Sainte Ludmille (Ludomille)
Martyre, Duchesse et Patronne de Bohême
Résumé
Duchesse de Bohême convertie par saint Méthode, Ludmille consacra sa vie à l'évangélisation de son peuple et à l'éducation chrétienne de son petit-fils, saint Wenceslas. Elle fut assassinée en 927, étranglée avec son propre voile par des émissaires de sa belle-fille païenne Drahomire. Elle est honorée comme la première sainte et patronne de la Bohême.
Biographie
SAINTE LUDMILLE OU LUDOMILLE, MARTYRE,
DUCHESSE ET PATRONNE DE BOHÊME (927).
Ludmille naquit en Bavière vers l'an 873; son père, comte héréditaire et seigneur de Melnik, et sa mère, d'ancienne famille très-riche, étaient païens. Ses belles qualités attirèrent l'attention de Borivor, duc de Bohême, qui la demanda en mariage. Peu de temps après leur union, ce prince eut occasion d'entendre annoncer l'Évangile par les saints apôtres de la Moravie, Cyrille et Méthode; il ouvrit les yeux à la lumière et reçut le saint baptême, avec plusieurs de ses sujets. Il fit plus; il emmena les deux apôtres avec lui, en Bohême, et Ludmille, écoutant la voix de Dieu, embrassa aussi la foi, avec sa famille. Elle, son père et ses frères furent purifiés dans l'eau sainte par les mains de saint Méthode.
Ludmille, éclairée des lumières de la foi, vécut d'une vie nouvelle. Elle regrettait sans cesse le temps passé dans les ténèbres du paganisme et perdu pour les vertus chrétiennes. Elle s'affectionna beaucoup à la prière et à la réception des sacrements, surtout de la divine Eucharistie, dont elle aimait à nourrir son âme. Désireuse de voir tous les sujets du duc, son mari, participer au bonheur dont elle jouissait, elle mit tous ses efforts à préparer les voies aux missionnaires, et à les aider à gagner les cœurs. Un nombre considérable de païens ouvrirent les yeux, et se firent avec joie recevoir dans le sein de l'Église.
Tous les moments de notre sainte princesse étaient consacrés à la gloire de Dieu et à l'avancement de son règne dans les âmes. Cependant elle sentait dans son cœur un désir de s'unir plus étroitement à Jésus-Christ, par une vie plus paisible, loin des honneurs des cours et des tracas du monde. Elle en parla à son époux, qui lui témoigna les mêmes vœux. S'encourageant alors mutuellement, ils mirent ordre à leurs affaires, et résolurent de se retirer dans la solitude. Le duc abdiqua en faveur de son fils Wratislas, prince très-religieux, et il choisit une retraite, pour y consacrer, avec Ludmille et un vieux prêtre, nommé Paul, tous ses jours au Seigneur.
Malheureusement le jeune duc eut pour femme une païenne, nommée Drahomire, qu'il essaya vainement d'amener à la foi. Elle lui donna deux fils, Wenceslas, qui fut élevé par sa grand-mère Ludmille, et qui devint un saint, et Boleslas, qui resta aux mains de Drahomire, et qui devint un monstre. Le vertueux duc Wratislas, atteint d'une maladie mortelle, recommanda la Bohême à sa mère, veuve alors, sous la tutelle de qui fut placé le petit duc Wenceslas, et il mourut de la mort des justes. Drahomire, farouche de voir la tutelle de son fils lui échapper, conçut une haine implacable contre sa belle-mère, et forma le projet d'une impitoyable vengeance.
Deux misérables seigneurs, émissaires secrets de sa belle-fille, forcèrent l'appartement de Ludmille, et l'étranglèrent dans son lit, avec le voile qu'elle portait sur sa tête (927). Elle fut enterrée à Stetin; mais ses restes furent transférés dans l'église Saint-Georges, à Prague, par son petit-fils, saint Wenceslas, avant qu'il succombât, à son tour, sous le poignard de son frère et de sa mère.
Cf. Acta Sanctorum, 16 septembre; Continuateurs de Godeszard; Chapin, La Sainte de chaque jour.
Événements marquants
- Naissance en Bavière vers 873
- Mariage avec Borivor, duc de Bohême
- Conversion au christianisme et baptême par saint Méthode
- Retraite dans la solitude avec son époux et le prêtre Paul
- Tutelle de son petit-fils Wenceslas
- Assassinat par étranglement sur ordre de sa belle-fille Drahomire