Bienheureuse Marguerite de Bavière

Duchesse de Lorraine

Fête : 27 aout 14ᵉ siècle • bienheureuse

Résumé

Princesse palatine devenue duchesse de Lorraine, Marguerite de Bavière se distingua par sa piété profonde et son dévouement aux pauvres après une jeunesse mondaine. Elle fut une protectrice de l'ordre des Chartreux et une proche de sainte Colette. Elle finit ses jours dans l'humilité, servant les malades dans l'hôpital qu'elle avait fondé à Einville.

Biographie

LA BIENHEUREUSE MARGUERITE DE BAVIÈRE,

DUCHESSE DE LORRAINE

La pénitence efface le péché, mais la charité compatissante, qui porte à secourir le pauvre par l’aumône, délivre du châtiment.

Saint Bonaventure.

La bienheureuse princesse palatine Marguerite de Bavière, si peu connue des âges modernes, fut l’ange tutélaire de la Lorraine à l’une des périodes les plus tourmentées de l’histoire de l’Église, celle du grand schisme d’Occident, du XIVe au XVe siècle. Pour bien apprécier la mission de la sainte duchesse, il est nécessaire de jeter un coup d’œil sur les défaillances de la chrétienté à cette époque et sur les moyens étonnants dont se servit la Providence pour empêcher la société tout entière de s’en aller aux abîmes. Le moyen âge touchait alors à sa fin, et la chrétienté, comme institution politique que présidait le souverain Pontife, marchait aussi à une rapide décadence : pendant qu’au dehors l’islamisme, déjà aux portes de Constantinople, se vengeait des croisades, en menaçant, d’une mer à l’autre, l’Europe divisée par l’ambition de ses princes, on voyait, au dedans, la papauté, affaiblie dans son prestige sur les nations, par soixante-dix années de séjour à Avignon, subir l’épreuve plus déplorable encore d’un schisme presque interminable. Toutes ces luttes avaient propagé au loin l’incroyance et le relâchement des mœurs, sans épargner aucune institution : le bien semblait être devenu une exception, et le mal, la règle, à tous les degrés de la hiérarchie sacrée aussi bien que de la société civile, et les ruines dont la réforme protestante devait couvrir tant de royaumes, pouvaient déjà s’entrevoir à l’esprit d’indépendance et d’ingratitude des peuples vis-à-vis de la sainte Église.

En ces jours lamentables qui semblaient pronostiquer la fin du temps, comme le prêchait alors saint Vincent Ferrier, où Notre-Seigneur allait-il placer le remède suprême ? Dans les saintes femmes. Sainte Catherine de Sienne est en effet la plus grande figure de cette époque, et c’est dans son histoire que nous entendons le divin Sauveur prononcer ces étonnantes paroles en conviant, vers 1368, la jeune vierge à sa noble mission : « Sache », lui dit-il, « qu’en ce temps l’orgueil des hommes est devenu si grand, surtout dans ceux qui se disent lettrés et savants, que ma justice ne peut plus

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les supporter, et va les confondre par un juste jugement; mais, parce que la miséricorde surabonde en toutes mes œuvres, je veux d'abord les confondre pour leur bien et sans les perdre, afin qu'ils se reconnaissent et qu'ils s'humilient, comme les Juifs et les Gentils lorsque j'envoyais à ceux-ci des insensés que je remplissais de ma divine sagesse. Je vais donc envoyer vers ces orgueilleux des femmes, ignorantes et faibles par nature, mais sages et fortes par ma grâce, pour confondre la vaine assurance de ces hommes. S'ils se reconnaissent, s'ils s'humilient, en mettant à profit les enseignements que je leur offrirai par ces êtres fragiles mais bénis, je serai plein de miséricorde pour les coupables; s'ils dédaignent au contraire ce remède humilant mais salutaire, je leur enverrai tant d'autres opprobres, qu'ils deviendront la risée du monde entier. C'est là le juste jugement dont je frappe les orgueilleux: plus ils veulent s'élever au-dessus d'eux-mêmes, sous le souffle de la vanité, plus je les abaisse au-dessous d'eux-mêmes... »

L'histoire atteste, en effet, combien les événements d'alors ont répondu à cette étonnante prédiction. Les Papes balançaient encore entre Avignon et Rome, que déjà les femmes fortes, suscitées par la miséricorde du Seigneur, s'empressent, comme d'autres Judith, à sauver leurs frères. À côté de quelques Saints, élevés eux-mêmes à une puissance qui n'a presque plus rien d'humain, tels que les Vincent Ferrier, les Bernardin de Sienne, les Jean de Capistran, nous voyons de tous côtés une foule d'héroïnes qui s'élancent dans la carrière: sur les champs de bataille, c'est Jeanne d'Arc arrachant le sceptre de saint Louis aux précurseurs d'Henri VIII; dans les luttes bien plus hardies encore de l'ascétisme, quelles palmes magnifiques cueillies par les Brigitte et les Catherine de Suède, les Catherine de Sienne, les Françoise Romaine, les Colette de Corbie, les Lidwine de Squidam, et tant d'autres Saintes, pour la plupart trop peu connues depuis, mais qui n'en ont pas moins contribué, de leur temps, à ramener la société humaine des bords de l'abîme. Au nombre de ces femmes fortes dont la vie si méritoire, trop longtemps oubliée, nous est heureusement restituée, aujourd'hui que l'Église attend encore tant de services de la femme chrétienne, se range avec éclat la bienheureuse duchesse Marguerite de Bavière, qui fit l'ornement du trône en Lorraine, comme une autre Marguerite de Bavière, sa cousine, brillait sur celui de Bourgogne, pendant qu'Isabeau de Bavière, leur parente, souillait le trône de France de scandales et de félonies sans nom.

Notre Bienheureuse naquit l'an 1376, dans le Haut-Palatinat de Bavière, de Robert III de Bavière-Wittelsbach et d'Elisabeth de Hohenzollern, burgrave de Nuremberg. Son père devint par la suite Électeur palatin du Rhin, et fut élu empereur d'Allemagne à la déposition de Winceslas IV, surnommé l'Ivrogne. Mais si noble que fût le sang de Wittelsbach et de Hohenzollern, duquel descendent de nos jours encore les maisons royales de Bavière et de Prusse, il s'illustrait bien plus alors par de saintes traditions et d'éclatantes vertus. Marguerite de Bavière, avec ses six frères et ses deux sœurs, pouvait en vérité se glorifier, comme Tobie, d'être de la génération des Saints: ainsi elle se trouvait étroitement unie de parenté avec sainte Élisabeth de Hongrie et la nièce de celle-ci, sainte Élisabeth de Portugal, qui étaient ses arrière-grands-tantes. Plus près d'elle, elle vit l'aïeule de son père, Irmengarde d'Oettingen, pieusement finir sa carrière en 1389, non loin de Worms, au couvent des Dominicaines de Liebenau, où celle-ci s'était retirée dès l'âge de vingt-trois ans, à la mort prématurée de l'Électeur palatin du Rhin, Adolphe de Bavière, son mari. Du côté de sa mère, la princesse rencontrait

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des exemples non moins touchants : trois des sœurs d'Elisabeth de Hohenzollern, les burgraves Catherine, Anne et Agnès, venaient de prendre, à la fleur de l'âge, l'humble voile de Sainte-Claire au couvent de Hof où Catherine, l'aînée d'entre elles, fut élue abbesse en 1393, l'année même où Marguerite devenait duchesse de Lorraine. La Bienheureuse dut plus tard encore s'inspirer des vertus de sa cousine, l'impératrice Jeanne, devenue en peu de temps si parfaite sous l'héroïque direction de saint Jean Népomucène. Au foyer domestique enfin, la jeune princesse palatine, contrairement aux mœurs trop libres de son temps, fut élevée, comme ses frères et sœurs, sous l'œil vigilant de ses pieux parents, dans la crainte de Dieu, le respect de soi-même et l'amour du prochain. Elle céda, il est vrai, à l'entraînement des vaines parures et des fêtes mondaines, presque inévitables à la cour des princes; mais c'était moins par vice de caractère que par condescendance pour la mode et aussi par une permission spéciale de la Providence qui voulait, avant d'en faire un vase d'élection, lui laisser subir quelque chose des entraînements de notre pauvre nature. Mariée à dix-huit ans avec le duc de Lorraine, Charles II, surnommé le Hardi, Marguerite continua quelque temps, sur le trône, cette vie mondaine et sans ferveur qu'elle devait bientôt faire oublier par ses vertus héroïques.

Il est fort à regretter que les rares historiens qui ont fait mention de Marguerite de Bavière, nous aient laissé des détails si vagues touchant sa conversion. Nous avions d'abord cru que celle-ci avait été obtenue miraculeusement par le recours de la duchesse à la pratique du saint Rosaire, dans une grave maladie où elle s'était trouvée sans espoir de guérison, du côté des médecins; mais les textes originaux que nous avons eus depuis sous les yeux, ne s'expliquent pas clairement à ce sujet. Le P. Dominique, Chartreux de Trèves, contemporain de la Bienheureuse, qu'il avait souvent vue à Sierck, en Lorraine, raconte toutefois comment Dieu envoya des maladies mystérieuses à la duchesse pour la détacher complètement d'elle-même et de toute créature. « Voici », dit-il dans son *Traité de la Vraie et Humble Obéissance*, « ce que cette dévote duchesse dont nous entendons, grâces à Dieu, tant de bien, a raconté à une personne de sa confiance (son directeur sans doute) : « Le Seigneur se plaît merveilleusement à m'instruire et à m'éclairer dans l'art de bien mourir : il m'afflige souvent, principalement au milieu des ténèbres de la nuit, par de grandes et intolérables douleurs qui semblent me mettre à toute extrémité; ainsi suspendue entre la vie et la mort, lorsque j'ai sévèrement scruté ma conscience, et que je me suis préparée à paraître devant le Seigneur, il me rend aussitôt la santé. Par ces angoisses suprêmes dont il se plaît à me frapper si souvent, il me rend attentive et vigilante pour ne point être surprise par la mort ».

Peut-être est-ce l'une de ces maladies de la princesse qui la fit recourir aux lumières des Chartreux de Saint-Alban de Trèves, pendant un séjour de la cour de Lorraine au château ducal de Sierck, situé non loin de là. Alors vivait, au monastère de Saint-Alban, un saint religieux du nom d'Adolphe d'Essen, également versé dans les lettres divines et humaines. Il avait connu par révélation combien était salutaire la dévotion au saint Rosaire, malheureusement tombé en oubli, à cette époque calamiteuse. Dès lors le Père Adolphe était devenu l'apôtre du Rosaire et il avait même écrit un opuscule sous le titre latin de : *De Commendatione Rosarii*, pour étendre au-delà de sa cellule solitaire l'action de son zèle. N'étant pas encore prieur en ce moment, il adressa, avec la permission de son supérieur, une traduction allemande de son livre à la duchesse de Lorraine, ainsi qu'un recueil de

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méditations qu'il avait composées sur la vie du divin Sauveur. Telle fut l'ardeur de la duchesse à mettre en pratique ces enseignements salutaires qu'elle se trouva bientôt toute transformée, et qu'elle avait peine à se reconnaître elle-même dans les splendeurs intérieures dont la grâce se plut à l'orner, en retour de son renoncement aux vaines pompes du siècle. En peu de temps elle pénétra si avant dans les voies de la sainteté, qu'on ne lui connaissait au loin personne de comparable, en quelque condition que ce fût, pas même dans le cloître, où cependant le Père Adolphe, qui atteste ce fait, avait rencontré de grands serviteurs de Dieu. Notre-Seigneur se chargea d'ailleurs lui-même de faire éclater au dehors la sainteté de la princesse par de nombreux miracles dont le seul récit, au témoignage de son biographe, aurait donné un livre volumineux. Malheureusement pour nous, le confesseur ordinaire de la duchesse, maître Guillaume, savant docteur en théologie et inquisiteur de la foi, mourut avant sa pénitente, sans avoir rien écrit sur elle ; la biographie même que nous a tracée de Marguerite de Bavière le vénérable chartreux, Adolphe d'Essen, devenu plus tard son directeur spirituel, est moins un portrait complet qu'une esquisse rapide de la plus grande et de la plus sainte des duchesses de Lorraine. C'est à cet écrit récemment découvert contre toute espérance, ainsi qu'à différents manuscrits d'un disciple du Père Adolphe, le Père Dominique, cité plus haut, que nous devons la plupart des détails suivants qui nous restent sur la vie de la Bienheureuse.

La princesse eut ainsi bientôt regagné le temps perdu dans ses premières années. Elle s'appliqua tout d'abord au combat spirituel, selon la méthode et l'ordre indiqués dans son manuel du Rosaire. Les vertus chrétiennes effacèrent la trace de ses anciennes mondanités : l'humilité et la condescendance, la charité et la douceur, la dévotion et la mortification des sens, la miséricorde et une inépuisable libéralité envers les malheureux vinrent à l'envi orner son âme dans un rare degré de perfection. Elle n'avait plus laissé au caprice la moindre influence dans la distribution de son temps. Levée bien avant l'aube, elle se prosternait aussitôt en adoration et en actions de grâces devant l'Auteur de tout bien, lui faisait l'abandon complet de sa personne et lui demandait avec ardeur de ne point permettre que la journée la trouvât en rien infidèle à ses résolutions. Puis, au premier coup de cloche, lorsqu'elle était seule ou qu'elle n'avait pas à craindre de mécontenter son époux, elle accourait devant les autels, n'amenant à sa suite qu'une personne de bonne volonté, pour ne point trop abréger le repos de ses domestiques. Après avoir consacré à ses exercices de dévotion tout son temps libre, elle n'appartenait plus qu'aux siens et aux malheureux. Enfin, la nuit venue, elle retombait aux pieds du divin Maître pour examiner sous son œil jaloux tout le cours de la journée. Une imperfection l'avait-elle surprise, elle s'en accusait devant le souverain prêtre Jésus avec les marques de la plus vive contrition ; et pour peu qu'elle se reconnût coupable d'une infidélité plus notable, elle s'en confessait à l'instant même, selon l'occasion, ou ne renvoyait jamais plus loin qu'au lendemain le soin de décharger sa conscience au saint tribunal. Déjà purifiée ainsi presque chaque jour dans le sacrement de pénitence, la duchesse ajoutait mortification sur mortification, pour asservir sans trêve ni repos ses moindres appétits au joug de la perfection chrétienne. Très-simple dans son intérieur, elle aimait, à l'exemple de sa bienheureuse tante, sainte Élisabeth de Hongrie, à se priver dans le boire et le manger, sans que rien en parût : souvent, par exemple, après avoir fait circuler, sans y toucher, les mets les

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plus délicats sur la table ducale, elle se retirait à l'écart pour apaiser sa faim par quelques grossiers aliments que lui apportait une suivante discrète. En l'absence de Charles II, non contente d'expier ses vanités d'autrefois sous un rude cilice, elle apportait une rigueur impitoyable à déchirer ses membres par de sanglantes disciplines.

De quelle ardente dévotion notre Bienheureuse ne devait-elle donc pas se sentir consumée envers l'adorable Eucharistie ? Elle s'en approchait avec une humilité et une ferveur angéliques aussi souvent que le lui permettait le rigorisme de son temps, c'est-à-dire les dimanches et les fêtes d'occurrence pendant la semaine. Notre-Seigneur, afin de lui témoigner sa gratitude de tant de dévotion pour le sacrement de son amour, voulut un jour la communier d'une manière toute merveilleuse. La Bienheureuse avait manifesté au vénérable Père Adolphe, alors prieur de la Chartreuse de Marienflos, récemment fondée près de Sierck, et transférée peu de temps après à Bettel, non loin de là, le désir qu'il vînt célébrer dans sa chapelle privée, au château ducal de la ville de Sierck, où résidait quelquefois la cour de Lorraine. Au moment de recevoir la sainte communion, comme la princesse venait de s'agenouiller devant l'autel, son visage devint tout à coup resplendissant à l'égal du soleil de midi. L'hostie sacrée disparut en même temps des mains du vénérable prieur, qu'une terreur religieuse avait transporté hors de lui-même, et qui n'avait pas d'abord remarqué ce second prodige. Revenu de son admiration et croyant avoir laissé tomber les saintes espèces pendant son trouble, il promenait anxieusement ses regards autour de lui, quand l'aspect de Marguerite de Bavière, prosternée en actions de grâces, le tira de sa perplexité avec de vifs sentiments de gratitude pour cette nouvelle faveur accordée à sa fille spirituelle. Ainsi celle-ci partageait-elle quelquefois le calice des bénédictions du Seigneur avec sainte Catherine de Sienne, sa contemporaine, dont elle aimait à relire la vie ; ainsi s'abreuvait-elle à longs traits au torrent des grâces divines, et passait-elle souvent de la prière à l'extase après la communion !

Cette surabondance des dons célestes, répandus sur notre Bienheureuse, porta son fruit au centuple dans les œuvres sans nombre de justice et de miséricorde auxquelles son existence était maintenant vouée sans retour. Dans ses rapports avec son mari, il semblait qu'elle fût plutôt l'humble servante que l'épouse de Charles II, tant elle s'étudiait à lui plaire sans cesse et à oublier les torts incroyables du duc à son égard, notamment dans les dernières années de son règne, où il l'avait quittée pour cohabiter publiquement dans son palais avec une courtisane de la plus vile extraction. Si cruellement éprouvée dans ses affections conjugales, notre Bienheureuse avait su néanmoins conserver son âme dans une parfaite résignation à la volonté de Dieu et couronner ainsi tant d'autres épreuves de famille qui avaient fait saigner son cœur, sans aucun cri de révolte ni seulement de douleur trop amère. Elle était, en effet, encore à la fleur des années, que la mort lui avait enlevé coup sur coup deux de ses frères, puis ses deux sœurs, et enfin ses parents l'empereur Robert, mort en 1440, et l'impératrice Élisabeth, qui suivit à un an de là son époux dans la tombe. Des cinq fils qui lui étaient nés, pas un seul ne lui fut conservé. Il ne lui resta que ses deux filles, les princesses Isabelle et Catherine de Lorraine. Sans jamais céder à une fausse tendresse pour ces deux uniques enfants, elle s'appliqua avant tout à leur donner la forte éducation nécessaire aux têtes couronnées. Elle était d'ailleurs, par le spectacle touchant de sa sainte vie, la meilleure des maîtresses pour un si grand œuvre : simple et modeste dans

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sa parure, pleine de retenue dans ses démarches, levée de très-bonne heure pour ses exercices de piété afin d'être plus tôt à ses soins de famille, prodigue au point de se trouver souvent dans la gêne pour avoir tout donné aux malheureux, frugale à table, partout enfin observant la plus noble réserve, elle apparut constamment aux deux jeunes princesses comme le parfait miroir des vertus du trône. Toujours active au travail, parce qu'elle savait que la paresse est la source de tous les vices, elle ne souffrait le désœuvrement, si ordinaire dans la demeure des grands, ni dans ses enfants, ni même dans ses dames d'honneur et ses filles de service : chacune avait, selon son rang et ses loisirs, à s'occuper d'ouvrages de laine ou de broderie distribués ensuite, sans doute, aux églises et aux pauvres. Les soins de la sainte duchesse s'étendaient ainsi à toutes les personnes de sa maison, qu'elle regardait en réalité comme de sa famille. Plus soucieuse de leur progrès intérieur qu'on ne l'est à cet égard dans le monde, elle veillait scrupuleusement à leur instruction jusqu'à leur faire elle-même la lecture spirituelle les dimanches et fêtes, après le repas de midi, ne voulant laisser cette charge à d'autres que lorsqu'elle s'en trouvait empêchée ou qu'un ecclésiastique était présent pour le ministère de la parole. Elle avait à cet effet un bon nombre de livres choisis, comme l'Ancien et le Nouveau Testament, l'Explication des Épîtres et des Évangiles de l'année, des Sermonnaires, la Vie des Saints et d'autres ouvrages écrits soit en latin, soit en français, ou en allemand. Cette lecture terminée, la duchesse et sa suite s'en retournaient religieusement aux offices. Le Seigneur devait accorder sa bénédiction à tant de sollicitude domestique. Jamais intérieur de palais ne fut plus calme ni plus fidèle et dévoué. Jamais surtout princesses ne répondirent plus heureusement à l'attente de l'Église et de la société. Leur lignée fut nombreuse, vaillante et parfois même couronnée de l'auréole des Saints. Ainsi d'Isabelle, l'aînée d'entre elles, qui fut mariée à René d'Anjou, avec la succession présomptive au trône ducal, descendirent et cette bienheureuse Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon et bisaïeule d'Henri IV, morte glorifiée sous l'habit de sainte Claire au couvent d'Argentan ; et ces braves ducs de Guise qui empêchèrent la France de passer à l'hérésie huguenote ; et ces illustres princes de Lorraine qui, après avoir fait pendant plusieurs siècles le bonheur de leur duché, arrivèrent à la première couronne de l'Allemagne, lors de la réunion de la Lorraine à la France, et c'est du mariage de l'arrière-petit-fils de Marguerite de Bavière, le duc François avec l'impératrice Marie-Thérèse que descend la maison actuelle d'Autriche, dite de Habsbourg-Lorraine ; de la seconde des filles de Marguerite de Bavière, Catherine de Lorraine, mariée au marquis Jacques de Bade, naquit entre autres le bienheureux Bernard de Bade, le Louis de Gonzague du XVe siècle.

Ainsi dévouée à ses devoirs domestiques, notre sainte duchesse le fut plus encore au service des infirmes et des pauvres. Une vocation spéciale l'appelait à imiter ses deux saintes parentes de Hongrie et de Portugal, et sainte Catherine de Sienne dans leur amour sans bornes pour les membres souffrants de Notre-Seigneur. On la voyait s'empresser dans les hôpitaux comme dans les seuls palais de son goût, chaque fois que ses obligations d'épouse et de souveraine lui en laissaient le loisir. Pendant que le vénérable Père Adolphe, qui l'accompagnait parfois dans ses visites à l'hôpital fondé par elle à Sierck, frémissait d'horreur à la vue des saintes extravagances de sa fille spirituelle, celle-ci, assistée d'ordinaire de l'une de ses suivantes du nom de Luce, semblait trouver un bonheur sans pareil

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à soigner les plaies des malheureux, à purifier leurs ulcères fétides, à prodiguer à leurs infirmités les plus repoussantes les secours que personne au monde n'osait plus leur rendre. Du soin des malades elle passait à celui des pauvres, jusqu'à leur laver les pieds et à les essuyer de sa propre chevelure. Cet abaissement inexplicable devant lequel reculaient bien loin toutes les personnes de sa suite, sa fidèle Luce exceptée, ne pouvait avoir son principe que dans une grâce toute spéciale d'en-haut. Un jour cependant la duchesse sentit que le cœur allait lui manquer, tant étaient horribles les plaies qu'elle venait de découvrir : se rappelant aussitôt la conduite de sainte Catherine de Sienne dans une tentation semblable, elle fit sur elle-même un suprême effort en invoquant le divin Maître, et aussitôt ses sens mutinés se trouvèrent apaisés.

Une âme aussi miséricordieuse et aussi humble allait devenir un glorieux instrument de salut entre les mains de Notre-Seigneur. Souvent sur un simple signe de croix de la duchesse, le mal le plus invétéré avait disparu. Souvent aussi, pour se dérober à la vénération publique et cacher à sa main gauche les prodiges de sa droite, elle donnait aux malades quelques semblants de remèdes avec lesquels elle les congédiait et après quoi ils se trouvaient complètement guéris. Et telle était la foule des suppliants qui venaient chaque jour sur son chemin réclamer son assistance, lorsqu'elle rentrait des saints offices, que les abords de son appartement rappelaient, par l'encombrement des malades, les portiques de la piscine probatique, assiégés par les malheureux en attendant la descente de l'Ange. Trois espèces de malades demeuraient toutefois incurables malgré la bonne volonté qu'aurait eue la duchesse de les assister : c'étaient ceux qui venaient à elle sans pleine confiance d'en être guéris, ceux qui comptaient plus sur l'efficacité des remèdes ordinaires que sur son intervention surnaturelle, ceux enfin qui, souillés de quelque péché grave, n'avaient pas la ferme volonté de se convertir. Tant que duraient ces mauvaises dispositions des uns et des autres, ils se trouvaient incapables de soulagement auprès d'elle.

Un mal plus redoutable que toutes les infirmités corporelles ensemble, la guerre désolait alors la chrétienté. À la vue de tant de haines funestes et de tant de sang répandu au grand détriment des âmes, le cœur de la sainte duchesse s'était senti pris d'une grande pitié à l'égard de son peuple. Par l'efficacité de ses prières elle devint pour la Lorraine ce qu'avait été sainte Élisabeth de Portugal pour sa patrie adoptive, l'Ange de la paix. Elle était, selon l'opinion générale, plus forte, du fond de son oratoire, qu'une armée rangée en bataille. Dieu le fit comprendre un jour par un de ces prodiges de bilocation rares, même dans la vie des Saints les plus célèbres. C'était en 1409, deux ans après la bataille de Champigneulle, que les Lorrains avaient gagnée moins par la valeur du duc Charles, que grâce aux prières publiques faites à Nancy sous la conduite de notre Bienheureuse ; plusieurs voisins puissants, trop oublieux de cette défaite, avaient de nouveau levé l'étendard de la guerre et étaient venus comme précédemment mettre les terres de Lorraine à feu et à sang. Charles II se porta à leur rencontre auprès de Pont-à-Mousson. Au moment où l'action allait s'engager, les ennemis, quoique de beaucoup supérieurs en nombre, furent soudain saisis de terreur et lâchèrent pied sans même coup férir. Et, comme après cette fuite honteuse ils étaient accablés de reproches par les leurs, ils répondirent unanimement, le bruit en courut d'ailleurs partout alors, que ce n'était certes pas le duc ni ses troupes qui les avaient ainsi mis en déroute, mais

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uniquement l'apparition subite de la duchesse Marguerite de Bavière à la tête des Lorrains, avec un visage tellement terrible qu'ils n'avaient pu tenir un instant devant son regard foudroyant. Cependant notre Bienheureuse n'avait point quitté Nancy de la journée. Prosternée dans son oratoire aux pieds du divin Maître, pendant que le duc marchait à l'ennemi, elle s'était contentée, ainsi qu'elle l'avoua plus tard en termes précis au vénérable Père Adolphe, de prier pour la conservation des siens, avec un parfait abandon de toute l'affaire à la divine miséricorde. Telle était d'ailleurs sa coutume, depuis qu'elle avait appris à mieux connaître Notre-Seigneur par la méditation des mystères de sa vie, de toujours ajouter dans ses prières, quelque juste qu'en fût l'objet : « Mon Dieu, qu'il arrive toutefois non pas comme je veux, mais comme vous voulez ». Cette victoire, aussi pacifique que glorieuse pour la duchesse, rendit définitive la paix dont la Lorraine jouit jusqu'à la fin du règne de Charles II, tandis qu'au dehors les invasions étrangères et la guerre civile ne cessaient de promener leurs ravages d'un pays à l'autre, notamment en notre patrie, qui, sans Jeanne d'Arc, tombait sous le joug des Anglais.

Malgré un succès si frappant, Marguerite de Bavière, sur qui se portaient de plus en plus les regards reconnaissants de son peuple, n'avait garde de s'attribuer à elle-même la gloire de tant de prospérités. Elle ne voulait mettre sa confiance que dans les mérites d'autrui, et cherchait sans cesse à multiplier autour du trône de son époux les œuvres de miséricorde les plus méritoires et les monastères les plus fervents. On ne saurait dire tout ce qu'elle inspira de bons desseins à Charles II. Grâce à elle les Chartreux, qui seuls peut-être entre tous les autres religieux d'alors étaient restés fidèles à l'austérité primitive de leur Ordre, furent appelés, en 1413, par le duc à venir s'établir en Lorraine. Ils y sont encore aujourd'hui, et c'est du monastère de Bosserville, près Nancy, qui est une filiation de celui établi proche de Sierck par les soins de la duchesse, que sort le supérieur général actuel de l'Ordre de Saint-Bruno. Cette fondation fut pour Marguerite de Bavière une suprême consolation en même temps qu'une impulsion nouvelle vers la perfection, par les rapports personnels qu'elle eut alors avec le vénérable Père Adolphe, premier prieur de ce monastère, de 1415 à 1421. Plus tard notre Bienheureuse s'empressa encore de seconder le zèle de sainte Colette pour la réforme de l'Ordre de Saint-François. Non seulement elle prit une part active à la construction du couvent que la vierge de Corbie venait fonder à Pont-à-Mousson, mais elle supplia celle-ci de vouloir bien l'y recevoir au nombre des pauvres Clarisses si le duc son époux devait mourir avant elle. Dieu avait toutefois d'autres projets sur sa fidèle servante. Il voulait continuer de l'attirer à lui par le seul sentier du Calvaire, jusqu'à la fin de ses jours.

La duchesse, ainsi purifiée jusqu'au fond du creuset, comme l'or le plus pur, vit d'abord toute sa mansuétude et toutes ses larmes impuissantes à retirer Charles II des honteuses débauches de sa vie privée. Ce prince, doué d'ailleurs de grandes qualités qui l'auraient élevé au-dessus de la foule des princes de son temps s'il n'avait pris à tâche de se raidir contre l'action salutaire de sa sainte épouse sur lui, n'avait point su dès sa jeunesse commander à ses passions orageuses. Il justifia, malheureusement pour lui, cet oracle de l'Esprit-Saint, que « l'homme finit d'habitude sa vie par le chemin pratiqué dans ses premières années ». La jeunesse de Charles II avait été licencieuse, comme son premier testament en fait foi : sa vieillesse fut sans honneur et sans frein. Les hardies remontrances de

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Jeanne d'Arc, l'engageant à reprendre son épouse, le laissèrent insensible. La mort du duc, aussi triste que l'avait été sa vie, fut de plus fatale à la ville complice de ses infidélités : à peine eut-il rendu le dernier soupir, que le peuple, impatient de se faire justice à lui-même, envahit la résidence ducale et en arracha de vive force la courtisane qui avait trop longtemps profané les marches du trône ; dépouillée de ses somptueux habits et affublée de ses premiers vêtements, la malheureuse se vit traîner sur une charrette à travers les carrefours de Nancy, au milieu des malédictions et des outrages de la multitude ; par un reste de respect pour le duc, on la mit secrètement à mort. La duchesse, que le peuple vénérait comme une sainte et avait si cruellement vengée, n'avait point eu le temps de prévenir cet acte sanglant ; elle s'empressa du moins de veiller à l'avenir des enfants issus de rapports si outrageants pour elle, sans jamais se départir à leur égard de sa mansuétude accoutumée. Pour comble d'infortune, elle en était encore à déplorer la mort lamentable de Charles II, lorsque la guerre de succession au trône de Lorraine éclata et que l'héritier légitime, René d'Anjou, fait prisonnier, dès la première rencontre, fut jeté dans les fers par le duc de Bourgogne, l'ambitieux allié du prétendant, Antoine, comte de Vaudémont. Soumise et résignée à la volonté du Seigneur, qui humiliait si profondément la couronne de sa fille, Isabelle de Lorraine, mais en même temps pleine de confiance en la justice de son droit, la duchesse douairière ne s'épargna aucune peine pour rendre René d'Anjou à ses sujets : arrachant trêve sur trêve au comte de Vaudémont, adjoignant à la jeune duchesse des conseillers habiles, comme les évêques de Metz et de Toul, pour aller fléchir le duc de Bourgogne, portant enfin la cause au tribunal de l'empereur Sigismond, qui trancha la question de principe, pendant le concile de Bâle, et rendit, le 24 avril 1434, une sentence favorable au bon droit d'Isabelle et de René. Ainsi se prouvait une fois de plus que la piété, tout en sauvegardant les intérêts éternels, sait dans une juste mesure veiller à ceux du temps.

Au milieu de tout ce deuil, de tous ces malheurs et de toutes ces complications désastreuses, Marguerite de Bavière, dont la conversation intérieure était dans les cieux, achevait d'autres conquêtes plus précieuses que les trônes de la terre ; fidèle à la mission providentielle des saintes femmes de son époque, elle ramenait en foule au bercail les brebis égarées du bon Pasteur. Son nom était devenu l'objet de la vénération publique. Chaque jour on voyait accourir vers elle, non plus seulement les infirmes et les pauvres, mais les personnes des conditions les plus diverses, les grands et les petits, les ecclésiastiques et les laïques, les princes de l'Église et les puissants du siècle. Les religieux, plus que les autres, s'empressaient de la visiter pour s'édifier à ses pieux entretiens. Elle avait atteint à un haut degré le don de toucher les cœurs : à peine une conversation était-elle commencée, qu'elle en dirigeait aussitôt le cours vers Dieu et que la science des Saints débordait à flots de ses lèvres bénies. Comme elle était redevable de beaucoup à la dévotion au saint Rosaire, elle ne craignait pas de recommander cette salutaire pratique à chacun, à ses seigneurs et à ses barons aussi bien qu'aux ecclésiastiques et aux moindres de ses sujets. Il était rare que l'un de ses auditeurs résistât à ses pieuses instances ; la plupart en devinrent meilleurs, ainsi que leurs familles ; le souvenir sacré en fut transmis à plus d'une génération, et il ne serait pas téméraire de croire que ces entretiens de notre Bienheureuse, autant que l'épée des ducs ses petits-fils, mirent, un siècle plus tard, la Lorraine hors des atteintes du protestantisme.

LA BIENHEUREUSE MARGUERITE DE BAVIÈRE, DUCHESSE DE LORRAINE. 263

Ce prosélytisme s’alliait surtout admirablement bien avec le genre de vie auquel la duchesse s’astreignit après la mort du duc Charles II, et au milieu duquel elle recueillit bientôt l’incomparable palme de la vie éternelle. Comme le monastère commencé par sainte Colette était encore fort peu avancé, et que les circonstances n’étaient point favorables à l’entrée en religion de la sainte veuve, elle voulut du moins mettre à exécution un projet dont elle s’était souvent plu à entretenir le vénérable Père Adolphe. Elle quitta la cour dès que sa présence n’y fut plus nécessaire, se retira dans son douaire d’Einville-aux-Jarres (près de Lunéville), et bâtit, à proximité de sa résidence, un hôpital pour y servir jusqu’à sa mort Notre-Seigneur dans ses membres souffrants, ainsi que l’avaient pratiqué ses saintes parentes de Thuringe et de Portugal. Là, sous un habit simple et grossier, peut-être l’habit du Tiers Ordre de Saint-François, auquel elle était très-probablement affiliée, elle donnait son temps à ses œuvres de prédilection : recueillant les pauvres et les voyageurs sur la voie publique, leur lavant les pieds pour les essuyer de ses cheveux et y appliquer ses lèvres embrasées de l’amour du Christ ; servant ses hôtes à table avec une exquise douceur, et ne laissant partir les nécessiteux qu’après leur avoir fait une aumône généreuse ; se surpassant enfin dans le soin des malades, pour qui elle était prête à sacrifier sa santé, sa vie même. Un tel ministère l’avait admirablement préparée à la mort ; se sentant défaillir, elle se hâta de dicter son testament, le 24 août 1434. Elle y épuisa une dernière fois son épargne en œuvres de religion et de miséricorde : elle n’eut garde d’y oublier son hôpital d’Einville, ni les Chartreux de Sierck, ni les personnes qu’elle avait conservées à son service ; aux deux princesses ses filles elle légua ce qui lui restait de joyaux et tous ses livres. Trois jours après ce testament fait à Einville, elle rendit sa belle âme à Dieu, à l’âge de cinquante-huit ans.

## CULTE ET RELIQUES.

Son précieux corps fut transporté à Nancy pour être inhumé dans l’église collégiale de Saint-Georges, où se trouvaient les sépultures de la maison de Lorraine. D’après l’historien Wasselbourg et le Père Guinet, de l’Ordre des Prémontrés, de nombreux miracles eurent lieu à son tombeau. De même, lorsque, en 1743, ses restes vénérés furent transférés, ainsi que les cendres des autres sépultures princières, dans le nouveau caveau funéraire de l’église des Cordeliers, situé sous la Chapelle-Ronde, encore existante aujourd’hui, plusieurs malades recouvrèrent la santé, ainsi qu’ils l’assurèrent, par le seul contact du velours qui avait en cette occasion recouvert ses restes mortels. Ils existent toujours, mais profanés, dans ce même caveau où le vandalisme révolutionnaire les a mêlés aux cendres extraites des sépultures voisines. Une simple inscription de la Chapelle-Ronde, voilà tout ce qui rappelle, jusqu’aujourd’hui, dans l’ancienne capitale de la Lorraine, à côté du palais ducal, le souvenir néanmoins si pur et si glorieux de la bienheureuse Marguerite de Bavière, surnommée la miraculeuse Duchesse.

Il existe un portrait authentique, croyons-nous, de notre Bienheureuse. On le trouve au tome III, livre XXVII, de l’Histoire de Lorraine, par Dom Calmet, en tête du règne de Charles II, et en regard du buste de ce prince.

Nous avons déjà cité sa biographie écrite par le vénérable Père Adolphe, chartreux de Trèves ; le Père Rader, S. J., au tome III de sa *Bavaria Sancta*, imprimé en 1627, lui a consacré plusieurs pages, sous le titre de *Beata Margarita* ; le Père Arthur de Moustier, récollet, la place, comme le Père Rader, au 27 août, avec le titre de Bienheureuse, dans son *Saurum Gynecaem* ; les Bellandistes en disent un mot à la même date, avec la remarque, que nous renouvelons ici après eux, qu’aucune trace de culte public ne nous est néanmoins parvenue à son sujet. Ce titre de Bienheureuse, que nous lui avons conservé à l’exemple des auteurs précités, n’est donc que l’expression d’une opinion personnelle, sans préjudice du jugement définitif de la sainte Église, que nous appelons de tous nos vœux, sur la cause de l’illustre duchesse.

Cette biographie est due à M. l’abbé J.-M. Curioque, prêtre de Sierck, au diocèse de Metz, qui prépare en ce moment une Vie de la bienheureuse Marguerite de Bavière.

27 AOUT.

Événements marquants

  • Naissance dans le Haut-Palatinat en 1376
  • Mariage avec Charles II de Lorraine en 1393
  • Conversion spirituelle via le Rosaire et les Chartreux
  • Vision de bilocation lors d'une bataille en 1409
  • Veuvage et fondation d'un hôpital à Einville-aux-Jarres
  • Mort à l'âge de 58 ans

Miracles

  • Apparition sur le champ de bataille de Pont-à-Mousson par bilocation
  • Guérisons instantanées par le signe de la croix
  • Communion miraculeuse où l'hostie disparaît des mains du prêtre pour aller à elle

Citations

Mon Dieu, qu'il arrive toutefois non pas comme je veux, mais comme vous voulez

— Paroles rapportées par le Père Adolphe

Date de fête

27 aout

Époque

14ᵉ siècle

Décès

27 août 1434 (naturelle)

Catégories

Invoqué(e) pour

guérison des malades, paix dans les familles

Autres formes du nom

  • Beata Margarita (la)
  • Marguerite de Bavière-Wittelsbach (fr)

Prénoms dérivés

Marguerite

Famille

  • Robert III de Bavière-Wittelsbach (père)
  • Elisabeth de Hohenzollern (mère)
  • Charles II le Hardi (époux)
  • Isabelle de Lorraine (fille)
  • Catherine de Lorraine (fille)
  • Sainte Élisabeth de Hongrie (arrière-grand-tante)