Notre-Dame de Peyragude (Penne)

Mère de douleurs

Fête : 15 aout • sainte

Résumé

La Vierge Marie apparut à une bergère affamée à Penne, lui procurant du pain et laissant une statue dans une grotte. Invoquée avec succès contre la peste en 1653 par les pénitents, son sanctuaire de Peyragude fut reconstruit plusieurs fois, notamment après la Révolution. Elle est vénérée comme une Mère de douleurs sur son rocher dominant l'Agenais.

Biographie

NOTRE-DAME DE PEYRAGUDE, AU DIOCÈSE D'AGEN

Dans l'antique ville de Penne, non moins curieuse par la situation de ses maisons qui tapissent le flanc de la montagne, que par ses ruines empreintes de tant de souvenirs de guerre, de succès et de revers, on voit l'église de Notre-Dame de Peyragude (de petra acuta) qui est placée sur la cime du rocher. D'où vient la statue qu'on y vénère ? La tradition populaire nous apprend que, dans la vallée de Sainte-Foi de Penne, sur les bords de l'Oldus, la sainte Vierge apparut à une bergère près de mourir sous la neige de froid et de faim ; qu'elle lui a promis et fait trouver à la maison le pain qui manquait à la famille depuis plusieurs jours ; que ses parents et l'enfant, venus au lieu de l'apparition pour remercier la dame, ont trouvé, à sa place, au fond d'une grotte, la statue, portée dès ce moment à l'église du Mercadiel, et dès lors toujours vénérée. Le lieu, les personnes, le but portent le sceau ordinaire des œuvres de la sainte Vierge. Toujours est-il « qu'il a existé de temps immémorial, à deux cents pas de la ville de Penne, dans le territoire de Notre-Dame du Mercadiel, une chapelle consacrée à la très-sainte Vierge, sous le vocable de son Assomption ».

La fureur des hérétiques contre ce lieu sacré fut telle, que les évêques qui vinrent le visiter après ce temps de sacrilège n'y trouvèrent que des ruines. En 1632, quelques pierres dispersées sur le sol indiquaient seules la place de l'ancien oratoire. Ce que plusieurs de ces pontifes entreprirent successivement pour le relever, la piété publique l'acheva. Voici à quelle occasion : « Dans un temps où la peste désolait la ville de Penne et ses environs (1653), on fit beaucoup de prières ; mais le fléau continuait toujours ses ravages. Enfin, la Confrérie des pénitents, qui était composée alors des hommes les plus recommandables de la ville et des environs, fit vœu de rebâtir l'église de Notre-Dame de Peyragude, et d'y aller processionnellement, nu-pieds, les jours de Noël, de Pâques, de la Fête-Dieu, de Saint-Jean et de la Toussaint, et ce, à perpétuité. La procession partit dans cette disposition. A peine fut-elle arrivée sur l'emplacement de Notre-Dame, où le *Sancta Maria* fut entonné, que les pestiférés se sentirent guéris. Cette procession a eu lieu jusqu'à la Révolution, avec la seule différence qu'il n'y avait que celui qui portait la croix qui fût nu-pieds ».

Les pénitents ratifièrent et dépassèrent avec tant de zèle les conditions de ce vœu qu'une nouvelle église fut promptement construite. En 1796, l'église fut vendue aux enchères et démolie. On conserve encore dans quelques familles, comme des reliques, des portes de tabernacle, des bois d'autel, des images, des rubans de Notre-Dame, sauvés des décombres. La pierre sacrée du maître-autel en fut aussi retirée par une personne pieuse, et une autre donna asile dans sa maison à la statue. Cette sainte image, après être restée là ignorée, gardée par une pieuse jalousie qui ne faisait part à personne de son dépôt, fut enfin rendue à la vénération publique dans l'église de Notre-Dame du Mercadiel. Tant qu'elle habita ce refuge provisoire, les pèlerinages, les hommages de toutes sortes ne lui firent pas défaut. Mais pouvait-on oublier que, du haut de son rocher, elle avait longtemps dominé et béni la contrée ? Ce souvenir, réveillé tout à coup dans les cœurs, émut le diocèse. Les aumônes affluèrent ; un nouvel édifice sortit, non pas des anciens fondements, mais de la propriété même de Notre-Dame et du sol que couvrait la chapelle funéraire de Notre-Dame de Pitié. Le 31 mai 1843, Mgr de Vézins reporta solennellement, au milieu de l'enthousiasme de la population, dans le sanctuaire commencé, l'antique statue. Aux pieds de cette Mère de douleurs, tenant sur ses genoux le corps inanimé de son divin Fils, les grâces surabondent : on y recueille, aux cinq principales fêtes de la sainte Vierge, des indulgences plénières accordées par S. S. Grégoire XVI, et d'autres attachées à la simple visite que l'on y fait. Les prodiges se perpétuent et constituent un héritage merveilleux, qui autorise toutes les confiances ; aussi des pèlerins de toute condition affluent-ils à Notre-Dame de Peyragude.

15 AOUT.

Tiré d'une Notice sur Penne et sur Notre-Dame de Peyragude, Agen, 1844 ; et de Notre-Dame de France, par H. le curé de Saint-Sulpice.

Événements marquants

  • Apparition à une bergère mourante de froid et de faim dans la vallée de Sainte-Foi
  • Miracle du pain fourni à la famille de la bergère
  • Découverte de la statue dans une grotte
  • Destruction de l'oratoire par les hérétiques
  • Vœu de la Confrérie des pénitents en 1653 pour faire cesser la peste
  • Guérison immédiate des pestiférés lors de la procession
  • Vente et démolition de l'église en 1796
  • Translation solennelle de la statue par Mgr de Vézins le 31 mai 1843

Miracles

  • Multiplication du pain pour la famille de la bergère
  • Cessation immédiate de la peste en 1653 lors de la procession des pénitents
  • Guérisons de pestiférés au chant du Sancta Maria

Citations

il a existé de temps immémorial... une chapelle consacrée à la très-sainte Vierge, sous le vocable de son Assomption

— Tradition citée dans le texte

Date de fête

15 aout

Catégories

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

famine, peste, guérison des malades, indulgences plénières

Autres formes du nom

  • Petra acuta (la)
  • Notre-Dame du Mercadiel (fr)
  • Notre-Dame de Pitié (fr)

Famille

  • Jésus-Christ (fils)