Saint Adalbaud (Adalbé) d'Ostrevant
Martyr
Résumé
Noble leude à la cour de Dagobert Ier, Adalbaud épousa sainte Rictrude et fonda le monastère de Marchiennes. Père de quatre enfants tous reconnus saints, il fut assassiné en 652 par des membres de sa belle-famille lors d'un voyage en Gascogne. Son culte se développa en raison des miracles survenus près de ses reliques en Périgord et en Flandre.
Biographie
SAINT ADALBAUD OU ADALBÉ D'OSTREVANT (652).
Saint Adalbaud était un des trois fils de sainte Gertrude, qui fonda le monastère d'Hamage, près de Marchiennes, où elle passa les dernières années de sa vie. Son père, qu'il perdit de bonne heure, s'appelait Rigomer ; l'un de ses frères, Erchinoald, fut maire du palais sous la régence de sainte Bathilde ; l'autre, appelé Sigebert, épousa sainte Berthe, qui, devenue veuve, bâtit le monastère de Blangy, en Artois, et s'y retira.
Saint Amand, qui prêchait la foi dans ces provinces, connut de bonne heure la maison d'Adalbaud et entretint des rapports intimes avec elle. Ce fut même par son conseil et par reconnaissance pour les services qu'il en avait reçus, que le vertueux Adalbaud commença la construction du monastère de Marchiennes.
Plus tard, en sa qualité de leude, il fréquenta la cour de Dagobert Ier, qui aimait à réunir autour de sa personne les fils des principales familles, afin de les attacher plus étroitement à sa dynastie. Il s'y distingua par de brillantes qualités, qui le firent aimer de tous les nobles du palais, et qui inspirèrent au monarque lui-même une grande confiance en sa bravoure et en sa fidélité.
Jeune encore, il fit partie de plusieurs expéditions militaires en Gascogne, où remuait toujours un peuple belliqueux et indomptable. Les détails en sont peu connus. Quant à ce qui concerne Adalbaud, on voit seulement qu'ayant fréquenté, dans le pays basque, l'illustre famille du seigneur Ernold, il demanda et obtint sa fille Rictrude en mariage.
C'est dans ce même pays que s'était retiré saint Amand, après l'injuste exil auquel Dagobert l'avait condamné ; et des auteurs croient qu'il eut la consolation de consacrer lui-même l'union d'Adalbaud et de Rictrude, qui tous deux le regardaient comme leur guide et leur père spirituel.
Ce mariage, béni du ciel, avait reçu l'approbation de tous les parents, à l'exception de quelques-uns qui voyaient avec dépit l'alliance d'une princesse de leur sang avec un franc d'Austrasie. Cet antagonisme des races du Nord et du Midi était encore vivace à cette époque, et les guerres si longues et si meurtrières qu'eurent à soutenir plus tard les rois successeurs de Dagobert, le témoignent suffisamment.
La cérémonie du mariage se fit avec solennité, et de part et d'autre les présents d'usage furent offerts et acceptés. Mais, ajoute le biographe, le plus beau présent était celui que les fiancés se faisaient mutuellement de leur personne.
« Adalbaud offrait à sa jeune épouse des vertus héréditaires, un sang illustre, une mâle beauté, une sagesse et une prudence qui avaient devancé les années. Rictrude lui apportait en retour des charmes modestes et pudiques, une noble naissance, de grands biens, et par-dessus tout, une vie pure et chaste ».
Belle et sainte union de deux époux que Dieu avait faits l'un pour l'autre, et que, malgré la distance des lieux, il sut réunir pour l'accomplissement de ses desseins.
Adalbaud, de retour avec son épouse, dans ses possessions d'Ostrevant, continua de donner tous les exemples de vertu que l'on avait admirés en lui dès son adolescence. Souvent il recevait dans sa demeure les missionnaires qui prêchaient l'Évangile. Saint Amand et saint Riquier, en particulier, venaient leur adresser des conseils qu'ils recevaient avec bonheur.
Jaloux de voir les enfants que le ciel lui avait donnés marcher dans la voie du bien, il avait soin de les confier à des maîtres vertueux. Adalbaud et Rictrude s'appliquaient eux-mêmes à confirmer ces leçons par leur conduite. Aussi était-ce d'ordinaire avec leurs enfants qu'ils pratiquaient les œuvres de religion et de charité, afin d'inspirer à ces jeunes époux l'amour de Dieu, et une tendre compassion pour les pauvres.
« Avec eux ils portaient secours aux indigents, donnaient la nourriture à celui que pressait la faim, et des vêtements à celui qui était transi de froid ; avec eux ils visitaient les malheureux pour les consoler, les malades pour leur procurer des remèdes, les criminels quelquefois pour rappeler le repentir dans leurs âmes ».
C'est ainsi qu'Adalbaud et son épouse formèrent leurs enfants, Mauront, Eusébie, Clotsende et Adalsende, qui croissaient en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.
Il y avait près de seize ans qu'il remplissait avec fidélité ces devoirs si doux pour un père chrétien, lorsqu'il fut rappelé en Gascogne. Adalbaud s'éloigna à regret de sa famille où il goûtait tant de bonheur. À son départ, sa vertueuse épouse Rictrude ne pouvait s'arracher de ses bras : on eut dit qu'elle pressentait le coup qui allait la frapper. Elle voulut l'accompagner quelque temps et le plus loin qu'il fut possible ; mais enfin il fallut se séparer, le cœur rempli de tristes prévisions qui ne devaient que trop tôt se réaliser.
En effet, Adalbaud, arrivé dans les environs de Périgueux, fut attaqué à l'improviste par des hommes de la famille même de Rictrude, qui brûlaient de satisfaire leur haine et leur vengeance. L'infortuné seigneur succomba sous leurs coups dans les solitudes du Périgord, et alla recevoir dans le ciel la récompense de sa piété et de ses bonnes œuvres.
Le bruit causé par ce meurtre arriva promptement aux oreilles de Rictrude, dont il serait impossible d'exprimer la douleur. Rictrude fit rendre les honneurs funèbres à son époux et obtint peu après que sa dépouille mortelle lui fût remise. Des miracles opérés auprès de ces reliques déterminèrent le culte qu'on lui rendit dans le Périgord, où il fut assassiné, et dans les contrées d'où il était originaire.
On donne ordinairement à saint Adalbaud le titre de martyr, soit parce qu'à cette époque on désignait quelquefois sous ce nom les personnes de haute vertu qui mouraient d'une mort violente, soit parce qu'on croit que le motif de la religion ne fut pas étranger à ce meurtre, dans un pays où il y avait encore beaucoup d'idolâtres.
Ses reliques reposèrent au monastère d'Elnoo, du vivant même de saint Amand ; dans la suite, le chef fut transporté à Douai, comme on le voit dans un ancien manuscrit de l'église de Saint-Amé. Il existait autrefois dans cette collégiale une magnifique chapelle avec un autel dédié à saint Mauront et à ses parents. De temps immémorial, leurs statues y étaient exposées à la vénération publique.
La première représentait saint Adalbaud revêtu d'une robe couverte de fleurs de lys, tenant dans la main droite un livre, dans la gauche une épée. Entre saint Adalbaud et sainte Rictrude était saint Mauront, leur fils, aussi revêtu d'une robe magnifique, un sceptre dans la main droite et un édifice muni de tours dans la gauche ; puis sainte Rictrude, en habit de bénédictine, et tenant en main l'édifice sacré qui représentait l'abbaye de Marchiennes. Tous les auteurs placent la fête de saint Adalbaud au 2 février, qui est sans doute le jour de sa mort ou celui de la translation de ses reliques.
M. l'abbé Destombes : *Sainte Gertrude de Cambrai et d'Arras*. — Voir la Vie de saint Amand, au 6 février, et celle de sainte Rictrude, au 12 mai.
Événements marquants
- Fréquentation de la cour de Dagobert Ier en tant que leude
- Expéditions militaires en Gascogne
- Mariage avec sainte Rictrude
- Fondation du monastère de Marchiennes sur les conseils de saint Amand
- Assassinat par la famille de son épouse en Périgord
Miracles
- Miracles opérés auprès de ses reliques après son assassinat
Citations
Adalbaud offrait à sa jeune épouse des vertus héréditaires, un sang illustre, une mâle beauté, une sagesse et une prudence qui avaient devancé les années.