Saint Irénée de Sirmium

Évêque et Martyr

Fête : 25 mars 4ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque de Sirmium en Pannonie, Irénée fut martyrisé en 304 sous Dioclétien. Malgré les larmes de sa femme, de ses enfants et de sa mère qui le suppliaient de sacrifier aux idoles pour sauver sa vie, il resta ferme dans sa foi. Il fut décapité puis jeté dans le fleuve après avoir subi le chevalet.

Biographie

SAINT IRÉNÉE, ÉVÊQUE DE SIRMIUM, MARTYR (304).

Saint Irénée, évêque de Sirmium, capitale d'une partie de la Pannonie, fut arrêté durant la persécution de Dioclétien. On le conduisit devant Probus, gouverneur de la province, qui lui dit en le voyant :

« Les lois divines obligent tous les hommes à sacrifier aux dieux. »

— IRÉNÉE. Le feu de l'enfer sera le partage de quiconque sacrifiera aux dieux.

— PROBUS. L'édit des empereurs très-cléments ordonne qu'on sacrifie aux dieux ou qu'on subisse la peine décernée contre les réfractaires.

— IRÉNÉE. Et la loi de mon Dieu veut que je subisse toutes sortes de tourments, plutôt que de sacrifier aux dieux.

— PROBUS. Ou sacrifiez, ou je vous ferai tourmenter.

— IRÉNÉE. Vous ne sauriez me faire un plus grand plaisir, puisque par là vous me rendrez participant des souffrances de mon Sauveur. »

Alors le proconsul le fit étendre sur le chevalet, et, pendant la torture, il lui disait : « Eh bien ! Irénée, que dites-vous présentement ? Enfin sacrifiez-vous ? »

Irénée répondit : « Je sacrifie à mon Dieu en confessant son saint Nom, et c'est ainsi que je lui ai toujours sacrifié. »

Cependant toute la famille du saint Martyr était plongée dans la plus vive douleur : on voyait autour de lui sa mère, sa femme et ses enfants; car ce saint homme était marié lorsqu'il fut élevé à l'épiscopat; mais il garda la continence après son ordination, conformément aux canons de l'Église. Ses enfants lui embrassaient les pieds, en criant : « Ô le plus chéri des pères ! ayez pitié de vous et de nous ». Sa femme, toute en pleurs, se jetait à son cou, et le serrait tendrement.

25 MARS.

« Conservez-vous », disait-elle, « et pour moi et pour les gages innocents de notre amour ». Sa mère, d'une voix entrecoupée de sanglots, poussait des cris lugubres, que ses domestiques, ses voisins et ses amis accompagnaient des leurs ; de manière qu'autour du chevalet où le Saint était tourmenté, on n'entendait que plaintes, que gémissements, que lamentations. À tous ces violents assauts, Irénée opposait ces paroles du Sauveur : « Si quelqu'un me renonce devant les hommes, je le renoncerai en présence de mon Père qui est dans le ciel ». Il ne fit pas d'autre réponse à des sollicitations si pressantes ; élevant son âme au-dessus des sentiments de la nature, il ne considérait que le spectateur invisible de ses combats, et n'envisageait que la couronne de gloire qui l'attendait, et qui semblait lui dire : « Venez, hâtez-vous de me posséder ». — « Quoi ! reprit le gouverneur, serez-vous insensible à tant de marques d'affection et de tendresse ? Verrez-vous tant de larmes répandues pour vous, sans en être touché ? Il n'est point indigne d'un grand courage de se laisser attendrir. Sacrifiez, et ne vous perdez pas à la fleur de votre âge ». — « C'est pour ne pas me perdre », répondit Irénée, « que je refuse de sacrifier ». Il fut envoyé en prison, où il souffrit diverses tortures.

Quelques jours après, le Saint fut reconduit devant le proconsul, qui le pressa encore de sacrifier ; il lui demanda ensuite s'il était marié, s'il avait des enfants. Irénée répondit négativement à ces questions. « Mais », reprit Probus, « qui étaient donc tous ces gens que votre sort affligeait si vivement à la première audience ? »

— IRÉNÉE. Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit : « Celui qui aime son père ou sa mère, sa femme ou ses enfants, ses frères ou ses proches, plus que moi, n'est pas digne de moi ; ainsi, quand je lève les yeux vers le Dieu que j'adore, et que je pense à la félicité qu'il a promise à ses fidèles serviteurs, j'oublie que je suis père, mari, fils, maître et ami.

— PROBUS. Mais vous n'en êtes pas moins tout cela ; que tant de motifs vous engagent donc à sacrifier.

— IRÉNÉE. Mes enfants ne perdront pas beaucoup à ma mort : je leur laisse pour père le Dieu qu'ils adorent avec moi ; ainsi, que rien ne vous empêche d'exécuter les ordres de l'empereur.

— PROBUS. Encore une fois, obéissez, autrement je serai forcé de vous condamner.

— IRÉNÉE. Je vous l'ai déjà dit, vous ne sauriez me faire un plus grand plaisir. »

Alors Probus prononça la sentence suivante : « Nous ordonnons qu'Irénée, pour avoir désobéi aux édits des empereurs, soit jeté dans le fleuve !. »

— IRÉNÉE. Après tant de menaces, je m'attendais à quelque chose d'extraordinaire, et vous vous contentez de me faire noyer ; pourquoi en avez-vous ainsi ? Vous me faites tort ; vous m'ôtez par là le moyen de montrer au monde que les chrétiens, qui ont une foi vive, méprisent la mort, de quelque tourments qu'elle soit accompagnée ». Probus, outré de se voir bravé, ajouta à la sentence que le Saint aurait la tête tranchée avant d'être jeté dans le fleuve. Irénée rendit grâces à Dieu de ce qu'il lui faisait remporter comme une seconde victoire.

Lorsqu'il fut sur le pont de Diane, d'où il devait être jeté dans le fleuve, il ôta sa robe, puis levant les mains au ciel, il fit cette prière : « Seigneur Jésus, qui avez daigné souffrir la mort pour le salut des hommes, commandez que le ciel s'ouvre et que les anges reçoivent l'âme de votre serviteur Irénée, qui donne sa vie pour la gloire de votre nom et pour votre peuple de l'Église catholique de Sirmium ». Cette prière faite, il reçut le coup qui sépara sa tête de son corps, après quoi il fut jeté dans le fleuve. Son martyre arriva l'an 394, le 25 de mars, jour auquel son nom est marqué dans le martyrologe romain.

Tiré des Actes sincères de son martyre, publiés par Heuschenius et Dom Ruinart. Voyez Tillemont, t. IV, et Dom Ceillier, t. III ; Madame de Broglie a donné place à saint Irénée dans son beau livre des Vertus chrétiennes.

Événements marquants

  • Arrestation durant la persécution de Dioclétien
  • Interrogatoire et torture sur le chevalet par le gouverneur Probus
  • Refus de sacrifier aux dieux malgré les supplications de sa famille
  • Emprisonnement et tortures diverses
  • Décapitation sur le pont de Diane et corps jeté dans le fleuve

Citations

Je sacrifie à mon Dieu en confessant son saint Nom, et c'est ainsi que je lui ai toujours sacrifié.

— Texte source, interrogatoire par Probus

Quand je lève les yeux vers le Dieu que j'adore... j'oublie que je suis père, mari, fils, maître et ami.

— Texte source, réponse au proconsul

Date de fête

25 mars

Époque

4ᵉ siècle

Décès

25 mars 304 (martyre)

Catégories

Attributs iconographiques

Patron(ne) de

Prénoms dérivés

Irénée

Famille

  • Inconnu (femme)
  • Inconnu (enfants)
  • Inconnu (mère)