Saint Humbert de Marolles (Maroilles)
Prêtre et religieux
Résumé
Né en Haute-Picardie d'une famille noble, Humbert devint prêtre à Laon avant de suivre saint Amand à Rome. Il consacra ses biens à l'abbaye de Maroilles en Hainaut, où il finit ses jours dans la prière et l'humilité. Il est traditionnellement représenté avec un ours et un cerf en souvenir de miracles légendaires.
Biographie
SAINT HUMBERT DE MAROLLES OU MAROILLES,
PRÊTRE ET RELIGIEUX (682).
Humbert naquit à Mézières, sur la rivière d'Oise, dans la province qu'on a depuis appelée Haute-Picardie, vers les confins du Vermandois et de la Thiérache, à deux lieues de Saint-Quentin. Il avait pour père et pour mère Évrard et Popite, l'un et l'autre de race fort distinguée dans la noblesse française ; et la vertu d'Évrard fut d'un si grand exemple dans le monde, qu'il en reçut le titre de Bienheureux. Humbert parut dès son enfance prévenu d'une grâce singulière qui le porta
SAINT HUMBERT DE MAROLLES, PRÊTRE ET RELIGIEUX. 641
au bien avant qu'il pût avoir la connaissance du mal. Ses parents, voyant qu'il ne respirait que la piété, et qu'il se dévouait à Dieu de lui-même, n'eurent pas de scrupule de le destiner au service des autels. Ce fut dans cette vue qu'ils le menèrent ensuite dans un monastère, à Laon, où il reçut la tonsure cléricale ; et ils le mirent dans un monastère de la ville, afin de le faire instruire dans la piété et dans les lettres. Il acheva le cours de ses études et fut élevé au sacerdoce dans la même maison. Il ne laissa pas de demeurer encore quelque temps dans le monastère de son ordination, et il continua d'y donner aux religieux de grands exemples d'humilité, de mortification, de détachement, jusqu'à ce que la mort de ses parents l'obligeât d'aller disposer de la succession qu'ils lui avaient laissée. Il quitta la ville de Laon avec la bénédiction de l'évêque et la permission des supérieurs du monastère, et retourna à Mézières, où il mena une vie fort retirée. Peu de temps après, il reçut chez lui saint Amand qui venait de se démettre de son évêché de Maestricht, et qui passait pour faire le voyage de Rome avec Nicaise, moine de son abbaye d'Elnon, qui porta depuis son nom. Il les suivit en Italie ; et sa piété parut si satisfaite de ce premier pèlerinage qu'il fit aux tombeaux des Apôtres et des martyrs, qu'on prétend qu'il en entreprit encore un second depuis à Rome, où l'on ajoute qu'il offrit à l'Église romaine les terres qu'il possédait ; mais que le Pape lui ordonna de les employer plutôt à fonder quelque maison pieuse et charitable dans son pays.
Au retour de ce second voyage, il alla voir saint Amand dans son monastère d'Elnon, sur la Scarpe ; et, après avoir mûrement délibéré avec lui sur le lieu qu'il devait choisir pour servir Dieu dans la retraite, il se retira dans le monastère de Marolles ou Marolles, situé en Hainaut, au diocèse de Cambrai, sur la petite rivière de Helpres, qui va se décharger de là dans la Sambre. C'était une maison bâtie depuis peu par le comte Rodobert ou Chonebert, dans le pays dont il était seigneur, et qu'on appelait le canton de Famart ou Famars, à cause, peut-être, de quelque ancien temple dressé au dieu Mars dans ces lieux. Humbert s'étant proposé de finir ses jours dans ce monastère de Marolles, y donna à perpétuité la plus grande partie de la terre de Mézières-sur-Oise, par un titre de l'an 671, daté de la douzième année du roi Childéric II. Une donation si considérable procura un tel accroissement au monastère, que plusieurs, oubliant sa première fondation faite seize ou dix-sept ans auparavant, se sont persuadés que saint Humbert en était le fondateur. Ce fut là que notre Saint acheva de se sanctifier dans le silence, la retraite, la pénitence et l'oraison, sans sortir que pour se donner quelquefois la consolation d'aller voir sainte Aldegonde, abbesse de Maubeuge, avec laquelle il était dans une union très-étroite de charité et de prières. On croit qu'il fut abbé ou supérieur de Marolles : il eut au moins des disciples, entre les bras desquels il mourut, vers l'an 682, le 25 mars.
Ils embaumèrent son corps de riches parfums, et l'enterrèrent dans une chapelle qu'il avait bâtie. Le culte de saint Humbert était publiquement établi dès le temps de Louis le Débonnaire qui l'a qualifié Saint dans une patente. Les martyrologes des Pays-Bas, de France et d'Allemagne marquent sa fête principale au 25 mars, jour de sa mort, et celle de sa translation au 6 septembre.
M. Desmelles, curé de Maroilles, nous a transmis la note suivante sur les reliques de saint Humbert :
« L'église de Maroilles possède la tête de saint Humbert. Voulant la voir de près, j'ai ouvert le reliquaire en présence de deux témoins. J'ai trouvé, outre la tête parfaitement conservée, deux côtes et l'os d'un pouce dont l'authenticité est attestée par un acte en parchemin signé de toutes les reliques de l'abbaye, et muni du sceau des abbés de Maroilles, du Cateau et de Liessies. Avec la permission de Monseigneur, j'ai disposé de l'os du pouce en faveur de l'église d'Estaires, et d'une côte en faveur de l'église de Romeries dont saint Humbert est le Patron.
« Le reliquaire, qui renferme la tête de saint Humbert, est le même que celui qui existait avant la Révolution. Il fut porté à Avesnes, avec les autres objets de l'Église, la plus précieuse dépouille de ses ornements en argent et en pierreries, puis jeté comme on fait un morceau de bois. Des hommes religieux qui suivaient ces richesses pieuses pour les soustraire à la profanation, recueillirent le reliquaire, le tinrent caché pendant la tourmente et le rendirent à l'Église...
« L'autel de Saint-Humbert est souvent visité par les paroissiens et par les étrangers. Le 7 septembre, jour de la fête patronale, l'église est visitée toute la matinée dès trois heures du matin.
« Le bréviaire ne signale aucun miracle qu'aurait fait saint Humbert pendant sa vie ni après sa mort.
« On représente toujours saint Humbert ayant un ours et un cerf à ses côtés. On dit que, dans un voyage qu'il fit à Rome, un ours dévora l'âne qui portait le bagage et que, en punition, l'ours fut condamné à porter les provisions. On justifie la présence du cerf en disant qu'un cerf poursuivi alla se coucher auprès de saint Humbert priant dans son oratoire et que, par respect pour le saint homme, les chasseurs firent grâce au pauvre animal ».
D'après Baillet et des notes locales.
VIES DES SAINTS. — TOME III.
25 MARS.
Événements marquants
- Naissance à Mézières-sur-Oise
- Tonsure cléricale et études à Laon
- Élévation au sacerdoce
- Voyages à Rome avec saint Amand
- Donation de ses terres à l'abbaye de Marolles en 671
- Retraite au monastère de Marolles
Miracles
- Un ours dévore son âne et est condamné à porter ses bagages
- Un cerf poursuivi trouve refuge auprès de lui et est épargné par les chasseurs