Saint Fuscien, Saint Victoric et Saint Gentien

Martyrs à Amiens

Fête : 11 decembre 3ᵉ siècle • saints

Résumé

Fuscien et Victoric, missionnaires romains du IIIe siècle, évangélisèrent le nord de la Gaule avant d'être accueillis à Sains par Gentien. Tous trois furent martyrisés par le préfet Rictiovare vers 303 après avoir subi de cruels tourments. Leurs reliques, découvertes miraculeusement au VIe siècle, firent l'objet d'un culte important en Picardie.

Biographie

SAINT FUSCIEN, SAINT VICTORIC ET SAINT GENTIEN

MARTYRS À AMIENS

Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et le supplice de la mort ne les atteint pas. Sagesse, III, 1.

Saint Fuscien et saint Victoric naquirent tous deux à Rome, dans le cours du IIIe siècle. Grâce à leurs courageux efforts, ils résistèrent aux séductions de tout genre que présentait alors la reine des cités. Animés du désir de propager au loin les lumières de l’Évangile, ils distribuèrent tous leurs biens aux pauvres et vinrent dans les Gaules avec saint Quentin, saint Lucien, saint Crépin, saint Crépinien, saint Piat, saint Rieul, saint Marcel, saint Eugène, saint Rufin et saint Valère. Arrivés à Lutèce, ils choisirent chacun, sous l’inspiration de la grâce, les pays qu’ils devaient évangéliser, et se séparèrent, tout en restant unis par les liens d’une même charité. Dieu leur communiqua ce pouvoir des miracles, qui donne à la parole des Apôtres une invincible autorité. Par un simple signe de croix, ils guérissaient les sourds, les aveugles, les muets et les paralytiques. Leur vie tout entière, consacrée au jeûne, aux veilles, à la prière, à la prédication, paraissait aux yeux des peuples comme un miracle permanent, qui devait procurer à la foi nouvelle de nombreuses conquêtes.

Tandis que saint Quentin, le chef de cette mission, se rendait à Amiens, Crépin et Crépinien à Soissons, Piat à Tournai, etc., Fuscien et Victoric se dirigèrent vers la Morinie, cette contrée que Virgile considérait comme placée à l’extrémité du monde. Folquin, abbé de Lobbes, dépeignait dans les termes suivants, au Xe siècle, le pays évangélisé par nos deux apôtres : « C’était une nation qui ne gardait aucune règle dans ses mœurs, plus portée à recourir aux armes qu’à recevoir des conseils, et qui, comme l’a dit un ancien, mettait plus d’abondance que de sagesse dans ses discours. Son indomptable barbarie et sa violente inclination au mal ne pouvaient être réprimées et vaincues que par la prudence et la perspicacité d’hommes d’une éminente sainteté ».

Les deux apôtres opérèrent à Thérouanne de nombreuses conversions, malgré l’hostilité des Romains et des Gaulois. Toutefois ils n’osèrent, dans la cité où les autorités romaines protégeaient le culte du dieu Mars, élever un temple au vrai Dieu. Ce fut hors des murs de la cité, là où se trouve aujourd’hui le village d’Helfaut, que saint Fuscien érigea une chapelle

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sous le vocable de la sainte Vierge ; près de ce sanctuaire, le zélé missionnaire annonçait en plein air la parole de Dieu à ceux des habitants de Thérouanne et des pays voisins qui venaient solliciter la grâce du baptême. « Tandis que j'explorais avec soin », dit Malbrancq, « le territoire d'Helfaut, le seigneur du lieu me fit voir un arpent de terre qui est situé à un quart de lieue de l'église, à droite de la route de Thérouanne ; il me dit que ce champ n'avait jamais été livré à la culture, parce que, suivant la tradition, il avait appartenu aux deux saints apôtres. J'ai supposé qu'à cause de l'exiguité de son église, l'apôtre rassemblait la multitude dans ce champ, qu'il y recevait les étrangers et qu'il y avait fondé des établissements d'hospitalité. En effet, d'anciens documents nous apprennent qu'après s'être livré à la prédication, il s'occupait de la guérison des malades, particulièrement des paralytiques ».

Victoric s'était séparé de Fuscien pour évangéliser le Boulonnais, dont l'importance avait singulièrement grandi, depuis que la domination romaine y avait établi quatre ports, *Portus ulterior*, *Portus Itius*, *Portus citerior* et *Gessoriacum*. Rencontrant une vive résistance de la part des autorités, il ne put qu'ériger une petite chapelle à l'occident de la ville, vers l'embouchure de la rivière de Liane. C'est là que se rendaient les nouveaux chrétiens du Boulonnais et même du Ponthieu.

Les généreux efforts de nos deux Saints ne devaient pas laisser de traces durables en Morinie, où la foi chrétienne avait presque entièrement disparu, quand, un siècle plus tard, saint Victrice évangélisa ces mêmes contrées. Les Morins, entraînés par la légèreté de leur caractère, devaient même retomber une seconde fois dans l'idolâtrie, après la mission de l'évêque de Rouen, et ne s'attacher définitivement au christianisme qu'au VIIe siècle, sous le long et glorieux épiscopat de saint Omer.

Fuscien et Victoric quittèrent Thérouanne pour aller à la recherche de leur compagnon Quentin et lui rendre compte du succès de leur mission. Informés de la route qu'avait prise cet apôtre, nos deux Saints se dirigèrent du côté de Paris. Arrivés à Amiens, et y voyant régner la persécution, ils se hâtèrent d'en sortir et suivirent la voie romaine de Lutèce. Le 11 décembre, en approchant de *Sama*, qui devait un jour, en l'honneur de leur martyre, porter le nom de Sains, ils rencontrèrent un vieillard, habitant de cette localité, qui venait au-devant d'eux. C'était Gentien, un des plus riches personnages du pays, selon la meilleure tradition ; simple cabaretier, d'après la croyance populaire. Travaillé secrètement par la grâce, il avait entendu parler des miracles de nos deux Saints, et peut-être avait-il écouté à Amiens les prédications de saint Quentin ; mais il n'en était pas moins resté dans les liens du paganisme. « Seigneurs », leur dit-il, « votre accent et votre costume me font supposer que vous êtes étrangers à ces contrées. Veuillez me dire dans quel pays vous êtes nés, d'où vous venez, où vous allez, et quel est le but de votre voyage ? » — « Nés à Rome, nous y avons été élevés et nous y avons sucé le lait de la doctrine catholique. Nous sommes venus dans vos parages pour vous enseigner la vérité et vous montrer le chemin du salut éternel. Séduits par les ruses du démon, vous adorez de vains simulacres, insensibles à vos prières, tandis que vous ignorez le Dieu suprême qui, après vous avoir donné la vie périssable d'ici-bas,

vous destine une vie éternelle de gloire et de bonheur. Considérez les astres qui brillent dans le firmament, les productions qui sortent du sein de la terre, et dites-moi si tous ces chefs-d'œuvre peuvent devoir leur existence à vos fragiles simulacres. Non, le Dieu suprême est l'auteur de cette ordonnance de la nature ; c'est lui qui a suspendu les cieux dans l'espace, qui a affermi la terre sur ses bases et enchaîné les flots de l'océan dans leur lit de sable. D'un seul mot, il a tout créé, et, par le souffle de son esprit, il a assuré la durée de son œuvre. C'est son Fils, c'est Jésus-Christ, auteur de toutes choses, que nous venons vous annoncer, pour que vous ne soyez pas victimes de vos erreurs pendant toute l'éternité. En ce moment », continua Fuscien, « nous sommes à la recherche de notre vénérable compagnon, le très-noble Quentin qui, comme nous, et dans le même but, a quitté sa ville natale ».

Gentien, frappé de ce langage et poussant un profond soupir, répondit : « Depuis trois jours, j'éprouve un mystérieux penchant à croire à ce Dieu dont vous m'exposez la puissance. Quant à son serviteur Quentin, qui évangélisait les habitants d'Amiens, il a été incarcéré, torturé par les ordres du Préfet et enfin chassé de la ville. Déjà quarante-deux jours se sont écoulés depuis qu'il a eu la tête tranchée à Auguste-de-Vermandois (Saint-Quentin). Les mêmes supplices vous menacent, vous que l'on considère comme les ennemis des dieux et de la chose publique. Des soldats ont reçu l'ordre de vous arrêter. Mais, je vous en prie, mes seigneurs et pères, venez sous mon toit pour y prendre une bouchée de pain et vous reposer un peu ».

A cette époque, Rictiovare venait d'arriver à Amiens. Maximien-Hercule, associé à l'empire par Dioclétien, ayant trouvé dans Rictiovare un digne émule de ses fureurs contre le christianisme, l'avait nommé préfet, terme un peu vague que l'on interprète généralement par préfet du prétoire ; et c'est en cette qualité qu'il avait ensanglanté de ses persécutions les diocèses de Reims, de Soissons et de Noyon. A Trèves, il avait fait un tel massacre de chrétiens, que les eaux de la Moselle s'étaient rougies du sang des martyrs. Ses émissaires parcouraient les villes et les campagnes, en publiant les édits qui ordonnaient d'arrêter les chrétiens et de les livrer aux tribunaux romains.

Rictiovare, ayant appris que Fuscien et Victoric avaient traversé la ville d'Amiens, se mit à leur recherche et arriva à Sains, avec une troupe de soldats, en face même de la maison où Gentien avait offert à nos deux Saints les services empressés de l'hospitalité !

Le farouche préfet donna ordre de les arrêter et de les enchaîner ensemble. Gentien, ému d'une subite indignation, s'élança, l'épée à la main, sur l'inique persécuteur, en lui interdisant l'entrée de sa maison. « Ce n'est point », dit le biographe de nos Saints, qu'il eût l'intention de frapper le persécuteur, « il voulait seulement faire naître pour lui l'occasion du martyre ». — « D'où te vient cette fureur », s'écrie Rictiovare ? « Pourquoi veux-tu me percer de ton glaive ? » — « Tu ne mérites pas un autre sort, puisque tu persécutes les serviteurs de ce Christ, par qui tout a été créé, et dont la volonté toute-puissante régit les lois du monde. Pour lui rendre hommage, je n'hésite pas à sacrifier ma vie ; car je proclame que, moi

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aussi, je suis son serviteur ». Rictiovare, encore plus irrité par une pareille profession de foi, ordonna que Gentien fût décapité immédiatement en présence de ses deux hôtes.

Rictiovare, s'étant assis sur son siège de pestilence, ordonna aux juges de l'assister, et, entouré de la foule populaire, il procéda à l'interrogatoire des deux chrétiens : « Je ne doute pas que vous soyez romains ; je le vois à votre physionomie ; mais faites-moi connaître quels sont les dieux que vous faites profession d'adorer ». — « Nous n'adorons point les dieux des païens, que nous considérons comme de vains simulacres ou comme des incarnations du démon. Nous sommes les adorateurs de Dieu le Père, qui seul est éternel, qui seul est immuable dans ses desseins. Sans jamais varier, il gouverne tout ce qui est variable ; sans perdre son unité, il préside à la diversité des êtres : il est partout et pénètre toutes les créatures en les enveloppant de son omnipotence. Bien différent des hommes, il n'a point eu de commencement et n'aura point de fin ; aucune limite ne saurait borner l'extension de sa puissance. Avant l'origine des temps, il a engendré un fils coéternel, égal à lui en toutes choses. Mystère insondable ! Un Dieu enfante un Dieu ; la lumière sort de la lumière, l'immensité produit l'immensité, l'incompréhensible engendre l'incompréhensible ! Ce Fils, né du Père avant l'origine du temps, a voulu naître d'une mère mortelle ; semblable à l'ambre, un en deux natures et composé d'une double nature, il est resté Dieu avec le Père, et, pour notre salut, il s'est fait homme dans le sein de Marie, que l'Esprit-Saint a couvert de son ombre mystérieuse, pour qu'elle conservât sa virginité ». — « Vous êtes fous », interrompit Rictiovare. « Renoncez à ces aberrations et sacrifiez aux dieux, sans quoi je vous livre aux supplices ». — « Nous ne les redoutons pas », répondirent les Saints ; « nous serons même heureux de souffrir et de mourir pour le nom du Christ. Nous échangerons volontiers cette demeure terrestre pour la cité éternelle, dont Dieu est l'architecte. Écoute nos conseils ; abandonne tes vaines superstitions ; convertis-toi au Dieu véritable qui te pardonnera tes péchés et te donnera le bonheur sans fin, au lieu que les statues de métal que tu adores, sont impuissantes par elles-mêmes et seront cause que le démon t'entraînera dans les flammes éternelles ».

Rictiovare, emporté par une folle fureur, ordonna que les deux chrétiens fussent chargés de fers pour être conduits à Amiens et enfermés dans un sombre cachot. Les Saints se mirent en route, pleins d'une joie céleste. « Deux fois en chemin », dit M. Salmon, « Rictiovare les fit arrêter et torturer, selon la tradition, sans pouvoir abattre leur constance, et les deux endroits où il leur fit subir ces supplices sont encore marqués par des croix de pierre, mutilées par le temps, dont on voit l'une près de Sains, et l'autre en face de la grille de l'ancienne abbatiale de Saint-Fuscien ».

Arrivés à environ un mille de l'endroit où ils avaient été arrêtés, les deux martyrs s'agenouillèrent et, versant des larmes, adressèrent à Dieu cette fervente prière : « Seigneur Jésus-Christ, essence de toute lumière, vous qui êtes et qui étiez avant la création du monde ; qui de vos doigts mesurez les cieux, qui pouvez renfermer l'univers dans le creux de votre main, qui avez les chérubins pour trône, qui sondez jusqu'au fond des abîmes, qui déchaînez les tempêtes, qui donnez aux bons et aux méchants les bienfaits du soleil et de la pluie ; ô Seigneur, en qui nous croyons, nous

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espérons et nous vivons, daignez recevoir notre dernier soupir, et ne nous oubliez pas dans l'éternité ! »

Après avoir achevé cette prière, ils dirent à Rictiovare : « Quelle joie pour nous si tu embrassais notre foi ! Mais, hélas ! ton âme obstinée court à sa perte. Ah ! malheureux, cesse d'accroître tes iniquités, pour trouver grâce auprès du Seigneur ». — « Vous me menacez toujours de supplices éternels », dit Rictiovare : « eh bien ! c'est vous qui allez maintenant subir des tortures, si, sur-le-champ, vous ne sacrifiez pas aux dieux ». Les Saints répondirent : « Cruel envers toi-même, comment pourrais-tu être bon pour autrui ? Ne redoutant pas pour toi-même la mort éternelle, qu'y a-t-il d'étonnant que tu nous condamnes à la mort temporelle. Nous sommes prêts à subir tes tortures ».

Rictiovare leur fit enfoncer, dans les narines et les oreilles, des broches de fer, et, dans la tête, des poinçons rougis au feu ; il ordonna ensuite qu'on leur arrachât les yeux et qu'on les perçât de flèches ; lui-même, saisissant un javelot, le lança contre eux. Enfin, comme les patients n'avaient point entièrement succombé à ces horribles tourments, il leur fit trancher la tête.

Ce martyre s'accomplit le 11 décembre, vers l'an 303, à l'endroit même où s'éleva plus tard le chœur de l'église abbatiale de Saint-Fuscien, espace aujourd'hui enclos dans le jardin du pensionnat des frères de Saint-Joseph !

Vers la chute du jour, des chrétiens profitèrent de l'obscurité pour se rendre à Sains, là où gisaient les corps réunis des trois martyrs. Ils les inhumèrent en chantant des hymnes à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'église de Sains.

Au-dessus de l'ancienne crypte de l'église de Sains, s'élève un remarquable tombeau qui date de la fin du XIIe siècle ou du commencement du XIIIe. Il mesure deux mètres trente-six centimètres de long, sur un mètre onze centimètres de large, et a, pour supports, six petits piliers, hauts de quarante-trois centimètres. Les trois Saints, de grandeur naturelle, sont couchés sur le dos ; ils portent une barbe longue et l'auréole. Le personnage du milieu a les mains jointes. A leurs pieds, un bas-relief, divisé en deux scènes, représente, en face de Rictiovare à cheval, la décapitation de saint Victoric et de saint Fuscien. Plus loin, ces deux mêmes Saints, portant leur tête dans leurs mains, vont rejoindre le corps inanimé de saint Gentien. Il y a, sous le tombeau, un trou dans lequel les pèlerins ont coutume de prendre de la terre qui a été jadis en contact avec les corps de ceux que les habitants du pays appellent nos trois saints Martyrs.

Au portail Saint-Firmin de Notre-Dame d'Amiens, on voit saint Fuscien et saint Victoric, tenant leur tête dans leurs mains, et saint Gentien, vieillard à longue barbe, armé du glaive qu'il tira contre Rictiovare. Le support de sa statue, personnage imberbe tenant un coutelas, pourrait bien être le préfet Rictiovare.

Jadis, il y avait, dans les entre-colonnements du chevet du chœur de l'église de Saint-Quentin, six groupes de sculptures consacrés à l'histoire de nos saints Martyrs, et formant suite aux bas-reliefs de saint Firmin et de saint Jean-Baptiste. On y voyait saint Gentien donnant l'hospitalité aux deux Apôtres de la Morinie ; les divers supplices des deux missionnaires, leur décapitation, leur retour à Sains en portant leur tête dans leurs mains ; enfin, la découverte et la translation de leurs reliques. Ces groupes, exécutés en 1514 et 1551, aux frais de deux chanoines, ont été détruits

VIES DES SAINTS. — TOUR XIV. 13

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pour faire place aux travaux de décoration, imaginés par M. de La Motte. On voit la statue de saint Victoric au portail amoureux de la Collégiale de Saint-Quentin.

M. l'abbé Haigneré, dans sa notice sur Notre-Dame de Saint-Sang, mentionne la tradition qui attribue l'origine de ce sanctuaire à un oratoire bâti par saint Victoric, et cite le passage suivant d'un manuscrit de Dubuisson (XVIIIe siècle), conservé à la bibliothèque de Boulogne-sur-Mer : « Sur l'un des tableaux dont cette chapelle était décorée et qui en faisait le lambris, paraissait un vieillard, assis au pied d'un arbre, l'Évangile à la main, et environné d'une foule de peuples, auxquels il annonçait la parole de Dieu. La ville haute était d'un côté, avec la tour d'Ordre ; un ange, descendu du ciel, venait couronner de fleurs celui qui prêchait les merveilles de Jésus-Christ, et au pied du tableau était écrit : Sanctus Victoricus Christi fidem prædicasse Bomoniensibus et adiculam Deo hic erexisse traditur ; martyrio coronatus est Ambiani, anno CCCII. »

Dans un Lectionnaire du XIIe siècle, provenant de l'abbaye de Corbie, une miniature, d'assez bon caractère, nous montre saint Gentien, vieillard à longue barbe, appuyé sur un bâton et sortant de sa maison pour offrir l'hospitalité à saint Foscien et à saint Victoric. Les deux Apôtres sont nu-pieds et munis de longs bâtons de voyage.

Un autre manuscrit de la même provenance, Collectaire du XVe siècle, figure saint Gentien à genoux, près de recevoir le coup d'épée du bourreau, tandis que saint Fuscien et saint Victoric, témoins de ce martyre, sont attachés chacun à un arbre. — Un exemplaire manuscrit de la Légende dorée représente les deux saints Martyrs, tenant leur tête dans leurs mains, et arrivant à la maison de Gentien, étendu mort sur le seuil de sa porte.

## CULTE ET RELIQUES.

Le culte des saints Fuscien, Victoric et Gentien, est commun aux diocèses d'Amiens, de Soissons, d'Arras, d'Orléans et de Paris. Il était fort répandu dans les anciens diocèses de Théronanne, de Boulogne et de Saint-Omer. La fête des trois Saints est inscrite dans presque tous les anciens bréviaires qui suivaient la liturgie parisienne. Ce ne fut qu'en 1776 que leur culte fut introduit dans le diocèse d'Ypres par l'évêque de Wavrans. Les trois martyrs sont honorés tout spécialement à Soins, à Saint-Fuscien et à Beaugency.

L'évêque Robert de Fouilloy, en août 1318, à la suite d'une délibération capitulaire, érigea en double de première classe la fête des trois martyrs, et ordonna que, le 11 décembre, leur chasse serait portée processionnellement. En 1666, Fr. Faure supprima cette fête, chômée jusqu'alors avec vigile et jeûne, et la transféra au troisième dimanche de l'Avent. Pendant la terrible peste de 1668, qui fit vingt mille victimes à Amiens, on porta processionnellement les reliques des trois Saints avec les autres chasses de la cathédrale.

L'église de Sains était jadis très-fréquentée. Les pèlerins, qui s'y rendaient d'Amiens, avaient coutume de s'arrêter sur la colline qu'on appelle le Montjoie. Ils y formaient des monceaux de pierre, où ils plantaient de petites croix de bois, en réjouissance de ce que, du haut de cette éminence, ils apercevaient trois sanctuaires privilégiés, l'église de Sains, Saint-Pierre de Corbie et la cathédrale d'Amiens.

L'introduction de la liturgie romaine a fait étendre à tout le diocèse, pour la fête de saint Fuscien, le rite double de deuxième classe, auparavant réservé au chapitre de la cathédrale.

Outre la fête principale, qu'on désignait vulgairement sous le nom des Saints engelés, parce qu'on la célébrait en hiver, on faisait jadis, au 27 juin, la Saint-Fuscien d'été, c'est-à-dire la fête de l'invention des reliques par saint Lupicin. On la trouve, sous le rite double, dans les anciens Bréviaires d'Amiens et de Corbie ; sous le rite semi-double, dans les Propres de Corbie et de Saint-Quentin. Dans la liturgie actuelle d'Amiens, on ne fait plus aucune mémoire de cette invention.

En 1547, un autel fut dédié à saint Victorice (c'est le nom encore usité en Vermandois), dans l'église collégiale de Saint-Quentin. Saint Victoric avait cinq fêtes spéciales dans l'ancienne liturgie.

SAINT FUSCIEN, SAINT VICTORIE ET SAINT GENTIEN, MARTYRS.

gie de Saint-Quentin : 12 janvier, *Tumulation de saint Quentin, saint Victorie et saint Cassien*, anniversaire du jour où ces trois corps saints furent réintégrés dans la crypte, en l'an 900, par Rambert, évêque de Noyon ; — 2 mai, *Élicitation des mêmes Saints, anniversaire du jour où ils furent tirés de la crypte, l'an 1228, pour être mis dans la nef ; — 19 mai, *Avènement des reliques de saint Firmin, saint Fuscien, saint Victorie, saint Gentien, saint Honoré, etc., données en 893 par Otger ; — 2 septembre, seconde *Élicitation de saint Quentin, saint Victorie et saint Cassien*, commémoration du 2 septembre 1257, époque où on place les châsses de ces Saints sur le grand autel ; — 30 octobre, fête de la *Translation de saint Victorie d'Amiens, à Saint-Quentin, en 895*.

Les noms de Fuscien, Victorie et Gentien sont inscrits dans les anciennes litanies d'Amiens et de Corbie, et dans les plus vieux martyrologes. Contrairement à l'usage moderne, qui donne une sorte de primauté à saint Fuscien, le nom de saint Victorie est indiqué le premier dans les martyrologes de saint Jérôme, de Florus, d'Usnard, d'Adon et de Raban-Maur.

Saint Fuscien est le patron de Berny-sur-Noye, Grand-Lavier, Saigneville et Wanel (Somme) ; de Lottinghem (Pas-de-Calais).

Saint Gentien est le patron de Deniécourt (Somme), et de Pluherlin, dans l'arrondissement de Vannes (Morbihan).

Saint Fuscien et saint Gentien sont les patrons de Morcourt.

Saint Fuscien, saint Victorie et saint Gentien, réunis, sont les patrons de la Mesge, Firoy, Sains, Saloux-Salouet, Saint-Fuscien-sur-Bois (Somme) ; de Flachel et de Frocourt (Oise). Ce n'est que depuis l'époque du Concordat qu'ils ne sont plus patrons secondaires de Jeaugency. Une rue d'Amiens, ainsi qu'un village du canton de Sains, porte le nom de Saint-Fuscien.

Nous allons grouper tout ce qui concerne les reliques de saint Fuscien, depuis leur invention jusqu'à nos jours : nous mentionnerons aussi celles de saint Victorie et de saint Gentien, quand il s'agira de faits corrélatifs aux trois martyrs ; mais nous parlerons ensuite séparément de ce qui regarde exclusivement saint Victorie ou saint Gentien depuis le XIIe siècle.

Le lieu de sépulture des trois martyrs resta longtemps ignoré, et ne fut révélé qu'en 555 par un prodige. Lupicin, prêtre de la ville d'Amiens, venait, après avoir récité l'office de nuit, de s'endormir dans un champ près d'Amiens, quand un ange lui apparut et lui dit : « Lève-toi et dirige-toi vers une crypte ombragée d'arbres que je te désignerai : c'est là que tu trouveras les corps de Gentien, de Fuscien et de Victorie ». Le vénérable prêtre, s'étant réveillé, s'arma d'un sarcloir, se rendit à l'endroit indiqué, creusa profondément la terre et découvrit les corps des trois martyrs. Aussitôt, il rendit grâces à Dieu et laissa éclater sa joie en hymnes d'allégresse. Le bruit de ses chants parvint miraculeusement aux oreilles de saint Honoré, évêque d'Amiens, qui célébrait alors le saint sacrifice de la messe, dans sa cathédrale, à cinq milles de Sains. Le fervent évêque était à la recherche de Lupicin, quand celui-ci vint le trouver et lui raconta l'heureuse découverte qu'il avait faite. Saint Honoré, suivi d'une foule de fidèles, se rendit processivement à l'endroit où gisaient les corps des saints martyrs, et d'où s'exhalait une suave odeur. Il offrit à ces reliques le tribut de vénération qui leur était dû, en remerciant le Seigneur d'avoir glorifié son épiscopat par un tel bienfait.

La nouvelle de cette découverte étant parvenue rapidement aux oreilles de Childebert Ier, roi de France, il commanda à ses chapelains d'aller à Sains chercher ce précieux trésor ; mais ce fut en vain que ceux-ci voulurent exécuter cet ordre ; car lorsqu'on essaya d'enlever les corps saints, ils devinrent si pesants, qu'il fut impossible de les mouvoir. Childebert, instruit de ce fait, ordonna de réensevelir les corps saints à l'endroit même où on les avait découverts, et d'ériger une église sur leurs tombeaux. Ce fut à cette occasion que le roi fit don à l'église d'Amiens de la terre du Mesge, située dans l'Amiénois. De nombreux miracles s'accomplirent sur ce triple tombeau qui vit guérir des aveugles, des sourds, des muets, des paralytiques, des infirmes et des possédés.

À l'époque où les Normands ravagèrent les environs d'Amiens, probablement vers l'an 859, on transporta les reliques des trois Saints, pour les mettre en sûreté, dans la cathédrale d'Amiens. Il est certain qu'elles y étaient en 865, puisqu'à cette époque, l'évêque Hilmerade donna une relique de saint Fuscien à l'abbaye de Saint-Riquier, sur la demande que lui en avait faite Odolphe, trésorier de ce monastère.

En 1036, l'évêque Gervin adressa à Lambert de Guines, évêque d'Arras, la lettre suivante : « Dans la sainte église d'Amiens, confiée à notre faiblesse, on prépare, par les soins d'un de nos prêtres, une chasse d'or, d'argent et de pierreries, pour y mettre les reliques de saint Fuscien ; cette cérémonie aura lieu le jour de la Saint-Michel. Sachant que vous êtes agréable à Dieu et aux hommes par vos œuvres et vos doctrines, nous n'hésitons pas à venir vous demander votre aide et votre concours. Nous sommes persuadé que, laissant la toute affaire, vous accéderez à notre désir, et qu'ainsi vous réjouirez l'Église d'Amiens, en même temps que vous vous ménagerez la protection de notre glorieux Martyr devant le trône de Dieu ». Il est à croire que Lambert se rendit à cette cérémonie, qui se fit le 29 septembre. Une seconde translation, dans une chasse en vermeil, eut lieu en 1175, sous l'épiscopat de Thibaut. Guillaume de Mâcon fit l'ouverture de cette chasse en 1253.

En 1628, alors qu'on répara le clocher doré de la cathédrale d'Amiens, le Chapitre fit mettre

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Dans la boule qui est au-de-sous de la croix, quelques reliques de nos trois Saints, contenues dans un cœur de bronze doré. Cet usage de déposer des reliques au sommet des clochers, pour les préserver de la foudre, remonte au moins au commencement du XIVe siècle : car, en 1362, on en mettait dans la boule du clocher de Saint-Pierre de Limoges, qui avait été frappé par le tonnerre.

Le 12 juillet 1631, l'évêque Lefebvre de Caumartin donna la clavicule gauche de saint Fracien à l'abbaye de Saint-Fracien, sur la demande que lui en avait faite l'abbé de ce monastère, Charles d'Ailly.

Le 12 mars 1663, Antoine Rogeau, curé de Salus, découvrit contre le pigeonnier du sarcophage, mais en dehors, des reliques des trois Mariyas, renfermées dans trois boîtes, qui sans doute avaient été laissées là, à dessein, quand, au IXe siècle, on transféra les corps à la cathédrale d'Amiens.

Mgr Faure fit la translation, dans une châsse provisoire, de ce précieux dépôt, le 27 juin 1664. Il vint tant de monde à Salus, de la Picardie, de l'Artois et de la Flandre, que les portes de l'église restaient ouvertes tout le long du jour, pour satisfaire la piété des pèlerins. Le 17 août de l'année suivante, ces reliques furent déposées dans une châsse d'argent, donnée par Pierre Le Billon, conseiller du roi en la cour d'Amiens. Ce fut l'origine d'une confrérie de Saint-Fracien qui s'établit à Salus, dont les statuts furent imprimés en 1665 et à laquelle le pape Alexandre VII accorda des indulgences. En 1667, la châsse romane de la cathédrale fut restaurée, aux frais d'un paroissien de Saint-Firmin le Confesseur.

Une relique de saint Fracien, qui se trouvait à Paris, dans l'église Sainte-Aubierge, près de l'Observatoire, fut portée, en 1700, à la cathédrale de Pamiers. Divers anciens inventaires mentionnent des reliques de nos trois Saints dans les abbayes de Saint-Vaast à Arras, de Saint-Bertin à Saint-Omer, aux Chartreux d'Abbeville, à la collégiale de Saint-Nicolas d'Amiens, etc.

Les importantes reliques de saint Fracien, jadis conservées à la cathédrale d'Amiens, ont été dispersées pendant la Révolution : on ignore ce qu'elles sont devenues. On en conserve de plus ou moins considérables à l'hôtel-Dieu, à Saint-Jacques et au couvent des Clarisses d'Amiens ; à Berny (Ailly-sur-Naye), au Meuge (partie du bras), à Sateux et à Saint-Fracien. Voici la liste des ossements vénérés dans l'église de Salus : trois fémurs, trois vertèbres cervicales, un cubitus, deux petites côtes, un côté d'un maxillaire, un radius, une apophyse, quelques fragments, et un tibia de saint Gentien, donné, en 1568, par M. Bouillet, curé-doyen de Corbie. La majeure partie de ces reliques, qui avaient disparu à la Révolution, a été retrouvée, en 1668, par M. Messio, sous le marchepied du maître-autel. Les authentiques de 1664 et 1665 y étaient jointes.

L'abbaye de Notre-Dame de Beaugency (Loiret) prétendait posséder les chefs de nos trois Saints dans trois bustes d'argent. Une translation en fut faite, en 1259, par Philippe Berruyer, archevêque de Bourges, et Robert de Courtenay, évêque d'Orléans. Échappées en partie aux déprédations des Calvinistes, ces reliques, dit-on, furent sauvées, en 93, par un habitant de Beaugency, et réintégrées plus tard dans l'église de Notre-Dame, devenue paroissiale, où elles sont, aujourd'hui encore, l'objet d'une grande vénération.

Il y a évidemment erreur dans l'attribution de ces reliques, en ce qui concerne saint Gentien, dont le chef fut conservé jusqu'à la Révolution à l'abbaye de Corbie, et aussi en ce qui concerne saint Victorie, dont le chef est encore aujourd'hui vénéré à l'église de Saint-Quentin.

L'évêque Otger, en mémoire de ce qu'il avait été chanoine de la collégiale de Saint-Quentin, donna à cette église le corps de saint Victorie, dont il conserva toutefois plusieurs ossements. Cette translation eut lieu le 30 octobre 895. Trois niches furent creusées dans la crypte de la collégiale ; on mit le corps de l'apôtre du Vermandois dans celle du milieu, saint Victorie à sa droite et saint Cassien à sa gauche. Robert, comte de Vermandois, donna à cette occasion sa terre de Sinceny, avec toutes ses dépendances, pour augmenter le luminaire de l'autel.

Quelques années plus tard, la crainte des Normands fit transporter à Laon ces trois corps saints. Vers l'an 980, ils furent réintégrés dans la crypte par Rambert, évêque de Noyon. C'est ce souvenir qu'on célébrait à Saint-Quentin, le 12 janvier, par la fête de la Tumulation des corps de saint Quentin, saint Cassien et saint Victorie.

Le 2 mai 1228, avant de travailler au chœur de l'église de Saint-Quentin, on tira de la crypte les corps de saint Quentin, de saint Victorie et de saint Cassien, et on les déposa provisoirement dans la nef.

Le 2 septembre 1257, alors que l'église fut terminée, ces reliques furent mises dans des châsses par Thomas Ier de Beaumetz, archevêque de Reims, assisté de Gérard de Conchy et des autres évêques de la province, en présence de saint Louis et de ses fils.

Au moyen âge, les habitants de Saint-Quentin désignaient les reliques de notre Saint sous le nom de *chor de saint Victorie*, parce que le corps est, pour ainsi dire, la voiture de l'âme.

À la Révolution, les reliques de saint Victorie furent heureusement soustraites à la profanation. Au mois de novembre 1793, elles furent enterrées, ainsi qu'un grand nombre d'autres reliques de l'église de Saint-Quentin, par deux serviteurs dévoués de la collégiale qui n'eurent que ce moyen de les sauver de la destruction dont elles étaient menacées. En août 1795, elles furent exhumées et reconnues en même temps que celles de saint Cassien, avec lesquelles elles avaient été confondues. Actuellement, elles sont conservées dans deux belles châsses de bois doré qui se trouvent au-dessus de l'autel de la chapelle de la sainte Vierge. La majeure partie du crâne du saint Mariya

est conservée à part dans une petite châsse de bois doré, de forme quadrangulaire, dont les vitres permettent d'apercevoir la relique. On y lit cette inscription : Restes du chef de saint Victorie, martyr. Deux parcelles de ce crâne ont été données à l'église de Saint-Fuscien.

En 1631, les religieux de Corbie accordèrent quelques reliques de saint Victorie à l'abbaye de Saint-Fuscien. Des reliques de ce saint Martyr sont vénérées à Sains, à Saint-Fuscien, à Braine et à Soissons.

Francon, abbé de Corbie et frère d'Hermenfroi, comte d'Amiens, désirait vivement enrichir son monastère des reliques de saint Gentien, conservées à la cathédrale d'Amiens. Pour arriver à cette fin, il sut profiter de l'amitié que lui portait l'évêque Otger, et sollicita le corps de saint Gentien, comme un gage de leur affection mutuelle. Le prélat trouva que cette translation n'était point sans difficultés ; mais, quelque temps après, il engagea sa parole et la fit ratifier par les gardiens du trésor. Ce furent ces dociles approbateurs, gagnés déjà par Francon, que l'évêque chargea d'exécuter sa promesse, pendant qu'il s'abstenterait de la ville. Au jour convenu, le 7 mai 893, vers le soir, Francon arriva à Amiens accompagné des religieux qui devaient transporter la châsse. Par mesure de précaution, il avait laissé sur la route un certain nombre d'habitants de Corbie, lesquels, au besoin, pouvaient lui prêter main-forte. Les moines s'introduisent furtivement dans l'église, grâce à la connivence des gardiens, s'emparent du trésor si ardemment convoité et rejoignent la troupe des Corbieis. Cependant l'aurore venait de paraître et les Amiénois avaient appris le rapt qu'on avait effectué. Animés d'une sainte colère, ils s'arment à la hâte et courent à la poursuite des ravisseurs. Les deux troupes se rencontrent et le sang allait couler, quand Bien, dit un chroniqueur anonyme, enveloppa les deux partis d'un brouillard si épais que toute Mitalile devenait impossible. Les Amiénois se résignèrent alors à la volonté du Très-Haut, tandis que les Corbieis continuèrent leur marche triomphale, en voyant grossir sans cesse autour d'eux le cortège d'honneur qui suivait les insignes reliques. Arrivés à Corbie, ils se rendirent processionnellement, avec toute la population, dans l'église de Saint-Pierre, où la châsse fut honorablement placée.

Le chef de saint Gentien fut mis à part dans un reliquaire de vermeil en forme de ciboire. Chaque année, le curé et les marguilliers de Saint-Albin lui offraient un chapeau de roses. Les moines de Corbie, par reconnaissance, célébraient l'anniversaire de la mort d'Otger, le 1er août.

En 1631, les religieux de Corbie accordèrent à l'abbaye de Saint-Fuscien un fragment du radius de saint Gentien. L'abbaye de Corbie, en 1633, donna une côte de saint Gentien et une partie de son chef au Chapitre de Saint-Florent de Roye, en échange d'une portion du chef de saint Florent.

Le corps de saint Gentien est aujourd'hui conservé à l'église Saint-Pierre de Corbie. Quelques-unes de ses reliques sont vénérées à Saint-Volfran d'Abbeville, à Sains (tibia), à Saint-Fuscien, au couvent des Frères de Saint-Joseph de cette localité, à l'église de Saint-Quentin et à Pluherlin (Morbihan).

Extrait de l'Hagiographie du diocèse d'Amiens, par M. l'abbé Corblet.

Événements marquants

  • Départ de Rome pour évangéliser les Gaules avec Saint Quentin
  • Évangélisation de la Morinie et du Boulonnais
  • Rencontre avec Gentien à Sains
  • Arrestation par le préfet Rictiovare
  • Décapitation de Gentien puis de Fuscien et Victoric
  • Invention des reliques par saint Lupicin en 555

Miracles

  • Guérisons de sourds, aveugles et paralytiques par le signe de croix
  • Céphalophorie : les saints portent leur tête après la décapitation
  • Corps devenus trop pesants pour être déplacés par les envoyés de Childebert Ier
  • Brouillard miraculeux protégeant les ravisseurs des reliques

Citations

Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et le supplice de la mort ne les atteint pas.

— Sagesse, III, 1

Date de fête

11 decembre

Époque

3ᵉ siècle

Décès

11 décembre vers l'an 303 (martyre)

Invoqué(e) pour

guérison des paralytiques, protection contre la foudre

Autres formes du nom

  • Victoric (fr)
  • Victorie (fr)
  • Victorice (fr)
  • Foscien (fr)
  • Gentien (fr)

Prénoms dérivés

Fuscien, Victoric, Gentien