Saint Ragnebert (Rambert)
Martyr en Bugey
Résumé
Noble franc exilé dans le Bugey par la haine du maire du palais Ebroïn, Rambert fut assassiné par deux sicaires en 680. Il mourut percé d'une lance en prière près de la fontaine de Bébron. Son tombeau devint le centre d'un pèlerinage célèbre et donna naissance au bourg de Saint-Rambert.
Biographie
SAINT RAGNEBERT, VULGAIREMENT SAINT RAMBERT,
MARTYR EN BUGEY (680).
Rambert était issu d'une des plus illustres familles de France, alliée à celle des rois de cette nation. Le duc Radebert, son père, était gouverneur des provinces comprises entre la Seine et la Loire.
Placé de bonne heure entre les mains de maîtres choisis, il parvint bientôt à ce degré de sainteté et de réputation qui ne manque jamais d'exciter la haine des méchants. Or, à la cour se trouvait un homme impie et sanguinaire, Ebroïn, maire du palais, fameux dans l'histoire par sa cruauté. Les qualités et les vertus qui brillaient dans le noble Rambert, le courage qu'il montrait à désapprouver les infamies du tyran, les larmes qu'il versait à la vue des maux qui par la faute du despote accablaient l'Église et l'État, devaient offusquer le ministre jaloux autant que sanguinaire. La mort du serviteur de Dieu fut résolue. Toutefois, saint Onon, archevêque de Rouen, qui avait conservé un reste d'ascendant sur Ebroïn, obtint un délai. Notre Saint fut envoyé en exil dans le Bugey, et remis à la garde d'un seigneur nommé Théodefroi, qui reçut plusieurs fois des ordres secrets de la faire mourir. Mais celui-ci, touché par la grâce, se convertit, et ne fit aucun mal à son captif. Ebroïn l'apprit, et aussitôt il dépêcha deux sicaires pour en finir avec le Saint exilé. Ceux-ci s'étant chargés de cette odieuse mission, partirent pour les confins de la Bourgogne; ils poursuivirent Rambert et l'atteignirent dans une gorge du Jura où saint Domitien avait bâti un monastère près de la fontaine de Bébron, non loin des bords de l'Alburine.
Rambert ne tarda pas à s'apercevoir que ces hommes avaient été armés par la haine d'Ebroïn pour le faire périr; il les pria de lui permettre d'aller faire sa prière dans une chapelle, peu éloignée du monastère, que saint Domitien avait construite en l'honneur de saint Genès. Dignes de leur maître, les serviteurs d'Ebroïn refusèrent cette faveur à leur victime; et ce courageux athlète se soumit sans murmurer au dur refus de ses bourreaux, qui le percèrent d'une lance près de la fontaine de Bébron où il s'était mis à genoux pour recommander son âme au souverain Juge, le 13 juin 680. Une croix de pierre, placée à quelques pas du pont de Bébron, sur le bord d'un rocher, indique encore aujourd'hui l'endroit où il fut mis à mort.
Le corps du saint Martyr, recueilli par les religieux du monastère voisin, fut enterré dans le cloître. Les fidèles, excités par le bruit des miracles qui s'opéraient à son tombeau, accoururent en foule à Bébron, levèrent de terre le corps du saint Martyr, et le mirent dans l'intérieur de l'église, près de l'autel. Les prodiges se multiplièrent avec le nombre des suppliants, dont l'affluence était si grande, qu'en peu de temps il se forma, tout près, un bourg qui prit le nom de Saint-Rambert.
En 1788, l'abbaye de Saint-Rambert fut sécularisée; un administrateur, nommé par le gouvernement, prit la régie des revenus, et les religieux quittèrent le monastère; mais avant leur séparation, le corps saint qui était à l'abbaye fut concédé par les moines à l'église de la ville où il fut transporté solennellement.
Quand, en 1792, l'orage révolutionnaire éclata sur la France et dispersa les ministres et les pierres du sanctuaire, ce précieux trésor courut le danger d'être anéanti. Le conseil municipal avait nommé une commission pour le faire disparaître; mais trois chrétiens fidèles cachèrent la relique du saint Martyr dans la chapelle de la Sainte-Vierge où ils l'enfoncèrent sous terre: ils sauvèrent également la châsse d'une destruction certaine, en la portant au galetas de la municipalité.
Dès que la paix fut rendue à l'Église, ils s'empressèrent de révéler ce trésor à M. Dupuy, curé de Saint-Rambert; ils attestèrent que les reliques étaient bien les mêmes qu'ils avaient soustraites aux profanations de l'impiété. Elles furent de nouveau exposées à la vénération des fidèles, et le 10 juin 1813, Mgr le cardinal Fesch, archevêque de Lyon, les visita, les scella avec soin, dressa un procès-verbal fort détaillé de la reconnaissance qu'il en fit, et les plaça dans une chapelle près du chœur, au-dessus de l'autel. Toutes les années, depuis lors, elles ont été portées en procession dans la ville, le 13 juin, jour de la fête de saint Rambert.
13 JUIN.
Cet état de choses durait depuis vingt ans, lorsque M. le curé et les fidèles de la paroisse prièrent Mgr Alexandre-Raymond Devie, évêque de Belley, de vouloir bien faire la translation de la châsse, de la chapelle trop humide où elle reposait, dans une autre chapelle plus décente, restaurée nouvellement. L'illustre prélat s'empressa d'accéder à des vœux si pleinement exprimés. Le 9 avril 1833, il se rendit à Saint-Rambert, accompagné de MM. Ruivet et Depéry, deux de ses vicaires généraux, vérifia les reliques, les scella avec le sceau de ses armes, et le dimanche suivant, le prélat vint en faire la translation : la châsse, portée solennellement en procession dans la ville, au milieu d'un grand concours de fidèles et du clergé, fut placée dans une niche au-dessus de l'autel de la nouvelle chapelle de Saint-Rambert, au côté gauche de l'église paroissiale.
Pour nourrir la juste confiance que les peuples accordent à ce saint Martyr, le pape Grégoire XVI, à la sollicitation de Mgr Devie, a daigné accorder à perpétuité, par un bref du 14 février 1834 : 1° une indulgence plénière à tous les fidèles qui communieront dans l'église de Saint-Rambert le jour de sa fête ou l'un des sept jours suivants ; 2° une indulgence de cinquante jours à toutes les personnes qui iront réciter cinq Pater, cinq Ave et cinq Gloria Patri dans ladite église ; on peut gagner cette indulgence tous les jours.
Nous avons puisé cette notice dans l'Histoire hagiologique du diocèse de Belley, par Mgr Depéry, évêque de Gap.
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## LE BIENHEUREUX GÉRARD,
## FRÈRE DE SAINT BERNARD ET MOINE DE CLAIRVAUX (1148).
Le bienheureux Gérard était le second frère de saint Bernard. Le futur abbé de Clairvaux le pressait de le suivre dans la solitude et Gérard fermait obstinément l'oreille à cette invitation. « Je sais », reprit Bernard, « que l'adversité seule ouvrira ton intelligence à la vérité. Eh bien ! le jour va venir et il s'approche où l'endroit que je touche (en même temps il porta la main au côté de son frère) sera percé d'un coup de lance et la plaie servira d'ouverture pour faire pénétrer jusqu'à ton âme la parole que tu méprises aujourd'hui ». En effet, quelque temps après, se trouvant au siège de Grancey, Gérard fut blessé au côté d'un coup de lance et emmené prisonnier. Ne croyant pas survivre à sa blessure, il envoya chercher Bernard ; mais celui-ci ne vint pas et lui fit dire : « Ta blessure ne va pas à la mort, mais à la vie ». Gérard fut en effet guéri ; il put s'échapper de prison et aller se mettre sous la conduite de son frère.
Avec son expérience du monde et ses rares qualités, il fut le soutien et le vrai lieutenant du si illustre fondateur de Clairvaux. Celui-ci le chargea de l'office de célébrer dont il s'acquitta avec une grande prudence. Il était au monastère un modèle de régularité, de ferveur et de pénitence, il était si dévoué et si charitable qu'il souffrait avec joie de manquer du nécessaire, lorsque les religieux en étaient pourvus.
Son dévouement se manifestait principalement à l'égard de son frère : il voulut l'accompagner dans ses voyages d'Italie et prendre part à tous ses travaux. En 1137, il tomba malade à Viterbo, et son état devint désespéré. « Il me parut », dit saint Bernard, « que le temps était venu où Dieu voulait le rappeler à lui. Je ne pus me résoudre à perdre sur une terre étrangère ce doux compagnon de mon voyage, et désirant ardemment le ramener à ceux qui me l'avaient confié, car tout le monde l'aimait et il méritait d'être aimé de tout le monde, je me mis à prier et à gémir, et je dis à Dieu : Seigneur, attendez jusqu'au retour, attendez que je l'aie ramené à ses amis, à ses frères ».
La prière de saint Bernard fut exaucée ; son frère put revenir à Clairvaux ; mais il y tomba malade une seconde fois, et se prépara joyeusement à mourir. Muni du saint Viatique et attentif à la vue de son Maître, au milieu de la dernière nuit, avec un visage serein et d'une voix pleine d'allégresse, il entonna tout d'un coup, à la grande surprise des assistants, ce verset du psaume : « Vous qui êtes dans les cieux, louez le Seigneur, louez-le au plus haut des cieux ». — « En ce moment déjà », dit saint Bernard, « il faisait jour pour toi, ô mon frère, malgré la nuit, et cette nuit était pour toi toute lumineuse. On m'appela pour voir un homme se réjouir dans la mort. Je ne fus pas plus tôt arrivé près du mourant, que je l'entendis prononcer à haute voix ces dernières paroles du psalmiste : « Mon Père, je rends mon esprit entre vos mains »; puis, se retournant vers moi, il me dit en souriant : « Quelle bonté a Dieu d'être le Père des hommes, et quelle gloire pour les hommes d'être les enfants de Dieu ! » C'est ainsi que mourut Celui que nous pleurons, et j'avoue qu'il a presque changé mon affliction en réjouissance, tellement son bonheur me faisait oublier ma misère ».
Après la reconstruction de l'abbaye, le corps du bienheureux Gérard fut relevé, en 1148, et inhumé à côté de celui de saint Bernard, près des murs du chœur de la nouvelle église.
Nous avons fait cet abrégé d'après la Vie qu'en a donnée M. l'abbé Duplus, dans la Vie des Saints du diocèse de Dijon.
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## SUPPLÉMENT
XXV E JOUR DE MAI
SAINT URBAIN Ier, PAPE
Dans la notice que nous avons donnée de saint Urbain au 25 mai, nous nous sommes contentés de dire : « L'église paroissiale de Saint-Urbain, diocèse de Langres, est très-riche en saintes reliques ». Ayant reçu, pendant l'impression de ce volume, des documents archéologiques et hagiographiques complets sur cette paroisse, nous nous empressons de leur consacrer quelques pages.
Nous devons les notes précieuses qu'on va lire, à l'obligeance de M. l'abbé Morel, curé de Saint-Urbain.
ARCHIVES DE LA PAROISSE DE S.-URBAIN, AU DIOCÈSE DE LANGRES
TABLE DES MATIÈRES.
1° Vie et martyre de saint Urbain Ier, pape ; 2° Vie du pape Urbain IV, né à Troyes ; 3° Récit, par le moine Eric, religieux au monastère de Saint-Germain d'Auxerre, de la translation des reliques de saint Urbain, de Rome à Auxerre, et récit des nombreux miracles opérés en cette occasion ; 4° Récit de la translation, par Erchenraüs, évêque de Châlons, des reliques de saint Urbain d'Auxerre à l'abbaye de Saint-Urbain, au diocèse de Châlons ; 5° Translation des reliques de sainte Menehould, par Erchenraüs, de Bienville au monastère de Saint-Urbain ; 6° Dons de quelques parties des reliques de sainte Menehould à d'autres lieux, particulièrement à la ville qui porte son nom ; 7° Miracle opéré par l'intercession de sainte Menehould à Mirecourt ; 8° Récit de nombreux miracles opérés par saint Urbain depuis l'arrivée de ses reliques dans le pays ; 9° Conservation des châsses en divers temps de guerre ; 10° Conservation des mêmes lors de la Révolution de 1793 ; 11° Procès-verbaux de la reconnaissance des saintes reliques à des temps reculés, et la dernière fois le 11 septembre 1866.
VIES DES SAINTS. — TOME VI.
SUPPLÉMENT. — 25 MAI.
Pèlerinage.
Autrefois le pèlerinage de saint Urbain était célèbre. Nous en avons la preuve dans l'histoire des miracles opérés sur des malades dont plusieurs étaient venus de pays très éloignés. Ce pèlerinage a cessé. Mais on continue de faire, dans les temps de calamités, l'exposition des châsses pendant neuf jours. Cette neuvaine est terminée par une procession solennelle des châsses. Cette procession se transporte à environ deux kilomètres, à l'ancienne chapelle de Saint-Urbain, près du pont de la Marne. Les habitants des pays voisins viennent à ces processions en grande affluence.
Sentier de Saint-Urbain.
Au levant de cette chapelle, à environ un kilomètre, au milieu de la côte couverte de vignes, s'élève une croix dite croix de Saint-Urbain. Or, de la chapelle à cette croix, en certaines années, on aperçoit une ligne directe, large à peu près d'un mètre. Sur toute cette ligne, les céréales et autres plantes ont une nuance qu'elles n'ont ni à droite ni à gauche. Pour s'en apercevoir, il faut en être un peu éloigné. C'est ce qu'on appelle Sentier de Saint-Urbain. On n'a pas encore pu l'expliquer naturellement. Son apparition annonce la protection du Saint. Sa disparition est un signe de malheur. Le Saint nous abandonne, disent les habitants. D'après la tradition, le Saint aurait apparu pendant la nuit, suivant cette direction, en habits pontificaux, accompagné de flambeaux allumés.
Grand Saint, ranime notre foi.
TRÉSOR DES RELIQUES.
Le trésor des reliques de la paroisse de Saint-Urbain se compose de six reliquaires, dont quatre châsses et deux bustes.
I. — CHASSE DE SAINT URBAIN.
Chef composé de huit parties : frontal, deux pariétaux, occipital, deux temporaux, deux fragments du sphénoïde, n° 1 ; — deux tibias, n° 2 ; — une moitié inférieure de l'humérus, n° 3 ; — deux os iliaques, n°s 4 et 5 ; — une demi-côte de la région supérieure du thorax, n° 6 ; — une petite molaire contenue dans un tube de cristal scellé aux deux bouts, n° 7.
Ces ossements reposent sur un coussin de soie rouge moirée, sous laquelle est renfermé le vieux suaire primitif et le second mentionné dans le procès-verbal de 1666, ainsi que la toile dont parle le même procès-verbal, et enfin un cordon de fil trouvé dans la châsse à la dernière ouverture qui en a été faite.
II. — CHASSE DE SAINTE MENEHOULD.
Deux fémurs, l'un complet, n° 1, et l'autre privé du tiers supérieur, n° 2 ; — un radius droit, n° 6 ; — un péroné gauche, n° 5 ; — un fragment d'os paraissant appartenir au cubitus privé de ses deux extrémités, n° 7 ; — deux clavicules, n°s 10 et 18 ; — un sacrum privé de sa partie gauche, n° 16 ; — cinq vertèbres appartenant à différentes régions, n° 14 ; — deux astragales, n°s 3 et 4 ; — un calcaneum gauche, n° 8 ; — un fragment d'os paraissant appartenir à la région tarsienne, n° 1 ; — quinze fragments de côtes, n° 12 ; — quatre métacarpiens et deux phalanges, n° 13 ; — une grosse molaire, n° 17 ; — quatre fragments de vertèbres, n° 15 ; — trois autres petits fragments, n° 19. (En tout quarante-quatre pièces.)
Ces ossements reposent sur un coussin de soie blanche unie sous laquelle est renfermée la soie blanche dont parle le procès-verbal de 1701.
III. — CHASSE DE SAINT SACERDOS.
Chef composé de la moitié du frontal, des deux pariétaux, d'une assez faible portion de l'occipital, du temporal droit, n° 1 ; — deux fémurs, tous deux privés de leur extrémité inférieure, n°s 3 et 3 ; — un tibia gauche, n° 4 ; — un tiers de tibia, n° 5 ; — un radius, n° 7 ; — un cubitus, n° 6 ; — un fragment gauche de la mâchoire inférieure, n° 2 ; — une demi-côte, n° 8. (En tout quatorze pièces.)
Dans le même tombeau, les ossements suivants de saint Amand : Deux fémurs, n°s 1 et 1 ; — une moitié de l'os iliaque gauche, n° 2 ; — puis : un humérus et un cubitus droits, n°s 1 et 2, devant provenir d'un autre saint ; car ils étaient renfermés à part. (En tout cinq pièces.)
SAINT URBAIN Ier, PAPE. 643
Ces ossements reposent sur un coussin de soie rouge damassée, sous laquelle est renfermé le vieux suaire rouge dont font mention les anciens procès-verbaux.
## IV. — CHASSE DITE TRÉSOR.
### Deuxième groupe.
Parcelle de sainte Claire du Saint-Mont, n° 19 ; — sancti Perini, n° 1 ; — sancti Hydolphi, n° 3 ; — de sancto Arnulpho, n° 28 ; — sancti Ninati, n° 12 ; — sancti Aratoris, n° 22 ; — ossements (inscription illisible), n° 31 ; — sancti Lucii, n° 11 ; — sancti Viti, n° 6 ; — sancti Memmii et sancte Pome, n° 4 ; — sancti Theobaldi, n° 7.
Tous ces ossements sont enveloppés de soie blanche moirée.
### Troisième groupe.
Sancte Theodosie V. et M., n° 2 ; — sancte Illuminate, n° 35 ; — sancti Impocentii, n° 16 ; — sancti Epiphanii Ep., n° 50 ; — sancti Arthemii Ep., n° 49.
Tous ces ossements sont enveloppés de soie blanche moirée.
### Quatrième groupe.
Sancti Placidi, n° 36 ; — sancti Laureati, n° 34 ; — sancti Desiderii, n°s 49, 2 ; — de capsa sancti Sacerdotis ; reliquiae sancti Amandi Egisc.
Toutes ces reliques sont enveloppées de soie blanche moirée.
### Cinquième groupe.
De sepolchro D. N. J.-C., n° 10 ; — de terra sepolchri D. N. J.-C., n°s 49, 3 ; — divers autels, n° 4 ; — feuilles du rosier de saint Benoît, n° 15 ; — taffetas du corps de saint Airy, évêque de Verdun, n° 32 ; — suaire de la main de sainte Catherine, n° 20 ; — sancti Remigii de tunica, n° 13 ; — poudre de Suklae, n° 15 ; — bois de N.-D. de Montescu, n° 25 ; — du chevet de saint Bernard, n° 27 ; — cœur de N.-D. de Foy, n° 20 ; — linge où fut enveloppé le corps de sainte Hélène ; — de l'escalier de saint Alexis, n° 26 ; — de la châsse et du suaire de saint Benoît, n° 46 ; — suaire qui a touché celui de Besançon.
Tous ces objets de dévotion et de piété sont enveloppés de soie blanche moirée.
### Sixième groupe.
Un petit coffret de bois renfermant : des pierres, du bois, quelques parcelles de saintes reliques et d'Agnus Dei, un grain de chapelet qui a touché celui de sainte Jeanne de Valois, etc.
Comme souvenir : deux fragments de larges tubes en verre qui servaient jadis de reliquaires, et une ovale en très-beau cristal de roche, laissant transparaître une figure du bon Pasteur avec inscription. Cette ovale est un des ornements qui décoraient autrefois l'ancienne châsse de saint Urbain.
Dans la même châsse, en dehors du coffret :
1° Un groupe d'ossements portant le n° 1 et qui contient : Un pariétal gauche, n° 2 ; — un fragment d'acétabulum, n° 1 ; — deux fissures en plusieurs fragments, n°s 3, 3, 4, 4 ; — deux fragments de tibias, n°s 7, 7 ; — un fragment supérieur de tibia, n° 6 ; — un fragment d'une mâchoire inférieure et un fragment d'os plat, n°s 9 et 11 ; — huit parcelles d'ossements, n°s 8, 8, 4 ; — sancti Eleutherii m., n° 17 ; — sancti Bustlei m., n° 21 ; — sancti Justi de pulvere, n° 14 ; — sancti Nanisai de pulvere, n° 3.
Tous ces ossements sont enveloppés de soie violette moirée ; ils ont été tirés de la châsse de sainte Menehould, et dans le procès-verbal de 1781 ils sont ainsi désignés : Item multa fragmenta reliquiarum incognitarum in quibus duo vel tria ossa notabilia sanctorum Bercharii et Anatoli.
2° Une petite boîte en carton entourée d'un ruban de soie rouge avec cette inscription : Fragmenta reliquiarum sanctae Menehildis virginis, parmi lesquels une parcelle du voile de cette Sainte.
3° Six paquets des étoffes qui ont servi à envelopper les saintes reliques et ayant chacun leur suscription.
SUPPLÉMENT. — 1ER JUIN.
## V. — BUSTE DE SAINT URBAIN.
Il renferme une parcelle d'ossement de saint Urbain extraite de la chasse de saint Urbain, avec l'inscription : S. Urbani, M. P.
## VI. — BUSTE DE SAINT SACERDOS,
Il renferme une parcelle d'ossement de saint Sacerdos, extraite de la chasse de même Saint, et un petit sac de soie rouge contenant un papier plié, avec cette inscription : Reliquiae et plures SS. Reliquiarum Ecclesiae sancti Urbani.
Des authentiques des reliques ont été déposés dans chacune des chasses.
Le présent extrait fait et signé à Saint-Urbain par nous, Henry-Claude-Hippolyte Morel, curé de la paroisse Saint-Etienne de Saint-Urbain, diocèse de Langres, le onze septembre mil huit cent soixante-douze, pour être adressé à Monseigneur Paul Guérin, camérier de Sa Sainteté Pie IX, auteur des Petits Bollandistes, à Bar-le-Duc (Meuse).
MOREL H.
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## PREMIER JOUR DE JUIN
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## LES APÔTRES DE L'AQUITAINE
Bien des ténèbres ont été amassées sur les origines des Églises des Gaules et par les siècles et par la critique. En attendant l'apparition d'un ouvrage destiné à les dissiper, du moins en partie, ouvrage qui serait accueilli avec faveur par le public, nous allons fournir sur les apôtres de l'Aquitaine les quelques données dont nous sommes en possession.
Le véritable et premier Apôtre de toutes les Aquitaines est saint Martial. Son empire spirituel s'étend, comme on sait, du Rhône à l'Océan, et de la Loire aux Pyrénées. Bien que des traditions vénérables appuyées sur des monuments ne permettent pas de douter qu'il ait franchi ces limites, il demeure établi par les témoignages authentiques de dix-sept siècles et par la critique de nos jours qu'il mérite surtout le titre d'Apôtre de l'Aquitaine. Saint Martial est bien le disciple du Seigneur et l'envoyé immédiat de saint Pierre. C'est lui qui a défriché, le premier, le sol béni que pressent encore les pas de nos évêques et que fécondent leurs mains laborieuses. C'est par lui que notre pays a été réduit en province chrétienne entre les années 46 et 74 de notre ère.
Tout ce qui touche à ce souvenir originel, tout ce qui rappelle, établit ou confirme ce premier bienfait du Siège apostolique, est pour nos Églises
d'un intérêt capital. Les limites assignées plus haut nous permettent donc d'appeler saint Martial l'Apôtre de l'Aquitaine. Son histoire a paru en son lieu.
Il importe de consacrer quelques lignes aux Apôtres de seconde mission qui sont venus après lui et qui ont laissé une empreinte ineffaçable sur le vieux sol de la Novempopulanie.
Contemporain de saint Martial et survivant à son illustre maître, nous trouvons saint Saturnin ou Sernin qui projette sa gloire immortelle sur le berceau apostolique de l'Église de Toulouse. Son histoire détaillée et les monuments liturgiques de son apostolat viendront en leur lieu. (29 novembre.)
## I. — SAINT CLAIR, APÔTRE ET MARTYR.
« Sa mémoire est célèbre et vénérée dans toutes les Aquitaines », disent les Bollandistes. « La plupart des auteurs le placent à la fondation des églises des Gaules et en font un martyr des premiers temps ».
On a souvent donné l'Afrique pour patrie à saint Clair et à ses compagnons. Mais la leçon est mauvaise. Le manuscrit de Saint-Sever, où la science bénédictine résume tout ce qu'elle a pu recueillir et sauver des antiques traditions sur l'évangélisation de la Novempopulanie, affirme que le mot *Ampligonia*, qu'on lit avec grand'peine sur les vieux manuscrits, a été improprement rendu pour le mot *Africana*. L'auteur aime mieux suivre une antique tradition qui ferait venir saint Clair et ses compagnons *des régions de l'orient et du pays de saint Saturnin*. Ces mêmes traditions font arriver ces apôtres dès les temps évangéliques et sur la fin du IVe siècle, ce que confirmerait encore une légende de sainte Quitterie qu'on lit dans le Propre d'Agen publié au XVIIe siècle, sous Mgr Barthélemy d'Elbène, et qui fait mourir la Sainte dans la ville des Tarusates, l'an 130 de l'ère chrétienne.
Du Saussay, dans son martyrologe, fait venir saint Clair à Rome au temps où les premières lueurs de la foi illuminaient le monde. Ce serait au temps du pape Anaclet. Le même auteur fait prêcher saint Clair à Cologne. Il s'agit, selon quelques hagiographes, de la ville d'Albi, qu'ils désignent sous le nom de *Colonia Albia*. Selon d'autres, ce serait Cologne du Gers, « où la dévotion à saint Clair », nous écrit de Toulouse le très-révérend Père Carles, « est depuis longtemps très-florissante. C'est comme un pèlerinage, et beaucoup d'enfants portent en son honneur le nom de Cléry. On l'invoque pour le mal d'yeux. Son nom lui a valu cette réputation, comme il arrive si souvent dans l'histoire des Saints. Il y a encore à Cologne une petite pierre blanche, qu'on garde comme une de ses reliques, et qu'on croit lui avoir servi pour l'anneau de son doigt. On la fait toucher aux yeux des malades, et le curé m'a assuré avoir été témoin de guérisons vraiment merveilleuses ».
Les monuments liturgiques des Églises de Périgueux, de Tulle et de Sarlat font prêcher successivement saint Clair dans ces diocèses. On ne saurait affirmer avec preuves que les reliques honorées en divers lieux sous le nom de saint Clair appartiennent réellement à cet illustre Martyr des temps apostoliques. Tous les hagiographes s'accordent à faire de saint Clair le premier évêque d'Albi; le second est saint Anthime, disciple de saint Clair.
Notre saint évêque régionnaire, envoyé par le Pontife romain pour veiller en Aquitaine la foi déjà fondée par saint Martial et saint Saturnin, arrive dans la ville de Lectoure qui devait être le théâtre de sa passion glorieuse. Il prêche dans cette antique cité. À sa voix les idoles tombent en poussière, les miracles évangéliques sont renouvelés. Les satellites de Satan se ruent sur l'homme de Dieu. On le charge de chaînes, on le somme de sacrifier aux faux dieux; sur son refus le Saint est traîné à travers les ronces et les buissons. Il est jeté tout pantelant devant un autel de Diane. La ville entière se rend chaque année en procession au lieu du martyre, sur l'emplacement de l'ancien temple de Diane où coule aujourd'hui une fontaine abondante et sacrée, sur le flanc de la colline que couronne l'antique Lacora.
On peut raisonnablement supposer que la ville de Lectoure conserva religieusement et entoura des honneurs accoutumés pendant sept siècles, les reliques de son apôtre Martyr. Le grand empereur-missionnaire Charlemagne, toujours soucieux de la gloire de Dieu et de ses Saints, les aurait transportées avec plusieurs autres recueillies en divers lieux et déposées à Bordeaux en l'église Sainte-Eulalie pour les soustraire à la profanation des Sarrasins. On lisait en effet autrefois, sur les murs de l'église Sainte-Eulalie de cette ville, l'inscription suivante : « Charles le Grand a fondé cette chapelle et a fait placer derrière l'autel les corps de sept Saints qui ont souffert pour le Christ : Clair, Justin, Géronce, Sever, Polycarpe, Jean ou Jonas et Babyle ».
Il est constant, en effet, que les six martyrs mentionnés après saint Clair, et qui sont regardés comme ses compagnons, ont souffert le martyre comme lui, mais en divers endroits. *Passi sunt cum eo, sed alii aliis in locis*, dit le Propre Agenais de Mgr Barthélemy d'Elbène, déjà cité.
Quant à la prétention du Père Papebrock de confondre saint Clair d'Albi et de Lectoure avec saint Clair de Nantes, elle ne saurait tenir en présence des monuments traditionnels et liturgiques de l'Église de Nantes. Tandis que Lectoure montre encore le lieu traditionnel du martyre de son Apôtre, Nantes nomme le lieu où mourut saint Clair, son premier évêque confesseur, à Réguiny, paroisse du diocèse actuel de Vannes. L'histoire particulière des reliques des deux Saints achève de détruire l'affirmation du Père Papebrock.
## II. — LES COMPAGNONS DE SAINT CLAIR D'AQUITAINE,
## APÔTRES ET MARTYRS.
4. Saint SEVER. — Le manuscrit de Saint-Sever assigne aux compagnons de saint Clair la même patrie qu'à saint Clair lui-même, cette fameuse et illisible *Ampligonia* d'où l'on a fait, bien à tort, *Africana*. Il incline pour la tradition qui les fait venir d'Orient et du pays de saint Saturnin.
Pour un esprit attentif et accoutumé à débrouiller le chaos des origines chrétiennes, les traditions consignées par le moine de Saint-Sever, renferment encore toutes les indications nécessaires pour faire remonter ce Saint aux temps apostoliques. Il est contemporain de saint Clair et comme lui du pays de saint Saturnin. Il est par conséquent difficile de le reculer jusqu'au temps des Vandales sous le règne d'Honorius. *Ampligonia* étant devenu *Africana*, il fallait bien chercher dans l'histoire des compatriotes venus des mêmes régions. Les seuls faits constants dans les débris de l'
Événements marquants
- Exil dans le Bugey sous la garde de Théodefroi
- Conversion de son gardien Théodefroi
- Poursuite par deux sicaires envoyés par Ebroïn
- Prière refusée à la chapelle Saint-Genès
- Martyre par percement d'une lance près de la fontaine de Bébron
- Translation des reliques en 1813 par le cardinal Fesch
- Translation solennelle en 1833 par Mgr Devie
Miracles
- Multiples miracles au tombeau attirant les foules
- Guérisons de malades lors des neuvaines