Saint Sirice de Rome

Pape

Fête : 26 novembre 4ᵉ siècle • sainte

Résumé

Élu pape en 384, saint Sirice est le premier pontife à porter officiellement ce titre. Son règne est marqué par une activité législative intense, notamment sur le célibat des clercs et la discipline sacramentelle, ainsi que par la lutte contre les hérésies manichéenne et priscillianiste. Il meurt en 398 après quatorze ans de gouvernement.

Biographie

SAINT SIRICE DE ROME, PAPE (398).

Saint Sirice, Romain, fils de Tiburce, prêtre-cardinal du titre de Sainte-Pudentienne *in pastore*, ou, comme disent d'autres auteurs, diacre-cardinal créé par Damase, fut élu pontife en 384.

On assure qu'il est l'auteur du *Communicantes* dans la messe. Par une décrétale écrite à Bimérius, évêque de Tarragone, la première des pontificales qui, suivant beaucoup d'écrivains, soit légitime, il permit aux moines de recevoir l'ordre sacerdotal, ce qui, jusqu'alors, ne leur avait pas été permis. Il défendit d'ordonner les bigames et ceux qui avaient épousé des veuves. Il prescrivit le célibat aux prêtres et aux diacres. À cette époque, dit Novaes, on n'avait publié aucune loi ni aucun canon qui forçât, avec menace d'une peine canonique, les clercs majeurs au célibat.

Saint Sirice ordonna aussi que le baptême, à moins qu'il n'y eût nécessité, ne pût être administré qu'à Pâques et à la Pentecôte. Il condamna les Manichéens, ces sectateurs obstinés de Manès, esclave persan, qui avait répandu ses erreurs en 273. Ils soutenaient, entre autres délires, que le corps de Jésus-Christ était fantastique ; qu'il y avait deux principes, un bon et un mauvais, et que de ce dernier provenait l'antique loi. Ils n'admettaient pas l'obéissance aux princes, et la trouvaient dangereuse. Suivant Manès, tous les prophètes étaient damnés. Le dogme absurde de la métempsycose ; la défense de tuer un animal quelconque, et l'abstinence absolue de toute espèce de viande, formaient les autres points de sa religion ; il dogmatisait publiquement, et il envoya prêcher sa doctrine, d'abord dans les provinces les plus vastes de la Perse, ensuite dans l'Inde et en Égypte, et à la Chine, par douze disciples, à l'exemple des douze apôtres de Jésus-Christ, parmi lesquels on cite Thomas, Hermas et Buldas.

Saint Sirice condamna encore les Priscillianistes, sectateurs de Priscillien, évêque d'Avila. Celui-ci suivait quelques erreurs des Manichéens, et il y ajoutait que les hommes étaient soumis à des étoiles fatales. Jovinien, moine de Milan, fut aussi condamné. Il niait la virginité de la sainte Mère de Dieu.

Des auteurs attaquent la sainteté de Sirice, parce qu'il n'aurait pas repoussé promptement le venin des erreurs que Rufin, moine d'Aquilée, tint longtemps cachées, et qui furent découvertes par sainte Marcelle, dame romaine, et par Pammachius, sénateur de Rome. Benoît XIV excuse le pontife, surtout dans une lettre à Jean V, roi de Portugal. Du reste, le même Benoît XIV ordonna que le nom de saint Sirice fût placé dans le martyrologe romain. Baronius, précédemment, l'avait accusé de s'être montré froid dans ses relations avec saint Jérôme, et de ne lui avoir pas continué la confiance que lui témoignait Damase ; ces circonstances n'influèrent pas sur la décision de Benoît XIV, qui a aujourd'hui force de loi. Ce qui aura frappé ce savant législateur catholique du XVIIIᵉ siècle, c'est que les ouvrages de Sirice manifestent un grand courage. Dans ses lettres, l'autorité pontificale brille de toute sa dignité. On y reconnaît le Prince de l'Église, *le lieutenant de Dieu*, puisqu'il commande que ses décrets soient publiés dans toutes les provinces, et que les primats ecclésiastiques veillent à l'exécution des dispositions, sous peine de déposition immédiate ; le pontife y déclare expressément que quiconque refusera d'observer ces injonctions, sera retranché de la communion des fidèles et passible des peines de l'enfer.

Saint Sirice, dans cinq ordinations, en décembre, créa trente-deux évêques, vingt-sept ou trente et un prêtres, seize ou dix-neuf diacres. Il fut le premier qui se fit appeler *pape*.

Sirice gouverna l'Église pendant quatorze années. Il mourut à l'âge de soixante-quatorze ans, en 398, et fut enterré dans le cimetière de Priscille, sur la voie Salaria, et de là transporté par Pascal Ier dans l'église de Sainte-Praxède.

*Histoire des souverains pontifes romains*, par Arland de Montor.

SAINT DIDIER OU GÉRY, ÉVÊQUE DE CAHORS.

SAINT MAURIN D'AGEN, MARTYR A LECTOURE (VIe siècle).

La naissance de Maurin fut une faveur signalée du ciel ; elle arriva en effet après dix-huit ans de prières, et quand ses parents avaient perdu toute espérance de postérité. Son père, Eutychius, et sa mère, Alabanus, n'étaient pas moins distingués par leur piété que par leur noblesse ; ils donnèrent à leur enfant l'éducation la plus chrétienne, et le jeune Maurin ne se distingua pas moins par une brillante intelligence que par une tendre piété. Mais il fallait, avant tout, le préserver du contact de l'hérésie, et Agen, comme la plupart des autres Églises d'Aquitaine, était sans pasteur depuis l'arrêt porté contre les sièges épiscopaux par l'impie Exaric. Maurin fut alors envoyé à Germain, évêque de Capoue, dont la renommée publiait au loin la sainteté et la doctrine. Le jeune chrétien fit tant de progrès sous son nouveau maître, que Germain lui donna le baptême et l'ordre du diaconat. Après l'avoir gardé sept ans auprès de lui, il le renvoya auprès de ses parents, dans l'espérance qu'il pourrait désormais lutter avantageusement contre l'erreur qui désolait sa patrie.

Or, la ville de Lectoure, alors gouvernée par Waldaun, l'un des plus fanatiques ministres d'Alaric, était en proie aux déchirements de l'hérésie ; le gouverneur en écartait soigneusement tous les prédicateurs de la foi catholique. C'est là que Maurin, bouillonnant de zèle, vole avec intrépidité ; il traverse la cité, prêchant l'Évangile dans les carrefours, dans les rues, dans les places publiques. Irrité de tant d'audace, Waldaun le fait saisir et le condamne à la torture s'il ne renie sa foi. On l'attache à un poteau, et trois lecteurs dirigent contre lui une grêle de traits. Armé de la prière, Maurin est invincible, et les traits se brisent d'abord sur sa poitrine. Bientôt la colère de Dieu a soufflé ; elle retourne les dards contre les bourreaux et les blesse mortellement. Présent à ce spectacle, le gouverneur s'enflamme et fait jeter le Saint dans une prison. Lui seul n'a pas compris ce prodige ; mais la foule, moins impie, a reconnu la puissance de Maurin. Elle se précipite sur ses pas et dépose sur le seuil de la prison les trois lecteurs miraculeusement blessés ; le Saint se met en prières et les lecteurs sont guéris. Alors descend du ciel un ange envoyé de Dieu, dont l'éclatante lumière dissipe les ténèbres de la prison ; Waldaun ferme les yeux à ce nouveau prodige ; il fait enchaîner Maurin sur un bûcher funèbre ; mais les flammes qui le dévorent respectent le corps du Saint. Cependant le fer, plus puissant que les flammes, va terminer son supplice. Le gouverneur fait un signe, et la tête du confesseur tombe sous la hache du bourreau. Son corps mutilé la reçoit dans ses mains et la porte jusqu'auprès de la fontaine Militane.

Sur la frontière de l'Agenais et du Quercy, entre Puymirul (Lot-et-Garonne) et Bourg-de-Visa (Tarn-et-Garonne), au milieu des ruines de l'antique abbaye de Saint-Maurin, deux colonnes sont encore debout, couronnées de chapiteaux historiés. Sur le premier, on voit un ange aux larges draperies, déployant ses ailes, tenant le Saint d'une main et de l'autre lui montrant le ciel pour l'encourager au martyre. Debout, à côté, on voit le corps mutilé de saint Maurin, portant sa tête dans ses deux bras ; à ses pieds, une femme chrétienne est à genoux, lui tendant les mains pour recevoir le chef vénéré. Sur l'autre chapiteau, c'est le vieillard Eutychius appuyé sur son bâton et recevant la mort de la main du bourreau, qui lui tranche la tête : Dieu lui envoie un ange qui le soutient dans cet instant suprême.

M. l'abbé Barrère, *Histoire religieuse et monumentale du diocèse d'Agen*.

SAINT DIDIER OU GÉRY, ÉVÊQUE DE CAHORS (634).

Didier, fils de Salvius et d'Archéoéfrède, naquit à Obrègne, ville située aux confins de l'Aquitaine et de la Narbonnaise. Il fut élevé avec ses deux frères, Rustique et Siagrius, à la cour de Clotaire II. Rustique, ayant embrassé l'état ecclésiastique, fut fait diacre de l'Église de Rodez, puis abbé ou maître de la chapelle du roi, et enfin évêque de Cahors. Siagrius fut comte d'Albi et premier magistrat de Marseille.

Didier fit de grands progrès dans les lettres et s'acquit beaucoup de célébrité par son éloquence. Il fut fait trésorier de l'épargne ou garde du trésor royal, et il remplit cette charge avec une grande

26 NOVEMBRE.

capacité et un désintéressement admirable. Il vivait à la cour comme les religieux les plus exemplaires. Il s'animait de plus en plus à la vertu par les conseils et les exemples de plusieurs saints personnages qui étaient alors à la cour, comme saint Arnoux, saint Ouen, saint Eloi. Il se sentait alors fortifié par les instructions contenues dans les lettres que lui écrivait la pieuse Archénéfride, sa mère.

Le roi Dagobert eut, comme Clotaire, son père, une grande confiance en Didier ; il le combla même de nouveaux honneurs. Il le donna pour successeur à son frère Siagrius, que la mort avait enlevé, à condition toutefois qu'il continuerait de rester à la cour. Peu de temps après, Rustique, l'autre frère de Didier, fut assassiné par quelques scélérats de Cahors. Un tel attentat fut puni comme il méritait de l'être. Lorsqu'on eut à Cahors que le roi verrait avec plaisir Didier succéder à Rustique, le clergé et le peuple s'empressèrent de le lui demander pour pasteur.

Voici le remarquable brevet donné par le roi en cette occasion : « Dagobert, roi des Français, aux évêques, aux ducs et à tout le peuple des Gaules. Nous devons apporter nos soins à ce que notre choix soit agréable à Dieu et aux hommes ; et, puisque le Seigneur nous a confié le gouvernement des royaumes, nous ne devons donner les dignités qu'à ceux qui sont recommandables par la sagesse de leur conduite, par la probité de leurs mœurs, et par la noblesse de leur extraction. C'est pourquoi, ayant reconnu que Didier, notre trésorier, s'est distingué par sa piété depuis sa jeunesse, comme un véritable soldat de Jésus-Christ, sous la livrée du monde ; et que la bonne odeur de ses vertus angéliques, et la conduite vraiment sacerdotale qu'il a tenue, s'est répandue jusque dans les provinces éloignées, nous accordons aux suffrages des citoyens et des abbés de Cahors qu'il soit leur évêque. Nous croyons que c'est le choix et la volonté de Dieu que nous suivons, puisque nous nous faisons violence à nous-même, en nous privant d'un officier si nécessaire. Mais, quelque chose qui puisse nous en coûter, nous devons procurer aux églises des pasteurs qui conduisent, selon Dieu, les peuples que nous confions à leurs soins. C'est pourquoi, suivant la demande des citoyens et notre propre volonté qui s'accorde avec la leur, nous voulons et ordonnons que Didier soit sacré évêque de Cahors, afin qu'il prie pour nous et pour tous les Ordres de l'Église ; et nous espérons que, par le mérite des prières d'un si saint pontife, Dieu nous prolongera la vie ». Cet acte est du mois d'avril 629.

Revêtu de la dignité épiscopale, il brilla, plus encore qu'il n'avait fait jusque-là, de l'éclat de toutes les vertus. Il construisit plusieurs églises au dedans comme au dehors de la ville, ainsi que plusieurs monastères sous la Règle de Saint-Colomban et de Saint-Benoît. Mais, comme il le disait lui-même, ce n'était rien de bâtir des maisons à Jésus-Christ si l'on ne sauvait les âmes qui sont les vrais temples de Dieu. C'est pourquoi il nourrissait très-assidûment son peuple du pain des âmes, qui est la parole de Dieu. Il s'était lié avec saint Eloi, saint Ouen, saint Radulphe et saint Paul, d'une étroite amitié qu'il entretint par des lettres qui respirent une piété céleste. Voici ce qu'il écrit, par exemple, à saint Paul, évêque de Verdun : « Vous avez sans doute entendu parler du monastère que j'ai entrepris de fonder, et de la basilique que je viens d'achever par la grâce de Dieu. C'est pourquoi je prie et invite votre dignité apostolique qu'elle veuille bien assister à la dédicace de cette église ; et, lorsque nous nous serons vus à cette solennité, je désire que nous puissions, durant quelques jours, nous entretenir familièrement de cette vie éternelle et désirable après laquelle nous soupirions autrefois ensemble. Je ferai en sorte d'obtenir l'assistance de plusieurs évêques, dont les exemples et les exhortations nous seront utiles, et la société très-agréable ».

Son grand âge et ses infirmités l'avertissant qu'il approchait de sa fin, il fit son testament, et légua tous ses biens à son église, à la condition de pourvoir à la subsistance des pauvres qu'il avait nourris. Il mourut en 634, dans le territoire d'Albi, à l'âge de soixante-quinze ans, comme il revenait de la terre où il avait vu le jour. Son corps fut rapporté à Cahors, et enterré dans l'église de Saint-Amand. Une femme, tourmentée par l'esprit malin, ayant suivi le corps pendant la translation, fut guérie au lieu nommé Milliarque. Il se fit plusieurs miracles à son tombeau. Dans la suite, ses reliques furent transférées dans la grande église : elles y demeurèrent jusqu'à la fin du XVIᵉ siècle, où elles furent complètement détruites par les Calvinistes.

Propre de Cahors et Godescard.

SAINT SYLVESTRE GOZZOLINI, FONDATEUR DES SYLVESTRINS. 623

Événements marquants

  • Élection au pontificat en 384
  • Rédaction d'une décrétale à l'évêque de Tarragone sur la discipline ecclésiastique
  • Prescription du célibat aux prêtres et diacres
  • Condamnation des Manichéens, des Priscillianistes et de Jovinien
  • Premier pontife à se faire appeler Pape

Citations

le lieutenant de Dieu

— Artaud de Montor