Saint Rieul de Senlis
Évêque et Apôtre de Senlis
Résumé
Premier évêque et apôtre de Senlis au IVe siècle, saint Rieul est célèbre pour les nombreux miracles survenus à son tombeau. Clovis fit rebâtir son église après avoir été témoin du miracle d'une dent sanglante. Ses reliques, protectrices de la cité, ont attiré des pèlerins illustres comme la princesse Hermengarde.
Biographie
RELIGUES ET CULTE DE SAINT RIEUL.
Clovis, notre premier roi chrétien, étant venu à son tombeau pour y faire sa prière, en fit découvrir les précieuses reliques ; et, après leur avoir rendu beaucoup de respect, il pria les évêques de lui en donner quelques ossements. Les prélats n'osèrent démentir un corps si vénérable ; mais ils ne purent refuser au roi une dent du saint Évêque. Lorsqu'ils l'arrachèrent de la mâchoire, il en coula un ruisseau de sang ; ce qui remplit encore les assistants d'une plus grande révérence. Clovis la reçut avec beaucoup de dévotion, et l'emporta avec une joie extrême ; mais, lorsqu'il voulut rentrer dans la ville, ni lui, ni ses officiers n'en purent jamais trouver l'entrée ; reconnaissant sa faute, il reporta la relique au lieu où il l'avait prise ; et, pour témoigner davantage sa piété envers saint Rieul, il fit rebâtir fort somptueusement l'église où il était enterré, et la dota de quelques fonds de terre ; il lui fit faire aussi un sépulcre d'or, où il y avait tous les ans, au jour de sa fête, un concours infini de peuple et de pèlerins ; et ce qui est merveilleux, les cerfs mêmes et les biches avec leurs faons, se mêlaient sans crainte parmi le monde, comme pour faire paraître leur joie dans cette solennité publique.
Un habitant de Senlis s'étant consacré par vœu au service de cette église, changea, quelques années après, de résolution, et s'adonna aux emplois tout à fait séculiers ; mais il fut puni de sa transgression par une cécité subite, et n'en put être guéri que par beaucoup de prières et de larmes, et en reprenant les fonctions sacrées auxquelles il était engagé par sa promesse. Un pauvre estropié des environs d'Auxerre se fit apporter au tombeau du Saint, et il y trouva une guérison si parfaite, que, après être entré dans l'église par le secours d'autrui, il en sortit en sautant, et s'en retourna à pied, plein de force et de vigueur, en son pays. Il en arriva de même à un boiteux du pays de Gâtinais, et à une pauvre fille de Senlis, qui était si percluse de tous ses membres, qu'elle ne pouvait aller qu'en les traînant misérablement contre la terre. Mais la guérison la plus illustre fut celle de la fille du roi et empereur Charles le Chauve, nommée Hermengarde : elle fut délivrée d'une fièvre qui la réduisit à l'extrémité, aussitôt qu'elle eut fait ses dévotions et communié à l'autel de ce saint sépulcre ; le roi et la reine firent de grands présents à cette même église.
Les habitants de Senlis ont souvent ressenti les effets de la protection de leur bien-aimé Apôtre ; aussi, dans les circonstances critiques, se sont-ils toujours empressés de réclamer son appui : on portait alors ses reliques dans les rues de la ville avec une grande solennité. Le 23 avril ou le dimanche qui en était le plus proche, saint Rieul reçoit encore de nos jours (1872) les hommages d'une foule de pèlerins en mémoire d'une ancienne translation de ses reliques. Deux fêtes destinées à rappeler ses miracles se célébraient autrefois le 7 février et le 13 juillet. Plusieurs chapelles lui ont été dédiées dans le Valois, où son culte a toujours été très-répandu.
Voilà ce que les auteurs que nous avons cités nous apprennent de saint Rieul. Nous savons que plusieurs savants de ces derniers temps ne tombent pas d'accord sur le temps de sa mission ; les uns ne la placent que sous l'empire de Dens, et les autres sous celui de Dioclétien. Mais nous n'avons jamais pu entrer dans le sentiment de ces auteurs, qui veulent que les Papes et les hommes apostoliques aient tellement négligé les Gaules, qu'ils aient été deux ou trois cents ans sans y envoyer de missionnaires, tandis que l'Évangile était porté chez les Scythes, les Indiens et les Drachmanes. Et d'ailleurs, comme un des auteurs que nous avons suivis, et qui vivait apparemment il y a près de huit cents ans, assure qu'il a tiré ce qu'il dit de plusieurs chartes très-anciennes, nous avons cru que nous pouvions nous y arrêter sans crainte d'erreur.
Quelques-unes de ses reliques, conservées à la cathédrale d'Amiens, furent sauvées en 1793 par M. Lecouvé, maire de cette ville, gardées jusqu'en 1852 par M. Lejeune, curé constitutionnel de Notre-Dame, et vérifiées en 1810 et en 1829. Elles se trouvent aujourd'hui confondues avec d'autres reliques dans la châsse dite de saint Honoré.
L'opinion qui fait venir saint Rieul dans les Gaules vers la fin du IVe siècle, est appuyée sur la tradition constante de l'église de Senlis, et confirmée : 1° par trois vies de saint Rieul qui remontent au XVe siècle ; 2° par l'ancienne liturgie de Senlis ; 3° par les liturgies conformes de l'abbaye de Saint-Denis et de l'église d'Arles ; 4° par les diptyques de cet évêché. — Nous nous sommes borné à revoir cette biographie, comparée par le Père Givy, qui indique, au début, les sources où il a puisé, et nous l'avons complétée avec l'Hagiographie du diocèse d'Amiens, par M. l'abbé Corblot.
30 MARS.
Événements marquants
- Mission d'évangélisation des Gaules
- Fondation de l'église de Senlis
- Translation de ses reliques sous Clovis
- Miracle de la dent sanglante devant Clovis
- Guérison miraculeuse d'Hermengarde, fille de Charles le Chauve
Miracles
- Écoulement de sang d'une dent arrachée à sa dépouille
- Impossibilité pour Clovis de rentrer dans la ville avant d'avoir rendu la relique
- Apprivoisement spontané de cerfs et biches lors de sa fête
- Guérison d'un aveugle, d'un estropié et d'une paralytique
- Guérison d'une fièvre mortelle pour Hermengarde