Le Bienheureux Saudrade
Abbé de Gladebach
Résumé
Abbé de Gladebach au Xe siècle, Saudrade fut injustement déposé par l'archevêque Warin avant de devenir le confesseur de l'impératrice Adélaïde et abbé de Wissembourg. Rappelé pour restaurer son premier monastère tombé en décadence, il y rétablit la discipline par son zèle et ses vertus avant de mourir en 985.
Biographie
LE B. SAUDRADE, ABBÉ DE GLADEBACH,
AU DIOCÈSE DE COLOGNE
LE BIENHEUREUX SAUDRADE, ABBÉ DE GLADEBACH.
ces objets sacrés. C'était un riche trésor pour cette communauté naissante, et on ne fut pas peu surpris de trouver des reliques des saints martyrs Étienne, Guy, George, Gengoul, Corneille, Cyprien, Chrysanthe, et de sainte Barbe. L'archevêque consacra l'église en l'honneur de Jésus-Christ, de sa sainte Mère et des saints martyrs dont on venait de trouver les reliques. Saudrade fut chargé de la direction du monastère.
Après la mort de l'archevêque Géron, arrivée en 974, le saint abbé eut beaucoup à souffrir de la part de son successeur Warin. Des hommes jaloux de son mérite le dénoncèrent au nouveau prélat comme étant trop dévoué à l'évêque de Liège et oubliant les liens qui l'attachaient à l'archevêché de Cologne. Warin prêta l'oreille aux suggestions des ennemis de Saudrade, et le déposa de sa charge.
Saudrade supporta cette épreuve avec une patience héroïque. Il quitta le monastère et alla trouver l'impératrice Adélaïde, dont il était le confesseur. Cette princesse habitait alors Seltz, dans la basse Alsace, et pour mieux profiter des sages conseils de cet homme, elle le nomma abbé de Wissembourg : comme cette abbaye n'était située qu'à quelques lieues de Seltz, Adélaïde eut le loisir de jouir souvent des pieux entretiens de Saudrade, pour lequel elle professait alors la plus haute estime.
Le saint abbé ne trouva point dans son nouveau monastère les mêmes contradictions qu'il avait essuyées à Gladebach ; cette communauté se ressentait encore des beaux exemples que venait de lui donner saint Adelbert, transféré depuis peu à l'archevêché de Magdebourg : mais son éloignement eut les plus tristes suites à Gladebach ; car, le nouvel abbé de cette maison manquant des capacités nécessaires pour conduire un établissement aussi important, les moines quittèrent le monastère, et ses propriétés et ses droits furent aliénés. Frappé de ces désordres, l'archevêque Warin reconnut son erreur et se décida à rappeler Saudrade, qui édifiait alors Wissembourg par toutes les vertus sacerdotales et chrétiennes. La peinture qu'on lui fit de la décadence de la discipline à Gladebach, le pénétra de la plus profonde vénération pour Saudrade, et il employa tous les moyens pour y rappeler le saint homme : celui-ci, de son côté, se rendit, non sans regret, aux sollicitations de l'archevêque, et retourna dans la maison qu'il avait contribué à relever de ses ruines quelque temps auparavant et dont il allait de nouveau devenir le restaurateur. Il fallait tout son zèle et tout son courage pour entreprendre une œuvre si difficile. Mais de quoi ne sont pas capables les Saints, quand il s'agit des intérêts de Dieu et de son Église ? et quels obstacles ne surmontent-ils pas pour extirper le mal et faire régner la vertu ? Saudrade joignit à la force de ses exemples les prières et les mortifications de toute espèce, et son zèle ne fut pas stérile. Il parvint à rassembler les religieux et à rétablir peu à peu la discipline. Mais le Seigneur lui ménagea des récompenses dans une meilleure vie et l'appela à lui, l'an 985 : il mourut en odeur de sainteté dans son abbaye, le 24 août, pleuré et regretté de ses religieux, qui reconnurent trop tard leurs injustices à son égard, et changèrent leurs préventions contre lui en une profonde vénération pour sa mémoire.
Tiré des Saints d'Alsace, par l'abbé Hueckler.
24 AOÛT.
Événements marquants
- Direction du monastère de Gladebach
- Déposition de sa charge par l'archevêque Warin après 974
- Confesseur de l'impératrice Adélaïde à Seltz
- Nomination comme abbé de Wissembourg
- Rappel à Gladebach par Warin pour restaurer la discipline
- Mort en odeur de sainteté en 985