Saint Guillaume de Norwich
Martyr
Résumé
Jeune apprenti tanneur de douze ans à Norwich, Guillaume fut enlevé et crucifié en 1137 en dérision de la Passion du Christ. Son corps, retrouvé suspendu à un arbre, fut transféré à la cathédrale de la ville où de nombreux miracles furent rapportés. Son culte, bien que lié à des accusations historiques controversées, est marqué au 24 mars.
Biographie
SAINT GUILLAUME DE NORWICH, MARTYR EN ANGLETERRE (1137).
Ce Saint fut aussi la victime de la haine implacable des Juifs contre notre sainte religion. Il souffrit dans la douzième année de son âge : il était depuis peu apprenti chez un tanneur de Norwich.
Les Juifs l'attirèrent chez eux quelque temps avant la fête de Pâques de l'an 1137 ; lorsqu'ils en furent les maîtres, ils lui mirent un ballon dans la bouche, puis, après lui avoir fait mille outrages, ils le crucifièrent, et lui percèrent le côté, en dérision de la mort de Jésus-Christ. Le jour de Pâques ils lièrent son corps dans un sac, et le portèrent près des portes de la ville, dans le dessein de l'y brûler ; mais ayant été surpris, ils le laissèrent suspendu à un arbre. On bâtit à l'endroit où il avait été trouvé une chapelle connue sous le nom de Saint-Guillaume-aux-Bois.
Le corps du Saint, qui avait été glorifié par des miracles, fut porté, en 1144, dans le cimetière de l'église cathédrale, dédiée à la Sainte-Trinité ; on le mit six ans après dans le chœur de la même église.
Nous apprenons de M. Weever qu'autrefois les Juifs des principales villes d'Angleterre enlevaient des enfants mâles pour les circoncire, les couronner d'épines, les fouetter et les crucifier en dérision de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce fut de cette manière que mourut saint Richard de Ponteise. Matthieu Pâris et Copgrave rapportent aussi que saint Hugues, enfant, fut crucifié par les Juifs à Lincoln, en 1254. Quelques auteurs ont prétendu que ces horribles cruautés avaient été de tous temps pratiquées par ce peuple : mais c'est une calomnie, et l'équité naturelle défend de rendre le corps de la nation responsable des crimes de quelques particuliers. Le nom de saint Guillaume de Norwich est marqué au 24 mars dans les calendriers anglais.
Le pape Benoît XIV montre, l. 1 de Canoniz. c. 14, p. 163, que l'on ne doit point canoniser les enfants qui meurent après le baptême et avant l'usage de raison, quoiqu'ils soient Saints. Il se fonde : 1° sur ce qu'ils n'ont point pratiqué des vertus dans le degré d'héroïsme requis pour la canonisation ; 2° sur ce que de telles canonisations n'ont jamais été en usage dans l'Église. On en excepte les enfants, même non baptisés, qui ont été massacrés en haine du nom de Jésus-Christ. Nous en avons un exemple dans les saints Innocents, auxquels saint Irénée, Origène, etc., et les plus anciens Missels, donnent le titre de martyrs, et dont le culte date des premiers siècles de l'Église, comme nous le voyons par les homélies des Pères sur leur fête. C'est pour la même raison qu'on a mis au nombre des martyrs les enfants massacrés par les Juifs, en haine de Jésus-Christ, tels que saint Simon de Trente, saint Guillaume de Norwich, saint Richard de Paris, etc. L'évêque diocésain décerna au premier un culte public avec la qualité de martyr, et ce culte fut confirmé par les décrets des papes Sixte V et Grégoire XIII. Le second, qui avait douze ans, et par conséquent l'âge de raison, devrait plutôt être appelé adulte qu'enfant.
Voyez l'histoire de son martyre et de ses miracles, par Thomas de Monmouth, auteur contemporain ; la chronique saecense, qui est du même siècle, et l'histoire de Norfolk, par Bremfield.
Événements marquants
- Apprenti chez un tanneur à Norwich
- Enlèvement par des membres de la communauté juive locale avant Pâques 1137
- Crucifixion et percement du côté en dérision de la Passion du Christ
- Découverte du corps suspendu à un arbre près des portes de la ville
- Translation du corps à la cathédrale de Norwich en 1144
Miracles
- Glorification du corps par des miracles après sa mort