Saint Bénézet (Benoît)
Berger, Fondateur de la congrégation des Frères Pontifs d'Avignon
Résumé
Humble berger de Savoie né en 1165, Bénézet reçoit l'ordre divin de construire un pont sur le Rhône à Avignon. Après avoir prouvé sa mission par le soulèvement miraculeux d'une pierre immense, il fonde la corporation des Frères Pontifes. Il meurt à 19 ans, laissant derrière lui une œuvre monumentale et une réputation de thaumaturge.
Biographie
SAINT BÉNÉZET, BERGER,
FONDATEUR DE LA CONGRÉGATION DES FRÈRES PONTIFS D'AVIGNON
1165-1184. — Papes : Alexandre III ; Luce III. — Rois de France : Louis VII ; Philippe-Auguste.
Au moyen âge, l'Europe est devenue un seul homme dont la religion catholique, dont l'Église romaine, est chargée de faire l'éducation, et elle la fait par les manuels.
Rohrbacher. Hist. eccl., t. XIII, p. 267.
C'est une étude bien intéressante que celle du moyen âge, pour qui sait y voir Dieu présidant visiblement aux choses merveilleuses qui se font pour tirer le monde de la barbarie, et aux hommes plus merveilleux encore qui les font. La page que nous allons écrire de cette histoire est une des plus humbles, et néanmoins Dieu ne dédaigne pas d'y montrer la toute-puissance de son bras.
En l'année 1165, vint au monde à Hermillon, petite commune à trois kilomètres de Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, un enfant qui reçut au baptême le nom de Benoît ; plus tard, à cause de sa jeunesse et de sa petite taille, le peuple l'appela Bénézet, c'est-à-dire petit Benoît.
Bénézet fut élevé sous le toit de chaume de ses parents. Ils étaient pauvres des biens de la terre, mais riches de ceux de la grâce, et ils s'efforcèrent de les communiquer à leur enfant, en lui apprenant de bonne heure à connaître et à aimer Dieu. Le Seigneur féconda cette semence, et prépara Bénézet à devenir le docile instrument de sa puissance. Il perdit son père étant encore en bas âge, et dès que ses forces le lui permirent, sa mère, selon l'usage des gens de la campagne, l'employa à la garde de quelques brebis qui composait sa fortune.
Le 13 septembre de l'année 1177, Bénézet faisait paître son petit troupeau, lorsqu'eut lieu une éclipse totale de soleil. Tout à coup, au milieu de l'obscurité, une voix se fit entendre par trois fois : — « Bénézet, mon fils, écoute la voix de Jésus-Christ. — Qui êtes-vous, Seigneur, qui me parlez ? répondit l'enfant. J'entends votre voix, mais je ne puis vous voir. — Ne crains rien, reprit la voix ; je suis Jésus-Christ, qui d'une seule parole ai créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment. — Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? — Je veux que tu laisses le troupeau que tu gardes et que tu ailles bâtir pour moi un pont sur le Rhône. — Seigneur, je ne sais où est le Rhône et je n'ose pas abandonner les brebis de ma mère. — Ne t'ai-je pas dit d'avoir confiance ? Va donc avec courage ; je ferai ramener tes brebis à l'étable et je te donnerai un compagnon qui te conduira jusqu'au Rhône. — Mais, Seigneur, je n'ai que trois oboles. Comment ferai-je un pont sur le Rhône ? — Tu le feras, mon fils, par les moyens que je te donnerai ».
Et de même qu'autrefois les Apôtres laissèrent leur père et leurs filets pour suivre le Sauveur, l'humble enfant laissa sa mère et son troupeau, et partit pour exécuter les ordres du ciel.
Quand Bénézet eut fait quelque chemin, il rencontra un ange sous la figure d'un pèlerin, portant un sac de voyage et un bâton à la main. Il s'approcha de l'enfant et lui dit : « Viens avec moi sans crainte ; je te conduirai à l'endroit où tu dois construire le pont de Jésus-Christ, et je te montrerai ce que tu as à faire ».
Ils arrivèrent ensemble sur les bords du Rhône. À la vue de la largeur du fleuve, Bénézet, saisi de frayeur, s'écria : — « Il est impossible que je fasse un pont ici ! — Ne crains rien, répondit l'ange, car l'Esprit-Saint est avec toi. Va vers cette barque que tu vois là-bas, le batelier te fera passer le fleuve ; tu entreras dans la ville d'Avignon et tu te présenteras à l'évêque et à son peuple ». Et disant cela, l'ange disparut.
Bénézet alla vers le batelier et le pria, pour l'amour de Dieu et de la bienheureuse Vierge Marie, de le transporter à la ville, où il avait quelque affaire. Cet homme était juif ; il répondit à l'enfant : « Si tu veux passer, donne-moi trois deniers comme les autres ». Bénézet le supplia une seconde fois de le passer à l'autre bord, pour l'amour du Seigneur Jésus et de la bienheureuse Vierge Marie, sa mère ; mais le juif inexorable lui répondit : « Que m'importe ta Vierge Marie ! elle n'a aucun pouvoir ni dans le ciel ni sur la terre. J'aime mieux trois deniers que son amour ».
Bénézet lui donna ses trois oboles. Le juif, voyant qu'il ne pouvait tirer davantage de cet enfant, le reçut dans sa barque et le déposa, quelques instants après, sous les murs d'Avignon.
L'enfant se rendit à la cathédrale, qui s'appelait alors Notre-Dame du Château ou du Rocher, et comme l'évêque, nommé Ponce, était en chaire, expliquant à son peuple la parole de Dieu, Bénézet l'interrompit en s'écriant d'une voix ferme : « Écoutez-moi et prêtez l'oreille à ce que je vais vous dire : Jésus-Christ m'a envoyé vers vous pour construire un pont sur le Rhône ».
L'évêque, indigné qu'un enfant d'aussi chétive apparence osât l'interrompre publiquement et dans le lieu saint, ou croyant peut-être avoir affaire à un insensé, ordonna qu'on le conduisît au viguier pour le faire punir de son insolence. Le viguier ou prévôt-viguier était le premier magistrat civil de la ville. C'était alors un homme dur et sévère, appelé Bérenger, de la famille de Sade.
Bénézet se présenta hardiment devant lui et lui dit : « Le Seigneur Jésus-Christ m'a envoyé en cette ville pour bâtir un pont sur le Rhône. — Comment, reprit le viguier, un enfant de ton espèce pense-t-il construire un pont que ni Charlemagne ni aucun autre n'ont jamais osé entreprendre? Dieu lui-même et ses Apôtres ne pourraient pas en venir à bout ». Et comme Bénézet insistait: « Eh bien! » ajouta-t-il, « les ponts se font avec des pierres et de la chaux. J'ai dans mon palais une pierre énorme; si tu peux la remuer et la porter, je croirai que tu peux faire ce pont ».
Bénézet, plein de confiance dans le Seigneur, accepta la proposition du viguier et retourna auprès de l'évêque pour lui en faire part. « Allons», dit le Prélat, « voir la merveille que tu nous annonces». Et il le suivit avec tout le peuple.
Dans la cour du palais, il y avait, dit la chronique, une pierre que trente hommes n'eussent pu porter. Au rapport de plusieurs historiens, elle avait trente pieds de longueur sur dix-sept de largeur. Bénézet se mit à genoux et resta quelques instants en prière; puis se relevant, il s'approcha de cette pierre, fit sur elle le signe de la croix et la chargea sur ses épaules « aussi facilement», dit la chronique, « que si c'eût été un petit caillou ». Il la porta ainsi à travers la foule jusqu'à l'endroit où devaient être jetées les fondations de la première pile du pont.
A ce spectacle, tout le peuple fut saisi d'admiration, et, dans les transports de son enthousiasme, il proclama hautement la grandeur et la puissance que Dieu fait éclater dans ses œuvres et dans les instruments de sa bonté envers les hommes. Le viguier fut le premier à reconnaître le prodige: il se prosterna devant Bénézet, lui baisa les mains et les pieds, et lui offrit trois cents sous pour la construction du pont. Tout le monde voulut concourir à une œuvre dont Dieu était si visiblement l'inspecteur, en sorte que l'on recueillit sur-le-champ cinq mille sous, somme fort considérable pour ce temps-là.
Le Seigneur opéra encore un grand nombre de miracles en cette journée, par l'intercession de son serviteur; il rendit la vue à des aveugles, l'ouïe à des sourds, et redressa dix-huit boiteux.
En lisant ce qui précède, on se sera peut-être demandé à quoi bon cette vocation divine et tant de miracles qui la suivent et la prouvent, à propos de la construction d'un pont. C'est qu'au XIIe siècle une construction de ce genre était non-seulement un acte de charité, mais une œuvre de haute importance sociale.
Sous la domination romaine et l'influence civilisatrice du christianisme, on vit naître dans les Gaules et dans l'Italie une foule de corporations de bateliers qui, pour un modique salaire, transportaient les marchandises sur les fleuves, et facilitaient aux voyageurs le passage des rivières. En Provence surtout, où les rivières, plus fougueuses, avaient un lit plus incertain, ces sortes d'associations se multiplièrent et se répandirent de tous les côtés: ceux qui en faisaient partie furent appelés Utriculaires, parce qu'ils employaient des outres, au lieu de radeaux et de barques.
Mais ils n'étaient unis par aucun lien religieux; aussi se glissa-t-il bientôt parmi eux d'énormes abus: la cupidité devint leur unique mobile, on les vit dépouiller impitoyablement les voyageurs, et souvent, au dire d'un auteur, sous prétexte de les passer à l'autre bord, ils les faisaient passer à l'autre monde.
Ce triste état de choses ne fit qu'empirer au déclin de la seconde race des rois de France et au commencement de la troisième race. L'État tomba dans une sorte d'anarchie, les grands s'érigèrent en souverains occupés à se faire la guerre les uns aux autres; puis survinrent les invasions des Sarrasins, et il n'y eut plus de sûreté pour les voyageurs, surtout au passage des rivières. Comme les ponts étaient rares et la surveillance nulle, les bateliers purent exercer leur brigandage sur la plus large échelle. L'Italie et le reste de l'Europe n'étaient pas dans une situation moins déplorable.
Alors, des hommes pieux se réunirent en corporations religieuses, et s'engagèrent par vœu à se tenir toujours en état, pour le service des voyageurs, sur les grandes routes et particulièrement au bord des rivières, tant pour leur faciliter le passage par le moyen des ponts, des chaussées et des bacs, que pour les défendre contre toute sorte d'insultes et leur donner même le couvert dans les hôpitaux. Le peuple les appela Frères Pontifes ou faiseurs de ponts ; Rome païenne avait déjà donné ce titre aux chefs du culte qui, sous le règne d'Ancus Marcius, construisirent le pont Sublicius.
C'était donc une entreprise bien importante et en même temps bien difficile que celle que Dieu avait confiée au saint berger d'Hermillon. Depuis le jour où sa mission fut divinement reconnue par le peuple avignonais, Bénézet se livra tout entier à la construction du pont de Jésus-Christ, selon l'expression de Jésus-Christ lui-même. Un certain nombre de jeunes gens, attirés par l'éclat de ses vertus et de ses miracles, s'offrirent à lui pour l'aider dans ce travail et se mirent sous sa conduite. Ainsi fut formée la corporation des Frères Pontifes de la ville d'Avignon, « dont les particuliers soins estoient de veiller à la conservation et réparation du pont, et à loger les pèlerins ». Plusieurs Frères Pontifes du voisinage se joignirent à eux et apportèrent à la congrégation naissante l'expérience qu'ils avaient acquise dans la vie religieuse et la construction des ponts. Néanmoins, ils ne formèrent pas, pendant la vie du Saint, une communauté religieuse proprement dite, bien qu'ils vécussent en commun et qu'ils s'appliquassent à la pratique des vertus monastiques. Bénézet, malgré son jeune âge, était le père et le modèle de tous. Comme il savait que l'orgueil est d'autant plus à craindre que l'on a reçu de Dieu des faveurs plus signalées, il ne voulut point consentir à prendre le titre de prieur que portaient les chefs des autres corporations de Pontifes, et se contenta de celui plus modeste de procureur ou de ministre de l'Œuvre du pont. C'est le titre qu'il porte dans les actes passés en faveur de l'Œuvre. En l'année 1180, il obtint de plusieurs personnes notables de la ville, et notamment d'un nommé Bernard ou Bertrand La Garde, une cession complète des droits qu'elles avaient sur le port du Rhône. L'année suivante, il acheta de Galburge et de Raymond Malvicini, son fils, une maison et un jardin situés près de l'endroit où il avait jeté les fondations de la première pile du pont. Les Frères Pontifes s'y réunirent et commencèrent dès lors à loger les voyageurs indigents.
Au milieu des embarras innombrables qu'entrainaient nécessairement la construction du pont et le gouvernement de la corporation des Frères Pontifes, Bénézet donnait autour de lui l'exemple des plus admirables vertus. À un zèle ardent pour l'accomplissement de la mission que le ciel lui avait confiée, il joignait une foi si vive, une piété si touchante, une pureté de mœurs si angélique, et en même temps une si aimable simplicité de conduite, que tout le monde était forcé de l'aimer et de le vénérer comme un saint.
Le Seigneur continuait aussi à montrer par des miracles la sainteté de son jeune Serviteur. Les dépositions des témoins qui furent entendus peu de temps après sa mort, en rapportent un grand nombre opérés de son vivant par son intercession.
Trois fois il changea l'eau en vin, et, quoiqu'il ne bût jamais de vin, il en goûta alors, en disant : « Puisque Dieu veut que je boive de cette eau, j'en boirai ».
Les malades accouraient à lui de tous côtés, il mettait une croix sur chacun d'eux, et leur donnant le baiser de paix, les renvoyait guéris. Une fois, un homme qui était retenu dans son lit, perclus de tous ses membres, le fit prier d'aller le voir. Le Saint y alla ; à peine fut-il entré dans la maison, que le malade s'écria qu'il était guéri ; il se leva sur son séant et fut remis en parfaite santé par l'attouchement du Saint. Une autre fois, Bénézet reprit des joueurs qui blasphémaient le nom de Dieu et interrompit leur jeu. L'un de ces malheureux en fut tellement outré de colère qu'il lui donna un soufflet. Dieu l'en punit aussitôt, car sa tête demeura immobile et tournée en arrière. Ce châtiment le fit rentrer en lui-même ; il se jeta aux genoux du Saint, lui demandant pardon et le priant d'intercéder pour lui, ce que le Saint fit volontiers, et le blasphémateur repentant fut à l'instant guéri. Le crédit dont il jouissait auprès de Dieu était tellement connu que, lorsqu'il passait dans la ville, un grand nombre de personnes sortaient de leurs maisons pour le prier de visiter leurs malades, qui tous recouvraient la santé par ses prières.
Un jour que les pierres manquaient pour la construction du pont, Bénézet dit aux maçons : « Allez creuser en tel endroit, vous en trouverez en abondance » ; ce qui se trouva véritable par la volonté de Dieu.
Tant de vertus et de miracles ne pouvaient manquer d'exciter la fureur du démon. Une nuit que le Saint priait dans une église, l'ennemi de tout bien lui jeta une grosse pierre ; mais elle ne toucha que ses vêtements. Alors le démon alla se venger sur le pont, dont il renversa une arche. Bénézet en fut averti aussitôt par une inspiration du ciel, et il dit à ses compagnons : « Retournons à Avignon, car l'ennemi a rompu une arche du pont ; allons la refaire ». Ils y allèrent et eurent bientôt rétabli l'arche abattue.
Cependant la construction du pont n'avançait que bien lentement, malgré le zèle infatigable avec lequel le Saint y travaillait depuis sept ans. On n'en sera point étonné, si l'on réfléchit que le Rhône est l'un des fleuves les plus rapides de l'Europe. Au temps de saint Bénézet, n'étant contenu par aucune digue, il portait çà et là ses flots impétueux, ce qui donnait à son lit une largeur démesurée, et avait désespéré le génie même des Romains et de Charlemagne. En face d'Avignon, il se divise encore aujourd'hui en deux branches, séparées par une île très-fertile, appelée la Barthelasse. Pour joindre les deux rives sans discontinuité, il fallut donner au pont une longueur de 1,840 pas ; il en avait cinq de largeur et se composait de dix-huit arches.
Le Seigneur n'accorda pas à saint Bénézet la consolation de voir l'achèvement de son œuvre. Son âme était mûre pour le ciel, et son corps consumé par les travaux auxquels il s'était livré. Il expira doucement le 14 avril de l'année 1184, la dix-neuvième de son âge, dans la maison qu'il avait achetée à côté du pont.
## RELIQUES, CULTE, PATRIE DE S. BÉNÉZET. — LES F. PONTIFS.
L'évêque d'Avignon, qui était alors Rostaing de Marguerites, apprenant que le saint jeune homme était mort, pensa, au premier abord, à enrichir la cathédrale de ses dépouilles mortelles. Mais Bénézet avait choisi pour sa sépulture la chapelle qu'il avait fait bâtir sur la troisième arche du pont, en l'honneur de saint Nicolas ; il avait voulu présider ainsi à l'achèvement de son œuvre et en demeurer le gardien. On se détermina à suivre sa volonté, et les funérailles furent célébrées avec la plus grande pompe.
Les malades affluèrent au tombeau du thaumaturge. On y voyait aussi fréquemment des pèlerins venus de pays éloignés, pour remercier le Saint de la guérison et des autres grâces qu'ils avaient obtenues par son intercession. Il n'était bruit dans la contrée que des miracles qui s'opéraient dans la chapelle de Saint-Bénézet, en sorte que, au rapport d'un témoin oculaire, ce pèlerinage était aussi fréquenté que celui de Notre-Dame du Puy, l'un des plus célèbres de France.
Ces miracles contribuèrent beaucoup à conserver le culte de notre Saint dans la ville d'Avignon, malgré les efforts des jansénistes du XVIIIe siècle, si justement appelés les dénicheurs de saints. En vain cette école, tristement célèbre, s'efforça-t-elle de taxer l'histoire de saint Bénézet de simplicité ridicule et de grossière ignorance. La dévotion des Avignonais au saint berger de la Maurienne était appuyée sur des fondements trop incontestables pour qu'elle pût céder devant ces méprisables attaques de l'hérésie. D'ailleurs, le pont miraculeux était encore debout, et suffisait pour leur rappeler ce que Dieu avait fait pour eux par le moyen de cet humble enfant.
« Ce n'était pas seulement à Avignon que le culte de ce grand serviteur de Dieu était en honneur. Dans tout le Comtat Venaissin, on l'invoquait d'une manière toute spéciale ; dans les paroisses de Provence et de Languedoc, riveraines du Rhône, on recourait à son intercession pour être délivré des inondations et des dangers que l'on pouvait courir sur le fleuve ; à Viviers et à Vienne, on célébrait chaque année sa fête ». À quatre lieues de Nîmes, un petit village portait son nom (Nom Bénézet del Queiron), et l'avait pris pour son patron aussi bien que la paroisse du Villard dans la Vivarais.
Au XVIIIe siècle, les consuls d'Avignon choisirent saint Bénézet pour l'un des protecteurs de la cité, en faisant mettre son image sur la tour du beffroi de l'hôtel-de-ville, à côté de celles de saint Agricol, du bienheureux Pierre de Luxembourg et de saint Magne. Enfin, jusqu'à la Révolution française, le chapitre de Saint-Agricol d'Avignon célébra sa fête le 14 avril, jour anniversaire de sa mort. C'est en ce jour aussi que font mention de saint Bénézet le martyrologe d'Umbert, annulé par Jean Molan, et celui de du Saussay.
La légitimité du culte rendu au saint berger ne peut nullement être révoquée en doute ; car plusieurs souverains Pontifes lui donnent dans des actes publics les noms de Saint et de Bienheureux, et pendant la résidence des papes à Avignon, voyant les hommages qu'on lui rendait, principalement le jour de sa fête, où l'on récitait son office et l'on célébrait le saint sacrifice en son honneur dans la chapelle où reposaient ses reliques, non-seulement ils ne firent entendre aucune réclamation, mais ils encouragèrent, au contraire, ce culte par de nombreuses indulgences.
La Maurienne n'a pas non plus oublié son illustre enfant, dont le nom y est toujours entouré d'une religieuse vénération. On le trouve dans tous les historiens savoyards qui parlent des gloires religieuses de ce pays. Sa statue est placée dans l'église d'Hermillon, à côté de celles des patrons de la paroisse, et l'on montre encore, en face de l'église, l'emplacement qu'occupait la maison de ses parents. Des vieillards assuraient, il n'y a pas longtemps, avoir vu des pèlerins français y venir en dévotion et emporter pieusement, en souvenir du Saint, des parcelles détachées des murs de la maison qui s'élève sur ce local. La Maurienne aura désormais un titre de plus à la protection de ce saint enfant : elle vient d'être autorisée à célébrer sa fête le 3 septembre.
En 1669, pendant l'hiver, des masses énormes de glace heurtèrent contre les piles du pont avec tant de violence, que deux arches furent emportées par les eaux. Les directeurs de l'hospice du pont crurent qu'il serait à propos de prier le vicaire archiépiscopal, le siège étant vacant, de permettre que le corps de saint Bénézet fût retiré de son tombeau, de peur qu'il ne fût entraîné dans la ruine des piles. Le corps apparut alors exempt de toute corruption, exhalant une odeur suave, vêtu d'une sorte de chemise de lin attachée autour du cou, et qui n'adhérait nulle part à la chair. La tête était légèrement inclinée ; la face se présentait aux yeux avec une telle intégrité qu'elle permettait de distinguer presque tous les traits qu'elle avait pendant la vie ; sa bouche entr'ouverte, et les lèvres légèrement écartées, comme celles d'un homme qui sourit, laissaient voir à nu la pointe des dents supérieures et inférieures ; entre elles on voyait la langue, à peu près aussi épaisse que celle d'un homme en vie, et dont la couleur était celle d'une rose desséchée. Le ventre, arrondi comme celui d'un homme vivant, cédait au toucher, et reprenait son premier état. Les mains, découvertes, étaient aussi bien conservées que possible. La couleur de tout le corps ne différait pas beaucoup de la couleur naturelle. La chemise et le suaire étaient mieux conservés aux endroits où ils avaient touché au corps de plus près.
Cette translation souleva de vives réclamations de la part de la France, qui avait réussi à étendre son autorité sur toute l'étendue du pont. Louis XIV s'en plaignit à Mgr Aron Arlestin, archevêque d'Avignon, et exigea que le saint corps fût porté dans l'église du couvent des Célestins, qui était de fondation royale et sous la protection de la France. L'archevêque, pour ne point paraître céder aux ordres d'un souverain étranger, répondit qu'ayant fait examiner l'état du pont et de la chapelle, il allait reporter les reliques à leur ancienne place. Ce qu'il fit, en effet, le 3 mai 1672.
Mais cette mesure, sans contenter le monarque habitué à tout faire plier sous sa volonté, excita les murmures du peuple, désolé de perdre si tôt un trésor qu'il avait espéré conserver dans l'intérieur de la ville. Il en résulta de longs débats entre les cours de Rome et de Paris, qui convinrent enfin que le corps serait déposé aux Célestins, en attendant que le pont fût rétabli et consolidé. Cette nouvelle translation eut lieu le lundi de Pâques, 26 mars 1674, avec une pompe extraordinaire.
La marche jusqu'à l'église des Célestins fut un véritable triomphe. Le corps fut placé dans une chasse en bois, magnifiquement sculptée et surmontée d'une statue du Saint. Plus de vingt mille étrangers assistèrent à cette fête, qui fut suivie d'une octave solennelle.
Les reliques de saint Bénézet n'échappèrent pas à la rage impie des révolutionnaires. Après l'expulsion des Célestins, elles furent transportées dans la collégiale de Saint-Didier, devenue église paroissiale, par les mains indignes du curé constitutionnel de la ville. Mais la guillotine ayant remplacé le culte de Dieu et des Saints, cette église elle-même fut convertie en prison. Parmi les prisonniers qui y furent entassés, en attendant l'échafaud, il y avait des soldats réfractaires de la légion de la Corrèze. Un jour, ils se jetèrent sur la chasse du saint berger, l'ouvrirent et dispersèrent les ossements dans toute l'église. Mais à côté de ces profanateurs, se trouvaient des chrétiens pleins de foi, dont tout le crime était d'être attachés à la religion de leurs pères. Profitant des ténèbres de la nuit, ils purent enlever, presque en entier, ces saintes reliques ; ils se les partagèrent, et, rendus plus tard à la liberté, ils les emportèrent dans leurs familles, comme un pieux souvenir de la captivité qu'ils avaient soufferte pour le nom de Jésus-Christ. Ceci se passait au mois de juin 1793.
Bien des fois on essaya de recueillir ces précieux débris, dont la perte privait l'église d'Avignon d'un riche trésor. En 1846, de nouvelles recherches furent faites, et cette fois le Seigneur voulut qu'elles aboutissent à un heureux résultat. On parvint à réunir des portions considérables du saint corps ; leur authenticité fut reconnue par Mgr Debclay, archevêque d'Avignon, après les informations canoniques nécessaires, et leur translation solennelle à l'église Saint-Didier fut faite le premier jour de l'année 1854.
L'église Saint-Didier n'est pas la seule qui possède des reliques de saint Bénézet. La cathédrale et toutes les chapelles des établissements d'Avignon, la cathédrale de Viviers et la chapelle du Villard dans le Vivarais en ont obtenu des portions considérables, qui sont exposées à la vénération publique et entretiennent parmi ces populations une confiante dévotion envers le saint Fondateur de l'hospice et du pont d'Avignon.
Le pont d'Avignon fut achevé en 1188. Sa longueur, la hardiesse de ses arches, la régularité de sa construction le firent regarder comme un chef-d'œuvre de l'art inspiré par la religion. Sur la pile qui sépare la seconde arche de la troisième, s'élevait encore, ces années dernières, la chapelle où saint Bénézet voulut être enseveli et qui, dédiée d'abord à saint Nicolas, fut ensuite mise sous le vocable de notre Saint.
La ruine de ce pont célèbre commença pendant les guerres excitées par l'ambition schismatique de l'anti-pape Pierre de Luna. En 1395, les Catalans et les Aragonais, qui faisaient le siège du palais des Papes, coupèrent une arche ; elle fut rebâtie en 1413. En 1602, trois arches avaient déjà été emportées par les flots impétueux du Rhône. Deux autres s'écroulèrent le 8 mai 1633. On y suppléa par une charpente en bois, dont une travée fut emportée le 3 février 1650. Les glaçons énormes que le fleuve charria pendant l'hiver rigoureux de 1669 à 1670 déterminèrent la chute de deux autres arches et ébranlèrent les arches voisines. Depuis lors, le pont n'exista plus qu'à l'état de ruine, continuellement rongé par les flots du Rhône. Il paraît que la ville d'Avignon recula devant les dépenses considérables que sa réparation aurait exigées. Ses débris majestueux attestent encore le génie puissant et inspiré du berger d'Hermillon.
Après la mort de Bénézet, Jean Benoit, qui lui succéda dans le gouvernement de la corporation des Frères Pontifes, et sous lequel le pont fut achevé, prit le titre de prieur. Les Frères firent entre ses mains les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance ; ils y ajoutèrent celui de servir les voyageurs et de travailler à l'achèvement et aux réparations du pont. Ils vivaient dans la retraite, et ne sortaient de leur maison que pour travailler au pont ou quêter les choses nécessaires à leur nourriture ; car les revenus de l'Œuvre et les legs faits à l'hospice à diverses époques étaient uniquement employés à l'entretien du pont et au soulagement des voyageurs pauvres ou infirmes. Ils formèrent ainsi une communauté religieuse. Néanmoins ils demeurèrent laïques et en conservèrent l'habit, plus commode pour les travaux matériels, qui étaient la fin principale de leur institution. Aussi ne vit-on jamais les études fleurir dans cette congrégation. Un seul d'entre eux, qui vivait au XIIIe siècle, était prêtre et avait cultivé les lettres avec succès, avant d'entrer chez les Frères Pontifes.
En 1233, la mésintelligence s'introduisit entre les Frères Pontifes et les Avignonais, et les consuls de la ville contraignirent les premiers à les reconnaître pour recteurs de l'Œuvre du Pont. Ce fut le commencement de la décadence de l'Ordre. Depuis 1260, il n'est plus que des prieurs commendataires qui, non-seulement ne s'occupèrent pas de la réforme devenue nécessaire, mais encore négligèrent complètement ses intérêts. En 1331, la communauté s'étant éteinte d'elle-même, le pape Jean XXII donna aux consuls de la ville la gestion des affaires de l'hospice et du pont, et unit la chapelle au chapitre de Saint-Agricol. En 1284, les Frères de Bonpas avaient été, sur leurs instances réitérées, unis aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ceux du pont Saint-Esprit persévérèrent plus longtemps dans la régularité et la ferveur. En 1448, le pape Nicolas V les oblige à porter une robe de laine blanche, avec un morceau d'étoffe représentant deux arches de pont surmontées d'une croix rouge sur la poitrine, et leur permit de recevoir les ordres sacrés. Ils finirent aussi peu à peu par oublier les règles de leur institut, au point qu'en 1519 Léon X se vit contraint de les séculariser et de former de leur communauté une collégiale qu'il plaça sous la juridiction de l'évêque d'Uzès.
Patrie de saint Bénézet. — Hermillon, en Savoie, et Le Villard, en Vivarais, se disputent l'honneur d'avoir donné naissance au constructeur du pont d'Avignon.
M. Canron, auteur de la vie la plus détaillée que l'on possède de saint Bénézet, et qui s'était prononcé pour le Vivarais, a trouvé très-fortes les raisons que lui a exposées M. Truchet en faveur de la Savoie. Ces raisons, les voici :
1° Une tradition constante d'Hermillon et de toute la Maurienne porte que saint Bénézet est né dans cette commune. Cette tradition est tellement précise, que l'on montre, en face de l'église, l'emplacement où était située la maison de ses parents. Elle remonte certainement à une très-haute antiquité ; car il est impossible d'en découvrir l'origine. Comment expliquer cette croyance persévérante de la Maurienne, si saint Bénézet est né dans le Vivarais ? Pour quel motif le village d'Hermillon aurait-il cru être la patrie d'un Saint né dans une contrée éloignée avec laquelle ni l'histoire ni la tradition ne montrent qu'il ait jamais eu aucune relation ?
2° On admet que des parents de saint Bénézet ont habité le duché de Savoie (M. Canron, p. 133). Si cela est, il faudrait prouver que cette famille, au lieu d'être née en Savoie, a émigré du Vivarais. Or, outre que l'on ne prouve pas cette immigration, elle est contre les probabilités, puisque les habitants de la Maurienne ont toujours plus émigré dans la vallée du Rhône que ceux du Vivarais vers les gorges du Mont-Cenis.
3° Cette immigration qui, après tout, n'est qu'une hypothèse, n'aurait pas autorisé les habitants d'Hermillon à affirmer que saint Bénézet était né au milieu d'eux. C'est cependant ce qu'ils assurent encore aujourd'hui en montrant la maison où il est venu au monde. Nous doutons que les habitants du Villard puissent avancer rien d'aussi précis.
4° La légende écrite est absolument muette sur le lieu de la naissance de saint Bénézet, et entre, pour tout le récit de sa vie, dans les détails les plus circonstanciés. Or, cette légende a été écrite sur les lieux qui ont été le théâtre de sa vie merveilleuse, qui ont hérité de ses restes mortels, et ces lieux sont peu éloignés du Vivarais. Comment donc se fait-il que le biographe ne parle pas du lieu de la naissance de son héros ? Ce silence s'explique si l'on admet que, venu d'une contrée relativement lointaine, Bénézet, alors même qu'il aurait parlé de son pays d'origine, ne laissa rien par écrit, et vingt-cinq ans après sa mort, on pouvait parfaitement avoir oublié ce qu'il en avait dit de vive voix. Conclusion : si le silence de l'historien primitif prouve quelque chose, c'est en faveur de la Savoie. Ce silence est assurément très-défavorable au Vivarais.
5° Il existe, à l'hôpital de la ville de Saint-Jean de Maurienne, un monument de la vie et des miracles de saint Bénézet. C'est un tableau signé : Jomur pinxit anno 1695. Sous le rapport de l'art, il est sans valeur ; mais il est intéressant au point de vue historique, et nous paraît être un témoignage de l'antique tradition de la Maurienne sur la patrie de saint Bénézet ; car, sans cette tradition, on ne verrait pas pourquoi l'hôpital aurait acheté ou fait faire un tableau de ce genre.
Le sujet principal est la vocation de saint Bénézet. Le Saint est représenté sous la figure d'un enfant, debout au pied d'un arbre, ses moutons et son chien devant lui ; Jésus-Christ lui apparaît dans un nuage. Tout autour, il y a des médaillons représentant les principales circonstances de la vie du Saint : 1° (dessous, médaillon à gauche), saint Bénézet arrive sur les bords du Rhône ; on voit le Souverain, une corde qui le traverse, une barque au milieu ; sur une rive, la ville d'Avignon, et sur l'autre, le Saint avec l'ange qui lui parle ; 2° saint Bénézet entre dans l'église, pendant que l'évêque est en chaire ; 3° saint Bénézet devant le viguier qui montre la pierre ; 4° saint Bénézet porte la pierre, l'évêque le suit ; 5° l'évêque, le clergé et le peuple admirent le prodige que le Saint vient d'opérer ; 6° saint Bénézet étend la main sur un grand nombre de malades ; 7° il change l'eau en vin, un homme tient un vase à la main, et un autre puise dans d'autres vases placés à terre ; 8° il réprimande les joueurs ; les dés sont à terre et le blasphémateur puni est à genoux, le visage tourné en arrière ; 9° construction du pont ; des barques transportent les matériaux, et saint Bénézet dirige les travaux ; 10° le diable apparaît à saint Bénézet, qui est à genoux devant un autel ; 11° saint Bénézet entre deux Frères Pontifes ; mais le peintre s'est trompé en leur donnant un habit religieux ; 12° sépulture de saint Bénézet ; une foule de peuple accompagne son corps à la chapelle du pont avec des flambeaux ; 13° miracle de cet homme qui, ayant manqué un jour de fête, ne peut plus quitter ni son blé ni sa faucille ; il est à genoux devant le tombeau de saint Bénézet ; près de lui on voit un Frère Pontife et un autre homme prosterné ; 14° le pont d'Avignon est achevé.
6° On fait l'honneur au P. Théophile Raynaud d'avoir trouvé un argument triomphant en faveur du Vivarais. Or, voici à quoi se réduit cet argument : nous disons d'avance qu'il est loin d'être probant.
« Les Actes disent que saint Bénézet a traversé le Rhône pour arriver à Avignon, ce qu'il n'aurait point fait s'il était venu de la Savoie ».
VIES DES SAINTS. — TOME IV.
Tel est l'argument écrasant du P. Théophile Raynaud reproduit par le P. Papebrock. À cela nous répondrons : Pourquoi vouloir fixer l'itinéraire suivi par Bénézet quand on n'a rien qui autorise à le faire ? Pourquoi oublier que Bénézet était sous la conduite d'un ange ? Pourquoi supposer qu'il a suivi la rive gauche, en prenant par Grenoble et Valence, au lieu de venir prendre par la rive droite à Lyon, qui a toujours été la capitale morale des Savoyards et qui est toujours le chemin qu'ils prennent pour s'expatrier, si détourné qu'il soit ? Pourquoi, enfin, ne pas admettre qu'il était nécessaire que, pour entrer dans Avignon, Bénézet éprouvât lui-même la difficulté qu'il y avait pour les pauvres gens à traverser le Rhône et comprit ainsi la nécessité de la construction d'un pont à l'endroit même où il le fallait élever ?
Enfin, comme tout ceci est basé sur des raisonnements et que les preuves positives font défaut, il sera toujours permis aux partisans de l'une et l'autre opinion de trouver leurs déductions plus valables que celles de l'adversaire. C'est pourquoi nous nous en tenons là.
Nous ajouterons seulement que le sentiment que nous avons adopté, sans parler de Paradin, est celui de la Biographie universelle de Michaud, de Grillet, du marquis Costa de Beauregard et de plusieurs autres auteurs de la Savoie, et même de la France, entre autres, de M. Champagne dans son Dictionnaire de chronologie universelle, et de M. le comte de l'Escalopier, conservateur de la bibliothèque de l'arsenal à Paris, lequel, s'occupant d'une Vie de saint Bénézet, écrivit à M. Angley, auteur d'une Histoire du diocèse de Maurienne : « Qu'après les divers documents qu'il avait consultés sur le lieu de naissance de ce Saint, il avait cru devoir se ranger à l'avis des auteurs qui le font naître à Hermillon et que ce qu'il venait d'apprendre de la tradition qui se conserve dans cette paroisse, l'avait pleinement confirmé dans son sentiment ».
Nous avons emprunté cette vie de saint Bénézet à l'excellente Histoire hagiologique du diocèse de Maurienne, par M. l'abbé Trachet, curé-archiprêtre d'Aiguebelle. Voici quelles sont les autorités de M. Trachet : A.A. SS., t. II, d'avril ; Cauron, Hist. de saint Bénézet ; Champagne, Dict. de Chronologie universelle ; Baronina, Ann. soci., n° 1177, n. 85 ; Luc d'Achéry, Spicilegium ; Hélyot, Dict. des Ordres religieux, art. Pontifes ; Procès-verbal des témoins entendus sur la sainteté de Bénézet, etc.
Événements marquants
- Naissance à Hermillon en 1165
- Apparition de Jésus-Christ lors d'une éclipse le 13 septembre 1177
- Départ pour Avignon guidé par un ange
- Miracle de la pierre devant le viguier Bérenger
- Fondation de la corporation des Frères Pontifes
- Début de la construction du pont d'Avignon
- Mort à l'âge de 19 ans
Miracles
- Transport seul d'une pierre que trente hommes ne pouvaient porter
- Guérison de dix-huit boiteux, d'aveugles et de sourds en une journée
- Changement de l'eau en vin à trois reprises
- Châtiment immédiat d'un blasphémateur (tête retournée) puis sa guérison
- Incorruptibilité du corps constatée en 1669
Citations
Jésus-Christ m'a envoyé vers vous pour construire un pont sur le Rhône.