Saint Serge de Césarée
Martyr
Résumé
Ancien magistrat devenu moine ermite, Serge interrompt par sa prière un sacrifice païen à Jupiter à Césarée en 304. Refusant de céder au gouverneur Saprice, il est décapité pour sa foi. Ses reliques furent plus tard transférées en Espagne, près de Bétule.
Biographie
SAINT SERGE, MARTYR À CÉSARÉE, EN CAPPADOCE (304).
En ce temps-là (304), l'Arménie et la Cappadoce étaient gouvernées par un nommé Saprice, originaire de Malte. Se rendant de Cappadoce en Arménie, il s'arrêta à Césarée. Durant son séjour en cette ville, il fit rechercher les chrétiens et ordonna de lui amener tous ceux qu'on trouverait. Les disciples de Jésus-Christ, qui étaient en petit nombre dans la métropole de la Cappadoce, ne furent point effrayés par la menace des atroces supplices qu'on leur préparait ; ils furent même consolés par le grand nombre de païens qui se joignaient à eux pour embrasser la foi ; et Dieu leur préparait au ciel des couronnes de justice.
Au milieu de ces terreurs arriva le jour des sacrifices.
Or, non loin de la ville, demeurait un saint moine nommé Serge. Il avait d'abord exercé la magistrature sous les princes de l'empire ; mais, redoutant les agitations d'un monde sacrilège, il quitta tout, distribua ses biens aux pauvres et se retira dans une vaste caverne au pied d'une montagne voisine, pour suivre dans ce dénuement Jésus-Christ pauvre.
Le jour de la fête annuelle de Jupiter, le prince des profanes idoles, il se rendit, par une inspiration d'en haut, dans la ville et se mêla à la foule des païens, attendant comme eux les apprêts du sacrifice.
Au moment où le prêtre conjurait les grands dieux par certaines paroles magiques, Serge se mit à prier Dieu, dans son cœur, de faire éclater aux yeux de ce peuple infidèle la grandeur de ses merveilles, en paralysant l'action sacrilège du sacrificateur. Et la chose arriva ainsi : le malheureux ministre des idoles ne put recevoir aucune réponse de ses dieux. Exaspéré, il annonça que ses dieux étaient irrités à cause du reste de liberté qu'on laissait aux chrétiens. À ces mots, Serge, transporté d'un saint zèle, s'écrie au milieu de la foule : « Pourquoi, sacrilège, oses-tu feindre la colère de tes dieux ? C'est mon Seigneur Jésus-Christ qui, exauçant la prière de moi, son serviteur, a fermé la bouche mensongère de tes démons ; c'est lui qui m'a choisi pour manifester ton erreur et publier devant tout le peuple la vérité de ma religion ». Le Flamine fut stupéfait d'un tel langage. La
SAINT ÉTHELBERT, PREMIER ROI CHRÉTIEN DE L'ANGLETERRE. 17
multitude se saisit de Serge et le conduisit au gouverneur, en l'accablant de mauvais traitements. Celui-ci, après avoir traité de folie les admirables réponses que lui fit le confesseur de Jésus-Christ, le condamna à la décapitation et à la confiscation de ses biens. Les satellites se saisirent aussitôt de sa personne et lui tranchèrent la tête. La nuit suivante les chrétiens recueillirent son corps et l'ensevelirent dans la maison d'une pieuse matrone.
Dans la suite des temps, ses reliques furent transportées en Espagne, où elles reposent honorablement près de la ville de Bétule, bien qu'aujourd'hui on ne connaisse plus le lieu précis où elles se trouvent.
Ainsi parlent les Actes du martyre de saint Serge.
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## S. ÉTHELBERT, Ier ROI CHRÉTIEN DES ANGLES OU ANGLAIS (616).
Saint Ethelbert ou Albert, roi de Kent, monta sur le trône en 560. Les conquêtes qu'il fit sur les autres rois le rendirent le plus puissant monarque de l'Hopterchie, et on le désignait ordinairement sous le nom de roi d'Angleterre. Il épousa Berthe, fille unique de Caribort, roi de Paris, et, comme il était encore idolâtre, il ne l'obtint qu'à condition qu'elle serait libre de professer le christianisme ainsi que l'évêque Léard, qu'elle emmenait en qualité d'aumônier et de directeur.
Ethelbert, frappé des vertus de son épouse et de la vie exemplaire du saint évêque, sentit diminuer son attachement au paganisme, et son cœur était déjà préparé en quelque sorte à recevoir l'Évangile, lorsque saint Augustin vint le prêcher dans son royaume. Quelque temps après, Ethelbert se rendit en personne à Thanet et donna son audience en plein air. Les missionnaires arrivés près de lui exposèrent le but de leur venue et les avantages qui en résulteraient pour lui et pour ses sujets. Ethelbert, après les avoir écoutés avec beaucoup d'attention, leur répondit : Vos discours sont beaux et vos promesses magnifiques. Jamais on ne m'en a fait de semblables, mais elles me paraissent un peu incertaines. Cependant, puisque vous êtes venus de si loin pour l'amour de moi, je ne souffrirai pas qu'on vous moleste, et je vous autorise à prêcher dans mes États. Il leur assigna de quoi subsister, et voulut qu'ils fixassent leur résidence à Cantorbéry, sa capitale.
Peu de temps après, il ouvrit les yeux à la lumière et renonça publiquement au culte des idoles. Le zèle et la piété de Berthe secondaient les instructions d'Augustin, et ne contribuèrent pas peu à la conversion de son mari, qui fut bientôt suivie de celle d'une grande partie de la nation.
Le roi de Kent, devenu chrétien, parut un homme tout nouveau, et les vingt années qu'il vécut après son baptême furent entièrement consacrées à étendre la religion et à convertir ses sujets. Il abolit le culte des idoles, fit renverser leurs temples ou les conserva au vrai Dieu. Celui qui était à Cantorbéry fut converti en une église qui devint plus tard cathédrale. Il fonda aussi, hors des murs de la ville, le monastère de Saint-Pierre et de Saint-Paul, qui prit ensuite le nom de Saint-Augustin. Il fit aussi construire plusieurs églises, entre autres celle de Saint-André, celle de Rochester et celle de Saint-Paul de Londres. Missionnaire à son tour, il travailla à la conversion des princes voisins et gagna à Jésus-Christ Sébert, roi des Saxons orientaux, et Redwal, roi des Est-Angles ; mais ce dernier retourna plus tard au paganisme.
Saint Grégoire le Grand lui envoya (600) plusieurs présents avec une lettre dans laquelle il le félicite de son zèle pour la religion ; il lui donne d'excellents avis par rapport à son salut. Ethelbert avait eu d'abord de rudes combats à soutenir contre ses passions, contre le monde et contre l'esprit de ténèbres ; mais il en sortit toujours vainqueur en employant les armes que fournit l'Évangile, c'est-à-dire la prière, l'humilité et la mortification.
La bienfaisance était aussi une de ses principales vertus, et ses sujets, surtout ceux qui étaient dans le besoin ou le malheur, en ressentirent les heureux effets. Il les gouvernait en père plutôt qu'en maître, et faisait régner dans ses États la paix, la justice et la piété. Il porta des lois si sages qu'on les observait encore en Angleterre plusieurs siècles après sa mort, qui arriva l'an 616, dans un âge avancé, puisqu'il avait été roi de Kent pendant cinquante-six ans.
Il fut enterré dans l'église du monastère de Saint-Pierre et de Saint-Paul, et quelque temps après son corps fut levé de terre et placé sous le grand autel. Il était patron de l'église de Norwich et de plusieurs autres églises d'Angleterre, sous le nom de saint Albert.
On entretenait toujours une lampe allumée devant son tombeau, où il s'opéra des miracles jusqu'au temps de Henri VIII.
25 FÉVRIER.
Événements marquants
- Exercice de la magistrature sous les princes de l'empire
- Distribution des biens aux pauvres et retrait dans une caverne
- Interruption miraculeuse d'un sacrifice à Jupiter par la prière
- Arrestation et mauvais traitements par la multitude
- Condamnation à la décapitation par le gouverneur Saprice
Miracles
- Paralysie de l'action sacrilège du sacrificateur et mutisme des idoles suite à sa prière
Citations
C'est mon Seigneur Jésus-Christ qui, exauçant la prière de moi, son serviteur, a fermé la bouche mensongère de tes démons