Sainte Symphorose et ses sept fils

Martyrs à Tivoli

Fête : 18 juillet 2ᵉ siècle • sainte

Résumé

Veuve du martyr Gétule, Symphorose fut arrêtée à Tivoli sous l'empereur Adrien avec ses sept fils. Après avoir refusé de sacrifier aux idoles, elle fut noyée dans le Téverone et ses fils furent exécutés par divers supplices. Leurs corps, d'abord jetés dans une fosse commune, reposent aujourd'hui à Rome.

Biographie

SAINTE SYMPHOROSE ET SES SEPT FILS,

MARTYRS À TIVOLI, EN ITALIE

Vers 129. — Pape : Sixte Ier. — Empereur romain : Adrien.

*Quid quæris a nobis? Parati sumus mori magis, quam Dei leges prævaricari.*

*Que demandes-tu de nous? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de violer les lois de Dieu.*

*II Mach., VII, 2.*

L'empereur Adrien ayant fait bâtir, vers l'an 120, un magnifique château à Tibur ou Tivoli, l'enrichit de toutes les curiosités de l'art, que l'on y apporta de différentes provinces. Lorsqu'il le vit achevé, il en ordonna la dédicace, qui se fit avec les cérémonies usitées parmi les païens. On commença par des sacrifices, que l'on offrit dans le dessein d'engager les idoles à rendre des oracles. Telle fut la réponse des démons : « La veuve Symphorose et ses sept fils nous tourmentent chaque jour en invoquant leur Dieu ; si vous les portez à sacrifier, nous vous promettons d'écouter favorablement vos vœux ».

Symphorose vivait à Tivoli avec ses sept fils, et employait ses revenus, qui étaient considérables, à soulager les pauvres, et surtout les chrétiens qui souffraient pour la foi. Elle était veuve de Gétule ou Zotique, qui avait reçu la couronne du martyre avec son frère Amance, et qui est honoré le 10 juin. Après la mort de l'un et de l'autre, Symphorose enterra leurs corps. Comme elle ne désirait plus que de voir arriver le moment où elle leur serait réunie dans la gloire avec ses fils, elle se préparait continuellement à les suivre par la pratique des bonnes œuvres.

Adrien, dont la superstition avait été alarmée par la réponse de ses dieux ou de leurs prêtres, se fit amener Symphorose et ses fils. Symphorose vint avec joie, priant pour elle et pour ses enfants, et demandant à Dieu la grâce de confesser généreusement son saint nom. L'empereur leur parla d'abord avec douceur et les exhorta d'une manière pressante à sacrifier.

Symphorose lui répondit ainsi au nom de tous : « Gétule, mon mari, et son frère Amance, l'un et l'autre tribuns dans vos troupes, ont souffert divers tourments pour le nom de Jésus-Christ plutôt que de sacrifier aux idoles ; ils ont vaincu vos démons par leur mort, aimant mieux se laisser trancher la tête que de céder à vos efforts. La mort qu'ils ont soufferte a paru honteuse aux yeux des hommes ; mais elle les a comblés de gloire parmi les anges ; ils jouissent présentement dans le ciel d'une vie qui ne finira jamais ».

L'empereur, changeant de voix, lui dit d'un ton sévère : « Si vous ne sacrifiez avec vos fils, je vous ferai tous offrir en sacrifice à nos dieux puissants ». — Symphorose : « Vos dieux ne peuvent me recevoir en sacrifice ; mais, si je suis brûlée pour le nom de Jésus-Christ, ma mort augmentera les tourments que vos démons souffrent dans les flammes. Pourrai-je espérer

le bonheur d'être offerte en sacrifice, avec mes enfants, au Dieu vivant et véritable ? » — Adrien : « Ou sacrifice à mes dieux, ou vous périrez tous misérablement ». — Symphorose : « Ne croyez pas que la crainte puisse me faire changer ; je désire être réunie dans le lieu du repos avec mon mari, que vous avez mis à mort pour le nom de Jésus-Christ ».

Alors Adrien fit conduire Symphorose au temple d'Hercule, où elle eut le visage meurtri de soufflets ; on la suspendit ensuite par les cheveux. Dans cette position, elle conjurait ses enfants de l'imiter et de souffrir gaiement les tourments pour Jésus-Christ ; de se souvenir de la mort de leur père, en se rendant imitateurs de son courage, de considérer qu'elle était leur mère, qui mourait devant leurs yeux, et de croire assurément que les tourments ne sont pas si cruels qu'ils paraissent, et que la récompense qu'on en reçoit est plus grande que l'esprit humain ne le peut comprendre. Comme elle était elle-même inébranlable au milieu de ses tourments, l'empereur ordonna qu'elle fût jetée dans la rivière avec une grosse pierre au cou. Son frère Eugène, qui était un des principaux du conseil de Tibur, retira son corps et l'enterra sur le chemin, près de la ville.

Le lendemain, Adrien ordonna que les sept fils de Symphorose lui fussent amenés tous à la fois. Ayant inutilement employé les exhortations et les menaces pour les gagner, il fit planter autour du temple d'Hercule sept pieux, où on les étendit avec des poulies. On les serra avec tant de violence que leurs os furent disloqués en plusieurs endroits de leurs corps. Loin de céder à la cruauté des tortures, ils s'animaient les uns les autres et se montraient plus avides de souffrances que les bourreaux n'étaient ardents à les tourmenter. Enfin, l'empereur commanda qu'on les mît à mort chacun à l'endroit où il était. Crescent, l'aîné de tous, fut égorgé ; le second, nommé Julien, reçut un coup de poignard dans la poitrine ; Némèse eut le cœur percé d'une lance ; Primitif fut frappé dans l'estomac ; on rompit les reins à Justin ; on ouvrit les côtés à Stactée ; Eugène, le plus jeune, fut fendu depuis le haut jusqu'en bas.

Le lendemain, Adrien vint au temple d'Hercule, fit creuser une fosse profonde et ordonna qu'on y jetât les corps des martyrs. Les prêtres païens nommèrent ce lieu les sept biothanates, c'est-à-dire les sept suppliciés.

La persécution ayant cessé, les chrétiens respirèrent environ dix-huit mois. Durant cet intervalle, ils rendirent aux reliques des martyrs l'honneur qui leur était dû, et les enterrèrent sur la voie Tiburtine, à moitié chemin de Rome et de Tivoli. On voit encore quelques restes d'une église qui fut bâtie sous leur invocation, dans un lieu qui porte le nom des sept frères, (Cette-Frate, à neuf milles de Rome). Un pape nommé Etienne transporta leurs corps à Rome, dans l'église de Saint-Ange. On les y trouva sous le pontificat de Pie IV, avec l'inscription suivante, écrite sur une lame de plomb : « Ici reposent les corps des saints martyrs Symphorose, Gétule son mari, et de leurs enfants, qui furent transportés par le pape Etienne ».

On la représente avec ses sept enfants devant elle, tenant tous à la main la palme du martyre. — On la voit aussi quelquefois suspendue par les cheveux, et encourageant ses enfants au martyre.

Tiré de leurs actes sincères, publiés par Dom Eulnart. — Cf. Godescard, Baillet, Ribademeira.

18 JUILLET.

Événements marquants

  • Dédicace du château d'Adrien à Tivoli
  • Arrestation de Symphorose et ses fils suite à un oracle
  • Symphorose suspendue par les cheveux et jetée dans la rivière avec une pierre au cou
  • Supplice des sept fils sur des pieux autour du temple d'Hercule
  • Translation des corps à Rome par le pape Étienne

Citations

Que demandes-tu de nous? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de violer les lois de Dieu.

— II Mach., VII, 2 (citée en exergue)

La mort qu'ils ont soufferte a paru honteuse aux yeux des hommes ; mais elle les a comblés de gloire parmi les anges

— Paroles de Symphorose à Adrien

Date de fête

18 juillet

Époque

2ᵉ siècle

Décès

Vers 129 (martyre)

Catégories

Invoqué(e) pour

soulagement des pauvres

Prénoms dérivés

Symphorose

Famille

  • Gétule (ou Zotique) (époux)
  • Amance (beau-frère)
  • Crescent (fils)
  • Julien (fils)
  • Némèse (fils)
  • Primitif (fils)
  • Justin (fils)
  • Stactée (fils)
  • Eugène (fils)
  • Eugène (frère)