Saint Évremond

Abbé de Fontenay et de Montmerrey

Fête : 10 juin 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Né à Bayeux et favori du roi Clovis II, Évremond quitta la cour pour la vie monastique. Il fonda les monastères de Fontenay-le-Louvet et de Montmerrey dans le diocèse de Séez. Mort vers 720, ses reliques furent déplacées à plusieurs reprises pour échapper aux Normands puis aux Calvinistes.

Biographie

SAINT ÉVREMOND, ABBÉ DE FONTENAY ET DE MONTMERREY (vers 720).

Évremond quitta de bonne heure la ville de Bayeux, où il était né, pour aller vivre à la cour. Les qualités de son esprit, la générosité de ses sentiments et la fermeté de son caractère lui gagnèrent les bonnes grâces de Clovis II, qui le combla d'honneurs. Sa fidélité au service du roi ne lui fit pas oublier ses devoirs envers Dieu. Bientôt même la lecture assidue des livres saints lui fit comprendre le néant des biens et des dignités de ce monde, et il résolut de passer le reste de ses jours dans la solitude. Ayant communiqué son dessein à sa vertueuse épouse, celle-ci se retira dans un monastère, tandis qu'il allait lui-même chercher une retraite dans la forêt d'Écouves.

Pour imiter la pauvreté du Sauveur, il consacra ses richesses à la fondation de plusieurs églises et monastères tant d'hommes que de femmes, dans cette solitude. Au nombre de ces établissements était le couvent de Fontenay-le-Louvet, à trois lieues environ de Séez, dont il fut nommé abbé. Évremond gouverna ses religieux avec une grande sagesse, et les conduisit à la sainteté, moins encore par ses discours que par l'imposante autorité de ses exemples. Saint Annabert, évêque de Séez, ayant appris le bien que faisait saint Évremond, l'ordonna prêtre et lui confia la charge pastorale. Il l'établit ensuite abbé du monastère de Montmerrey, fondé par le Saint et situé à une petite distance de la forêt d'Écouves, et à trois lieues seulement de Fontenay-le-Louvet. Mais, quelque affection qu'il eût pour cet endroit, il n'y fixa pas son séjour, car au bout de quelque temps il s'en retourna à Fontenay-le-Louvet. Ce fut dans cet asile, témoin de sa piété, de ses mortifications, et de son zèle à procurer la gloire de Dieu, qu'il termina, vers l'an 720, une sainte vie couronnée par le don des miracles.

10 JUIN.

Son corps fut inhumé avec de grands honneurs dans l'église de Fontenay-le-Louvet, par saint Loyer, successeur d'Annobert. Des miracles illustrèrent ses funérailles, et il ne tarda pas à être honoré d'un culte public. Lorsque les Normands vinrent détruire les monastères bâtis par le Saint, ses religieux transportèrent ses précieuses reliques à l'abbaye de Saint-Évroult, cachée au milieu de la forêt d'Ouche, où elles demeurèrent jusqu'au Xe siècle. De là, elles furent transférées au monastère de Saint-Pierre d'Orléans, et plus tard données en partie à Bernard, comte de Senlis. Celui-ci les déposa, avec beaucoup de respect et de foi, dans le château-fort de Creil, persuadé que ce précieux dépôt serait une sauvegarde pour la ville contre ses ennemis. Ces saintes reliques y reposèrent, pendant plus de six cents ans, dans une célèbre collégiale élevée en leur honneur. En 1562, les Calvinistes détruisirent la partie des reliques du Saint, conservée à Orléans. De même, le 7 novembre 1567, après s'être emparés de la ville de Creil, ils brisèrent la châsse qui les contenait, les livrèrent aux flammes, et en jetèrent les cendres dans la rivière d'Oise ; mais les Chanoines de Saint-Évremond purent sauver de la destruction le chef et les bras de leur glorieux patron. Vers la fin du XVIe siècle, un des bras du Saint fut donné à l'église de Saint-Rieul de Senlis ; on continua d'honorer à Creil l'autre bras et le chef jusqu'à la Révolution. À cette époque, les reliques furent cachées ; mais on n'a pu découvrir depuis l'endroit où elles avaient été déposées. L'église paroissiale de Creil ne possède donc plus aujourd'hui qu'une petite portion des reliques du Saint, retrouvées, il y a quelques années, à Senlis. L'église de Saint-Rieul de Senlis ayant été détruite en 1791, le bras du Saint fut porté à l'église cathédrale de cette ville. Mgr Gignoux, évêque de Beauvais, reconnut cette relique en 1855.

Les diocèses de Bayeux et de Séez sont les seuls qui soient aujourd'hui autorisés, par la Sacrée Congrégation, à faire l'office de ce saint Confesseur.

Sa mémoire n'a pas cessé d'être chère aux fidèles du diocèse de Beauvais, et aux paroisses de la Barre de Semilly et de Saint-Ébremond-de-Bonfossé, au diocèse de Coutances. Ils l'invoquent et obtiennent souvent par son intercession les bienfaits qu'ils demandent au Seigneur.

Saint Évremond est représenté en abbé, ayant une chasuble à l'antique.

Extrait des Vies des Saints du diocèse de Séez, par M. l'abbé Blin, curé de Durcet.

Événements marquants

  • Naissance à Bayeux
  • Service à la cour de Clovis II
  • Retraite dans la forêt d'Écouves
  • Fondation du couvent de Fontenay-le-Louvet
  • Ordination sacerdotale par Saint Annabert
  • Fondation du monastère de Montmerrey
  • Mort vers 720
  • Translation des reliques à Saint-Évroult lors des invasions normandes
  • Translation à Saint-Pierre d'Orléans au Xe siècle
  • Destruction partielle des reliques par les Calvinistes en 1562 et 1567

Miracles

  • Don des miracles à la fin de sa vie
  • Miracles illustrant ses funérailles

Date de fête

10 juin

Époque

8ᵉ siècle

Décès

vers l'an 720 (naturelle)

Catégories

Invoqué(e) pour

bienfaits généraux demandés au Seigneur

Autres formes du nom

  • Ébremond (fr)

Prénoms dérivés

Évremond, Ébremond

Famille

  • Inconnue (épouse)