelle. Il bâtit une chapelle à Glastenbury, lieu que les premiers apôtres de la Grande-Bretagne avaient consacré au culte du vrai Dieu. Il fonda aussi douze monastères, dont le principal était dans la vallée de Ross près de Ménévie.

La règle que David donna à ses moines était fort austère. Ils travaillaient continuellement des mains en esprit de pénitence, sans jamais faire usage des animaux propres au labourage, et cela pour que leur travail fût plus pénible. La nécessité seule pouvait les autoriser à rompre le silence. Une prière non interrompue, au moins mentalement, sanctifiait toutes leurs actions extérieures. Vers la fin du jour, ils rentraient dans le monastère pour vaquer à la lecture et à la prière vocale. Du pain et des racines, dont le sel était le seul assaisonnement, faisaient toute leur nourriture, et ils n'avaient d'autre boisson que de l'eau mêlée avec un peu de lait. Après leur repas, ils passaient trois heures en oraison ; ils donnaient ensuite quelque temps au sommeil. Ils se levaient au chant du coq, et se remettaient à prier jusqu'à ce que le moment du travail fût arrivé. Leurs vêtements étaient grossiers et faits de peaux de bêtes. Quand quelqu'un demandait à être reçu dans le monastère, il demeurait dix jours à la porte ; et pendant ce temps-là on l'éprouvait par des paroles rudes, par des refus réitérés et par des travaux pénibles, afin de l'accoutumer à mourir à lui-même. S'il souffrait cette épreuve avec constance et avec humilité, il était admis dans la maison. Quant à ses biens, il les laissait dans le monde, la règle du monastère défendant de rien recevoir pour l'entrée dans la religion. Tous les frères étaient obligés de faire connaître leur intérieur à l'abbé et de lui découvrir leurs pensées et leurs tentations les plus secrètes.

Le pélagianisme s'étant montré une seconde fois dans la Grande-Bretagne, les évêques, pour le déraciner entièrement, s'assemblèrent en 512, ou

4e MARS.

plutôt en 519, à Brevy, dans le Cardiganshire. Saint David fut invité à se trouver au synode. Il y parut avec éclat, et confondit l'hérésie par la force réunie de son savoir, de son éloquence et de ses miracles. Saint Dubrice, archevêque de Caerléon, profita de cette circonstance pour lui résigner le gouvernement de son église. David, alarmé de la proposition qui lui en fut faite, fondit en larmes, et protesta qu'il ne se chargerait jamais d'un fardeau qui était beaucoup au-dessus de ses forces. En vain on allégua les raisons les plus pressantes pour l'y déterminer : jamais il ne se fût rendu, si les Pères du concile ne lui eussent ordonné expressément d'acquiescer au choix de Dubrice. Il obtint cependant de transférer le siège de Caerléon, ville alors très-peuplée, à Ménévie, aujourd'hui Saint-David, lieu retiré et solitaire.

Peu de temps après, il assembla un synode à Victoria, où les actes du synode précédent furent confirmés. On y fit aussi plusieurs canons de discipline, auxquels l'Église romaine imprima depuis le sceau de son approbation. C'était dans ces deux synodes que les églises de la Grande-Bretagne puisaient autrefois des règles de conduite.

Cependant la réputation de notre Saint augmentait de jour en jour : il était tout à la fois l'ornement et le modèle des pasteurs de son siècle. Il possédait le talent de la parole dans un degré éminent ; mais son éloquence avait encore bien moins d'efficacité que la force de ses exemples ; aussi a-t-il été regardé de tout temps comme une des plus brillantes lumières de l'Église britannique. Il fut, par la fondation de ses divers monastères, le père spirituel d'un grand nombre de Saints, qui illustrèrent l'Angleterre et l'Irlande leur patrie. Enfin, après un épiscopat long et laborieux, il mourut en paix, vers l'an 544, dans un âge fort avancé. Saint Kentigern vit des anges porter son âme dans le ciel. Son corps fut enterré dans l'église de Saint-André, qui depuis a pris le nom de Saint-David, ainsi que la ville et le diocèse de Ménévie. Auprès de cette église sont plusieurs chapelles où la dévotion attirait au moyen âge un grand concours de peuple. La principale est celle de Sainte-Nun, mère de notre Saint. Une autre est dédiée sous l'invocation de saint Lily, surnommé Gwas-Dewy, c'est-à-dire l'homme de saint David, parce qu'il était un de ses plus chers disciples. Il y est honoré le 3 de mars. Quant à sainte Nun, qui avait formé à la perfection plusieurs femmes retirées du monde, elle est honorée le 2 du même mois. Anciennement les Gallois méridionaux fêtaient les trois premiers jours de mars, en l'honneur de saint David, de sainte Nun et de saint Lily ; on ne fête plus aujourd'hui que le premier dans tout le pays de Galles. En 962, les reliques de notre Saint furent solennellement transférées à Glastenbury, avec une partie de celles de saint Etienne, premier martyr.

Alban Rottier. — Voir au martyrologe, à ce jour, quelques faits merveilleux, que cet auteur, suivant son habitude, a passés sous silence.

Événements marquants

  • Éducation chrétienne et ordination sacerdotale
  • Retraite dans l'île de Wight auprès de Paulin
  • Prédication aux Bretons et fondation de douze monastères
  • Participation au synode de Brevy contre le pélagianisme en 519
  • Succession de saint Dubrice au siège de Caerléon
  • Transfert du siège épiscopal à Ménévie
  • Présidence du synode de Victoria
  • Mort à un âge fort avancé vers 544

Miracles

  • Guérison de la cécité de son maître Paulin par un signe de croix
  • Vision de son âme portée au ciel par des anges par saint Kentigern