Saint Siviard de Saint-Calais
Abbé de Saint-Calais
Résumé
Abbé du monastère de Saint-Calais au VIIe siècle, Siviard succéda à son propre père à la tête de la communauté. Reconnu pour son humilité, son érudition et sa piété, il est l'auteur d'une vie de saint Calais. Il mourut en 687 sous le règne de Thierry III.
Biographie
SAINT SIVIARD, ABBÉ DE SAINT-CALAIS
Sa dernière parole à ses religieux fut : *Perseverans*.
Saint Siviard naquit au pays du Maine, dans la première moitié du VIIIe siècle, de parents également illustres par la noblesse de leur race et par l’éclat de leur vertu. Son père, qui était petit-neveu de saint Bertrand, évêque du Mans, se nommait Sigiram, et sa mère Adda. Il donna, dès sa jeunesse, de grandes marques de la sainteté à laquelle Dieu l’avait destiné ; car bien loin de passer son temps dans les divertissements ordinaires à cet âge, il l’employait à la prière, à la retraite et à l’étude ; et, quelque jeune qu’il fût, on ne voyait en toutes ses actions que la maturité d’un vieillard. Il sut dès lors si bien allier l’esprit de dévotion avec l’application que demandent les lettres humaines, qu’il fut rempli des lumières de la sagesse divine, en même temps qu’il apprit les sciences humaines. On remarque néanmoins que, tout éclairé qu’il était, il ne suivait jamais ses propres pensées qu’après les avoir fait approuver par les plus habiles maîtres qu’il pouvait consulter : il montrait, par cette soumission, le bas sentiment qu’il avait de lui-même, et combien son humilité devait être éminente, puisqu’il l’établissait sur un fondement si solide.
Toutes les belles connaissances de ce jeune homme ne servirent qu’à le convaincre plus fortement de la vanité des choses de la terre, et de la douceur que goûtent ceux qui se consacrent entièrement au service de Jésus-Christ. Il résolut de suivre à la lettre le conseil de l’Évangile, et d’embrasser l’état religieux dans le monastère que saint Calais avait fondé le siècle précédent, sur la rivière d’Anisole, au pays du Maine : aimant mieux vivre caché dans un cloître, pour ne plaire qu’à Dieu seul, que d’être exposé aux tempêtes où font souvent naufrage les personnes de haute condition.
Dès qu’il se vit revêtu du saint habit de la religion, il redoubla encore sa ferveur, et il fit un si grand progrès dans la vertu, que les religieux, qui le regardaient comme un modèle de perfection, le choisirent pour être ordonné prêtre, afin qu’il leur servît à tous de père spirituel. En effet, une extrême douceur, jointe à une profonde humilité, le rendait aimable à Dieu et aux hommes. Il était toujours d’une humeur égale, posé dans toutes ses actions, édifiant dans sa conversation, zélé pour l’observance de la règle, et prompt à rendre service à tout le monde ; il compatissait aux peines de ses frères, et tâchait de consoler ceux qu’il savait dans la tristesse ; il était assidu à l’oraison, et la faisait avec tant de ferveur, qu’il y répandait quelquefois des torrents de larmes ; il visitait les malades et les encourageait tellement à la patience, qu’ils demeuraient tout consolés de ses pieux entretiens ; son abstinence était presque continue ; il passait souvent les nuits en prières ; il était si retenu en tout ce qu’il disait, qu’il n’offendait jamais personne dans ses paroles. Son soin, pour garder sa chasteté inviolable, était si grand, qu’on peut la comparer à celle des anges. Enfin, pour me servir des termes de son historien, toutes les vertus, comme autant de pierres précieuses, semblaient être réunies en lui, pour faire éclater sa sainteté.
Quelque effort que fit le bienheureux Siviard pour demeurer caché aux yeux des hommes, on ne laissa pas de découvrir les grandes grâces dont Dieu l'avait prévenu, et les talents qui le rendaient capable de gouverner les autres; c'est pourquoi, après la mort de saint Sigiram, son père, qui était abbé de ce même monastère, où il s'était retiré après le décès de sa femme, et où il avait vécu si saintement, que sa mémoire a, depuis, été marquée dans les Martyrologes de plusieurs églises de France, au 4 décembre, les religieux jetèrent les yeux sur notre Saint pour lui donner la conduite de cette maison. L'histoire ne nous apprend rien de particulier sur ce qu'il fit durant ce supérieur; mais elle nous dit en général qu'il s'en acquitta très-dignement, en nourrissant l'âme de ses frères d'une viande toute céleste, et en embellissant le monastère par la splendeur d'une observance très-exacte. C'est dans l'exercice de ces saintes fonctions qu'il acheva heureusement le cours de sa vie, dans un âge très-avancé. A sa mort, un des frères vit sa sainte âme, toute brillante de lumière, entre les princes des Apôtres saint Pierre et saint Paul, qui la conduisaient au ciel.
Il décéda le 1er mars, l'an 8 du règne de Thierry III, fils de Clovis II, et de Notre-Seigneur 687.
Le corps de saint Siviard fut enseveli au monastère de Savonnières qu'il avait fondé, au lieu où l'on voyait longtemps après une chapelle qui portait son nom, à l'extrémité méridionale de Saint-Georges de Couée. Quant à ses reliques, elles furent transportées à Sens à l'époque de l'invasion des Normands.
Saint Siviard se signala par son goût pour les lettres; il a laissé une vie de saint Calais, monument remarquable parmi toutes les légendes écrites dans le vie siècle, et l'une des pages les plus belles de l'histoire du Maine.
Le martyrologe romain et ceux de plusieurs églises et monastères font en ce jour mention de saint Siviard. Sa vie a été écrite par un religieux de Saint-Calais, lequel avait été témoin oculaire de ses vertus. Surius l'a rapportée en son second tome de la Vie des Saints; et les continuateurs de Hollandus au 1er du mois de mars.
Événements marquants
- Naissance au pays du Maine
- Entrée au monastère fondé par saint Calais sur l'Anisole
- Ordination sacerdotale
- Élection comme abbé à la suite de son père Sigiram
- Rédaction de la vie de saint Calais
- Fondation du monastère de Savonnières
- Décès la 8e année du règne de Thierry III
Miracles
- Vision de son âme conduite au ciel par les apôtres Pierre et Paul à sa mort
Citations
Perseverans