Sainte Lène ou Natalène
Vierge et Martyre
Résumé
Neuvième fille du gouverneur Frédélas de Pamiers au IVe siècle, Natalène échappe à l'infanticide grâce à une intervention providentielle. Devenue chrétienne, elle refuse les avances d'un lieutenant et finit martyrisée par son propre père. La légende rapporte qu'elle porta sa tête tranchée jusqu'au lieu de sa sépulture.
Biographie
SAINTE LÈNE OU NATALÈNE, VIERGE ET MARTYRE
AU DIOCÈSE DE PAMIERS (IVe siècle).
Natalène fut la neuvième enfant de Frédélas, gouverneur de la ville qui devait porter plus tard le nom de Pamiers. À la naissance de cette enfant, son père entra dans une grande fureur, car il désirait depuis longtemps avoir un fils, et Natalène était la neuvième fille qu'il obtenait de son mariage; emporté par sa colère, il commanda qu'on jetât dans l'Ariège cette petite créature. Mais Dieu avait de grands desseins sur elle: on vit apparaître sur son berceau trois croix lumineuses; et, pendant qu'on se disposait à exécuter les ordres cruels du père, un homme, envoyé par la Providence (une ancienne tradition dit que c'était saint Martin), sauva l'enfant et la donna à une nourrice, qui l'éleva soigneusement dans la religion chrétienne. Natalène devint une fille très-vertueuse, et on croit qu'elle consacra de bonne heure à Dieu sa vie par le vœu de virginité. Associée à d'autres saintes filles, qui pratiquaient comme elle les conseils évangéliques, elle avait un soin particulier des pauvres et des malades dans l'hôpital de la ville.
C'est ici que Dieu fit éclater sa vertu. Alydanus, lieutenant-général de Frédélas, l'ayant vue plusieurs fois dans cette maison, admira sa beauté et en fut épris; dès lors il employa tous ses efforts pour la faire tomber dans le crime, mais la Sainte déjoua tous ses plans. Irrité, il la dénonça au gouverneur comme chrétienne zélée; elle fut aussitôt jetée dans un cachot et on la traîna comme une criminelle dans les rues de la ville avant de la conduire devant le tribunal de Frédélas. Quand elle parut devant lui, le gouverneur lui adressa cette question: « De quelle famille êtes-vous? » — « Je suis la fille du gouverneur », répondit-elle; « vous êtes mon père ». Frédélas est comme foudroyé à cette réponse. Natalène lui raconte alors toute son histoire depuis le jour où son père l'avait vouée à la mort. À cette révélation inattendue, Frédélas, étouffant en lui la voix de la nature, l'accuse de mensonge et lui dit: « Vous voulez être ma fille, dites-vous; vous la serez à la condition de renoncer à votre religion ». — « C'est ce que je ne ferai jamais », répond Natalène, « car je veux rester chrétienne ». Elle est aussitôt condamnée à mort, et les bourreaux la conduisent sur le rivage de l'Ariège, où ils lui tranchent la tête. Dieu glorifia son martyre par un grand miracle: à peine sa tête avait roulé à terre qu'elle la prit dans ses mains, au grand étonnement des spectateurs, descendit le long du rivage, rentra en ville par la porte Sainte-Bélène et marcha jusqu'à la place du Camp, où elle rendit son âme à Dieu. On croit que la fontaine de Sainte-Natalène, qui coule encore près du cimetière Saint-Jean, jaillit miraculeusement au contact de sa tête. La Sainte fut ensevelie dans le lieu même qu'elle semblait avoir choisi pour sa sépulture; on lui éleva plus tard un modeste oratoire, qui fait aujourd'hui partie de l'église de Notre-Dame du Camp.
Ses reliques furent transférées plus tard à Blesle (aujourd'hui diocèse de Saint-Flour). On y célébrait sa fête le 5 novembre, et celle de l'invention de ses reliques, le 19 du même mois. Dans le diocèse de Pamiers, sa fête était célébrée autrefois le 10 novembre; aujourd'hui on la fait le 12 de ce mois.
Pamiers possède deux os de la Sainte, tandis que Blesle a tout perdu lors de la Révolution. C'est à sainte Natalène en grande partie que Pamiers est redevable du beau titre de ville sainte,
qu'on lui donnait jadis. Sainte Natalène et saint Antonin (2 septembre) sont les deux grands protecteurs de Pamiers; voilà pourquoi, sans doute, il s'est accrédité parmi le peuple qu'ils étaient frères.
Nous devons cette notice à l'extrême obligeance de M. l'abbé Antoine Ricard de Marseille.
Événements marquants
- Condamnée à être jetée dans l'Ariège par son père à sa naissance
- Sauvée par un homme providentiel (identifié à saint Martin)
- Consécration à Dieu et service des pauvres à l'hôpital de Pamiers
- Dénonciation par Alydanus après avoir refusé ses avances
- Reconnaissance dramatique devant son père Frédélas lors de son procès
- Décapitation sur les bords de l'Ariège
- Marche céphalophore jusqu'à la place du Camp
Miracles
- Apparition de trois croix lumineuses sur son berceau
- Céphalophorie : marche avec sa tête entre les mains après sa décapitation
- Jaillissement miraculeux de la fontaine de Sainte-Natalène
Citations
Je suis la fille du gouverneur; vous êtes mon père.