Saint Patern l'Ancien

Évêque de Vannes

Fête : 16 avril 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Premier évêque de Vannes au Ve siècle, Patern était un moine d'origine gallo-romaine ayant voyagé en Grande-Bretagne et en Irlande avant son épiscopat. Après avoir gouverné son Église avec sainteté et participé à des conciles, il se retira dans le centre de la Gaule suite à des difficultés avec ses moines et fidèles. Ses reliques, longtemps conservées à Issoudun, ont fait l'objet d'une grande dévotion à Vannes.

Biographie

SAINT PATERN L'ANCIEN, ÉVÊQUE DE VANNES (Ve siècle).

La vie d'un fondateur d'église est toujours intéressante pour les fidèles d'un diocèse. Malheureusement l'histoire ne nous a presque rien transmis sur le compte de saint Patern. Trois choses seulement sont incontestables : 1° saint Patern est le premier évêque de Vannes : c'est la tradition constante et unanime de son Église; 2° il a participé au concile de 405 tenu dans sa ville épiscopale : sa signature au bas des actes l'atteste suffisamment; 3° il est mort éloigné de son siège, et ses reliques, apportées à Vannes, ont été, à l'époque des invasions normandes, transportées à Issoudun : tous les auteurs en conviennent. Le reste de sa biographie a été tellement brouillé et découpé pour vêtir des Patern, apocryphes ou étrangers, qu'il est quelquefois difficile de s'y reconnaître.

Des divers Propres de Vannes, celui de 1669 est le plus exact, et c'est celui qui doit servir principalement de guide. Patern naquit dans l'Armorique d'une famille noble; son nom latin prouve à lui seul qu'il appartenait à une famille gallo-romaine et non à une famille bretonne; d'ailleurs, à l'époque de sa naissance (vers 420), les Bretons insulaires n'avaient pas encore cherché un refuge en Armorique.

Il embrassa la vie religieuse, et suivit, paraît-il, quelques moines qui abandonnaient l'Armorique pour aller s'établir dans la Grande-Bretagne. Il contribua à y bâtir un monastère, et, quoique le plus jeune de la bande, il fut élu abbé par ses compagnons. De là il se rendit en Hybernie, et, après avoir rétabli la concorde entre deux rois de l'île depuis longtemps divisés par une haine invétérée, il revint visiter les frères qu'il avait laissés dans la Grande-Bretagne, et repassa ensuite en Armorique.

A cette époque (405), Conan-Méréodoc fondait l'église de Vannes. Établi gouverneur de l'Armorique par le tyran Maxime, empereur d'Occident, et confirmé dans cette fonction par l'empereur Théodose, il administra les Bretons en cette qualité, jusqu'à ce que ceux-ci, abandonnés par les Romains, l'élurent pour être leur roi. Ce religieux prince, zélé pour les intérêts de Jésus-Christ, érigea deux évêchés dans l'Armorique, celui de Dole et celui de Vannes. Il donna à Dole pour premier évêque saint Sénior, à Vannes, saint Patern, demandé par les vœux de toute la cité et de toute la religion.

Élevé au ministère épiscopal, Patern l'ancien non-seulement ne retrancha rien à ses austérités accoutumées, mais s'appliqua plus encore qu'auparavant à l'oraison, au jeûne, aux veilles et à l'étude. Aux vertus dont il brillait déjà, il ajouta une charité inéquitable à nourrir les pauvres et à héberger les pèlerins. Il propagea la piété chrétienne d'une manière étonnante par l'expulsion des démons, la guérison des maladies, et par d'autres miracles.

Pour se retremper dans la vie intérieure, il bâtit, auprès de Vannes, un petit ermitage et y plaça des moines. Mais ceux-ci, éblouis par l'éclat de ses vertus, et trop lents à le suivre dans la voie de la perfection, commencèrent bien tôt à lui susciter des embarras. Le saint Évêque eut aussi quelques désagréments de la part des fidèles. Ces circonstances et d'autres peut-être le décidèrent à se démettre en synode provincial, et à se retirer dans l'intérieur de la Gaule. Il y vécut encore quelques années, et mourut saintement vers la fin du siècle, le 16 avril, jour où l'on a toujours célébré sa mémoire : il était plus que nonagénaire.

Depuis que le corps de saint Patern est devenu la proie des révolutionnaires à Issoudun, les fragments de reliques conservés à Vannes ont acquis une nouvelle valeur. Ces précieux restes font depuis longtemps l'ornement et la richesse de l'église de Saint-Patern. Voici ce que nous lisons dans un procès-verbal de visite faite à Saint-Patern, le 31 mai 1791, par des officiers municipaux de la ville : « Le sieur Croizier (recteur) nous a fait voir, dans un petit cabinet du presbytère, le chef de saint Patern, en argent, contenant une relique du Saint... Il nous a déclaré que ledit chef et la relique avaient été confiés à sa garde ainsi qu'à celle de ses prédécesseurs ». Ce qui prouve que la possession de cette relique est bien antérieure à la Révolution française.

M. Le Mené, ch. hon. à Vannes.

---

Événements marquants

  • Naissance en Armorique vers 420
  • Départ pour la Grande-Bretagne et élection comme abbé
  • Mission en Hybernie pour réconcilier deux rois
  • Retour en Armorique et nomination comme premier évêque de Vannes
  • Participation au concile de 405 (date discutée par le texte)
  • Fondation d'un ermitage près de Vannes
  • Démission de son siège épiscopal lors d'un synode provincial
  • Retraite et mort dans l'intérieur de la Gaule

Miracles

  • Rétablissement de la concorde entre deux rois d'Hybernie
  • Expulsion des démons
  • Guérison de maladies

Date de fête

16 avril

Époque

5ᵉ siècle

Décès

Vers la fin du Ve siècle (plus que nonagénaire) (naturelle)

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

expulsion des démons, guérison des maladies

Autres formes du nom

  • Paternus (la)

Prénoms dérivés

Patern

Famille

  • Famille gallo-romaine noble (parents)