Sainte Marguerite de Cortone
Bienheureuse pénitente
Résumé
Née en Toscane, Marguerite mène d'abord une vie de luxe et de péché à Montepulciano. La mort brutale de son amant provoque sa conversion radicale ; elle rejoint le Tiers Ordre franciscain à Cortone. Elle y mène une vie d'austérités extrêmes, de charité envers les pauvres et de visions mystiques jusqu'à sa mort en 1297.
Biographie
SAINTE MARGUERITE DE CORTONE
« Je vous dis qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui fait pénitence que pour quatre-vingt-dix-neuf jeunes qui n'ont pas besoin de pénitence. » Luc. XV, 10.
La bienheureuse Marguerite de Cortone, ainsi appelée du lieu de sa sépulture, naquit au bourg de Liviano, au diocèse de Chiusi, en Toscane, vers le milieu du XIIIe siècle. Mal partagée des biens de la fortune, elle perdit sa mère de bonne heure, et son père en se remariant lui fournit malheureusement le prétexte de croire qu'elle était libre de se conduire comme elle l'entendrait. Les pièges de la beauté, de l'âge sans expérience et de l'abandon lui firent accepter les attentions du monde comme un triomphe enivrant.
Elle resta neuf ans unie à un homme riche de Montepulciano, qui lui fournissait abondamment de quoi satisfaire son penchant pour le luxe et les plaisirs. Elle en eut un fils, qui entra plus tard dans l'Ordre des Frères Mineurs. Cependant, au milieu de sa vie coupable, elle avait une compassion singulière pour les pauvres. Il lui arrivait des accès de dévotion où elle disait à la vue de certains lieux : « Qu'il ferait bon prier ici ! que cet endroit est charmant, pour mener une vie pénitente et solitaire ! » Rentrée dans sa chambre, plus d'une fois elle déplorait son état misérable. Et quand les habitants la saluaient, elle les blâmait, disant que, connaissant sa vie criminelle, ils ne devaient pas même lui adresser la parole. Un jour que ses compagnes lui reprochaient sa parure, disant : « Qu'en sera-t-il de toi, vaniteuse Marguerite ? » elle leur répondit : « Il viendra un temps où vous m'appellerez Sainte, lorsque je le serai vraiment, et vous viendrez me visiter avec un bâton de pèlerin ».
En l'année 1277, son séducteur fut tué dans une occasion que les historiens ne disent point ; mais cette mort rendit la vie de l'âme à Marguerite.
Une petite chienne qu'elle aimait beaucoup, ayant suivi ce seigneur, revint au logis après quelques jours d'absence. En arrivant, elle se mit à faire plusieurs cris ; et, prenant sa maîtresse par la robe, elle la tirait comme pour la conduire en quelque endroit. Marguerite, étonnée de cela, se laissa mener jusqu'à une pile de bois qui était près de là ; elle fut épouvantée lorsqu'elle y trouva caché le corps de son amant étendu mort et déjà plein de vers qui le rongeaient. Ce triste spectacle fit une telle impression sur son esprit que, la grâce sollicitant efficacement son cœur, elle eut horreur de s'être abandonnée à une créature qui n'était que corruption, et résolut de changer tout à fait de vie et de faire pénitence de ses crimes. Dans cette pensée, elle alla se jeter aux pieds de son père, comme un autre enfant prodigue, et lui demandant pardon, avec des torrents de larmes, de ses désordres passés, elle le supplia de la recevoir chez lui, afin qu'elle pût expier, le reste de ses jours, les dérèglements de sa mauvaise vie. Quelque indigné que fût ce bon père de la conduite scandaleuse de sa fille, il ne put s'empêcher de l'embrasser avec tendresse, et de la recevoir en sa maison, où elle commença sérieusement à faire pénitence.
Marguerite était si touchée de ses péchés, et la ferveur de sa contrition était si grande, qu'elle ne cessait de pleurer et de pousser des soupirs jusqu'au ciel pour attirer sur elle la miséricorde de son Dieu. Elle s'adressait quelquefois aux Saints du paradis, et leur demandait, avec d'étranges agitations, quel était l'état de son âme, et si, après tant de crimes, Jésus-Christ la recevrait en sa grâce. D'autres fois, se mettant une corde au cou, elle allait à l'église, où, au milieu de la solennité des divins mystères, elle demandait pardon devant tout le peuple du scandale qu'elle avait donné. Cette conduite déplut fort à sa belle-mère ; et elle fit tant auprès de son mari, qu'il chassa de sa maison, comme une folle et une insensée, la sainte pénitente. Ce fut une terrible épreuve pour elle ; car, d'une part, le démon lui suggérait de retourner à ses premières débauches, où elle aurait tout ce qu'elle pourrait désirer, au lieu qu'en cet état de pénitence, tout le monde, et son père même l'abandonnaient ; d'ailleurs, elle se voyait belle, bien faite, encore jeune, et en état de jouir longtemps des plaisirs de la vie. Comme elle était
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agitée de cette tentation, elle entendit, au milieu de son cœur, une voix qui lui disait d'aller en la ville de Cortone, au couvent des religieux de Saint-François, où elle apprendrait ce qu'elle devrait faire pour l'expiation de ses péchés.
La fidèle pénitente, obéissant à cette voix du ciel, se rendit aussitôt au lieu qui lui avait été marqué ; et là, se jetant aux pieds d'un confesseur, elle lui déclara le misérable état de sa vie et les grandes miséricordes que Dieu avait exercées sur elle ; ensuite elle demanda instamment l'habit du Tiers Ordre, qu'on appelle de la pénitence ; les religieux le lui refusèrent d'abord par prudence, pour éprouver sa vocation, et de crainte de profaner leur saint Ordre par la réception d'une personne qui avait mené une vie si scandaleuse ; mais, au bout de trois ans, elle mérita cette grâce par sa persévérance, et vit enfin l'accomplissement de ses pieux désirs.
L'amour divin, qui avait pris la place de l'amour profane, embrasa le cœur de la bienheureuse Marguerite ; elle eut toute sa vie autant d'aversion pour toutes les choses de la terre, qu'elle avait eu d'ardeur auparavant pour en goûter les délices. Tout son empressement était de se rendre agréable à Jésus-Christ par la pratique des vertus. Son plaisir était d'affliger son corps par de nouvelles mortifications. Elle avait tant d'horreur de sa beauté, qui avait servi à la perdre, qu'elle se frappait le visage avec une pierre, ou se le frottait avec du grès broyé afin de se rendre difforme. Elle couchait sur la dure et n'avait qu'une pierre ou un morceau de bois pour chevet. Elle passait les nuits entières dans les veilles, dans les prières et dans la contemplation des vérités célestes. Ses larmes, qui étaient quelquefois de sang, devinrent si fréquentes, que ses yeux semblaient sortir de leur orbite ; elle soupirait, elle sanglotait sans cesse ; on eût dit à tout moment qu'elle allait expirer de douleur. Elle se frappait et se donnait la discipline si souvent et si longtemps avec des cordes nouées et d'autres instruments de pénitence, que sa chair, traitée auparavant avec tant de délicatesse, en était devenue noire et livide ; et elle était ravie de voir en cet état un corps qui lui avait servi à offenser tant de fois son divin Sauveur. Elle s'accoutuma peu à peu à l'abstinence, en sorte qu'un morceau de pain et un peu d'eau suffisaient pour sa réfection ; rarement elle y ajoutait quelques noix ou des herbes oües. La bienheureuse pénitente affaiblit si fort son corps par ces austérités, qu'elle ne ressentit plus aucun mouvement déréglé de la sensualité, ni même le moindre désir mauvais.
Elle n'aima plus que les pauvres sur la terre ; le fruit de son travail et les aumônes qu'on lui faisait étaient pour eux ; elle transforma en infirmerie une maison où elle soignait les malades.
Cependant, quoiqu'elle eût triomphé de la sorte de son ennemi domestique, qui est la concupiscence, l'ennemi du dehors, qui est le démon, ne laissa pas de l'attaquer pour tâcher d'ébranler sa constance ; car, empruntant une figure étrangère, il lui apparut un jour, et, feignant de la vouloir consoler, il lui dit : « Pourquoi, Marguerite, te tiens-tu ainsi renfermée dans une cellule ? Pourquoi te fais-tu mourir par des pénitences indiscrètes ? N'est-ce pas assez, pour te sauver, que tu pratiques ce que font les autres pénitents de l'Ordre ? » Mais, bien loin de se laisser aller au relâchement par ces artifices, la Sainte inventait tous les jours des nouvelles austérités ; et, comme Jésus-Christ lui avait fait connaître que les tentations lui devaient tenir lieu du martyre qu'elle désirait ardemment, elle était toujours disposée à les combattre. Le démon employa d'autres stratagèmes pour lui faire abandonner sa pénitence : tantôt il se montrait à elle en des figures horribles, d'autres fois il se présentait sous des formes agréables, afin de la faire tomber dans le péché ; et, enfin, il lui disait toujours qu'elle ne persévérerait pas, que la grâce lui manquerait dans le cours de ses mortifications, et que Dieu la délaisserait. Mais le même Dieu, dont les yeux sont sans cesse arrêtés sur les justes, et dont les oreilles sont toujours attentives à leurs prières, consola et fortifia sa fidèle servante par ces amoureuses paroles : « Ne crains pas, ma fille, je suis avec toi dans l'affliction ; je t'en délivrerai afin que tu sois glorifiée. Suis fidèlement les conseils de ton directeur, et par le secours de mes grâces, tu triompheras de tous tes ennemis ».
L'humilité avait jeté de si profondes racines dans son cœur, qu'elle ne pouvait souffrir qu'on eût la moindre considération pour elle ; c'est pourquoi, s'étant aperçue qu'on commençait à avoir quelque estime pour sa vertu, afin de détruire ces sentiments avantageux, elle sortait en pleine rue et criait aux habitants de Cortone : « A quoi songez-vous, mes amis, de retenir dans l'enceinte de vos murs une détestable créature comme moi ; ignorez-vous quelle vie honteuse j'ai menée ? » Une autre fois, elle se faisait traîner, la corde au cou, par la ville de Montepulciano, et une autre femme criait après elle : « Voici cette Marguerite qui a perdu tant d'âmes ; voici cette pécheresse qui a profané votre ville ». Si ses confesseurs n'eussent arrêté son zèle, elle eût bien fait d'autres extravagances, s'il faut ainsi nommer ces actes de vertu qui passent pour folie aux yeux des hommes, mais qui, aux yeux de Dieu, sont des effets d'une sublime sagesse, animée du divin amour. Aussi, Dieu les récompensait par d'insignes faveurs ; car, pour relever les mérites de la bienheureuse pénitente, il la rendait si redoutable aux esprits de l'enfer, qu'ils étaient contraints de crier, par la bouche des possédés, qu'ils ne pouvaient pas même souffrir l'air où respirait Marguerite. Nous ne disons rien des visites de son ange gardien, des révélations admirables et des visions extraordinaires qu'elle avait sans cesse dans ses prières et dans ses méditations, où Notre-Seigneur Jésus-Christ lui parlait avec une familiarité qui n'est pas concevable. Il lui révéla bien des secrets là-dessus. Un jour, la veille de la fête de sainte Claire, elle l'entendit lui dire : « Bénies soient toutes les peines que j'ai souffertes pour ton âme ; bénis soient l'Incarnation et tous mes travaux. Aujourd'hui le nombre des bons est petit en comparaison de celui des mauvais ; mais quand je n'aurais dans tout l'univers qu'un seul véritable enfant, je bénirais encore à cause de lui les peines que j'ai supportées ». Comme sa dévotion était particulièrement pour la Passion du même divin Sauveur, elle recevait beaucoup de consolations à la méditer ; mais ces consolations étaient suivies d'un si grand désir de souffrir afin d'avoir part aux souffrances de son Dieu, qu'elle portait une espèce d'envie aux personnes qu'elle voyait dans l'affliction. Elle s'approchait tous les jours des sacrements de pénitence et d'Eucharistie, après y avoir été invitée par Jésus-Christ même, et elle y goûtait des douceurs qu'on ne peut exprimer. Ces douceurs, néanmoins, étaient diminuées dans la mesure de ses conversations et de ses épanchements avec les créatures. Nous passons sous silence le don de prophétie, la grâce des miracles, la vertu de délivrer les possédés et de guérir de diverses maladies, dont elle fut favorisée durant les vingt-trois ans de sa pénitence.
Cette fréquente méditation de la Passion du Sauveur et de ses autres mystères, inspirait à Marguerite une immense charité pour le salut des âmes, soit en ce monde, soit en l'autre. L'exemple de sa vie sainte et pénitente, joint à l'efficacité de ses prières et de ses austérités continuelles, convertit un grand nombre de personnes, qui vinrent quelquefois de pays éloignés témoigner leur reconnaissance, ou se recommander à ses prières. Les âmes du purgatoire elles-mêmes, par la permission divine, entraient avec elle dans cette mystérieuse correspondance pour solliciter ses pieux suffrages. Comme elle priait un jour pour deux artisans qui lui étaient apparus, et lui apprirent qu'ils avaient été tués par des voleurs, sans pouvoir se confesser, mais cependant ayant du regret de leurs fautes, le Sauveur lui répondit : « Dites aux Frères Mineurs qu'ils se souviennent des âmes des défunts ; elles sont en si grande multitude que l'esprit de l'homme peut à peine l'imaginer, et cependant elles sont peu secourues par leurs amis ». Marguerite apprit par révélation que sa mère avait été délivrée du purgatoire après dix ans ; que son père en avait été tiré pareillement, mais après y avoir enduré des peines bien plus grandes. Un jour qu'elle priait pour sa défunte servante, l'ange gardien lui dit : « Elle demeurera en purgatoire pendant un mois, mais y souffrira des peines légères, à cause des colères où elle est tombée par zèle ; après quoi elle sera transportée parmi les chérubins ». Le Sauveur lui dit encore un jour de Purification de la Sainte Vierge : « Les trois défunts pour lesquels vous avez prié ce matin, d'après l'opinion de leurs juges, ne sont nullement damnés ; mais ils souffrent des tourments si extrêmes, que, s'ils n'étaient visités par les bons anges, ils se croiraient damnés, parce qu'ils se trouvent tout proches de ceux qui le sont réellement. Comme parmi les religieux il y a des cellules distinctes, il en est de même pour les peines du purgatoire : les uns sont purifiés dans d'épaisses ténèbres, les autres dans de rapides torrents, les autres dans la glace, les autres dans des feux dévorants, etc. »
Cette admirable servante de Jésus-Christ, persévérant de la sorte dans l'exercice d'une rude mortification, connut, par une lumière céleste, que l'heure de sa mort était proche, et qu'elle serait assistée, en ce précieux moment, de toutes les âmes qui avaient été délivrées, par ses prières, des flammes du purgatoire. Ainsi, la bienheureuse Marguerite, accablée sous l'excès de ses austérités et consommée par les ardeurs du saint amour, après avoir reçu les divins Sacrements, et toute transportée et transformée en Dieu, rendit son âme le 22 février 1297. Son corps, qui exhalait une suave odeur, fut enterré dans l'église des Cordeliers de Cortone, où il s'est fait tant de miracles à son tombeau, qu'on ne compte pas moins de dix morts ressuscités. C'est pourquoi le pape Léon X, sur des informations déjà faites par le cardinal des Ursins, légat en Italie, sous Clément V, accorda aux habitants de Cortone de célébrer la fête de cette bienheureuse pénitente le même jour qu'elle était décédée ; et Urbain VIII, l'an 1624, fit le décret de sa béatification, et donna à tout l'Ordre de Saint-François la permission d'en faire l'office. Enfin, Benoît XIII la canonisa en 1728. Son corps s'est conservé jusqu'à présent sans aucune corruption ; il est à Cortone, dans l'église des religieuses de Saint-François, laquelle a quitté le nom de Saint-Basile pour prendre celui de Sainte-Marguerite.
Sainte Marguerite de Cortone a été représentée 1° suivant son chien qui la guide vers le cadavre de son amant ; 2° tenant une croix à la main, pour rappeler soit sa pénitence, soit les faveurs qu'elle reçut du ciel en méditant la Passion ; 3° contemplant, effrayée, une tête de mort ; 4° recevant la visite de son ange gardien ; 5° à genoux, voyant Jésus-Christ dans le ciel ; 6° s'élevant de terre pendant une extase ; 7° avec une épée contre sa poitrine, pour exprimer les douleurs du Calvaire, dont, à sa demande, elle fut éprouvée. A
I. T. V, f° 46, coll. du Cabinet des Estampes, à Paris.
gauche de la gravure se voit un chien assis qui tient dans sa gueule une tête de mort.
La mémoire de la bienheureuse Marguerite de Cortone est célébrée en Italie. Ferrarins n'a pas oublié de l'insérer dans le Catalogue des Saints qui ne se trouvent pas dans le martyrologe romain. Artus du Moustier en fait aussi mention dans le martyrologe des religieux de Saint-François. Sa vie, composée par le R. P. Juncta de Bévague, son confesseur, et approuvée par l'Inquisition de Toscane, est rapportée par le docte Bellandus, au troisième tome de février. Le R. P. Wadding parle aussi de notre Sainte en second tome des Annales des Frères Mineurs.
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## SAINT PASCHASE, ÉVÊQUE DE VIENNE (312).
Il monta sur le siège de Vienne après saint Simplice. Ce fut sous son épiscopat qu'eut lieu le martyre de la légion Thébéenne, fait glorieux qui intéresse particulièrement l'église de Vienne. Le voisinage du Rhône offrit une sépulture toute prête pour la sainte Légion. Paschase ayant été averti par un ange, alla, précédé de son clergé, recueillir sur le rivage du fleuve la tête et le tronc du corps de saint Maurice qui avaient été jetés à Lyanne et que le courant des eaux avait amenés jusqu'à Vienne. « Le corps était séparément », dit la vieille chronique, « et la tête posée dessus son bouclier ». L'évêque transporta ces précieuses reliques en l'église métropolitaine des saints Machabées qui prit dès lors le nom de Saint-Maurice. Depuis ce temps, la ville de Vienne est sous la protection de cet illustre martyr et le reconnaît pour son patron. Cette tradition de l'abordage des reliques de saint Maurice à Vienne se trouvait autrefois peinte dans l'antique chapelle des cloîtres dédiée sous son nom.
Paschase, que Dieu avait conservé à son église pendant la persécution de Maximien, vit se lever l'aurore du beau jour qui devait bientôt donner à l'Église quelques jours de paix, sous le règne de Constantin. Il s'appliqua surtout à former des disciples dignes de l'Évangile. On fixe sa sainte mort à l'année 312.
Charvet, *Histoire de la sainte Église de Vienne* ; Lelibvre, *Histoire de l'antiquité et sainteté de la cité de Vienne*, etc.
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## XXIII JOUR DE FÉVRIER
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## MARTYROLOGE ROMAIN.
En l'année bissextile, on n'annonce point la vigile de saint Matthias, apôtre, parce qu'elle est transférée au vingt-quatrième jour. — La vigile de saint Matthias, apôtre. — A Faenza, saint PIERRE DAMIEN, cardinal, évêque d'Ostie, célèbre par sa science et sa sainteté. 1072. — A Sirmich, le bienheureux SERENUS, solitaire et martyr, qui, s'étant avoué chrétien, fut arrêté par l'ordre de l'empereur Maximien, et eut la tête tranchée. 307. — Au même lieu, la naissance au ciel de soixante-douze martyrs, qui consommèrent leur triomphe en ladite ville, et conquirent ainsi les royaumes immortels. — A Rome, saint Polysarpe, prêtre, qui, avec saint Sébastien, convertit plusieurs infidèles à la foi de Jésus-Christ, et les conduisit, par ses exhortations, à la gloire du martyre. IVe s. — A Astorga, sainte MANTHE, vierge et martyre, qui fut mise à mort sous l'empereur Dèce et le proconsul Paterne. 252. — A Constantinople, saint LAZARE, moine, qui pour avoir peint de saintes images, fut tourmenté par de cruels supplices, d'après le commandement de Théophile, empereur iconoclaste, et eut la main brûlée d'un fer chaud; mais, guéri par la vertu de Dieu, il peignit de nouveau les images effacées par ce prince impie, et enfin il reposa en paix. Vers 860.
23 FÉVRIER.
A Brescia, saint Félix, évêque. Vers 652. — A Séville, en Espagne, saint Florent, confesseur 468. — A Todi, sainte Romaine, vierge, qui, ayant été baptisée par le pape saint Sylvestre, mena une vie toute céleste dans les autres et les cavernes, et brilla par la gloire de ses miracles. 324. — En Angleterre, sainte Milburge, vierge, fille du roi des Merciens. VIIe s. — L'année bissextile, on dit deux fois : Le sixième jour d'avant les calendes de mars, et deux fois la même lune, savoir : le 24 et le 25. Le premier de ces deux jours, c'est-à-dire le 24, on dit ainsi : le six des Calendes de mars, de la lune le... ou simplement le 24 février, de la lune le... Ensuite : la vigile de saint Matthias, apôtre. De même, la mémoire de plusieurs saints Martyrs et Confesseurs, et saintes Vierges. 6. Nous en remercions Dieu. Le second de ces jours, c'est-à-dire le 25, ainsi : le six des Calendes de mars, de la lune le... En Judée, etc., comme on la lecture suivante, ou tout simplement le 25e jour de février, de la lune le... En Judée, etc.
## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.
Ce même jour, sainte Livrade ou Libérate, honorée comme vierge et martyre en l'église bâtie sous son nom par Charlemagne, en Agenois ; autour de cette église s'est formée la ville du même nom. — Saint Vétérin, disciple de saint Martin et missionnaire, confesseur, patron de Gennes, sur la Loire, en Anjou, dont les reliques, portées à Tournus, furent dans la suite transférées à Corbigny, en Nivernais, puis détruites par les huguenots en 1563. — A Faremoutier, en Brie, sainte Arlongathe, vierge. Elle était fille du pieux roi de Kent Egonbert et de sainte Serburge. Quand elle mourut, les anges vinrent chercher son âme en chantant des hymnes. VIIe s. — Saint Méraut, abbé, dont le corps est à Saint-Georges de Vendôme, et un ossuaire au Val-de-Grâce, à Paris. IXe s. — A Bénévent, saint Milon, évêque, originaire d'Auvergne. 1070. — A Trèves, la mémoire de saint Celse, évêque et confesseur, dont le corps fut trouvé par saint Egbert, un de ses successeurs, en 978, et transféré, avec beaucoup d'honneur, en l'église de Saint-Eucaire, où il a brillé par beaucoup de miracles. — A Mayence, saint Wincent, archevêque de cette ville. 1011.
## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.
**Martyrologe des Chanoines réguliers.** — La vigile de saint Matthias, apôtre. — Saint Abyle, confesseur, qui, étant d'abord clerc de l'église d'Alexandrie, et s'étant distingué par l'observance de la vie régulière, fut ensuite élevé à la chaire épiscopale de cette métropole, et s'endormit le 22 février dans une sainte mort.
**Martyrologe de Saint-Benoît.** — La vigile de saint Matthias, apôtre (mais les années bissextiles). — Le même jour, saint Pierre Damien, cardinal, évêque d'Ostie et docteur de l'Église, mentionné le 22 février.
**Martyrologe des Camaldules.** — La vigile de saint Matthias, apôtre. — A Fanaza, saint Pierre Damien, qui ayant embrassé l'institut monastique au monastère d'Avellane, et l'ayant merveilleusement propagé, fut un modèle admirable de doctrine et de pénitence ; fut ensuite nommé cardinal par le pape Étienne IX et évêque d'Ostie, et qui, s'étant acquitté de beaucoup de missions apostoliques, sortit saintement de cette vie. Le pape Léon XII le déclara docteur de l'Église universelle.
**Martyrologe de l'Ordre Romano-Séraphique.** — La vigile de saint Matthias, apôtre (année commune). — La Chaire de saint Pierre, à Antioche, dont il est question la veille de ce jour.
**Martyrologe de l'Ordre Séraphique.** — La vigile de saint Matthias, apôtre. — Sainte Marguerite de Cortone, qui, ayant été divinement rappelée du sentier de perdition dans la voie du saint, prit l'habit du Tiers Ordre de Saint-François, et par une admirable pénitence, ainsi que par des larmes abondantes, lava jusqu'à la fin les souillures de sa vie passée ; elle s'envola au ciel, toute brillante de vertus, la veille de ce jour ; le souverain pontife Benoît XIII la mit au rang des Saints.
**Martyrologe des Capucins.** — La vigile de saint Matthias, apôtre. — A Cortone, en Toscane, sainte Marguerite, du Tiers Ordre de notre père saint François, dont le corps, resté merveilleusement sans corruption pendant plus de quatre siècles, exhalant une odeur suave, et honoré par plusieurs miracles, est honoré en ce lieu avec une grande piété. Benoît XIII ordonna qu'il serait honoré dans tout l'univers catholique, et, après avoir examiné les mérites de son insigne pénitence et ses vertus, la mit solennellement au rang des Saints.
## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.
En Écosse, saint DOISIL, prieur de Mailros. 664. — En Afrique, les saints Crescen, Zénon, Ménandre, Carinien, Arion, Hippolyte, Diodore, Ménélante, Athore, Pierre, Lambèse, Lucien, Félix, et trente-cinq autres, martyrs. — A Smyrne, les saints Erote, Carpophore, Géronce, martyrs, mentionnés dans les martyrologes après saint Polycarpe, et probablement ses contemporains. — En Asie, les saints martyrs Sincn, Hérule, Cuscune, Ménalippe, Zénon, Sinerte, Sirique, et autres, dont Dieu seul connaît le nom. — Chez les Grecs, sainte Thée, martyre. — En Pannonie, les saints Sénérote, Antigone, Rutile, Libius, Rogatien, martyrs, mentionnés dans le martyrologe de saint Jérôme. — A Anchoc, saint Primien, évêque grec dont le siège est inconnu, et martyr. Ses reliques furent retrouvées en 1370 par Jean, évêque d'Anchoc, qui en fit faire la translation solennelle. Vers le IVe s. — En Syrie, les saints Zébicas, Polychrone, Moïse et Damien, Jean Moïse, Antiochus, Antoine ou Antonin, tous anachorètes. Au Ve s. — En Palestine, saint Donithée, religieux du monastère de Saint-Séridon, au territoire de Gaza, et disciple de saint Dorothée. Il poussa l'obéissance à un degré fort rare. Vers 530.
## SAINTE MARTHE D'ASTORGA, VIERGE ET MARTYRE
23 FÉVRIER.
à cette proposition artificieuse, qu'ayant pris pour époux Jésus-Christ, fils du Dieu immortel, elle ne donnerait jamais ni son corps, ni son cœur à un homme mortel, et qu'il pouvait bien décharger sur elle les restes de sa rage, mais qu'il ne tirerait jamais rien d'elle qu'un généreux refus. A ces paroles, le gouverneur, tout transporté de colère, et ne pouvant plus la souffrir en sa présence, commanda qu'elle fût décapitée ; son âme, ornée des deux couronnes de la virginité et du martyre, s'envola au ciel pour s'unir à l'Agneau sans tache qui est l'unique Époux des vierges.
Cela fut exécuté en la ville d'Astorga, le 23 février, vers l'an 252. On jeta son corps dans un cloaque, afin de le priver des honneurs de la sépulture que les chrétiens rendaient ordinairement aux corps des martyrs ; mais, ni la puanteur de ce lieu, ni la crainte du gouverneur, n'empêchèrent une courageuse femme de l'en retirer et de l'ensevelir honorablement en un lieu décent, où il a été conservé pour la consolation des fidèles, qui y éprouvent l'assistance de la Sainte.
Le martyrologe romain parle avec honneur de sainte Marthe, vierge et martyre, comme aussi le cardinal Baronius en ses Remarques, où il renvoie le lecteur au deuxième tome du Trésor des Sermons. C'est de là que nous avons tiré ce récit.
Événements marquants
- Naissance à Liviano au milieu du XIIIe siècle
- Vie de désordre pendant neuf ans à Montepulciano
- Découverte du corps de son amant assassiné en 1277
- Retour chez son père puis expulsion par sa belle-mère
- Entrée dans le Tiers Ordre de Saint-François à Cortone après trois ans d'épreuve
- Fondation d'une infirmerie pour les pauvres
- Canonisation par Benoît XIII en 1728
Miracles
- Corps resté sans corruption exhalant une suave odeur
- Dix morts ressuscités à son tombeau
- Délivrance de possédés
- Don de prophétie et visions des âmes du purgatoire
Citations
Il viendra un temps où vous m'appellerez Sainte, lorsque je le serai vraiment, et vous viendrez me visiter avec un bâton de pèlerin.
Bénies soient toutes les peines que j'ai souffertes pour ton âme.