Saint Clet
Quatrième Pape
Résumé
Quatrième pape de l'Église, Clet succéda à saint Clément en 77. Il organisa les vingt-cinq paroisses de Rome et fonda le premier hôpital chrétien pour soigner les victimes de la peste. Il mourut martyr en 83 sous la persécution de l'empereur Domitien.
Biographie
SAINT CLET, QUATRIÈME PAPE
« Romain d'origine, Clet était fils d'Emilien. Il naquit dans le quartier de Patricius, qui faisait partie de la région Esquiline, non loin de la demeure sénatoriale de Pudens, où saint Pierre avait demeuré. Il siége six ans, un mois et onze jours, durant les règnes de Vespasien et de Titus, depuis le huitième consulat de Vespasien et le sixième de Domitien, jusqu'au neuvième de Domitien et à celui de Rufus, où il reçut la couronne du martyre.
« Conformément aux règles posées par le bienheureux Pierre, Clet ordonna, durant le mois de décembre, vingt-cinq prêtres pour la ville de Rome. Il reçut la sépulture le 6 des calendes de mai, près du corps de saint Pierre, au Vatican. Après lui, le siège demeura vacant pendant vingt jours ».
Telle est la notice que le *Liber Pontificalis* consacre à saint Clet.
SAINT CLET, QUATRIÈME PAPE. 29
Nous pouvons ajouter, en guise de commentaire, que la date de l'élection de saint Clet en 77 coïncide avec le départ de saint Clément, son prédécesseur, pour l'exil.
Le pontificat de saint Clet fut marqué par l'inauguration du Colysée, d'où tant de martyrs devaient monter au ciel ; par cette fameuse éruption du Vésuve qui engloutit les deux villes de Pompéi et d'Herculanum ; par un incendie formidable qui éclata dans Rome et qui dura trois jours et trois nuits ; enfin par une peste terrible qui dépeupla plusieurs provinces de l'Italie.
Cette invasion de la peste rendait d'autant plus opportune l'organisation, ou tout au moins la réorganisation des vingt-cinq titres paroissiaux qui, d'après les instructions de saint Pierre, devaient se partager Rome et former comme autant de diocèses distincts pour l'administration du baptême et de la pénitence, en faveur des païens convertis à la foi. Les Papes ont toujours fait marcher de front les secours spirituels et les secours temporels réclamés par les misères, les infirmités de notre pauvre humanité. Quelques années, à peine, après la mort de saint Pierre, Clet transforma en église la maison où il était né et y adjoignit un hospice où étaient reçues les victimes de la peste. Telle fut l'origine du premier hôpital chrétien : elle remonte haut, comme on le voit.
Cependant, à Titus, les délices du genre humain, et qui ne versa pas une goutte de sang chrétien, avait succédé Domitien, le second Néron. Il était digne, dit Eusèbe, de signer l'édit de la seconde persécution générale contre les chrétiens : saint Clet en fut la première victime. Il fut martyrisé à Rome, le 26 avril 83, et ses précieux restes, déposés au Vatican, auprès de ceux de saint Pierre, où ils reposent encore.
Le passage de saint Clet sur la chaire pontificale a laissé dans l'histoire de l'Église romaine un lumineux et un profond sillon. Cela n'a pas empêché les historiens et les hagiographes français de citer à peine son nom et de laisser ses œuvres dans l'ombre, — ses œuvres qui ont survécu jusqu'au siècle dernier. En effet, l'église et l'hôpital fondés par lui en l'an 79, après avoir été ruinés et reconstruits plusieurs fois, ne furent définitivement supprimés qu'au XVIIIe siècle. Et le souvenir de sa charité s'était conservé si fidèlement dans la mémoire des Romains, que l'Institut des Crucifères ou Porte-Croix attachés à cet hospice, faisait remonter son origine jusqu'à ce saint Pontife.
Ce n'est pas tout : les divers Papes qui ont dû reconstituer les paroisses de Rome ou établissements destinés à l'administration du baptême et de la pénitence, se sont constamment montrés fidèles à la tradition apostolique de saint Clet ; ils ont maintenu le nombre de vingt-cinq : ainsi ont fait saint Marcel en 308, et Pie V, quinze cents ans plus tard. Ce nombre déterminé par saint Pierre lui-même, n'était-il pas un souvenir des vingt-quatre séries sacerdotales qui, à Jérusalem, se partageaient, sous la direction du grand prêtre, le ministère sacré du temple ? N'était-ce pas indiquer que le pontificat romain succédait au pontificat détruit d'Aaron ?
On sait, en outre, que, jusqu'à la destruction du temple, ou l'an 70, les chrétiens convertis du judaïsme allaient sacrifier à Jérusalem. Saint Paul lui-même offrit un sacrifice sanglant au temple, dans une de ses visites à la ville sainte : il en fut ainsi tant que la prophétie de Jésus-Christ ne fut pas accomplie et que l'abomination ne fut pas entrée dans le Saint des Saints. Or, saint Pierre n'ayant pas vu la destruction du temple, aura ordonné à ses successeurs de l'attendre et, quand elle aurait eu lieu, d'adopter pour Rome l'organisation sacerdotale de Jérusalem.
C'est ce que semble indiquer le *Liber Pontificalis*, quand il fait remonter à saint Pierre lui-même l'idée de partager Rome en vingt-cinq titres paroissiaux.
Saint Clet fut, dit-on, le premier qui, dans ses lettres, se servit de ces mots : « Salut et bénédiction apostolique » ; mais ce détail est contesté et nous ne l'enregistrons que pour mémoire.
Il est l'un des patrons de Ruvo dans le royaume de Naples. La tradition de cette localité veut qu'il en ait été le premier évêque : cela pourrait fort bien se concilier avec ce fait, acquis à l'histoire, que saint Pierre le nomma son coadjuteur, au dehors de Rome, comme saint Lin l'était au dedans.
*Liber Pontificalis et Histoire de l'Église*, par Darrus.
Événements marquants
- Élection au pontificat en 77
- Ordination de vingt-cinq prêtres pour la ville de Rome
- Transformation de sa maison natale en église et hospice en 79
- Organisation des titres paroissiaux de Rome
- Martyre sous le règne de Domitien
Citations
Salut et bénédiction apostolique