Bienheureux Charles le Bon

Comte de Flandre

Fête : 2 mars 12ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Charles le Bon, comte de Flandre et fils du roi Canut de Danemark, fut assassiné par des sujets rebelles à Bruges. Ses reliques, conservées à la cathédrale de Bruges, firent l'objet de plusieurs translations au cours des siècles. Bien que son culte public ait cessé, il est honoré comme bienheureux et martyr le 2 mars.

Biographie

RELIGUES, CULTE, ICONOGRAPHIE.

Quand l'église Saint-Donatien de Bruges, où les assassins de Charles s'étaient réfugiés comme dans une forteresse, eut été prise d'assaut par Louis le Gros, on s'empressa de rendre aux reliques du bienheureux Charles les honneurs qui leur avaient manqué jusque-là. Le 20 avril, on fit la levée du corps, qui n'était nullement décomposé, quoiqu'il fût là depuis sept semaines. Selon l'usage du pays, on le cousit dans une peau de cerf et on l'exposa sur une estrade au milieu du chœur. Le 21, on le transféra à l'église Saint-Christophe, où la messe des funérailles fut chantée en présence du roi Louis le Gros, des barons flamands et du peuple.

L'église Saint-Donatien fut réconciliée et purifiée quelques jours après par Simon, évêque de Noyon ; le 25, on y rapporta le corps du bienheureux Charles.

Philippe de Rodnan IV, évêque de Bruges, fit la levée du corps en 1606 et le déposa dans une chasse qui fut placée sur l'autel de Notre-Dame. Ces reliques furent transférées d'abord dans une chapelle consacrée au bienheureux Charles (19 janvier 1782), puis dans le trésor du chapitre de la cathédrale de Bruges. On les conserve aujourd'hui dans une chapelle de cette église, où on lit, près de la chasse, cette inscription : Ossa sanctissimi principis Caroli Boni, S. Canuti regis Danix filii, Flandrix comitis XIII, nefandis S. Donatiani Basilicae vastatium feliciter substracta, Brugensium pietate erga optimum principem post annos 700 ab ejus morte non imminuta, nec imminuenda unquam, hic denuo recondita. 1827.

On prétend que l'inspection des ossements explique l'exagération des chroniqueurs flamands qui prétendaient que le bienheureux Charles avait une taille de neuf pieds.

Diverses complaintes furent composées, soit en flamand, soit en latin, peu de temps après la mort de Charles : on peut les voir dans les Bollandistes.

Le chapitre de Bruges, en 1610, décida que, chaque année, le 2 mars, une messe solennelle de la Sainte-Trinité serait célébrée, à la cathédrale, en l'honneur du bienheureux Charles le Bon.

Les lépreux, pour obtenir leur guérison, buvaient dans le crâne du Bienheureux.

On ne lui rend plus aujourd'hui de culte public.

Plusieurs martyrologes qualifient Charles le Bon de Saint et de Martyr. Il est inscrit au 2 mars comme Bienheureux dans les martyrologes de Melanus, Gallasini, Canisius, Willotius, Greven, Du Saussay, etc., et dans les anciens Calendriers spirituels du diocèse d'Amiens.

On représente ordinairement Charles le Bon massacré par ses sujets rebelles. À la cathédrale de Bruges, une ancienne peinture sur bois le représente en pied. Depuis longtemps on n'y voit plus sa statue.

Il figure au 2 mars dans les gravures de Sébastien Leclerc ; dans le tome IV, f° 24, de la Collection des Saints du Cabinet des estampes (Bibl. nat.), et dans l'Iconographia sancta, donnée par M. Guénébault à la bibliothèque Mazarine (n° 4778).

Son image a été gravée par Balthasar dans les Généalogies des forestiers et comtes de Flandres (page 79). Il porte le sceptre et le manteau royal bordé d'hermine. Un chien, qui est à ses côtés, symbolise sa vigilance et sa fidélité.

Un manuscrit de la Bibliothèque nationale, les Anciennes Chroniques de Flandres (n° 8308), contient une miniature représentant l'assassinat de Charles le Bon.

Sur ses sceaux, il est figuré à cheval, vêtu d'une cotte de mailles, tenant de la main gauche un bouclier, et de la droite une épée, avec cette légende : Karolus, comes Flandrix et filius regis Dacie. C'est le titre qu'il prenait ordinairement dans ses chartes.

Charles le Bon portait d'or à un lion de sable langui et armé de gueules.

On conserve au musée diocésain de Bruges un carreau du pavement de la galerie où ce prince fut assassiné, et sur lequel, assure-t-on, son sang aurait jailli.

Nous avons emprunté la presque totalité de ce récit à M. Corblet, l'éminent auteur de l'Hagiographie d'Amiens.

2 MARS.

Événements marquants

  • Assassinat par des sujets rebelles
  • Levée du corps le 20 avril par Louis le Gros
  • Transfert à l'église Saint-Christophe le 21 avril
  • Réconciliation de l'église Saint-Donatien le 25 avril
  • Levée du corps en 1606 par Philippe de Rodnan IV
  • Translation des reliques en 1782 et 1827

Miracles

  • Conservation du corps sans décomposition pendant sept semaines
  • Guérison des lépreux buvant dans son crâne

Citations

Ossa sanctissimi principis Caroli Boni, S. Canuti regis Danix filii, Flandrix comitis XIII

— Inscription de la chasse (1827)

Karolus, comes Flandrix et filius regis Dacie

— Légende des sceaux

Date de fête

2 mars

Époque

12ᵉ siècle

Décès

1127 (déduit par les 700 ans cités en 1827) (martyre)

Catégories

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

guérison de la lèpre

Autres formes du nom

  • Karolus (la)
  • Charles (fr)

Prénoms dérivés

Charles

Famille

  • Canut (père)