Le Bienheureux Laurent

Moine de l'Ordre de Saint-Benoît

Fête : 16 aout 13ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Ancien militaire converti après un homicide accidentel, Laurent devint ermite puis moine bénédictin près de Subiaco au XIIIe siècle. Il se distingua par des austérités extrêmes, portant des instruments de fer et pratiquant un silence rigoureux. Son culte fut officiellement reconnu par le pape Pie VI.

Biographie

LE B. LAURENT, DE L'ORDRE DE SAINT-BENOÎT (1243).

La Pouille, province du royaume de Naples, fut la patrie du bienheureux Laurent, qui vint au monde dans le XIIIe siècle. Il embrassa d'abord l'état militaire ; mais ayant eu le malheur de tuer un homme par accident, il en ressentit tant de peine qu'il quitta la carrière des armes et entreprit un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle.

De retour en Italie après ce long voyage, Laurent se retira dans un lieu voisin du monastère de Subiac et y pratiqua la vie érémitique. Le désir d'une plus grande perfection le porta à solliciter des religieux de l'abbaye de Subiac la permission de se fixer sur une montagne assez proche de leur maison et peu éloignée de la grotte où vécut autrefois le grand saint Benoît. L'ayant obtenue, il s'y choisit un lieu pour y habiter, et là il vécut très-saintement pendant de longues années. Ayant reçu plusieurs disciples, il les forma à la pratique de la règle de saint Benoît.

Entre les vertus qui brillèrent dans ce serviteur de Dieu, on remarqua surtout son abstinence. Elle était si rigoureuse qu'il ne mangeait qu'une fois par jour, et qu'il n'avait pour nourriture que du pain, de l'eau et quelques herbes. Sa mortification paraît presque incroyable, tant il mettait d'industrie à affliger son corps et à le réduire en servitude. Il portait sur la chair nue une cuirasse de fer ; il avait des cercles du même métal aux bras, aux cuisses et aux jambes. De plus, il portait sur la tête deux verges de fer placées en croix. Animé du désir d'imprimer en lui l'image de Jésus souffrant, il était dans l'habitude de se brûler le front chaque année le jour du vendredi saint.

Le cardinal Hugolin, qui ensuite parvint à la papauté sous le nom de Grégoire IX, étant venu visiter le bienheureux Laurent, l'engagea à modérer la rigueur de sa pénitence. Docile à la voix d'un supérieur et enfant de l'obéissance, le serviteur de Dieu se relâcha un peu de ses austérités ; mais son ardeur pour la mortification lui fit trouver d'autres moyens de la pratiquer. Il s'appliquait avec un soin extrême à conserver la chasteté. Son silence était à peu près perpétuel ; trois jours chaque semaine, et pendant tout le Carême, il ne se permettait pas de dire une seule parole.

Sa charité pour le prochain était très-vive, et les pauvres lui inspiraient une tendre affection. La sainte Vierge avait dans Laurent le fils le plus dévoué, et il lui donna une preuve manifeste de ce dévouement, en construisant en son honneur une église entre deux fontaines que l'on voit encore et que l'on dit être sorties de terre d'une manière miraculeuse.

Après avoir mené pendant longtemps la vie la plus édifiante, le serviteur de Dieu alla recevoir du Seigneur la couronne de justice, le 16 août 1243. Son corps, inhumé dans le lieu qu'il avait habité, y resta pendant plusieurs siècles. Il fut, en 1734, transféré dans la grotte de saint Benoît et exposé à la vénération publique. On avait, sous le pontificat d'Innocent IV, entrepris des informations touchant la sainteté du vénérable Laurent ; elles firent connaître qu'il avait opéré plusieurs miracles pendant sa vie. Après sa mort, Pie VI, désirant augmenter son culte, permit de célébrer la messe et l'office en son honneur.

Voir les leçons dans le Bréviaire monastique, imprimé à Rome en 1831 (Godescard).

Événements marquants

  • Carrière militaire initiale
  • Homicide accidentel provoquant sa conversion
  • Pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle
  • Retraite érémitique près de Subiac
  • Établissement sur une montagne proche de la grotte de saint Benoît
  • Visite du cardinal Hugolin (futur Grégoire IX)
  • Translation des restes en 1734
  • Autorisation du culte par Pie VI

Miracles

  • Apparition miraculeuse de deux fontaines lors de la construction d'une église
  • Plusieurs miracles opérés durant sa vie attestés par l'enquête d'Innocent IV