Saint Annobert (Alnobert)

Évêque de Séez

Fête : 16 mai 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Noble de naissance et formé par saint Hadoin, Annobert fut abbé d'Évrecy pendant trente et un ans avant de devenir évêque de Séez en 686 sous Thierry III. Reconnu pour son éloquence, son austérité et sa charité envers les pauvres durant la famine, il mourut en 706. Son culte fut confirmé par les miracles survenus à son tombeau.

Biographie

XVI JOUR DE MAI

SAINT ANNOBERT OU ALNOBERT, ÉVÊQUE DE SÉEZ (706).

Saint Annobert, un des plus grands évêques de l'Église de Séez, était d'une famille noble et alliée aux personnages les plus puissants du royaume. Dès l'âge le plus tendre, il fut confié à saint Hadoin, évêque du Mans, qui prit soin de le former à la science, et surtout à l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

SUPPLÉMENT. — 16 MAI.

Dieu répandit tant de bénédictions sur le cœur de cet enfant, qu'il ne tarda pas à faire la joie du saint Évêque par la manière dont il profita de ses enseignements. Appelé à la cour, à cause de la noblesse de sa naissance, et plus encore à cause des talents qu'on admirait en lui, il fut bientôt dégoûté des vanités du monde, et revint avec joie auprès de saint Hadoin, pour ne plus servir d'autre maître que Jésus-Christ. Quand il fut arrivé à l'âge prescrit par les saints canons, saint Hadoin l'éleva au sacerdoce et le combla des marques de son affection. Après la mort de cet évêque, saint Annobert, qui désirait depuis longtemps mener une vie plus retirée, dit adieu à sa famille, et se rendit dans un monastère situé à Évrecy, dans le diocèse de Bayeux.

L'abbé de ce monastère, nommé Chodulfe, remarqua bientôt la science et la ferveur de son nouveau disciple. Il conçut pour lui beaucoup d'estime et lui donna une grande part dans le gouvernement de son monastère. Appelé bientôt à prendre le gouvernement de la communauté, saint Annobert se montra vigilant dans la conduite du troupeau de Jésus-Christ et s'appliqua à faire régner la ferveur dans son monastère. Il passa trente et un ans à Évrecy, après quoi, voulant pousser encore plus loin l'amour qu'il avait voué à l'humilité, il prit le parti de se dépouiller de tout pour Jésus-Christ. Il résolut même d'abandonner la charge d'abbé, et de quitter la compagnie de ses religieux, qui le chérissaient comme leur père. Ayant donc recommandé ces bien-aimés disciples à la miséricorde du Seigneur, il sortit du monastère avec un seul religieux nommé Turpie, et se retira dans une solitude, près de la ville de Séez. C'était la Providence elle-même qui le conduisait, car, quelque temps après son arrivée, le siège épiscopal de Séez étant venu à vaquer, il fut choisi pour évêque par le clergé et le peuple. Entraîné à l'église cathédrale, malgré sa résistance, il fut obligé de recevoir la consécration épiscopale, pour obéir aux ordres de Thierry III, roi de Neustrie. Ceci se passait vers l'année 686.

On vit bientôt quelle grâce le Seigneur avait faite au diocèse de Séez en lui donnant un si saint évêque. Il déploya, pour la sanctification des fidèles, tout le zèle qu'il avait montré pour celle de ses religieux. Ennemi du vice et toujours occupé à le combattre, il se montrait d'une bonté inépuisable pour tous les pécheurs, afin de les gagner à Jésus-Christ. Il n'avait pas de plus grand bonheur que de prêcher à son peuple la parole de Dieu, de lui expliquer le saint Évangile, et de lui rappeler les miséricordes infinies de Jésus-Christ. Il avait un visage angélique et parlait avec une telle éloquence, que ses auditeurs étaient touchés jusqu'aux larmes de ses prédications. Il joignait constamment la prière à la prédication, afin de lui faire porter plus de fruits. Que d'austérités, que de mortifications ne s'imposait-il pas pour obtenir de Dieu la conversion des pécheurs? Ses jeûnes prolongés avaient desséché jusqu'à ses 60; mais peu lui importait qu'ils épuisassent son corps, pourvu qu'ils attirassent les bénédictions de Dieu sur son troupeau. Quand il s'agissait de la gloire de son bon maître, ce grand serviteur de Dieu n'avait pour le repos que du mépris, pour les douceurs de la vie que de l'éloignement; il ne soupirait qu'après le travail, les souffrances et les humiliations. Aussi, quoique pauvre des biens de ce monde, était-il véritablement riche aux yeux de Dieu, parce qu'il possédait le trésor des trésors : la charité.

Insensible à ses propres besoins, il était très-attentif à ceux des fidèles confiés à sa charge. Sa sollicitude pour les pauvres, qu'il appelait ses enfants, éclata surtout dans une grande famine qui vint dénoter son diocèse. Il ne recula devant aucune peine, aucune fatigue, pour sauver la vie à son peuple. Il fit tout pour provoquer la charité des fidèles et faire répandre d'abondantes aumônes dans le sein des malheureux. Il donna le premier l'exemple de la générosité, en distribuant aux nécessiteux le peu qui lui restait de biens, et tous ceux de son Église dont il put disposer.

Saint Annobert témoignait aux religieux une bonté toute particulière. Il les visitait souvent, et les encourageait à marcher d'un pas ferme dans la voie du ciel. Il ne bornait pas son amour pour les religieux aux limites de son diocèse. Plusieurs abbayes, appartenant à des diocèses voisins, éprouvèrent les effets de sa bienveillance. C'est ainsi qu'en 689 il se rendit à Rouen pour confirmer les privilèges accordés par saint Annobert, archevêque de cette ville, aux moines de Fontenelle. Il attira dans son diocèse plusieurs personnages d'une sainteté éminente. Citons, entre autres, saint Gildéric ou Joudry, anachorète, d'origine écossaise, aux besoins duquel il pourvoyait généreusement; saint Ezemond et saint Exrouit. Après une vie employée en bonnes œuvres et à faire aimer Jésus-Christ, il alla recevoir la récompense promise par le Sauveur aux bons et fidèles serviteurs. C'était le 17 des calendes de juin, vers l'année 706.

La vénération que les fidèles conservèrent pour saint Annobert après sa mort, et les miracles qui s'opéraient à son tombeau, portèrent les évêques de la province à le mettre au nombre des Saints. Son corps fut alors levé de terre et exposé sur les autels. Plus tard, l'église où il reposait étant tombée dans le plus grand appauvrissement, les prêtres qui la desservaient prirent

Événements marquants

  • Éducation par saint Hadoin au Mans
  • Appel à la cour royale
  • Entrée au monastère d'Évrecy
  • Abbé du monastère d'Évrecy pendant 31 ans
  • Retraite solitaire avec le religieux Turpie
  • Élection et consécration comme évêque de Séez vers 686
  • Confirmation des privilèges de Fontenelle à Rouen en 689
  • Gestion d'une grande famine dans son diocèse

Miracles

  • Miracles posthumes s'opérant à son tombeau