Saint René d'Angers
Évêque d'Angers
Résumé
Né miraculeusement à La Possonnière, René meurt à sept ans avant d'être ressuscité et baptisé par saint Maurille. Devenu évêque d'Angers en 426, il finit sa vie dans la solitude près de Sorrente en Italie. Son culte, très populaire avant la Révolution, est lié à sa résurrection symbolisée par son nom.
Biographie
SAINT RENÉ, ÉVÊQUE D'ANGERS (450).
Un jour que saint Maurille, évêque d'Angers (13 septembre), passait dans le village de La Possonnière, une dame de haute naissance, nommée Bononia, vint se jeter à ses pieds et le conjura de lui obtenir du ciel un enfant, objet de tous ses désirs. Le saint pontife se mit en prière, et, un an après, Bononia mit au monde un fils qu'elle offrit à Dieu et dont elle confia l'éducation aux ministres du sanctuaire. Il avait sept ans lorsqu'une maladie cruelle le conduisit aux portes du tombeau. Or, il n'était pas encore baptisé; la mère se rendit en toute hâte à l'église de Saint-Pierre d'Angers où saint Maurille célébrait alors le saint sacrifice, et le supplia de conférer sans retard le saint baptême à son fils qui se mourait.
« Aussitôt le saint sacrifice achevé », lui répondit le bienheureux évêque, « je ferai droit à votre désir ». Hélas ! avant que le moment fixé fût arrivé, l'enfant expira.
Cet accident jeta une profonde tristesse dans le cœur de saint Maurille qui, se persuadant qu'il était désormais indigne d'exercer les fonctions de l'épiscopat, et qu'une longue pénitence au fond d'une solitude inconnue pouvait seule expier sa faute, s'enfuit dans les forêts de l'Armorique, et il ne revint au milieu de son troupeau que quand Dieu lui fit connaître dans l'oraison qu'il lui accordait la vie de cet enfant qui faisait depuis si longtemps l'objet de ses regrets et de ses larmes. Maurille se dirigea aussitôt vers l'église de Saint-Pierre où il avait fait enterrer le jeune fils de Bononia. Tandis qu'on ouvrait la tombe, il versait un torrent de larmes accompagnées d'une prière fervente; après quelques instants, le corps du petit défunt revint à la vie et se leva en parfaite santé. Le bienheureux évêque le baptisa et lui imposa, en souvenir d'un si grand événement, le nom de René (Renatus, rappelé à la vie).
Placé dès lors à l'école épiscopale, René y fit des progrès rapides; il fut bientôt élevé à la dignité d'archidiacre, puis à celle d'administrateur de l'église jadis si célèbre de Chalonnes-sur-Loire. Enfin, quand saint Maurille se fut endormi dans le Seigneur (426), René, à peine âgé de trente ans, fut appelé à lui succéder. Toutefois, son bien-aimé troupeau ne put conserver longtemps ce trésor. Le fardeau de l'épiscopat parut bientôt insupportable au nouvel évêque qui, prétextant la nécessité de faire le pèlerinage de Rome, quitta Angers et se fixa dans une solitude, à quelques pas de Serrento (royaume de Naples). On prétend même qu'il devint plus tard évêque de ce siège.
Quoi qu'il en soit, il mourut dans cette ville (6 octobre 450) et fut enterré près des murs de la cité, sous la cellule qu'il avait habitée. Quand la nouvelle en fut parvenue à Angers, les habitants de cette ville firent de nombreuses démarches pour recouvrer ce précieux trésor : ils obtinrent en effet qu'une grande partie du corps leur fût restituée. On le déposa dans l'église de Saint-Maurille; au XIVe siècle (le 12 novembre), on le transféra dans l'église cathédrale. Il se fit d'autres translations de ces reliques en 1012, 1082, 1150 et 1255. À cette dernière époque, les reliques furent placées dans une chasse d'argent doré et déposées sous l'autel de Saint-René, au milieu du chœur de la cathédrale. En 1562, les protestants brisèrent cette chasse et brûlèrent les reliques qu'elle contenait. On sauva toutefois quelques ossements que l'on renferma dans une petite chasse en argent doré : celle-ci a péri pendant la Révolution de 1793. Un os du pied du Saint est néanmoins encore conservé dans l'église Notre-Dame de Chalonnes; on en a détaché une partie pour la cathédrale d'Angers et pour l'église de Saint-Maurille de Chalonnes.
Le culte de saint René était, avant la Révolution, l'un des plus populaires de France. L'évêque solitaire jouissait aussi d'une grande vénération dans le royaume de Naples. La chapelle de Saint-René, à la Possonnière, était fréquentée par de nombreux pèlerins : on invoquait le saint évêque pour l'heureuse délivrance des femmes enceintes. Ajoutons qu'une Confrérie célèbre, sous le patronage de saint René, avait été érigée dans la cathédrale d'Angers, vers la fin du XVe siècle : les papes Léon X et Clément VII l'avaient enrichie de nombreuses indulgences.
On représente ordinairement saint René aux pieds de saint Maurille qui vient de le ressusciter; ce qui n'empêche pas que l'on peut s'inspirer des autres circonstances saillantes de sa vie.
12 NOVEMBRE.
Cette notice n'est qu'un résumé succinct de la biographie détaillée de saint René, qu'on peut lire dans les *Vies des Saints de l'Anjou*, par le R. P. Dom François Chamard. Cet auteur s'est fait une gloire de réhabiliter le saint évêque d'Angers dont on avait été jusqu'à nier l'existence.
Événements marquants
- Naissance à La Possonnière suite aux prières de saint Maurille
- Mort à l'âge de sept ans sans baptême
- Résurrection et baptême par saint Maurille
- Élévation à la dignité d'archidiacre et administrateur à Chalonnes-sur-Loire
- Élection comme évêque d'Angers vers 426
- Retraite solitaire près de Sorrente en Italie
- Mort à Sorrente en 450
Miracles
- Résurrection par saint Maurille après sept ans de mort (selon le texte, après avoir été enterré)