Saint Léon II (Pape)
Pape
Résumé
Pape au VIIe siècle d'origine calabraise, Léon II se distingua par sa grande érudition, sa charité envers les pauvres et sa maîtrise de la musique. Il confirma le sixième concile œcuménique contre le monothélisme et réforma le chant ecclésiastique. Malgré un court pontificat de dix mois, il marqua l'Église par sa fermeté doctrinale et son zèle apostolique.
Biographie
SAINT LÉON II, PAPE
*Studens moribus implere pontificatum, et ut sancti sanctorum devotæ servitutis impendas officium, induere sanctitatem.*
Appliquez-vous à honorer votre pontificat par des mœurs irréprochables ; remplissez avec dévouement votre rôle de serviteur du Saint des Saints et revêtez-vous de la sainteté.
Petr. Biesens. *Epist. xv ad Episc. Carontens.*
Après la mort du pape Agathon, le Siège apostolique demeura vacant un an sept mois et cinq jours. L'histoire ne nous apprend point pourquoi l'on fut si longtemps à élire un autre pape en sa place. Baronius croit que Théodore, patriarche de Constantinople, porta l'empereur à arrêter les légats durant ce temps-là, afin d'avoir le loisir de falsifier les Actes du sixième Concile général, qui se tenait alors, et de se faire rétablir sur la chaire dont il avait été déposé. On peut dire qu'une horrible peste, qui fut précédée de deux éclipses, l'une de soleil et l'autre de lune, avait causé une telle épouvante dans toute l'Italie, et mis Rome en particulier dans une si grande consternation, que l'on n'osa pas s'y assembler. Quoi qu'il en soit, après cette longue vacance, Léon II, chanoine régulier, fils de Paul Menco, médecin, fut élu en sa place. Il était né à Piano-di-San-Martino, près Reggio, dans la Grande-Grèce (État de Naples). C'était un très-saint personnage, parfaitement bien versé dans les saintes Écritures, également savant et éloquent, et dont les bons exemples portaient tout le monde à la vertu. Il eut un soin tout particulier des pauvres, des orphelins et des veuves, et soulagea leurs misères avec une charité tout à fait apostolique. Il confirma le sixième Concile œcuménique, qu'Agathon avait assemblé à Constantinople contre les hérétiques qu'on appelait Monothélites, parce qu'ils ne reconnaissaient qu'une volonté et qu'une opération en Jésus-Christ. Et comme il savait aussi bien la langue grecque que la latine, il en traduisit les Actes de grec en latin, pour en donner l'intelligence aux Occidentaux. Il ordonna qu'à la messe on donnerait la paix à tous les assistants ; c'est-à-dire qu'il rendit obligatoire une cérémonie qui se pratiquait déjà par dévotion : car cette pieuse coutume a été observée dès les premiers siècles de l'Église, comme il est aisé de le voir dans saint Denis et dans saint Justin. Il ordonna aussi que le *Pallium*, que les souverains Pontifes envoyaient aux patriarches et aux archevêques, les dispenses, les privilèges et tous les offices ecclésiastiques s'accordassent gratis et sans aucun intérêt. Il fit bâtir à Rome trois églises, auprès de celle de Sainte-Bibiane ; l'une qu'il dédia sous le nom de l'apôtre saint Paul et dans laquelle il fit déposer les corps des saints Simplicius, Fauste et Béatrix, avec plusieurs autres reliques ; l'autre en l'honneur de saint Sébastien ; enfin la dernière en l'honneur de saint Georges.
Lorsqu'il fut élevé au souverain pontificat, le plain-chant, que saint Grégoire le Grand avait composé et établi dans l'Église, était dans une extrême confusion : c'est pourquoi, comme il avait une parfaite connaissance
VIES DES SAINTS. — Tom. VII.
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sance de la musique, il le réforma et le remit en meilleur ordre ; il composa aussi quelques nouvelles hymnes, que l'Église a conservées jusqu'à présent ; il tint une ordination, dans laquelle il créa vingt-trois évêques, neuf prêtres et trois diacres. Il fit merveilleusement paraître son zèle et sa fermeté contre les vaines prétentions des archevêques de Ravenne, qui, appuyés des Exarques, c'est-à-dire des gouverneurs impériaux dont la ville était la résidence ordinaire, ne voulaient pas reconnaître l'autorité du Saint-Siège ni se soumettre à ses commandements : car, pour réprimer cette insolence insupportable, il fit un décret par lequel il ordonna qu'à l'avenir nul évêque de Ravenne ne pourrait faire les fonctions de sa charge, avant d'avoir été confirmé par le Pontife romain. Il fit aussi défendre de célébrer l'anniversaire de Maur, archevêque du même siège, décédé dans l'excommunication.
Il était aimé et respecté de tout le monde, tant à cause de sa vertu que pour son naturel doux, affable et bienfaisant. En un mot, il ne lui manquait rien des qualités requises pour en faire un des plus excellents Papes qui aient gouverné l'Église, quoiqu'il n'ait tenu le siège que dix mois et dix-sept jours. Sa mort, qui arriva le 4 juillet, l'an de Jésus-Christ 683, fut regrettée de tous les fidèles auxquels, dans un pontificat de si courte durée, il avait donné de grandes preuves de son zèle et de sa piété. Son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Pierre, tombeau ordinaire des souverains Pontifes, le 28 juin, jour auquel il est nommé dans le martyrologe romain.
On lui attribue une Épître fort pieuse qu'il écrivit à l'empereur Constantin IV, surnommé Pogonat, où il le loue du zèle qu'il avait fait paraître et des soins qu'il avait apportés à la célébration du Concile général dont nous avons parlé. Le cardinal Baronius croit que cette Épître n'est pas de lui, non plus que quelques autres qui sont sous son nom.
On représente saint Léon : 1° embrassant un mendiant, par allusion à sa charité envers les malheureux ; 2° parfois tenant un livre où se lisent des notes musicales, parce qu'il passe pour avoir réformé le chant ecclésiastique.
Acta Sanctorum. — Cf. Histoire des souverains Pontifes romains, par Artand de Monter.
Événements marquants
- Élection après une vacance de plus d'un an
- Confirmation du sixième Concile œcuménique de Constantinople
- Traduction des Actes du concile du grec en latin
- Réforme du plain-chant grégorien
- Répression des prétentions d'indépendance de l'archevêché de Ravenne
- Inhumation à Saint-Pierre le 28 juin
Citations
Studens moribus implere pontificatum, et ut sancti sanctorum devotæ servitutis impendas officium, induere sanctitatem.