Saint Naamas de Rodez

Diacre et Confesseur

5ᵉ siècle • saint

Résumé

Diacre de Rodez au Ve siècle, Naamas fut un disciple de saint Amans réputé pour son pouvoir sur les démons. Appelé à Rome par l'empereur pour délivrer sa nièce possédée, il opéra la guérison par l'envoi de son manteau. Il rapporta de Rome des reliques insignes et des ouvriers pour achever l'église de Rodez où il repose désormais.

Biographie

SAINT NAAMAS DE RODEZ, DIACRE ET CONFESSEUR (Ve siècle).

Saint Naamas (Naamatius) était natif de Rodez. Dès l'enfance, il montra les plus heureuses dispositions pour la vertu ; l'âge les développa de plus en plus ; aussi saint Amans, évêque de Rodez, le choisit de bonne heure pour l'enrôler dans la milice du Christ, et il lui conféra le diaconat. Dans cet office, le jeune lévite fut si bien l'émule de saint Étienne et de saint Laurent, et il parvint à une si haute sainteté, que les démons tremblaient en sa présence, et que sa seule parole les forçait de sortir des corps des possédés.

Un jour on amena à saint Amans un démoniaque, pour qu'il le guérît ; mais le prélat le renvoya à son diacre dont il connaissait la grande vertu et le pouvoir. Naamas fit les exorcismes accoutumés sur ce possédé, et le mauvais esprit, contraint de sortir, menaça le Saint de le forcer un jour à entreprendre un long voyage. Il se jeta dans le corps de la jeune nièce de l'empereur, probablement Valentinien III, à Rome, et la tourmenta si fort, qu'elle ne pouvait se tenir ni droite ni couchée. L'empereur, fort attristé de ce mal singulier, employa tous les moyens en son pouvoir pour soulager sa nièce ; ce fut en vain. Il appela des exorcistes qui ne purent chasser le démon, et le mauvais esprit finit par répondre qu'il ne sortirait du corps de cette jeune fille que sur le commandement de Naamas, diacre de Rodez. L'empereur envoya donc des messagers à Rodez, pour supplier saint Naamas de venir guérir sa nièce. Le Saint se ressouvint alors de la menace du démon. Il acquiesça à la prière du prince et se mit en route à pied pour Rome. Il avait parcouru la moitié du chemin, lorsque le mauvais esprit se mit à tourmenter la possédée plus fort que jamais, et la réduisit à l'extrémité. L'empereur, craignant de lui voir rendre l'âme, dépêcha de nouveaux messagers pour hâter l'arrivée du Saint. Naamas leur enjoignit de s'avancer et leur donna son manteau pour le mettre sur la malade, afin de la calmer. Dès que la possédée sentit sur elle ce manteau vénérable, le démon sortit aussitôt de son corps en criant tout haut : « Naamas de Rodez m'a tiré d'ici ».

L'empereur, tout joyeux de la délivrance de sa nièce, se porta au-devant du Saint, dès qu'il arriva à Rome, le reçut avec de grands honneurs et lui offrit de riches présents. Mais Naamas les refusa, et se borna à demander des ouvriers pour achever de bâtir une église que saint Amans avait commencé de construire à Rodez. L'empereur les lui accorda aussitôt ; et, comprenant quelles richesses pouvaient lui être agréables, il lui fit don de beaucoup de reliques précieuses ; on les vénéra dans l'église de Saint-Amans jusqu'à la grande Révolution, et on en conserve encore aujourd'hui une grande partie dans le reliquaire de cette église. Il y avait entre autres une côte de l'apôtre saint Pierre, une partie du crâne de saint Laurent, du pain de la dernière Cène, et un fragment notable de la vraie croix.

Saint Naamas se remit en chemin avec les ouvriers que l'empereur lui avait donnés, et fut reçu par saint Amans avec une grande joie. Le saint prélat fit achever l'église commencée, la dédia aux saints apôtres Pierre et Paul et y plaça les précieuses reliques apportées par saint Naamas. Plus tard, on changea les saints patrons de cette église, pour la placer sous l'invocation de saint Amans lui-même, dont le corps y reposait, et pour lequel les fidèles éprouvaient une vénération singulière.

Peu de temps après, saint Naamas rendit sa belle âme à Dieu, et saint Amans, navré de douleur de le voir mourir avant lui, l'ensevelit avec pompe dans son église. Son corps rendit une suave odeur, dont l'air et les assistants furent tout embaumés ; indice miraculeux du parfum des vertus de ce grand Saint. Le corps du saint diacre ne resta pas séparé de celui qui, pendant sa vie, avait été son pasteur, son compagnon et son ami. Les restes de saint Amans et de saint Naamas furent déposés dans la même église et dans la même chapelle. Ce ne fut qu'en 1670, que Gabriel de Voyer de Paulmy, évêque de Rodez, assisté de son chapitre et des prêtres de son diocèse convoqués en synode, fit la translation des précieuses reliques du saint lévite, avec une pompe des plus magnifiques. Aujourd'hui le chef vénérable de ce Saint repose sur le maître-autel de l'église de Saint-Amans, à côté de celui de son compagnon de travaux et de gloire.

SAINT GUENAEL, ABBÉ DE LANDEVENEC.

Extrait des Saints du Rouergue, par M. l'abbé Servières.

Événements marquants

  • Ordonné diacre par saint Amans à Rodez
  • Exorcisme d'un possédé qui le menace d'un long voyage
  • Voyage à pied vers Rome pour guérir la nièce de l'empereur
  • Guérison à distance de la possédée par l'envoi de son manteau
  • Rencontre avec l'empereur à Rome et refus des présents matériels
  • Retour à Rodez avec des ouvriers et des reliques pour l'église locale
  • Translation solennelle des reliques en 1670

Miracles

  • Expulsion de démons par la parole
  • Guérison de la nièce de l'empereur par l'attouchement de son manteau
  • Odeur suave émanant de son corps à sa mort

Citations

Naamas de Rodez m'a tiré d'ici

— Paroles du démon sortant de la possédée

Époque

5ᵉ siècle

Décès

Ve siècle (naturelle)

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

délivrance des possédés

Autres formes du nom

  • Naamatius (la)

Prénoms dérivés

Naamas