Saints Serge et Baccus
Chevaliers romains et Martyrs
Résumé
Officiers de haut rang sous l'empereur Maximien, Serge et Baccus furent martyrisés vers l'an 300 pour leur refus de sacrifier aux idoles. Après avoir subi l'humiliation et la torture, Baccus mourut sous le fouet tandis que Serge fut décapité après avoir été miraculeusement guéri de ses blessures. Leur culte devint célèbre jusqu'en Perse et de nombreuses basiliques furent érigées en leur honneur.
Biographie
LES SAINTS SERGE ET BACCUS
CHEVALIERS ROMAINS ET MARTYRS (vers 300).
Serge et Baccus étaient chevaliers romains et secrétaires d'État de l'empereur Maximien. Un jour, ce prince, étant allé dans la ville d'Angosta (Rasse-Syrie), s'avisa d'offrir aux idoles un sacrifice solennel, auquel il ordonna à tous ses officiers de se trouver. Comme il n'y vit point ces deux-ci, il voulut savoir pourquoi ils s'en étaient absentés ; et, ayant appris de leur propre bouche que c'était parce qu'ils étaient chrétiens, il leur fit ôter sur-le-champ les marques de leur dignité, les fit revêtir d'habits de femme et charger de gros colliers de fer, ordonnant qu'ils fussent conduits dans cet état par toutes les rues de la ville, pour être l'objet de la risée et des outrages du peuple.
Après avoir souffert cette ignominie avec joie et en bénissant Dieu, ils furent ramenés devant l'empereur, qui, à la sortie du temple, était revenu à son palais. Il employa toutes sortes d'artifices pour les obliger de renoncer à leur foi ; mais, voyant qu'il ne pouvait altérer leur constance ni par ses menaces ni par ses belles promesses, il les envoya à Antiochus, qui était préfet de l'Orient et passait pour l'homme le plus cruel et le plus inexorable de tout l'empire ; il espérait ébranler leur grande fermeté, tant par la fatigue des chemins et les outrages qu'ils recevraient sur leur route, que par la terreur qu'ils auraient de tomber entre les mains de ce barbare, qui était redouté de tout le monde. D'ailleurs, il voulait les humilier davantage en les renvoyant devant le tribunal d'un homme à qui ils avaient autrefois commandé et qui n'avait obtenu sa charge que par le crédit de Serge ; mais tout cela ne fut point capable de les séparer de Notre-Seigneur. Ils firent pour son amour ce voyage avec plaisir, et, se réjouissant des outrages qu'on leur prodiguait, ils se soumirent généreusement à l'injustice d'un scélérat qui était indigne d'être leur juge.
Le lendemain de leur arrivée, Antiochus les fit comparaître devant lui, et, après avoir inutilement tenté tous les moyens dont il se put aviser pour les faire sacrifier aux idoles, il condamna Baccus à être fouetté par quatre bourreaux ; ce qui fut exécuté avec tant d'inhumanité, qu'il rendit l'âme dans la violence de ce supplice. Au milieu des fouets, il entendit une voix céleste qui l'invitait à venir recevoir la couronne de son martyre ; et la nuit suivante, il apparut à Serge, dans la prison,
et l'exhorta à endurer constamment les tourments qu'on lui préparait, afin qu'ayant été compagnons d'armes et de souffrances, ils eussent tous deux part à un même triomphe.
Ces tourments devaient être horribles. Antiochus, se voyant obligé d'aller dans une autre ville, fit mettre à Serge des souliers dont les semelles étaient garnies en dedans de pointes de clous, et il le contraignit, avec cette cruelle chaussure, de courir durant tout le chemin devant son chariot. La nuit suivante, le Saint fut guéri de toutes ses blessures par le ministère d'un ange qui lui apparut; le préfet, attribuant cela aux opérations de l'art magique, lui fit endurer une seconde fois le même supplice. Enfin, désespérant de le pouvoir séduire, il le condamna à avoir la tête tranchée : ce qui fut exécuté le 7 octobre, vers l'an de grâce 300.
La mémoire de saint Serge a été rendue célèbre par tant de miracles, que non-seulement les chrétiens allaient en pèlerinage à son tombeau, mais aussi les idolâtres. Chosroès, roi de Perse, fit présent à son église d'une très-belle croix d'or, avec d'autres ornements précieux, en reconnaissance de ce que la reine Sira, son épouse, avait été préservée de la mort dont elle était menacée pour s'être recommandée à ses prières. Le lieu où il souffrit le martyre est devenu si illustre, qu'il s'appelle maintenant Sergiopolis, c'est-à-dire la ville de Serge. L'empereur Justinien fit bâtir deux basiliques en son honneur : l'une à Constantinople et l'autre à Ptolémaïs. Il y en a encore une fort ancienne dans Rome, sous son nom et sous celui de saint Baccus; c'est un titre de cardinal. Le pape Grégoire III la fit réparer. Quelques-unes des reliques sacrées de l'un et de l'autre ont été transportées en France, savoir : une partie dans l'église de Notre-Dame de Chartres et l'autre à Angers, dans un temple qui leur est consacré et dont le roi Clovis II est le fondateur. Saint Grégoire de Tours, dans son Histoire des Francs (livre VII, chap. XXXI), fait mention du pouce de saint Serge, apporté dans les Gaules.
On les représente avec les instruments de leur supplice.
Tillemont; Théodoret; Grégoire de Tours.
Événements marquants
- Refus de sacrifier aux idoles à Angosta
- Humiliation publique en habits de femme avec des colliers de fer
- Baccus meurt sous le fouet de quatre bourreaux
- Serge est contraint de courir avec des souliers garnis de clous
- Guérison miraculeuse de Serge par un ange
- Décapitation de Serge
Miracles
- Apparition d'une voix céleste à Baccus pendant son supplice
- Apparition de Baccus à Serge en prison pour l'encourager
- Guérison instantanée des pieds de Serge par un ange
- Préservation de la mort de la reine Sira par l'intercession de Serge