Saint Roch de Montpellier
Confesseur
Résumé
Né à Montpellier avec une croix rouge sur le corps, saint Roch distribua sa fortune aux pauvres pour partir en pèlerinage. Il consacra sa vie à soigner les pestiférés en Italie par le signe de la croix avant de contracter lui-même la maladie. De retour en France, il mourut anonymement dans une prison de sa ville natale après cinq ans de captivité.
Biographie
SAINT ROCH DE MONTPELLIER, CONFESSEUR
Aflavit tibi triste lues funesta venenum Immeritumque feræ le dedit illa neci; Scilicet illa furens tatas modo sterneret urbes Ni te hostem supero sciret in orbe suum.
L'haleine empoisonnée des malades que vous soigniez par amour vous a voué à une mort prématurée, et le fléau destructeur continuerait à dépeupler nos villes s'il n'avait au ciel un ennemi invisible. Fasti Sacri.
Saint Roch naquit à Montpellier, l'une des principales villes du Languedoc, vers la fin du XIIIe siècle. Son père, nommé Jean, était un des premiers de la ville; comme il joignait la justice et la piété à la noblesse et à la profession des armes, il se faisait aimer et respecter de tous les habitants. En ce temps-là, c'étaient les rois de Majorque qui avaient le domaine de Montpellier, dépendant de la couronne de France: on croit que le père de notre Saint en était gouverneur. Sa mère s'appelait Libérie, et elle était, comme son mari, pieuse, bienfaitrice des pauvres et très-dévote envers la sainte Vierge. Cependant ils furent longtemps sans avoir d'enfants, et Libérie n'était même plus en âge d'en avoir sans un secours particulier et miraculeux de la bonté de Dieu. Jean, inspiré du ciel, ordonna à sa femme de faire pour cela des prières et des vœux à Notre-Seigneur, et d'employer auprès de lui le secours tout-puissant de sa très-sainte Mère. Elle obéit à ce commandement, et, s'adressant au Fils et à la Mère, elle les pria de cette sorte: « Créateur de l'univers, et vous bienheureuse Vierge, Reine du monde, qui prenez plaisir à exaucer ceux qui implorent votre secours, nous vous demandons humblement un enfant, s'il peut être utile à votre service: car, nous n'en souhaitons pas un, afin qu'il accroisse nos biens et qu'il augmente l'éclat de notre maison, mais afin qu'il fasse du bien aux pauvres, et qu'il s'expose à toutes sortes d'adversités, et même, s'il est nécessaire, à la mort pour la gloire de votre nom ».
Cette prière si fervente et si désintéressée ne manqua pas d'avoir son effet: Dieu rendit Libérie mère d'un fils, qui apporta en naissant une croix rouge sur son estomac: ce qui la remplit d'une telle joie, que, tout âgée qu'elle était, elle résolut de le nourrir de son propre lait. Comme il avait
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été conçu par miracle, Dieu fit, par un autre miracle qui fut le présage de sa sainteté, qu'il commença, dès la mamelle, à pratiquer l'abstinence, ne buvant les mercredis et les vendredis qu'une fois le jour. On le vit avec étonnement, dès l'âge de cinq ans, observer le précepte de l'Apôtre, de châtier son corps pour le réduire en servitude : car, dès lors, il ne prenait de nourriture que le moins qu'il pouvait. Quand il eut douze ans, il renonça entièrement à tout ce qu'il y a de plus agréable et de plus éclatant dans le siècle : son seul plaisir était de faire du bien aux pauvres et aux étrangers, et il les assistait avec la même charité qu'il aurait fait pour ses propres frères. Toutes ses actions n'avaient pour but que le service et la gloire de Dieu ; et elles étaient accompagnées de tant de douceur dans ses regards, de tant d'honnêteté dans ses paroles, et de tant de majesté dans tout son extérieur, qu'on ne pouvait assez admirer les dons de la nature et de la grâce dont la bonté divine l'avait comblé.
Son père, se voyant près de mourir, le fit approcher de son lit et lui dit : « Voici le temps, mon fils, où je dois quitter cette vie pleine de troubles et de misères, pour aller rendre compte à Dieu et pour aller jouir, s'il me fait miséricorde, du règne éternel avec lui : je n'ai pas cru devoir partir sans vous donner quelques avis qui vous seront très-utiles pour passer vos jours dans l'innocence et la piété. Etudiez-vous sur toutes choses à servir Dieu. Représentez-vous très-souvent les travaux et les supplices que Jésus-Christ a soufferts pour notre salut. Fuyez l'avarice, qui est une source de toutes sortes de péchés. Secourez de tout votre pouvoir les veuves, les orphelins et les autres personnes dépourvues de toute assistance. Soyez l'œil des aveugles, le pied des boiteux et le père des pauvres, et persuadez-vous qu'en appliquant les grands biens que je vous laisse à ces œuvres de miséricorde, vous attirerez sur vous la grâce de Dieu et la bénédiction de tous les hommes ».
Roch promit d'exécuter fidèlement ce que son père lui recommandait, et, après lui avoir fermé les yeux, il eut soin de le faire enterrer avec tout l'honneur que sa qualité et son mérite demandaient. Sa mère fut si affligée de la mort de son mari, qu'elle ne lui survécut que fort peu de temps. Ainsi notre Saint, qui était leur fils unique, n'étant pas encore âgé de vingt ans, se trouva le possesseur et le maître d'une grande fortune. Il n'oublia pas alors la promesse qu'il avait faite ; mais, ayant devant les yeux les paroles de Notre-Seigneur : « Vendez vos possessions et faites-en l'aumône », il distribua aux pauvres, le plus secrètement qu'il lui fut possible, tout ce qu'il put tirer de ses biens, et laissa l'administration du reste entre les mains de son oncle paternel ; puis il partit tout seul, à pied et en habit de pèlerin, dirigeant ses pas vers Rome.
Lorsqu'il fut arrivé à une ville du patrimoine de l'Église, nommée Acquapendente, il apprit que la peste y était très-violente. Il s'en alla aussitôt à l'hôpital, et s'offrit à l'administrateur, nommé Vincent, pour l'assister dans cet office de miséricorde. Cet homme charitable, le voyant si jeune et si bien fait, lui répondit qu'il ne pouvait assez louer son zèle, mais qu'il le croyait trop délicat pour supporter un si grand travail et souffrir une telle infection. « Dieu ne nous assure-t-il pas », répliqua le Saint, « que rien ne nous est impossible avec son secours, et que ce secours ne nous manque pas lorsque nous n'avons point d'autre dessein que de lui plaire ? » Vincent admira sa ferveur ; mais, craignant d'être coupable de sa mort, s'il le laissait entrer parmi les pestiférés, il lui résista encore quelque temps. Il se rendit enfin à ses instances réitérées et lui permit la visite des malades. Roch
les toucha dans la main droite et fit sur eux le signe de la croix, et, par ce signe salutaire, il leur rendit à tous la santé, sans qu'un seul fût privé de cette grâce. Il alla ensuite par toute la ville, et guérit de la même façon tous ceux qui étaient frappés de cette cruelle maladie : on le regarda comme un ange envoyé de Dieu pour le secours de tant de malheureux. Aussitôt après, ayant appris que la peste faisait de semblables ravages dans la ville de Césène, en Lombardie, il s'y rendit et la délivra de la même manière.
Comme son premier dessein, en partant de Montpellier, avait été d'aller à Rome, cette inclination s'augmenta encore beaucoup, lorsqu'il apprit que la peste y causait de grands ravages. Il s'y rendit en toute hâte et trouva la ville et le peuple dans une désolation extrême.
Au bruit, à l'agitation d'une grande ville, avait succédé le silence, quelque chose d'immobile comme la mort. À peine si on entendait, çà et là, les plaintes, les gémissements et les sanglots du deuil, ou les cris sinistres du désespoir !
Des tombereaux circulaient dans les rues. Une cloche, au son lugubre, annonçait leur passage, et avertissait les habitants que le moment était venu de descendre leurs morts. Les cadavres étaient entassés, alors, sur d'autres cadavres : les tombereaux suffisaient à peine à les contenir tous !
Et quand la contagion vint à sévir plus cruellement encore, on n'attendait même plus le passage du tombereau funèbre ; on exposait les cadavres devant les portes, on les jetait des fenêtres dans les rues. La ville offrait partout ces spectacles d'horreur !
La mortalité avait atteint des proportions tellement effrayantes, le mal qui donnait la mort était tellement violent que, le matin, les vivants ne s'attendaient pas à voir la fin du jour, et que le soir, en se couchant, ils désespéraient de revoir le jour suivant.
Au milieu de ce deuil, de cet effroi universel, des scènes bien diverses de grandeur ou d'abjection se produisaient sur ce théâtre de tant de douleurs ! Dans l'impossibilité où on était de se procurer souvent des aliments, on se voyait réduit à la dernière nécessité, à la famine la plus cruelle, ou bien il fallait s'exposer au danger d'une mort presque inévitable. Lorsque le moment était venu de se séparer de ces êtres qui sont comme la moitié de nous-mêmes, tant ils nous sont chers, on voyait des mères éplorées descendre elles-mêmes leurs enfants, les placer de leurs mains sur l'immonde charrette, comme pour leur faire une place plus digne et plus honorable, les baiser ensuite sur le front, payer à grand prix une sépulture particulière pour eux, pour elles-mêmes, lorsque le lendemain, on viendrait prendre leur triste dépouille, ne voulant pas en être séparées, même dans la mort !
À peine quelques citoyens généreux, quelques magistrats intrépides avaient le courage de se dévouer pour remédier à tant de maux ; la peur, l'égoïsme avaient endurci tous les cœurs. À peine quelques médecins courageux osaient affronter le danger. La plupart, voyant l'impuissance de leur art, s'éloignaient du séjour de la contagion et de la mort.
Saint Roch, à la vue de ce peuple de Rome désolé, décimé par la contagion, gisant dans le deuil et dans la mort, s'inspira de la grandeur et de l'énormité même de ses malheurs, et résolut de le sauver ou de mourir pour lui. Il se mit aussitôt à l'œuvre, visita les hôpitaux et pénétra dans les réduits les plus infects des lazarets où tant de malheureux luttaient en vain contre la mort. Son héroïque charité ne recula devant aucun obstacle, ne s'arrêta devant aucun danger.
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Partout où saint Roch portait ses pas, le mal s'apaisait, la contagion disparaissait. On voyait les malades les plus désespérés revenir à la vie, dès que la main puissante de notre Saint les avait marqués du signe sacré de notre salut.
La confiance se ranima bientôt dans les esprits : les rues, les places publiques cessèrent d'être désertes. On n'entendait parler que du médecin miraculeux suscité par le ciel pour remédier à tant de malheurs. On racontait, on redisait en tous lieux les guérisons prodigieuses qu'il opérait partout.
Dans cette expression de la joie publique qui éclatait déjà sur tous les fronts comme dans toutes les bouches, on voyait des malades se traîner çà et là, ou se faire porter sur le passage de notre Saint, chercher à le voir, à le toucher, à sentir sur leur chair l'impression de cette main puissante qui donnait la santé et la vie.
Et quand des infortunés, trop maltraités par le venin et la malignité de la peste, ne pouvaient être emportés de leur lit de souffrance, le saint thaumaturge se rendait auprès d'eux et les guérissait.
Le zèle de saint Roch fut infatigable, sa main ne se lassa pas de toucher des pestiférés, de les rendre à la vie par la vertu du signe de la croix. Il se multiplia, il voulut être partout où était le mal avec ses victimes. « Sa charité fut enfin plus forte que la mort » : la contagion était vaincue, Rome était sauvée.
Cependant, la peste infectait encore la campagne romaine. Des troupeaux abandonnés paissaient çà et là au milieu des champs ; le soir, ils revenaient sans pasteur et tristement dans des maisons désertes ou abandonnées. Les fruits pendaient aux arbres, les récoltes étaient mûres et personne ne recueillait ces trésors de la terre.
Saint Roch accourut au secours de ces malheureux. À peine avait-il porté la guérison et la vie dans un lieu, il disparaissait aussitôt et volait vers un autre lieu affligé par la contagion, et là, comme partout, il opérait les mêmes prodiges. C'est ainsi qu'il sauva de l'épidémie beaucoup de villes d'Italie, et particulièrement du Piémont, du Milanais, de Montferrat, des duchés de Mantoue, de Modène et de Parme.
Ayant su que la ville de Plaisance était extrêmement affligée par ce mal contagieux, il s'y rendit, s'enferma dans l'hôpital, pansa les malades selon la coutume, et, étant accablé de sommeil, il s'endormit. Alors il entendit une voix qui lui dit d'un ton doux et agréable : « Roch, vous avez supporté jusqu'à présent de très-grands travaux pour l'amour de moi, il faut maintenant que vous souffriez aussi d'extrêmes douleurs dans la vue de celles que j'ai endurées pour vous ». Il s'éveilla à cette voix, et, pris d'une fièvre ardente, il se sentit comme percer la cuisse gauche, avec une douleur si violente, qu'elle était presque insupportable. En cet état, il leva les yeux au ciel, et témoigna à Notre-Seigneur beaucoup de reconnaissance et de satisfaction de cette rude visite. Son mal s'augmenta ensuite de telle sorte, qu'il ne pouvait s'empêcher de jeter des cris, et, parce que cela incommodait les autres malades, il sortit de l'hôpital et se coucha à terre, auprès de la porte. On voulut le faire rentrer ; mais comme il refusa de le faire, dans la crainte d'être incommode, on le prit pour un frénétique et on le chassa de la ville. Il se traîna donc le mieux qu'il put, appuyé sur un bâton, jusqu'à la forêt voisine, et après s'être un peu reposé sous un cornouiller, il se retira dans une petite cabane, où, se reconnaissant digne de toutes les peines et humiliations qu'il endurait, il pria néanmoins Notre-
Seigneur de ne le point abandonner et de lui tendre sa main secourable. Sa prière fut suivie d'un grand miracle; car, en ce même temps, une nuée descendit du ciel et forma, auprès de sa cabane, une source d'eau qu'on y voit encore aujourd'hui, dont il but et se lava: ce qui adoucit un peu les cuisantes douleurs dont il était tourmenté.
Lorsque la divine Providence eut, par ce moyen, désaltéré la soif de son serviteur, elle en employa un autre non moins miraculeux pour le nourrir, afin que personne ne se décourage dans ses peines et qu'on soit persuadé que Dieu a soin de ceux qui endurent quelque chose pour son amour. Il y avait près de cette forêt un grand village, rempli de belles maisons de campagne, où les principaux de la ville s'étaient retirés à cause de la peste, et, entre autres, un nommé Gothard, qui était fort riche et avait quantité de serviteurs et même une meute de chiens qu'il nourrissait pour la chasse. Un jour, comme il était à table, un de ses chiens vint à lui et prit avec sa gueule un pain qu'il avait à la main. Le seigneur sourit, croyant qu'il le faisait par privauté ou par nécessité, et le laissa faire; ce chien porta ce pain à saint Roch. Le lendemain, il fit la même chose à dîner et à souper. Le maître crut alors que ses valets le laissaient mourir de faim; il se fâcha contre eux et leur en fit la réprimande. Mais, ayant reconnu que rien ne lui manquait, et qu'il ne dérobait pas ce pain pour le manger, mais pour le porter en quelque lieu, il résolut de remarquer où il allait et de le suivre. En effet, ce chien étant encore revenu enlever un pain de dessus sa table, il courut après lui, et l'ayant suivi dans la forêt, il vit qu'il le portait dans la cabane de saint Roch; qu'il le lui présentait en baissant la tête, et que l'homme de Dieu, en le recevant, le bénissait. Gothard, surpris de ce prodige, accourut au plus tôt à cette pauvre cabane, et ayant trouvé le Saint couché contre terre et dans une grande langueur, il le pria de lui dire qui il était et de quelle maladie il était tourmenté. Il lui répondit que c'était de la peste, et qu'il le suppliait de se retirer, de peur de la gagner lui-même. Ce gentilhomme, étant retourné dans sa maison, fit une sérieuse réflexion sur ce qu'il venait de voir, et, se reprochant à lui-même que son chien semblait avoir plus de compassion et de miséricorde pour les affligés que lui, il résolut de s'en retourner vers Roch pour lui offrir tous ses services. Il le pria donc de souffrir qu'il l'assistât, et lui protesta qu'il ne le quitterait point qu'il ne le vit entièrement guéri. Le Saint, ne doutant point que sa résolution ne vînt de Dieu, lui permit de demeurer.
Cependant le chien n'apportant plus de pain, cet homme commença à s'inquiéter comment il vivrait et comment il nourrirait son malade. Roch lui conseilla de prendre son habit de pèlerin et de s'en aller en ce costume faire la quête dans les lieux d'alentour. Il eut de la peine à se rendre à ce conseil, parce qu'on le connaissait partout: mais, étant encouragé par le Serviteur de Dieu, qui lui fit paraître cette action comme un grand moyen de perfection, il s'y résolut, et alla même dans Plaisance demander l'aumône. Les uns se contentèrent de le rebuter; d'autres se moquèrent de lui et le chargèrent d'injures; d'autres lui firent de grands reproches comme à un mauvais ménager, qui, ayant mangé son bien, cherchait à s'engraisser du bien d'autrui. Enfin, dans toute la ville, il ne put trouver que deux pains. À son retour, saint Roch le consola, et voulant rendre aux habitants de Plaisance le bien pour le mal, il s'y rendit, et guérit par le signe de la croix non-seulement les pestiférés qui étaient dans l'hôpital, mais aussi ceux qui étaient dans les maisons. Lorsqu'il revenait le soir à sa cabane, il fut suivi de plusieurs personnes qui ne pouvaient assez admirer
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les merveilles que Dieu faisait par son moyen. Pendant le chemin, une voix vint du ciel, qui dit : « Roch, Roch, j'ai exaucé votre prière, et je vous ai rendu la santé; retournez maintenant en votre pays, et y pratiquez les exercices de la pénitence, afin que vous puissiez avoir place dans la compagnie des Saints ». Cette voix les étonna tous extrêmement; l'un d'entre eux, qui était un homme de grande piété, vint se jeter aux pieds de Roch, et, l'appelant par son nom qu'il n'avait encore découvert à personne, il le supplia de favoriser la ville et tout le pays de sa protection. Roch le lui promit, à la charge qu'il ne découvrirait point durant sa vie ce qu'il avait vu et entendu. À quoi il acquiesça.
D'un autre côté, Gothard voyant que le Serviteur de Dieu était passé tout d'un coup de l'état déplorable où il était, dans une parfaite santé, l'eut encore en plus grande estime qu'auparavant, et se laissa facilement persuader, par ses discours pleins de feu, de renoncer à tous les biens et à tous les honneurs du monde, pour finir sa vie dans ce désert. Roch demeura encore quelque temps avec lui pour le former aux exercices de la pénitence et de l'oraison, et pour en faire un saint solitaire. Ensuite, voulant obéir à la voix du ciel, il prit congé de lui et s'en revint en France. L'esprit de Dieu qui le conduisait lui inspira de retourner à Montpellier, lieu de sa naissance, pour y mener une vie cachée et souffrante, dans la ville même où il aurait dû recevoir les plus grands honneurs. Tout le pays était alors désolé par de grandes guerres, et chacun y vivait dans de grandes craintes d'être surpris par son ennemi. Aussi le Saint étant entré en habit de pèlerin dans un bourg de son ancien domaine, et s'étant mis en prières dans l'église, y fut pris pour un espion. On l'arrêta donc et on le conduisit à Montpellier vers son oncle, qui, ne le connaissant pas, le fit mettre dans un cachot comme un ennemi secret. Le Saint, au lieu de s'en affliger, loua Dieu de la grâce qu'il lui faisait de pouvoir souffrir des opprobres et des peines pour l'amour de lui, et le pria, par l'intercession de la sainte Vierge, de ne le point abandonner, mais de le soutenir par son assistance.
Ce cachot n'était pas seulement obscur, mais encore sale, puant, humide et plein de scorpions : ce qui en rendait la demeure extrêmement effroyable. Cependant, ne se contentant pas du tourment qu'il en recevait, il y ajoutait des austérités extraordinaires; car il ne mangeait rien de cuit; il se noircissait l'estomac de coups, se déchirait le corps avec des fouets, et passait les jours et les nuits dans des veilles et des prières presque continuelles. Il demeura cinq ans dans un état si souffrant et si humilié, sans que personne eût pitié de lui ni qu'on pensât à sa délivrance. Au bout de ce temps, Dieu lui ayant fait connaître que la fin de sa vie approchait, il pria le geôlier de lui faire venir un prêtre. On lui en amena un, qui, en entrant dans ce cachot où il n'y avait aucune ouverture par où le jour pût passer, le trouva tout éclairé d'une lumière céleste, et vit des rayons de gloire sortir des yeux de ce bienheureux prisonnier; ce qui l'étonna si fort, qu'il ne put qu'à peine lui demander ce qu'il désirait de lui. Le Saint se jeta à ses pieds, se confessa et le pria de lui donner la sainte communion. Le prêtre, au sortir de là, alla trouver le gouverneur et lui dit, les larmes aux yeux, que l'on avait beaucoup offensé Dieu de retenir dans une obscure prison un homme, non-seulement innocent, mais aussi très-juste et très-saint. Il lui raconta ensuite quelles étaient ses austérités et sa patience, et comment il avait trouvé le cachot rempli d'une splendeur divine. Le gouverneur prit temps pour y penser, et, cependant, le bruit de cette merveille s'étant ré-
pandu par toute la ville, les habitants vinrent en foule à la prison pour avoir l'honneur de voir cet homme de bien.
Il tomba malade aussitôt après, et, pendant qu'il dormait, il entendit une voix qui lui dit : « Voici le temps, mon bien-aimé Roch, que je dois porter votre âme dans le sein de mon Père ; si donc vous avez quelque chose à demander pour vous ou pour les autres, demandez-la au plus tôt, et elle vous sera accordée ». Il remercia Notre-Seigneur d'une offre si avantageuse, et le pria par grâce de lui pardonner ses péchés, de le faire entrer dans la jouissance de son bonheur, et de préserver ou délivrer de la peste ceux qui imploreraient son assistance. Notre-Seigneur lui fit connaître qu'il avait exaucé sa prière. Ainsi, s'étant couché sur la terre dans une posture fort modeste, il éleva ses yeux vers le ciel, et rendit paisiblement son esprit à Dieu, le 16 août 1327, à l'âge de 32 ans. On vit aussitôt paraître, à travers les fentes de ce lieu, une grande lumière, qui donna de l'admiration et de l'épouvante au géolier. Il ouvrit la porte, et trouva le corps du bienheureux Confesseur étendu sur la terre et des lampes allumées à sa tête et à ses pieds, avec une petite planche à ses côtés, où ces mots étaient écrits : « Ceux qui, étant frappés de peste, auront recours à l'intercession de Roch, seront délivrés de cette cruelle maladie ». La chose ayant été rapportée au gouverneur, il en fut extrêmement surpris. Sa mère, qui était aïeule de notre Saint, lui dit que ce prisonnier qu'il avait si maltraité, était son neveu qui lui avait laissé tant de biens en partant pour l'Italie, et qu'il serait aisé de le reconnaître par une croix rouge qu'il devait avoir sur l'estomac. On y regarda et on trouva cette croix, qui ne laissa aucun doute qu'il ne fût véritablement le fils de Jean, gouverneur de Montpellier, et de Libérie. Son oncle, couvert de confusion et touché de douleur de la cruauté qu'il avait exercée contre son bienfaiteur et son propre sang, tâcha de la réparer par une pompe funèbre des plus magnifiques. Tous les habitants vinrent voir ce corps vénérable, lui baisèrent les pieds et l'arrosèrent de leurs larmes. On l'enterra d'abord dans la principale église, qui n'était pas encore cathédrale, le siège de Maguelonne n'étant pas encore transféré à Montpellier. Depuis, son oncle fit bâtir, en son honneur, un temple où ses précieuses reliques furent transportées.
Dans le sanctuaire de l'église Saint-Roch, à Venise, on voit les quatre grandes scènes de la vie du Saint. Il est représenté : 1° guérissant les pestiférés dans un hôpital ; 2° fortifié dans sa prison par un ange ; 3° guérissant les animaux ; 4° pris pour un espion et conduit en prison. — On le voit aussi présentant la confrérie sous l'emblème d'une femme vêtue de blanc, à la charité éclairée du flambeau de la religion. — Le chien est l'attribut ordinaire de saint Roch avec le bourdon du pèlerin. Un ange est représenté quelquefois comme son compagnon. Ces signes résument, en effet, les merveilles et les gloires de sa vie : Le chien fut le ministre fidèle dont Dieu se servit pour secourir la misère extrême de son serviteur ; le messager céleste fortifie notre Saint dans ses souffrances solitaires ; le bourdon, enfin, rappelle les longues marches de cet héroïque apôtre de la charité. — Dans les images de saint Roch on voit un ange qui touche la plaie de sa cuisse ; d'autres fois un ange qui lui apporte du ciel la promesse certaine qu'à son invocation la peste cessera. Dans un tableau de Rubens représentant ce fait, l'ange tient une tablette sur laquelle on lit : *Ei vis in peste patronus*.
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[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]
La dévotion envers ce grand Saint s'est toujours augmentée depuis sa mort. L'an 1414, un Concile général s'étant assemblé à Constance, en Allemagne, pour étouffer un grand schisme dont l'Église était affligée depuis longtemps, la peste s'alluma dans tout le pays d'alentour et ravagea cette ville : les prélats étaient résolus à se retirer, au grand préjudice du bien public, de toute la chrétienté, mais un jeune allemand, étant inspiré de Dieu, leur dit de s'adresser à saint Roch, dont le nom était invoqué en France, en temps de peste, avec un merveilleux succès, et qu'ils en seraient préservés. Ils suivirent ce conseil, et, après un jeûne universel qu'ils ordonnèrent à toute la ville, ils portèrent l'image de saint Roch en grande pompe dans une procession générale, et implorèrent ses secours par de ferventes prières. On ne peut concevoir combien ces vœux et ces gémissements furent vite exaucés. La contagion disparut à l'instant, et, par ce moyen, saint Roch fut canonisé plus solennellement que si l'on avait observé pour lui toutes les formes ordinaires de cette sainte cérémonie. Les évêques, qui étaient présents au Concile, portèrent ensuite dans leurs diocèses l'estime et la dévotion envers saint Roch ; et, depuis, on a bâti une infinité de temples, de chapelles et d'oratoires en son honneur, et à peine trouve-t-on une église où l'on ne voie son image. Vers la fin du XVe siècle, le pape Alexandre VI autorisa une Confrérie de Saint-Roch déjà établie à Rome, sous son patronage, et permit qu'elle construisit une église en l'honneur et sous le vocable de ce Saint. En 1500, Pie IV renouvela les privilèges et les exemptions accordés à cette même Confrérie par Alexandre VI et par Léon X. Le pape Urbain VIII le proclama Saint à la face de l'Église et ordonna que sa fête serait célébrée le jour de sa mort.
Pour ses reliques, le martyrologe romain et les auteurs qui ont écrit sa vie disent que, dans la suite des temps, elles furent transférées à Venise : ce qui arriva l'an 1485, par le larcin de quelques pèlerins de Tortoue. Mais cela ne se doit entendre que d'une partie ; car il est constant que, dès l'année 1399, le maréchal de Boucicant, qui aimait tendrement les Pères Trinitaires de la Rédemption des captifs, que l'on nomme en France Mathurins, procura à leur couvent d'Arles les principaux membres de ce glorieux Confesseur. C'est de là que le pape Alexandre VI, en 1501, en fit tirer un ossement pour être porté au royaume de Grenade, en Espagne, afin qu'il lui servît de défense et de protection contre les irruptions des Sarrasins et des Maures. C'était l'ossement appelé *nucha dorsi*. C'est de là que Guillaume le Vasseur, chirurgien de François Ier, en 1533, obtint un autre ossement appelé le *sponzègle*, qu'il donna depuis à l'église du bourg de Villejuif, à deux lieues de Paris, où il est honoré tous les ans par un grand concours de pèlerins, le premier dimanche de mai. En 1557, une partie de la tête fut transférée à Marseille et déposée avec honneur dans l'église des Trinitaires qui lui était dédiée. En 1617, un autre fragment de la tête fut transféré à Boxai et déposé dans une châsse en vermeil. Il s'y fit de fréquents miracles. Une procession solennelle se faisait tous les ans, dans cette ville, le 16 août. On transporta un os à Rome, en 1575, et un autre à Turin en 1620 ; diverses églises de Paris, comme celle des Grands-Carmes et la paroisse de son nom, ont reçu quelques portions de ce trésor. On sait assez qu'il y a, en plusieurs lieux, des Confréries de Saint-Roch, et que beaucoup de villes l'ont pris pour un de leurs patrons et protecteurs, comme Venise, Arles, Montargis, Salon, Vermanton et d'autres lieux. À Rome, on vénère un doigt de saint Roch à Sainte-Marie-la-Neuve. La ville d'Anvers, en Belgique, possède un fragment de l'épine dorsale du Saint, qui est renfermé dans une châsse d'argent.
On trouve des parcelles des reliques de saint Roch : à Bruxelles, dans l'église de Saint-Gaugerie ; à Prague, en Bohême ; à Dure, ville du duché de Juliers, en Allemagne ; à Binder-monde, en Flandre ; dans plusieurs contrées de l'Allemagne et de l'Autriche ; à Cologne ; à Saint-Laurent de l'Escarial, en Espagne ; au port de Césène en Italie, où l'on possède une dent molaire du Saint. Les Trinitaires de Montpellier avaient aussi le bâton du saint pèlerin et une parcelle de l'os d'une côte. Cette relique fut sauvée de la rage révolutionnaire et remise, en 1589, à l'évêque de Montpellier, qui la déposa dans le piédestal d'une statue de saint Roch en argent.
Le trésor des reliques de saint Roch était conservé à Arles avant la Révolution. Les religieux qui en avaient la garde étaient liés par la menace d'excommunication, qui leur interdisait d'en altérer la moindre parcelle. Elles échappèrent aux profanations de 1793, par une providence particulière, avec leurs sceaux d'authenticité. Mais la châsse en vermeil qui les renfermait a été la proie des révolutionnaires : elle était surmontée d'une statue en vermeil représentant saint Roch. Actuellement, ces reliques sont sous la garde et en la possession des deux autorités ecclésiastique et civile, qui ont chacune une clef du reliquaire, de manière que le concours des deux est rigoureusement nécessaire pour en obtenir. La châsse fut ouverte le 23 mai 1838 ; huit parcelles en furent tirées et remises au curé de la paroisse Saint-Roch à Montpellier. Le 30 mai, elles furent reçues par l'évêque de Montpellier qui les transporta à l'église cathédrale et les déposa ensuite dans l'église Saint-Roch.
Venise fut moins prodigue de son trésor que la ville d'Arles. En 1640, Urbain VIII ayant affilié la Confrérie de Saint-Roch de Venise à celle de Rome, les membres de cette corporation envoyèrent une partie notable du bras du Saint à leurs confrères de Rome. En 1663, le cardinal de Bouzi, évêque de Béziers et ambassadeur du roi de France à Venise, obtint un fragment du chef et une parcelle d'une côte du Saint. En 1856, M. l'abbé Reclus, curé de la paroisse Saint-Roch, à Montpellier, obtint du patriarche de Venise une relique insigne du Saint : c'était un tibia de la jambe gauche. Le 14 août, l'évêque de Montpellier reçut cette insigne relique à la porte de la cathédrale et la déposa sur l'autel de Saint-Roch, et le lendemain elle fut portée au milieu d'un concours immense de peuple dans l'église paroissiale de Saint-Roch.
Nous avons tiré ce que nous en avons dit de Pierre Maldure, rapporté par Surius, et de l'Histoire de saint Roch, par l'abbé Reclus.
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## SAINTE TRIAISE, VIERGE,
### RECLUSE PRÈS DE POITIERS (vers 375).
On croit que la patrie de notre Sainte fut la Troade, petite contrée de l'Asie-Mineure. Pendant que saint Hilaire de Poitiers était exilé dans ces contrées, elle entendit parler de lui. Triaise, jeune encore, quitta alors sa famille, qui était riche et noble, et, à l'exemple de sainte Florence, elle vint à Poitiers trouver saint Hilaire, peu de temps avant la mort du grand évêque, et le pria de la consacrer à Dieu, pour qu'elle menât l'austère vie de recluse. Le Saint y consentit, après l'avoir soumise à une épreuve.
Il y avait alors, en dehors des murs de Poitiers et au midi de la ville, une église que saint Hilaire venait de construire en l'honneur des nouveaux martyrs saint Jean et saint Paul, décapités à Rome en 363, et qu'il avait enrichie de leurs reliques. Ce fut près de ce lieu vénéré, remplacé ensuite par la basilique de Saint-Hilaire, que le grand évêque fit disposer une humble demeure à Triaise : une petite cabane, un fort petit jardin, devinrent le volontaire exil de la jeune vierge. Elle s'y enferma avec joie et y vécut dans la pratique d'une rigoureuse pénitence jusqu'à sa mort. Elle avait ajouté à cette obligation volontaire le vœu formel de ne jamais se laisser apercevoir aux hommes, non plus que de chercher à en voir un seul. Cette règle ne souffrit jamais d'exception, même pour son père spirituel ; et quand saint Hilaire se transportait près d'elle pour l'entretenir des choses de Dieu, il lui parlait, sans que ni l'un ni l'autre se vissent, par l'étroite fenêtre de la cellule. Ces visites, au reste, étaient aussi fréquentes que la charité les inspirait à saint Hilaire. De son côté, Triaise était pleine de reconnaissance pour ses soins paternels, et elle s'efforçait de le lui témoigner en confectionnant à son intention les hosties du saint Sacrifice et des calices pour le Corps du Seigneur.
Sainte Triaise s'endormit dans le Seigneur le 16 août, vers l'an 375, à peine âgée de vingt-cinq ans. Son corps fut inhumé par l'évêque Pascentius, deuxième du nom, successeur immédiat de saint Hilaire. Placé d'abord avec de grands honneurs, que justifièrent d'éclatants miracles, dans l'église de Saint-Jean et de Saint-Paul, il en fut retiré peu de temps après et transféré dans une église nouvelle, bâtie sous son nom, sur le lieu même où la cellule avait été posée. Cette église, dépouillée de son titre par la Révolution de 93, et aujourd'hui abandonnée, existait comme paroisse dès le Xe siècle ; elle paraît avoir été reconstruite au Xe. C'était un bénéfice paroissial dépendant du Chapitre de Saint-Hilaire qui en conférait les pouvoirs.
L'abbé Auber : Vies des Saints de l'Église de Poitiers.
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## SAINT CIZY DE BESANÇON, SOLDAT,
### MARTYR PRÈS DE RIEUX, AU DIOCÈSE DE TOULOUSE (IXe siècle).
Au VIIIe siècle, les Sarrasins, devenus maîtres de l'Espagne, franchirent les Pyrénées au nombre de quarante mille, et se précipitèrent dans la Gaule. Après avoir envahi la plus grande partie de la Septimanie, ils occupèrent les environs de Toulouse, et construisirent un grand nombre de mosquées le long de la Garonne, sur les limites du comté de Comminges. Parmi les guerriers pleins de foi qui se rassemblèrent pour chasser de la Gascogne ces ennemis du Christ, brille au premier rang Cizy de Besançon, issu des anciens dons de Bourgogne, et non moins distingué par sa valeur guerrière. Sous l'habit de soldat, il avait conservé des mœurs austères ; il était grave et modeste, et donnait l'exemple de toutes les vertus. Il soulageait les pauvres de ses biens, accrus des dons de Charlemagne, et, remplissant tous les devoirs qu'impose une piété solide, il avait converti plusieurs infidèles à la foi chrétienne.
Chargé, par Charlemagne, de commander le tiers des chevaliers, il entre avec eux dans les plaines de la Garonne, et se précipite sur les infidèles. Emporté par son ardeur, il pénètre seul au milieu des épaisses colonnes des Sarrasins ; mais, entouré de toutes parts, il est fait prisonnier. Aussitôt on lui offre la vie s'il consent à embrasser la religion de Mahomet ; mais il rejette avec mépris cette proposition, et, adorant dans son cœur Jésus crucifié, il appelle le martyre. Ses vœux sont exaucés, et les infidèles assouvissent leur rage sur ce pieux soldat, en l'assommant avec leurs marteaux de guerre.
L'armée des chrétiens, devenue plus terrible par la mort de son chef, ne tarda pas à la venger. Les Sarrasins, taillés en pièces, couvrirent la plaine de leurs corps. Charlemagne, avec ses preux, fit élever, sur le lieu même du combat, qui conserve encore le nom de Cizy, un tombeau de marbre dans lequel fut placé le corps du saint Martyr. On lui construisit, avec les débris des retranchements ennemis, une chapelle où la grâce du Seigneur a opéré un grand nombre de miracles. Tous ces faits ayant été connus et prouvés authentiquement, les évêques de Toulouse inscrivirent le nom de Cizy dans le Catalogue des saints Martyrs de leur Église, et établirent un office propre pour le jour de sa fête. Lors de l'érection de l'évêché de Rieux (Haute-Garonne), ses reliques furent transférées dans la cathédrale de cette ville, où elles sont encore et où sa mémoire est honorée par une double fête, le 16 août, jour de sa naissance, et le 19 juin, jour de la translation de ses reliques.
Autour de la chapelle, bâtie par Charlemagne en l'honneur de Cizy, s'éleva peu à peu un village qui est sous le patronage du saint Martyr et qui porte le nom de Saint-Cizy (Haute-Garonne, arrondissement de Muret, canton de Cazères). Le diocèse de Rieux fut placé aussi sous la protection du même Saint, par le pape Jean XXII, en 1318. Mais, plus tard, il fut consacré à la sainte Vierge.
Tiré de la Vie des Saints de Franche-Comté.
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Événements marquants
- Naissance à Montpellier avec une croix rouge sur l'estomac
- Distribution de ses biens aux pauvres à l'âge de 20 ans
- Pèlerinage vers Rome et guérison de pestiférés à Acquapendente et Césène
- Contraction de la peste à Plaisance et retraite dans une forêt
- Retour à Montpellier, emprisonnement comme espion pendant cinq ans
- Mort en prison révélant son identité
Miracles
- Guérisons instantanées de la peste par le signe de la croix
- Source d'eau jaillissant dans sa cabane
- Chien apportant quotidiennement un pain
- Lumière céleste dans son cachot
Citations
Ceux qui, étant frappés de peste, auront recours à l'intercession de Roch, seront délivrés de cette cruelle maladie
Eris in peste patronus