Sainte Hélène, Impératrice d'Occident
Veuve, Impératrice d'Occident
Résumé
Impératrice romaine et mère de Constantin le Grand, sainte Hélène est célèbre pour avoir découvert la Vraie Croix à Jérusalem. Elle utilisa son influence et les trésors de l'empire pour bâtir des églises et secourir les pauvres. Elle mourut en 328, laissant une trace indélébile dans l'établissement du christianisme.
Biographie
SAINTE HÉLÈNE, VEUVE, IMPÉRATRICE D'OCCIDENT
Maria fecit ut Deus inter homines videretur, Helena ad remedium peccatorum oculum de ruinis elevavit. Saint Ambroise.
A cette impératrice chrétienne la couronne de Jésus sert de diadème, les clous de Jésus servent de sceptre, la croix de Jésus sert de trône. Durand, Caractères des Saints.
Sainte Hélène est très célèbre pour avoir découvert la vraie croix où Notre-Seigneur a été attaché, et avoir contribué puissamment à l'établissement du christianisme. D'après l'opinion la plus probable, la Grande-Bretagne fut sa patrie : elle naquit à York, selon les uns, et, suivant les autres, à Colchester dans le comté d'Essex. C'était la fille unique du roi Collus ou Coël ; elle épousa le général romain Constance Chlore, dont elle eut un fils qui fut plus tard Constantin le Grand.
Le monde romain avait alors pour empereurs Dioclétien et Maximien, qui portaient le nom d'Auguste. En 293, ils s'associèrent deux empereurs d'un rang inférieur, sous le titre de Césars ; Dioclétien donna ce titre à Galère, et Maximien à Constance Chlore. Mais un des articles de cette association fut que Constance répudierait Hélène, pour épouser Théodore, belle-fille de Maximien. Constance mourut en 306, recommandant à l'armée, comme son successeur, Constantin, fils d'Hélène. D'après Eusèbe, il déclara qu'il croyait au vrai Dieu. On ignore à quelle époque Hélène se fit chrétienne ; mais saint Paulin nous apprend qu'elle contribua à la conversion de Constantin. Voici à quelle occasion ce prince embrassa publiquement la vraie religion. Maxence, un de ses collègues dans l'empire, lui avait déclaré la guerre. Constantin marcha contre lui, et campa vis-à-vis du pont Milvius (aujourd'hui Ponte-Mole), à deux milles de Rome. Son armée était inférieure en nombre, mais il implora la protection du vrai Dieu. Sa prière finie, comme il s'avançait avec une partie de ses troupes, un peu après midi, il vit dans le ciel une croix lumineuse avec cette inscription : « Vous vaincrez par ce signe ». La nuit suivante, il eut une vision dans laquelle Jésus-Christ lui ordonna de faire représenter cette croix et de s'en servir pour bannière dans le combat. Il obéit, et fit la célèbre bannière connue sous le nom de *Labarum*. Maxence fut défait, et le pont de bateaux, qu'il avait jeté sur le Tibre, s'étant rompu pendant qu'il fuyait, il se noya dans ce fleuve. Le sénat fit élever, en l'honneur de Constantin, un arc de triomphe que l'on voit encore à Rome. On lui érigea aussi dans une des places de la ville une statue où il était représenté tenant en main une croix au lieu de lance, et il ordonna de graver sur le piédestal l'inscription suivante : « Par ce signe salutaire, la vraie marque du courage, j'ai délivré votre ville du joug de la tyrannie, et j'ai rendu au sénat et au peuple de Rome leur ancienne gloire ».
Hélène partagea ce triomphe : son fils l'aimait et la respectait ; il oubliait qu'il était maître du monde, et semblait n'avoir de pouvoir que pour prévenir ses désirs. Il la fit proclamer Auguste dans toutes ses armées et dans toutes les provinces de l'empire, et voulut que l'on frappât en son honneur des médailles où elle est appelée *Flavia Julia Helena*. Elle partagea surtout avec Constantin la gloire d'établir solidement le règne du christianisme par tout l'empire. Rufin dit, en parlant de son zèle et de sa foi, que l'un et l'autre étaient « incomparables » ; et saint Grégoire le Grand assure qu'elle allumait dans le cœur des Romains le feu dont elle était embrasée. Oubliant sa dignité, elle aimait à être confondue parmi le peuple dans les églises, et son plus grand plaisir était d'assister à l'office divin. Maîtresse des trésors de l'empire, elle ne s'en servait que pour faire des bonnes œuvres : tous les lieux où elle passait ressentaient les effets de ses libéralités ; elle était la mère de tous les malheureux. Elle faisait bâtir des églises, qu'elle enrichissait d'ornements et de vases d'un grand prix.
Après le concile de Nicée (325), Constantin envoya du monde à Jérusalem, pour découvrir le sépulcre où Notre-Seigneur a été déposé, et où il a si glorieusement triomphé de la mort. On enleva donc une montagne de décombres, que les païens avaient entassés dessus, pour en abolir entièrement la mémoire ; et ce tombeau, qui avait été si longtemps enseveli, sembla ressusciter lui-même, pour rendre, par sa résurrection, un témoignage éclatant de la résurrection du Sauveur. A la nouvelle de cette heureuse découverte, l'empereur écrivit à Macaire, évêque de Jérusalem, pour élever sur ce sépulcre une église qui le disputât en magnificence aux plus superbes édifices de l'empire. Sainte Hélène, quoique âgée de quatre-vingts ans, se chargea de l'exécution de ce pieux ouvrage. Elle avait en même temps un désir extrême de découvrir la croix sur laquelle le Sauveur du monde était mort ; et ses vœux furent exaucés, comme nous l'avons rapporté dans l'histoire de l'Invention de la Croix.
18 AOUT.
Elle visita les lieux saints avec une dévotion extraordinaire et les orna d'édifices somptueux ; elle rappela plusieurs personnes exilées et rendit la liberté à ceux qui étaient détenus dans les prisons ou travaillaient aux mines ; elle fit des présents aux communautés, et répandit des aumônes considérables dans tous les lieux qu'elle honora de sa présence. Les églises ressentirent aussi les effets de sa libéralité. Avant de quitter la Palestine, elle fit assembler les vierges consacrées au Seigneur, et leur donna un repas où elle les servit de ses propres mains. De retour à Rome, elle sentit que sa dernière heure approchait. Lorsqu'elle se vit sur le point de sortir de ce monde, elle entretint son fils des moyens de gouverner l'empire d'une manière conforme à la loi divine. Constantin lui tenait la main lorsqu'elle expira ; avant de rendre le dernier soupir, elle donna sa bénédiction à ce cher fils, l'an 328.
Les funérailles de l'impératrice Hélène furent célébrées avec la plus grande pompe. On fit faire, pour renfermer son corps, un mausolée de briques, en forme de tour ronde, dans l'intérieur duquel on plaça son tombeau, qui est une urne de Porphyre ; et Constantin érigea au milieu de la grande place de Constantinople une croix avec des statues, dont l'une le représentait, et l'autre sa bienheureuse mère.
On la représente avec la croix qu'elle semble arborer en la tenant droite ; ce fait rappelle que nous lui devons la découverte de la vraie croix. Aussi recourt-on à la pieuse impératrice, en certains pays, pour retrouver les choses perdues. — Cependant les anciens préféraient peindre sainte Hélène agenouillée avec bonheur devant la sainte croix, après qu'on eut réussi à reconnaître ce bois sacré par les miracles qu'il produisit dès sa découverte.
[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]
Les reliques de sainte Hélène furent portées, en 849, de Rome à l'abbaye de Hautvilliers, dans le diocèse de Reims. Alman, moine de la même abbaye, donna en 1695 l'histoire de cette translation, qui se fit avec beaucoup de pompe. Il parle de plusieurs miracles par l'intercession de sainte Hélène ; il ajoute qu'il fut témoin oculaire de quelques-uns, et qu'il tenait les autres des personnes mêmes sur lesquelles ils avaient été opérés.
L'urne de porphyre qui contenait le corps de la Sainte fut transportée dans le cloître de Saint-Jean de Latran en 1627, sous le pontificat d'Urbain VIII. Le Chapitre de cette église patriarcale en a fait présent au pape Pie VI, qui l'a placée dans le cabinet du Vatican. Les deux lions qui sont en relief sur le couvercle, les hommes à pied et à cheval sculptés autour de l'urne, n'annoncent aucune superstition, mais bien la décadence de l'art. Ces figures, aujourd'hui fort mutilées, sont en effet d'une sculpture lourde et grossière.
Le mausolée de sainte Hélène était sur la voie Lavicane, dite présentement le chemin de Palestrina, et l'on en voit encore plus de la moitié, environ à un mille de Rome.
Les cendres de la sainte Impératrice sont aujourd'hui renfermées dans une grande baignoire antique de porphyre, dans l'église d'Ara Cœli.
A l'époque de la destruction des monastères en France, quelques religieux de l'abbaye de Hautvilliers mirent en sûreté les reliques de sainte Hélène. Ils les donnèrent en 1521 à la confrérie de Saint-Sépulcre alors établie à Paris et y joignirent tous les actes qui en constataient l'authenticité. Ces reliques, après avoir été examinées avec soin, ainsi que les actes qui y étaient joints, furent placées dans une chasse de bois doré et déposées dans la chapelle basse de l'église de Saint-Nicaise à Paris, où elles sont encore vénérées. Quelques années plus tard, M. Tresvaux, vicaire général de Paris, ayant été chargé d'en extraire une partie pour le diocèse de Reims, à la demande de l'archevêque, Mgr le cardinal de Latil, examina lui-même avec beaucoup d'attention ces saintes
reliques et reconnut avec les autres assistants qu'il ne s'y trouvait que les chairs embaumées et couvertes de bandelettes; qu'on n'y découvrait aucun ossement, et que la tête y manquait, ainsi que les bras et les jambes; ce qui explique et confirme l'assertion des auteurs italiens, qui assurent que les cendres de cette Sainte sont sous un autel de l'église d'Ara Cœli, à Rome.
Acta Sanctorum; Continuateurs de Godescard; D. Mabillon.
Événements marquants
- Mariage avec Constance Chlore
- Répudiation en 293 au profit de Théodore
- Proclamation comme Auguste par son fils Constantin
- Conversion au christianisme et influence sur Constantin
- Découverte de la Vraie Croix à Jérusalem
- Construction d'une église sur le Saint-Sépulcre
- Mort à Rome en 328 assistée par son fils
Miracles
- Reconnaissance du bois sacré de la croix par des miracles lors de sa découverte
- Miracles rapportés lors de la translation de ses reliques à Hautvilliers
Citations
Maria fecit ut Deus inter homines videretur, Helena ad remedium peccatorum oculum de ruinis elevavit.
A cette impératrice chrétienne la couronne de Jésus sert de diadème, les clous de Jésus servent de sceptre, la croix de Jésus sert de trône.