Saint Siméon du Passais

Solitaire dans le Passais

Fête : 7 decembre 9ᵉ siècle • saint

Résumé

Prêtre et solitaire du IXe siècle, Siméon vécut en ermite à Vaucé avant d'évangéliser la région du Passais sous l'impulsion de l'évêque du Mans. Sa vie de prière et de mortification, ainsi que son zèle apostolique, marquèrent profondément les populations locales. Son culte, centré sur ses reliques et une fontaine miraculeuse, perdure pour la protection des bestiaux et la guérison des fièvres.

Biographie

SAINT SIMÉON, SOLITAIRE DANS LE PASSAIS (850).

Saint Siméon naquit vers la fin du VIIIe siècle. Prévenu de bonne heure des grâces de Dieu, il fut élevé au sacerdoce, et se retira dans une solitude située sur la paroisse de Vaucé, à trois lieues de Domfront (Orne).

Toutes ses délices étaient de converser avec Dieu par la prière, et de tendre continuellement vers lui par la pratique de la mortification. Notre-Seigneur, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, le combla de ses consolations dès ce monde, quoique de temps en temps il tempérât ses douceurs par quelques peines spirituelles, afin de le détacher plus entièrement des choses de la terre.

La bonne odeur de Jésus-Christ, que notre Saint répandait par ses vertus, lui attira bientôt le respect des populations voisines. Saint Aldric, évêque du Mans (852-856), prévoyant les fruits de salut que le pieux solitaire produirait par ses instructions, le chargea de prêcher la parole de Dieu aux habitants du Passais. Saint Siméon reçut avec joie la mission qui lui était confiée. Il quitta sa chère solitude et alla dans les paroisses principales du Passais appeler les peuples à l'amour de Dieu.

La vue de cet humble solitaire, exténué par le jeûne et couvert d'un habit très-pauvre, sa parole ardente, son zèle infatigable à prêcher les grandes vérités de la religion, sa tendre charité pour les pécheurs, tout contribua à faire une heureuse impression dans les paroisses qu'il évangélisa. Touchés du regret de leurs fautes, beaucoup de pécheurs revinrent à Dieu et les justes travaillèrent avec une nouvelle ardeur à leur sanctification.

Après avoir combattu le bon combat, notre cher Saint, comblé d'années et de mérites, alla recevoir la couronne de vie que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. Sa mort arriva le 7 décembre vers l'année 850.

Saint Siméon fut, comme tous les Saints du Passais, inhumé dans la chapelle de son ermitage. Bientôt son tombeau devint l'objet de la dévotion populaire. Les fidèles y accouraient de tous côtés pour réclamer la protection de ce Saint dans leurs maladies et dans les calamités qui affligeaient parfois la contrée. Comme la dévotion du peuple allait croissant, et que Dieu daignait la confirmer par des miracles, l'évêque du Mans fit l'élévation du corps de saint Siméon en présence d'une grande multitude de fidèles. Une partie des précieuses reliques fut exposée à la vénération publique dans l'oratoire du Saint, l'autre fut remise dans son tombeau, ou transportée en des églises que nous ne connaissons plus.

Les fidèles continuèrent pendant tout le moyen âge à témoigner à saint Siméon une vénération profonde. Ce fut pour encourager la dévotion du peuple envers ce grand Saint que le pape Alexandre VII établit, à la prière de l'évêque du Mans, une Confrérie de Saint-Siméon dans la chapelle qui lui était dédiée. Cette Confrérie ne tarda pas à devenir considérable par le nombre des fidèles qui s'y firent enrôler afin de gagner les indulgences accordées par le souverain Pontife.

En 1793, une pieuse femme, Mme Deraine de la Gauffrie, voyant que les reliques de saint Siméon étaient en danger d'être profanées, et peut-être détruites par les révolutionnaires du district de Domfront, enleva secrètement ce précieux trésor de la chapelle, et le cacha dans sa maison jusqu'au rétablissement du culte catholique. Elle rendit alors à la chapelle, érigée en église paroissiale, les saintes reliques et les pièces qui en constataient l'authenticité.

De nos jours, la dévotion à saint Siméon continue d'être en honneur dans les cantons de Passais, du Teilleul et de Landivy. Le 27 décembre 1862, M. le Curé de Saint-Siméon (Orne) donnait les détails suivants sur le culte de son bien-aimé Saint :

« Je me crois plus au-dessous qu'au-dessus de la vérité en disant que plus de six mille pèlerins visitent notre église chaque année. Il en vient plus de quatre mille le jour de la Saint-Jean. Bon nombre ont fait dix, quinze, vingt lieues pour venir. On invoque saint Siméon surtout pour les biens temporels, en particulier pour obtenir la bénédiction de Dieu sur les bestiaux. Quand on porte ses reliques en procession pour obtenir de la pluie ou du beau temps, il y a un concours si extraordinaire qu'on s'en fait à peine une idée, à moins de le voir de ses yeux. On remarque encore, à quelque distance de notre petit bourg, une fontaine à laquelle plusieurs vont puiser de l'eau par dévotion. Selon la croyance de ces personnes, cette eau guérit de la fièvre. La fontaine porte le nom de Saint-Siméon ».

Vie des Saints du diocèse de Sées, par M. l'abbé Blin, curé de Durret.

8 DÉCEMBRE.

Événements marquants

  • Naissance vers la fin du VIIIe siècle
  • Élévation au sacerdoce
  • Retraite dans une solitude à Vaucé
  • Mission de prédication dans le Passais confiée par Saint Aldric
  • Mort le 7 décembre 850
  • Élévation du corps par l'évêque du Mans
  • Sauvetage des reliques par Mme Deraine de la Gauffrie en 1793

Miracles

  • Guérisons de maladies et fièvres à sa fontaine
  • Obtention de la pluie ou du beau temps par les processions

Date de fête

7 decembre

Époque

9ᵉ siècle

Décès

7 décembre vers l'année 850 (naturelle)

Attributs iconographiques

Invoqué(e) pour

maladies, calamités, biens temporels, bénédiction des bestiaux, pluie ou beau temps, fièvre

Prénoms dérivés

Siméon