Bienheureux Albert d'Ogna
Homme de peine
Résumé
Laboureur de Bergame au XIIIe siècle, Albert d'Ogna vécut une vie de travail et de charité héroïque malgré l'opposition de son épouse et la perte de ses biens. Installé à Crémone comme porteur de vin, il effectua de grands pèlerinages et rejoignit le Tiers-Ordre dominicain. Il est célèbre pour avoir traversé le Pô sur son manteau et pour sa faux ayant tranché une enclume.
Biographie
LE BIENHEUREUX ALBERT D'OGNA, HOMME DE PEINE (1279).
Ce saint homme naquit dans le treizième siècle, à Ville-d'Ogna, lieu du territoire de Bergame, de parents qui étaient laboureurs et qui l'élevèrent très-chrétiennement. Fidèle à correspondre aux grâces qu'il recevait, Albert montra, dès sa première jeunesse, beaucoup d'attrait pour la piété. N'ayant encore que sept ans, il jeûnait trois fois la semaine et distribuait aux pauvres les aliments dont il se privait.
Lorsqu'il fut capable de travailler, ses parents l'occupèrent au labourage ; il s'y livra avec ardeur ; mais, tandis que ses mains cultivaient la terre, son esprit se nourrissait de la méditation des vérités du salut, unissant ainsi dans sa personne, par un heureux accord, les fonctions de Marthe et le repos de Marie.
Fils respectueux et soumis, il s'engagea dans le mariage par le conseil des auteurs de ses jours. Plus libre alors, il ne mit presque plus de bornes à sa charité pour les pauvres, qu'il assistait généreusement en toute rencontre. Son épouse, moins parfaite que lui, trouvait mauvais que ses aumônes fussent si abondantes, et plus d'une fois lui en fit de vifs reproches ; mais Albert supporta ce contre-temps avec patience et justifia sa conduite par des prodiges. Un jour, entre autres, qu'il avait donné à des indigents le dîner qui était destiné pour lui et sa famille, il le retrouva miraculeusement sur sa table.
Le serviteur de Dieu était propriétaire de quelques champs qui provenaient de l'héritage paternel. Des hommes riches et puissants lui en disputèrent la possession et finirent par l'en déposséder. Réduit à l'indigence, il fut obligé de renoncer au labourage et alla se fixer à Crémone, où il gagnait sa vie par son travail. Quoique son nouvel état lui offrît à peine de quoi suffire à ses besoins, il partageait encore avec les pauvres le peu qu'il gagnait à porter du vin, ce qui faisait son occupation la plus ordinaire.
Il continua aussi ses diverses pratiques de piété, prouvant ainsi, par son exemple, que les devoirs de la religion peuvent aisément s'allier avec les travaux les plus assidus et les plus fatigants, lorsque l'on cherche Dieu dans la sincérité de son cœur. Sa dévotion le conduisit à Rome et à Saint-Jacques de Compostelle. Dans ces pèlerinages, il se livrait au travail : lorsque les ressources lui manquaient et dès qu'il avait reçu son salaire, il se hâtait d'en distribuer une partie aux indigents. Non content de les assister corporellement, il devenait pour eux un apôtre, par le zèle avec lequel il les exhortait à la patience, à la confession de leurs péchés et à une sincère conversion. C'était aux pauvres des hôpitaux qu'il s'adressait surtout, et il essayait de les porter à la pratique de la vertu par ses exhortations charitables.
Le bienheureux Albert mourut à Crémone le 7 mai 1279, et fut enterré dans une des églises de cette ville, où on lui rendit bientôt un culte public, qui a été approuvé par le pape Benoît XIV, le 9 mai 1748. Il est honoré dans plusieurs villes d'Italie et chez les Dominicains, parce qu'il en avait embrassé le Tiers Ordre.
Entre autres merveilles que l'on raconte du bienheureux paysan Bergamasque et qui ont servi à le caractériser dans les arts, on raconte qu'un prêtre, tardant à lui apporter le Viatique, une colombe vola vers lui, tenant dans son bec une hostie pour le communier. On lui donne encore pour attribut la faux : s'étant mis en route pour Rome, il vint à manquer d'argent et loua ses bras pour la moisson. Ses compagnons de travail, jaloux de ce qu'il allait plus vite en besogne qu'eux, placèrent une enclume dans l'herbe qu'il devait faucher ; mais il arriva que l'enclume fut coupée comme une tige d'herbe, sans ébrécher la faux du saint homme. Enfin, on le représente encore traversant d'une rive à l'autre du Pô, sur son manteau, parce que les bateliers lui avaient refusé le passage.
Le bienheureux Albert est le patron des hommes de peine.
Voyez les Bellandistes, t. II de mai, et le Bréviaire dominicain, imprimé à Rome en 1771; Godescard (édition de Bruxelles).
14 MAI.
Événements marquants
- Jeûne et charité dès l'âge de sept ans
- Mariage par obéissance parentale
- Spoliation de ses terres par des hommes puissants
- Exil à Crémone et travail comme porteur de vin
- Pèlerinages à Rome et à Saint-Jacques de Compostelle
- Entrée dans le Tiers-Ordre de Saint Dominique
- Béatification par Benoît XIV le 9 mai 1748
Miracles
- Repas donné aux pauvres retrouvé miraculeusement sur la table
- Communion apportée par une colombe
- Tranchage d'une enclume avec une faux sans l'ébrécher
- Traversée du Pô sur son manteau