Saint Bertrand (Bertichramn)

Évêque du Mans

Fête : 30 juin 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque du Mans au VIe et VIIe siècles, Bertrand fut un administrateur brillant et un grand bâtisseur, malgré les tourments des guerres mérovingiennes. Disciple de saint Germain de Paris, il fonda l'abbaye de la Couture et de nombreux hospices pour les pauvres. Son testament célèbre témoigne de son immense charité et de son rôle de vicaire du Saint-Siège sous Clotaire II.

Biographie

SAINT BERTRAND OU BERTICHRAMN,

ÉVÊQUE DU MANS

Dei dominicales sacerdotes marinos et vits chara- cerce, quothies in se traignone in vita non sperale pleio commissa et eligere quod sequatur et sidere passit quod corrigat.

Il convient que le prêtre du Seigneur se fasse si bien remarquer par ses mœurs et sa conduite, que le peuple qui lui est confié puisse découvrir en lui, comme dans le miroir de sa vie, ce qu'il a à faire et ce qu'il a à corriger.

S. Grég. Mag., *Ep.* xxxii.

Dieu, voulant consoler l'Église du Mans, désolée par la tyrannie et les scandales de Badégisile, lui donna pour pasteur, après la mort de cet évêque, saint Bertichramn, ou, comme on dit aujourd'hui, saint Bertrand.

Il naquit vers le milieu du VIe siècle, d'une des principales familles des conquérants de la Gaule, alliée à une maison noble et puissante des anciens habitants de ce pays. Cette famille était étroitement unie aux rois Francs, et jouissait près d'eux d'une grande faveur; plusieurs de ses membres se signalaient parmi les seigneurs les plus dévoués au parti neustrien, et nos vieux historiens ajoutent, avec assez de vraisemblance, que cette race était alliée à celle de Clovis. Bertrand eut au moins deux frères, dont il nous a conservé les noms dans son testament : ils se nommaient Bertulphe et Ermenulphe; mais l'histoire ne nous apprend rien de précis sur le lieu de la naissance de notre prélat. Il est cependant vraisemblable que ce fut dans le territoire d'Autun qu'il vit le jour; dans tous les cas, il est certain que l'illustre abbé de Saint-Symphorien, qui devint plus tard évêque de Paris, saint Germain, le tint sur les fonts du Baptême.

Bertrand se consacra à Dieu de bonne heure, et reçut la tonsure cléricale au tombeau de saint Martin, à Tours; peut-être était-il alors dans l'école des moines qui desservaient cette basilique. Depuis ce temps-là, il commença à honorer ce grand confesseur d'un culte particulier, et chaque année, il payait à sa basilique une redevance, en témoignage de sa reconnaissance et de sa piété. Si ce fut de la main même de saint Germain que Bertrand reçut ce premier honneur de la cléricature, lorsqu'en 567 l'évêque de Paris se rendit à Tours pour le concile qui s'y tint cette année, il n'est pas surprenant que le jeune lévite passât ensuite dans le clergé de Paris. Il y fut instruit dans les connaissances convenables à un clerc de mérite, sous les yeux et la conduite de saint Germain, qui l'ordonna prêtre avant sa mort, arrivée en 576.

Pendant tout l'épiscopat de saint Germain, l'école de la cathédrale de Paris fut l'une des plus florissantes de la Gaule. Ce saint évêque, qui trouvait le moyen de cultiver lui-même les lettres, malgré les nombreuses occupations de son ministère, et les soins qu'il se donnait pour le bien de l'État, surveillait directement cette école, et y faisait fleurir la

VIES DES SAINTS. — TOME VII.

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piété et les études solides. Bertrand en fut un des membres les plus distingués. Il paraît que, non content d'étudier les sciences ecclésiastiques, il s'appliqua à l'étude de la littérature, de la poésie et de la jurisprudence.

Les qualités de Bertrand le firent élire archidiacre de l'Église de Paris, et il s'acquitta de cette fonction pendant un temps assez long.

Après la mort de saint Germain, Bertrand continua ses fonctions sous l'épiscopat de Ragnemode. Ce fut dans ce poste que le choix de Dieu vint le prendre pour l'élever à un degré plus éminent, et pour continuer par lui la chaîne des saints évêques qui avaient gouverné l'Église du Mans.

Ce fut saint Gontran, roi de Bourgogne, qui, gouvernant alors le Maine, comme tuteur de son neveu Clotaire II, nomma Bertrand au siège épiscopal du Mans. Cet évêque, que protégeait le saint roi de Bourgogne, était également considéré à la cour de Neustrie. Il nous apprend lui-même, dans son testament, qu'il avait été particulièrement favorisé par la reine Frédégonde, et qu'elle l'avait comblé de bienfaits. Elle avait fourni libéralement à ses aumônes et à tous les établissements de piété qu'il avait fondés pour les pauvres et les religieux. Elle l'avait servi à la cour contre ses ennemis, et contre tous ceux qui s'opposaient au bien qu'il voulait faire dans son diocèse, pour la gloire de Dieu et l'utilité de l'Église. Cette princesse, toute décriée qu'elle était, avait cela de singulier dans sa conduite, qu'elle honorait quelques serviteurs de Dieu, tandis qu'elle en persécutait d'autres, selon les intérêts de sa politique. Bertrand se montra, jusqu'à la fin de sa vie, rempli de bienveillance pour cette princesse et pour son mari Chilpéric. Cette partialité de notre prélat trouve sa raison dans les nécessités de la cause politique qu'il avait cru devoir embrasser.

Il avait besoin de l'appui de l'autorité royale pour réparer les maux que Badégisile avait causés dans le diocèse. Dès son arrivée au Mans, il trouva les biens qui appartenaient à la maison de l'Église envahie par Magnatrude, femme de Badégisile. Elle prétendait s'approprier tout ce que la piété des fidèles avait offert à l'Église pendant l'épiscopat de son mari, sous prétexte que ces biens faisaient partie de l'apanage militaire de Badégisile. Malgré ses violences et ses efforts, il lui fallut restituer. C'est probablement alors qu'humiliée de sa défaite, elle se retira dans son domaine de Marsialensis (Marolles) avec la fille qu'elle avait eue de son mariage avec Badégisile.

Notre nouvel évêque eut bientôt gagné l'affection de son peuple, dont il fut autant aimé que son prédécesseur en était haï. C'est saint Venance Fortunat qui nous l'apprend. Ce poète célèbre, que tous les évêques et les grands de la Gaule se disputaient, pour jouir des agréments de son esprit cultivé et ingénieux, vint visiter Bertrand dans sa cité épiscopale. Fortunat n'était pas encore à cette époque évêque de Poitiers. Notre prélat lui fit un accueil très-distingué, et l'admit à ses côtés dans le char dont il se servait, à l'exemple des seigneurs de l'empire franc. Fortunat considère cette bienveillance de l'évêque comme une distinction qui l'honore, et il chante l'amour de ce pasteur envers ses peuples, amour qu'il compare à la tendresse de l'hirondelle réchauffant ses petits sous ses ailes ; il dit aussi l'affection du troupeau tout entier pour son pasteur.

Dès la seconde année de son épiscopat, Bertrand reçut une distinction signalée du pacifique roi de Bourgogne. Judual et Guerech, princes bretons

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ou kimris, à l'instigation de Frédégonde, étant entrés l'an 587 dans le pays de Nantes avec toutes leurs troupes, y firent beaucoup de dégâts, et en emmenèrent un grand nombre de prisonniers. Gontran, averti de ces désordres, assembla son armée ; mais, cédant à ses instincts de paix et de conciliation, avant de faire marcher ses troupes, il envoya un député vers les deux chefs pour les sommer de réparer tout le mal qu'ils avaient fait, autrement il les ferait périr par le glaive. Judual et Guerech, intimidés de ces menaces, promirent de restituer tout ce qu'ils avaient pillé et d'élargir les prisonniers. Gontran résolut alors d'envoyer une ambassade plus solennelle et capable, par la qualité des personnes qui la composaient, d'en imposer à ces princes avides de pillage et toujours turbulents. À la tête de cette députation étaient Bertrand, évêque du Mans, et Namatius ou Namas, évêque d'Orléans ; ils étaient accompagnés de comtes et autres personnages distingués. Étant arrivés à Nantes, ils déclarèrent aux princes bretons les instructions du roi, par rapport aux dégâts qui avaient été commis dans les territoires de Nantes et de Rennes. Judual et Guerech s'engagèrent alors à réparer les malheurs qu'ils avaient causés, et à payer un tribut au roi de Bourgogne et d'Orléans ; mais, dans la suite, se sentant poussés par Frédégonde, ils ne tinrent pas leur promesse.

L'évêque d'Orléans mourut pendant cette ambassade, et Bertrand dut en porter seul le principal fardeau ; il se rendit ensuite à la cour d'Orléans, afin de rendre compte de sa négociation, et revint promptement à son Église.

Vers la même époque où saint Bertrand recevait le gouvernement de l'Église du Mans, un scandale sans exemple dans les annales monastiques éclatait au sein du monastère de Sainte-Croix de Poitiers.

Cette maison, illustrée dès son origine par les vertus de sainte Radegonde, avait vu élire pour abbesse une religieuse nommée Leubovère. L'élection de cette abbesse choqua l'ambition d'une de ses compagnes, Chrodielde, fille de Charibert, jalouse de voir que Leubovère, très inférieure à elle en naissance, lui eut été préférée. Par ses promesses et par ses calomnies contre la nouvelle abbesse, elle entraîna dans sa rébellion environ quarante religieuses. De ce nombre était Basine, fille de l'infortunée Audovère et de Chilpéric, la même que nous avons vue renfermée avec sa mère dans un monastère de la province du Mans. Comme ces malheureuses filles étaient entrées dans le cloître contre leur inclination, elles ne pouvaient en souffrir les saintes rigueurs, et se jetèrent dans les plus coupables et les plus honteux excès. Elles forcèrent d'abord leurs clôtures, promenèrent leur ambition dans la Touraine et la Bourgogne, allant mendier l'appui des évêques et surtout des princes leurs parents. Gontran et Childebert ordonnèrent de tenir à Poitiers un synode pour mettre un terme à ce scandale. Gundégisile, archevêque de Bordeaux, et les évêques de sa province, saint Grégoire de Tours, Ebrégisile de Cologne et saint Bertrand du Mans se trouvaient à cette assemblée. Grégoire de Tours représenta sagement aux Pères du concile qu'avant tout il fallait désarmer les soldats que les deux religieuses rebelles avaient appelés à la défense de leur cause. Chrodielde se défendit à outrance ; enfin presque tous ses partisans furent tués dans l'assaut du monastère. La paix étant ainsi rétablie, les évêques se rassemblèrent de nouveau ; Chrodielde et Basine se présentèrent devant eux, et accusèrent leur abbesse sur divers chefs dont elle se justifia. Quant aux deux instigatrices de la révolte, leurs crimes étaient évidents, elles furent retranchées de la communion de l'Église, jusqu'à ce qu'elles eussent fait pénitence, et

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les évêques envoyèrent leur sentence aux deux rois Gontran et Childebert. Elles ne se soumirent point encore; plus tard seulement, Basine, qui avait témoigné plusieurs fois des mouvements de repentir, se présenta devant le concile de Metz, se prosterna à terre et demanda pardon, promettant de retourner dans le cloître, d'y vivre en paix avec son abbesse et de garder exactement la règle. Ces marques de repentir, jointes à la recommandation du roi, portèrent les évêques à la rétablir dans la communion de l'Église, et elle rentra en paix dans l'abbaye de Sainte-Croix qu'elle ne quitta plus. Chrodilede reçut aussi son pardon, mais ne rentra pas dans son monastère. Ces événements, auxquels Bertrand prit une part active, se passaient dans les années 589 et 590.

L'année suivante, une famine affreuse ravagea le Maine, l'Anjou et le pays Nantais. « C'était », dit Grégoire de Tours, « l'accomplissement des paroles du Seigneur, et un avertissement aux peuples de ces contrées, pour les éclairer et les retirer des erreurs dans lesquelles ils se laissaient entraîner ». En effet, les plus grossières superstitions trouvaient accès dans l'esprit des populations malheureuses et ignorantes. Des hommes avides de rapines et de débauches se faisaient passer pour des envoyés de Dieu; ils séduisaient par des prestiges, et entraînaient à leur suite des troupes nombreuses d'hommes, de femmes et d'enfants, dont une partie était victime de leur luxure effrénée. Ces honteuses aberrations du peuple gagnaient même des prêtres, que l'on voyait s'attacher à ces imposteurs, et promener par les provinces leur honte et leurs débauches. L'historien des Francs, qui nous a transmis ces faits, ne nous apprend pas à quelles sources impures ces hommes pervers avaient puisé leurs infâmes doctrines; mais les désordres de leur vie et la nature de leur enseignement, quoique imparfaitement connu, portent à croire que le gnosticisme était au fond de ces extravagances.

Au milieu de tant de scandales, environné de guerres et des agitations causées par des fléaux qui attaquaient l'ordre religieux et civil, Bertrand ne pensait qu'à procurer le bonheur de son peuple et la gloire de son Église. À aucune autre époque, autant qu'au VIe et au VIIIe siècle, on ne vit les fidèles des diverses Églises de la Gaule plus préoccupés du soin d'augmenter l'influence des moines, par des fondations et des dons faits aux monastères. Le clergé séculier ne laissait pas de posséder dans son sein de grandes vertus et des talents réels, mais son action est beaucoup moins marquée dans les monuments contemporains. En effet, l'état de la société ne réclama jamais aussi impérieusement que dans ces temps, l'action d'une force énergique et intelligente, qui conduisit les peuples par l'enseignement et par l'ascendant moral, vers les travaux nécessaires à sa conservation: les moines remplissaient admirablement ce besoin. Il n'entre point dans le plan d'une histoire particulière comme celle que nous écrivons, de faire le tableau des désordres et des misères qui assiégeaient presque toutes les existences à cette époque; il suffit de rappeler que les dégâts causés par la conquête des Francs n'avaient été qu'imparfaitement réparés. Les nouveaux venus n'étaient point accoutumés aux travaux de la campagne, l'invasion s'était formée d'une masse de jeunes guerriers, trop fiers par caractère pour se livrer volontiers aux labeurs de la culture, surtout quand ils pouvaient vivre par la rapine, que la grossièreté du temps confondait presque avec le courage.

De leur côté, les anciens habitants du sol gaulois, façonnés depuis longtemps aux idées romaines, regardaient comme le partage des esclaves,

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toute occupation manuelle, et surtout le travail des champs. Les Églises et les monastères avaient reçu de larges concessions de terres; mais ces terres seraient restées longtemps improductives, sans les travaux des esclaves volontaires de l'obéissance monastique. Les églises cathédrales possédaient aussi un moyen inappréciable de rendre ces terrains fructueux : les familles restées libres après la conquête, mais en partie dépouillées, et dont la liberté sans protection était à tout moment menacée, dont l'existence même était exposée à toutes les souffrances, venaient en grand nombre se remettre entre les mains des évêques et des archidiacres; elles recevaient en échange d'un travail ennobli par la liberté qui l'offrait et par le sentiment religieux qui l'inspirait, la sûreté et une existence honorable. Cet usage de s'offrir soi-même en don aux Églises, se multiplia alors beaucoup plus que par le passé, par suite même de l'état moral et civil de la société dans la Gaule. Saint Bertrand parle, dans son testament, des nombreuses familles affranchies, qui s'étaient réfugiées sous la protection de la basilique de Saint-Pierre et de Saint-Paul, et il les recommande à la charité de l'abbé de ce monastère.

Les cloîtres n'avaient pas que cette seule ressource; la main des moines eux-mêmes défricha d'immenses terrains. Ces conquêtes paisibles du travail libre, destinées dans les vues de la Providence à cicatriser les plaies des conquêtes armées, commencent surtout à se réaliser vers l'époque à laquelle nous sommes parvenus. Saint Bertrand, pour sa part, y travailla activement et sur une vaste échelle. Les biens que sa famille, qui était puissamment riche, lui avait transmis, le mettaient en état d'augmenter les revenus de son Église. Il reçut d'ailleurs des dons considérables de Frédégonde et des princes de Neustrie; d'autres personnes lui remirent des fonds de terre importants pour doter son Église du Mans, et l'on voit dans le testament qu'il a lui-même dicté, qu'il s'occupa constamment des moyens de faire valoir toutes ces richesses. Il avoue franchement qu'il voyait avec peine que saint Domnole eût donné pour dotation à la basilique des saints martyrs Vincent et Laurent, des biens appartenant à l'église cathédrale, quoique cela se fût fait à la prière du clergé et du peuple du Mans.

Bertrand fit d'immenses acquisitions de terres, non-seulement dans le diocèse, mais encore dans d'autres parties de la Gaule. Tout porte à croire que quelques-unes de ces acquisitions sont antérieures à son épiscopat, peut-être même à son entrée dans le clergé.

Ce qui est plus remarquable encore que l'augmentation de sa fortune, c'est le soin qu'il prenait de faire cultiver ses domaines de la manière la plus avantageuse. Dans plusieurs lieux, il fit exécuter des défrichements, et par ses soins, des terrains déserts auparavant devinrent de riches vignobles. Ainsi, dans le lieu connu encore aujourd'hui sous le nom d'Arènes, où se trouvait l'ancien amphithéâtre près des murs de la ville, Bertrand fit défricher le sol et planter la vigne. Il établit la même culture, à droite de la voie qui conduisait du Mans à Pontlieue, et plus tard sur un terrain qu'il avait acheté du Vénérable abbé Eolade, dont le monastère nous est inconnu. Saint Licinius, évêque d'Angers, donna à Bertrand plusieurs plants de vignes situés près de Cariliacenses, vignoble que l'évêque du Mans avait acheté autrefois avec la terre de Sargite. Bertrand fortifia cette culture, l'étendit même à de nouveaux terrains, plus actif en cela que ses prédécesseurs, qui, comme il le dit lui-même, avaient laissé les divers fonds de l'Église dans un état peu productif. Son génie actif s'exerça encore sur d'autres vignobles qui étaient situés jusque dans le Sabonarense, pays du

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Sabonères, au diocèse de Toulouse ; il y bâtit une maison, et fit cultiver ces propriétés lointaines par une famille de colons. Enfin, il acheta de son parent et fils spirituel Ebroalde, un domaine nommé Comanicum, qui est probablement aujourd'hui le hameau de Communal, également dans le diocèse de Toulouse ; il y fit construire des édifices et planter des vignes. Ces soins agricoles l'occupèrent jusqu'à la fin de sa vie. Dans beaucoup de fermes, où il ne trouva que peu d'esclaves, il en plaça un plus grand nombre.

Du reste, le motif qui l'engageait dans cette complication d'affaires, n'était autre que la charité ardente qu'il ressentait pour Dieu et pour les pauvres. Toutes les immenses richesses qu'il acquit à son Église, tant par les dons qu'il reçut, que par les achats qu'il fit, et par les augmentations de valeur provenant d'une culture plus intelligente, tous ces biens s'écoulèrent en fondations pour la splendeur du culte et pour le soulagement des indigents. On peut dire qu'aucun de ses prédécesseurs ne l'égala dans le nombre et la richesse des établissements charitables.

De telles libéralités firent naître une sorte d'émulation parmi les personnes riches, et on remit à Bertrand des domaines considérables pour être employés aux œuvres qu'il fondait. Ainsi le seigneur Bandhégisile et son épouse Saucia lui donnèrent la métairie de Fontanx (Fontaines), sur les bords de la Sarthe, près d'Allonnes. Suadria, sœur de l'évêque de Marseille, saint Théodore, légua par son testament, à l'église cathédrale, les deux domaines de Luciniacum et de Monle (Lugny et Montmain) ; mais dans la suite Bertrand fut obligé de faire de grandes démarches pour que son Église pût jouir en paix de ce dernier don.

La reine Ingoberge, femme de Charibert, roi de Paris, fut à la même époque une bienfaitrice insigne de l'Église du Mans. Peu de temps avant sa mort, elle fit venir l'évêque de Tours, saint Grégoire, et voulut qu'il fût témoin de ses dernières volontés en faveur des Églises et des pauvres. Elle légua tous ses biens aux Églises de Tours et du Mans, et à la basilique de Saint-Martin, et peu de temps après, elle mourut, à l'âge de soixante-dix ans, laissant la liberté à un grand nombre d'esclaves ; c'était en l'année 589. Saint Bertrand, dans son testament, rappelle les libéralités de cette princesse envers l'Église du Mans ; il désigne comme lui ayant été donné par cette reine, d'heureuse mémoire, la moitié d'un domaine nommé Culture (Couture).

Leodault lui donna un lieu nommé Colonica, pour la fondation de l'abbaye de Saint-Pierre et de Saint-Paul de la Couture. L'illustre matrone Égidie offrit la moitié d'un domaine, nommé Vatinolonnum, pour la même fondation. Beatus, neveu de Babau, fils de Theudalde, fit don du domaine de Nociagiles (Nieul-les-Saintes), dans le Poitou, sur les bords de la Loire, en faveur de la même abbaye. Gonthier donna des fonds de terres, aux environs de Jublains, pour l'Église-mère du diocèse.

Il y eut encore un grand nombre d'autres personnes généreuses qui se signalèrent par des donations à cette époque, tant en faveur de l'église cathédrale, qu'en faveur des monastères et des hôpitaux ; mais aucun de ces bienfaiteurs ne doit plus justement être rappelé que le saint évêque d'Angers, Licinius, vulgairement nommé saint Lézin. Bertrand nous apprend qu'une tendre amitié les unissait tous les deux, et que Licinius s'attira la

Paroisse du département de la Haute-Garonne, arrondissement de Moret, canton de Riocomes. Ce hameau est dans la paroisse d'Assa, département de la Haute-Garonne, arrondissement de Toulouse, canton de Necliastrus.

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reconnaissance de l’Église du Mans par les fonds de terre qu’il lui offrit. Il favorisa de tout son pouvoir les serviteurs de Dieu, et voulut s’associer à l’évêque du Mans, dans la fondation de l’abbaye de Saint-Pierre et de Saint-Paul de la Couture.

A cette époque, les palais des rois mérovingiens étaient le théâtre d’événements qui devaient changer la face des affaires, et amener dans l’Église du Mans des années de trouble et de deuil, après les jours de prospérité dont elle avait joui. Le roi saint Gontran étant mort en 593, ses États furent partagés entre Childebert II et Clotaire II. Childebert, qui déjà régnait en Austrasie, réunit dès lors à sa couronne le royaume d’Orléans, celui de Bourgogne et une partie de celui de Paris; Clotaire, roi de Neustrie, un enfant de sept ans, reçut seulement une portion de ce dernier. Dans cet apanage se trouvaient la cité et le pays du Mans. Bertrand, déjà attaché par ses liens de parenté à la famille de Frédégonde, crut devoir faire au nouveau roi une promesse de fidélité, qui attira sur lui et sur son Église les plus grands malheurs.

Bertrand, pour ne pas tomber aux mains de l’armée austrasienne, fut obligé de s’enfuir de sa ville épiscopale, et pendant qu’il suivait la cour errante du roi de Neustrie, l’Église du Mans était dans la plus déplorable situation. Des hommes cupides, appartenant à différentes classes de la société, des clercs et des laïques se jetèrent sur les dépouilles du prélat fugitif, et s’emparèrent de ses biens et de ceux de l’Église.

Cependant ces usurpations, si déplorables qu’elles fussent, ne causaient point à l’Église un mal comparable à celui que lui apporta un clerc ambitieux et sans pudeur, nommé Berthégisile. Cet homme parvint, par la protection de Childebert et de Brunehaut, à se faire donner l’onction épiscopale, et à s’asseoir sur le siège du Mans, au mépris des canons et de toutes les règles de la discipline. Il donna un libre cours à sa convoitise, s’emparant non-seulement des biens de l’Église, mais encore des terres que Bertrand tenait de son patrimoine.

Enfin la paix se rétablit entre les Austrasiens et les Neustriens; il y eut un traité conclu, le Maine rentra sous la puissance du jeune Clotaire, et Bertrand reprit la conduite de son Église désolée. Frédégonde lui vint en aide pour réparer tant de maux. Les usurpateurs furent contraints à rendre les biens dont ils s’étaient injustement emparés; mais surtout Berthégisile fut réduit à déposer les insignes de l’épiscopat et à désavouer son usurpation, en signant une charte par laquelle il restituait plusieurs domaines appartenant à la cathédrale, entre autres Champagné et Etival. Cependant, tels étaient son crédit et son audace, qu’il ne rendit jamais tous les biens patrimoniaux qu’il avait usurpés sur Bertrand, et ne répara qu’en partie les dommages qu’il avait causés.

Peu après le rétablissement de Bertrand, les Bourguignons et les Austrasiens s’étant de nouveau coalisés contre les Neustriens, se répandirent dans le Maine, renouvelant les mêmes scènes de barbarie. Saint Bertrand essaya, mais en vain, de conserver la ville à Clotaire; tout le parti du jeune prince était en déroute; l’évêque lui-même, se regardant comme inviolablement lié par la promesse de fidélité qu’il lui avait faite, fut obligé de s’enfuir et de se cacher dans un lieu alors assez solitaire, nommé Etival, au sein de l’immense forêt de la Charnie. Peut-être même fut-il, comme saint Betharius, fait prisonnier et retenu dans une dure captivité; car il rapporte, dans son testament, qu’il a enduré successivement l’exil et la prison. Le saint évêque nous fait connaître aussi que pendant sa captivité, il demanda sa

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délivrance à Dieu, par l'intercession de saint Martin, et fit vœu de fonder, en l'honneur de ce saint confesseur, un hospice desservi par des moines, s'il recouvrait la liberté. C'est pour remplir cette promesse qu'il construisit dans la suite le monastère de Saint-Martin de Pontlieue.

Pour comble d'infortune, les usurpateurs revinrent se jeter sur les biens de l'Église et sur le patrimoine de Bertrand. Berthégisile recommença ses dévastations sacrilèges; il trouva, dans les archives de la cathédrale, la charte qu'il avait été contraint de signer, lorsque la première fois Bertrand avait été rétabli dans ses droits par l'autorité de Frédégonde, et il la jeta au feu.

La paix ayant été faite, Bertrand rentra aussitôt dans sa ville épiscopale. Il revendiqua ses biens, et, par l'autorité de Brunehaut et de Thierry, il put les recouvrer, au moins en grande partie. Il travailla aussi avec activité à réparer les pertes que son Église avait faites, et il guérit, autant qu'il le put, les maux qu'elle avait éprouvés. Ces événements se passèrent dans l'espace de quatre années, de 599 à 604.

En cette dernière année, Clotaire voulut reprendre les provinces qu'il avait été contraint de céder par le dernier traité de paix. Cette nouvelle guerre, qui ne dura qu'une partie de l'année 604, força encore Bertrand à quitter son siège; mais ce fut pour la dernière fois.

Clotaire triomphant se montra reconnaissant envers Bertrand de la fidélité que lui avait montrée cet évêque; il écouta favorablement ses plaintes, et lui fit rendre son patrimoine et les biens de la cathédrale. Mais tel était le malheur des temps, que les usurpateurs de ces possessions, qui étaient des seigneurs francs ou gallo-romains, car les deux races rivalisaient d'ardeur pour le pillage, trouvèrent le moyen de ne pas faire la restitution entière, comme saint Bertrand le déplore en plus d'un endroit de son testament. À l'égard de quelques-uns de ces envahisseurs, l'autorité royale semble avoir fléchi, en n'ordonnant la restitution qu'après leur mort. Cependant, si nous jugeons de l'activité avec laquelle Bertrand poussa son action contre ces ennemis de l'Église, d'après les termes qu'il emploie en parlant d'eux dans son testament, on peut croire que le prélat ne manqua pas d'énergie.

Non-seulement Clotaire ordonna de restituer à Bertrand et à son Église les biens qui leur appartenaient, mais il y ajouta encore de nombreuses et importantes donations. Déjà, après la première fuite de notre évêque, Frédégonde et son fils l'avaient gratifié de la ferme de Bonalpha (Bonelles), située au pays d'Étampes, près de la forêt d'Ivelines. Bertrand reçut aussi de la même main la métairie de Nimione, près de Paris, avec des vignobles qui étaient à Frontanitum, près de Plastarias et de Vintores; puis les domaines de Crisciacum (Crissé), au pays du Mans, de Villa-Thedonis (Thionville), au pays d'Étampes, de Talais, dans le pays de Bordeaux, d'autres encore dans le Bursay, dans le Maine, d'autres dans le pays de Gâtines, près du Loir (Loir-et-Cher); la ferme de Fontenay, près de Bullion, au pays d'Étampes, celle de Bobane, sur la rivière d'Ecolle, aujourd'hui Saint-Germain-sur-Ecolle (Seine-et-Oise); une maison dans la ville de Paris. En outre, Clotaire fit entrer notre évêque en partage avec les maires du palais Gondoland, Bradon et Marnehaire, pour des domaines situés dans le Berry, dans l'Albigeois, dans le pays de Cahors, dans celui d'Agen et dans la Bourgogne. Enfin, ce prince fit don à Bertrand de sommes d'argent si considérables, que celui-ci put acheter les domaines de Campugnan, Ludon, Coubeyrac et Cameyrac, dans le pays de Bordeaux et de Cahors.

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Peu de temps après, Clotaire accorda à Bertrand un diplôme qui lui concédait le droit de donner, à perpétuité, au monastère de Saint-Pierre et de Saint-Paul, connu depuis sous le nom de la Couture, tout ce que cet évêque voudrait, tant des domaines qu'il tenait de sa famille, que de ceux dont l'avait gratifié la munificence royale.

Le saint Prélat avait attaché beaucoup d'importance à obtenir ce diplôme; car il désirait doter richement ce monastère. Ce fut en effet la plus belle fondation qu'il fit pendant son épiscopat, et il mit toute son application à orner et à enrichir ce sanctuaire, après un avertissement qu'il reçut du ciel. Un soir ce saint Évêque s'était retiré dans une des tours construites sur les murs extérieurs de la ville, et qui se trouvait près de l'église cathédrale: il l'avait choisie comme un lieu paisible pour s'y livrer avec plus de liberté à l'oraison; il y passa en effet toute la nuit en prières. Sur le point du jour, l'archange saint Michel lui apparut, lui désigna un lieu voisin connu alors sous le nom de Vivereus, et lui dit que Dieu voulait y être servi et honoré. Ce lieu était situé au midi de la ville, à une petite distance de ses murs, et appartenait, dit-on, à l'église cathédrale. Bertrand s'empressa d'obéir à l'ordre du ciel. Il fit aussitôt commencer les constructions d'une basilique, qui fut dédiée sous le patronage des saints apôtres Pierre et Paul, et les bâtiments d'un cloître, qui, dès son origine, se montra environné d'une certaine splendeur. Ce monastère fut dès lors pour Bertrand un objet de prédilection; il le regardait, selon ses propres expressions, comme un rempart et une protection pour sa cité.

Non content d'assigner à cette nouvelle solitude des revenus considérables et capables d'en assurer l'existence, saint Bertrand intéresse encore à sa fondation les amis puissants qu'il avait dans l'Église et dans le siècle. On nomme parmi les bienfaiteurs du monastère la pieuse et illustre Égidie, qui s'était déjà signalée par ses largesses envers l'église cathédrale. Le roi Clotaire montra sa bienveillance envers l'abbaye de Saint-Pierre et de Saint-Paul en accordant le diplôme dont nous avons parlé. Saint Licinius d'Angers, que nous avons déjà fait connaître, signala son amour pour la vie monastique par la manière généreuse dont il concourut aussi à la dotation de la nouvelle abbaye; il lui donna à cet effet un fonds de terre et des vignobles que saint Bertrand rappelle dans son testament.

Ce fut principalement de ses propres biens que Bertrand dota ce monastère; mais il lui affecta aussi des biens qui appartenaient à l'église cathédrale, et cela, sur la demande pressante du clergé.

Bertrand soumit les habitants du nouveau cloître à la Règle de Saint-Benoît, que l'on nommait dès lors la Règle de la vie monastique. Il les obligea à donner l'hospitalité à tous les pauvres, et à tous les étrangers qui la réclameraient; et il voulut que cette maison renfermât toujours un grand nombre de moines. Il ordonna que l'on tiendrait dans ce monastère un registre matriculaire pour le soulagement des indigents, si nombreux à cette époque.

Pour la dédicace de la basilique, saint Bertrand convoqua plusieurs évêques, afin de rendre cette solennité plus auguste. Il déposa dans le sanctuaire des reliques de saint Pierre et de saint Paul; enfin il rédigea la charte de fondation, qui désignait les revenus formant la dotation. Tous les évêques présents confirmèrent cet acte, et voulurent encore ajouter aux dons faits par le fondateur.

Quoique l'on ne puisse pas déterminer positivement l'année en laquelle cet événement a eu lieu, il est certain que cette fondation a précédé la

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mort de saint Licinius, et par là même, qu'elle est antérieure à l'année 605, et aux dernières guerres dont nous avons parlé, qui eurent une si grande influence sur la vie de saint Bertrand.

Plus de dix ans après, en 615, lorsque saint Bertrand fit son testament, il ajouta beaucoup au domaine de son monastère en lui attribuant les terres de Crissé (Sarthe), Thionville (Seine-et-Oise), *Colonica Talete*, peut-être Talais, dans le Bordelais, puis d'autres fermes dans le Bursay, dans le Gâtinais, et des maisons que lui avait données Waruchaire, maire du palais de Bourgogne, en échange du domaine de Colombiers (Mayenne). La moitié des revenus de ces terres devait être employée pour le soulagement des pauvres, et l'autre moitié consacrée à entretenir le luminaire de la basilique ; mais les moines devaient prendre d'abord ce qui était nécessaire pour leur subsistance, et celle des pauvres inscrits sur la matricule de leur monastère. Bertrand légua encore à l'abbaye les domaines de *Gaviacus*, *Colonica*, *Landolense*, *Ferrensis* ; dans les lieux nommés *Cellis* et *Samarciago*, près de la ville du Mans, tout ce qui appartenait à Portithorengus, que le saint Évêque avait eu sous sa tutelle, tout ce que Ceta, Mancia et Guntha avaient possédé ; les fermes de *Campus-Chunanus*, *Ludina* et *Comariacum* ; le villier de *Piciniacum*, *Hilliacum*, une autre ferme nommée aussi *Colonica*, que Leodault avait donnée à saint Bertrand pour les fondations qu'il faisait ; les terres de *Methense* et de *Voligione*, celle de Fontenay, près de Bullion (Seine-et-Oise), un villier situé aux sources de la Vendée (Deux-Sèvres), des vignes qui allaient des anciennes arènes du Mans jusqu'au nouveau cloître ; d'autres vignes, près et terrains situés sur le chemin de Pontlieue, et achetés de l'abbé Eolade ; le Breuil, acheté de l'abbé Leusus, des champs sur les bords de la Sarthe, la moitié de la coulonge de *Vatinolonnum*, l'autre moitié ayant été donnée par Egidie ; les domaines de *Campaniacum* et d'Etival ; la cour ou métairie et les maisons tenues précédemment dans la ville du Mans par le prêtre Romolos, une maison que ce même prêtre avait fait construire sur les murs de la cité, et d'autres maisons encore dans la même ville ; les domaines de *Conadacum*, *Colicas*, des vignobles dans le *Sabonarense* et autre part, avec les familles des colons et leurs maisons ; des rentes sur *Talete*, *Crisciagum* et *Cameyrac* (Gironde), pour les pauvres inscrits sur la matricule de la basilique ; le domaine de *Vincentia*, près de Plassac, au pays de Bordeaux, celui de Luir au même pays, le lieu de *Bræsetum*, encore dans le même pays, avec les fabriques de poix, et les familles d'esclaves employées à leur exploitation ; une somme d'argent considérable, un tiers des biens meubles du testateur, la moitié des chevaux ; le domaine de *Comanicum* avec ses vignobles et ses bâtiments, celui des Fontaines sur les bords de la Sarthe, à Alonnes, donné à Bertrand par le seigneur Bandhégisile et Saucia, son épouse, « dont le nom », dit le testament, « devra être inscrit sur le Livre de vie, et proclamé dans la basilique » ; la moitié de diverses fermes situées dans le Berry, dans l'Albigeois, dans le pays de Cahors et dans celui d'Agen ; le domaine de *Nociogilus* pour le partager avec la cathédrale, celui de *Vocriamnum* en entier, celui de Nueil, dans le Poitou, sur les bords de la Loire, donné par Beatus ; le lieu nommé *Luciacus* ; enfin le domaine de *Kuiracum*, y compris les édifices, les serfs, les vignes, les prés, les forêts et tous les droits qui en dépendent.

Les largesses de Bertrand envers le nouveau monastère de Saint-Pierre et de Saint-Paul ne se bornèrent pas là ; il lui donna en outre plusieurs domaines dont les revenus devaient être partagés avec la cathédrale. Parmi ces dons communs aux chanoines et aux moines de Saint-Pierre et de Saint-

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Paul, on remarque une maison au territoire de Bordeaux, dans laquelle ils pouvaient loger, lorsqu'ils allaient dans ce pays pour y acheter du poisson; ce qui suppose que ces voyages étaient assez fréquents. Saint Bertrand lègue aussi, par son testament, à l'abbé de ce monastère, auquel il donne le titre de seigneur, des chevaux et quelques autres objets, et il lui recommande d'avoir beaucoup de soin des pauvres, et des nombreuses familles d'esclaves employées dans les domaines dépendants de sa basilique.

En retour de tant de bienfaits, saint Bertrand réclame les prières de l'abbé et des moines, et demande que son nom soit inscrit dans le Livre de vie, c'est-à-dire dans les diptyques où, dès l'origine des monastères, on inscrivit les noms des fondateurs et des autres bienfaiteurs, afin de réciter chaque jour des prières spéciales à leur intention.

Les moines se montrèrent longtemps dignes de l'affection paternelle que leur avait témoignée le saint Évêque; ils édifièrent les peuples par leur charité envers tous les malheureux, par leur vie studieuse et occupée, et par le zèle avec lequel ils s'appliquaient à honorer Dieu.

Après avoir rempli l'ordre que le ciel lui avait transmis par le ministère du saint Archange, Bertrand voulut témoigner sa reconnaissance au céleste messager par l'érection d'un oratoire, en son honneur, dans le lieu où il lui était apparu. Il voulait, comme il le dit lui-même, que l'on vînt en ce sanctuaire adorer Dieu, à cause des merveilles qui y avaient été opérées, et qui l'avaient rendu vénérable à tout le monde. Déjà les fidèles, instruits de l'apparition miraculeuse dont Bertrand y avait été favorisé, le regardaient comme un lieu plein de bénédictions, et l'on voyait des religieux, et jusqu'à des évêques, y venir, comme à un saint pèlerinage. Pour assurer la décence du culte, et pour satisfaire à ce que demandait de lui la charité, notre grand évêque fit construire auprès un édifice destiné à recevoir principalement les évêques et les religieux.

La première pensée de Bertrand, en fondant cet oratoire et cet hospice, avait été d'en confier la direction à son abbaye, à laquelle il remettait presque toutes ses autres œuvres de charité; mais pendant le temps qu'il fut obligé de quitter son siège et de se réfugier auprès du roi Clotaire, comme nous l'avons raconté, les boulangeries de l'église cathédrale, qui étaient près d'elle, furent transportées dans les bâtiments de cet hospice, et le saint Évêque, de retour sur son siège, ne crut pas devoir changer cette disposition. Il fit même établir en ce lieu tout ce qui était nécessaire pour la réception des dîmes en blé, vin, fromage, lard et autres substances, que le chapitre devait percevoir sur les biens qui lui appartenaient déjà, ou que Bertrand lui transmit par son testament, et pour la distribution régulière que l'on en faisait aux indigents. Bertrand ne parle de cet établissement qu'avec la plus touchante sollicitude, et de peur que dans la suite, sous un autre épiscopat, ces fondations ne vinsent à subir quelques diminutions, il prie, il conjure, il presse ses successeurs de remplir ses intentions envers les pauvres, et il leur rappelle qu'il a bien le droit d'en disposer ainsi, puisqu'il a si magnifiquement doté la maison de l'Église.

Saint Bertrand venait de pourvoir aux besoins des pauvres de la ville, par la création et la riche dotation de la matricule de Saint-Michel; il lui restait encore à soulager les besoins des étrangers. Déjà nous avons vu qu'il existait, près des tombeaux de nos premiers évêques, un hôpital pour la réception des pèlerins que la dévotion y attirait; saint Innocent en confia l'administration et le service à des moines. Saint Domnole augmenta les bâtiments et les revenus de cet établissement, afin qu'il pût recevoir un plus

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grand nombre de malheureux. Saint Bertrand lui assigna une dotation en chevaux, et de plus le lieu nommé Lucianus et la métairie de Baucialum, située sur le Loir, avec les serfs et toutes les améliorations qui y avaient été faites.

Bertrand, néanmoins, voulut encore ajouter à tant de monuments de sa charité; il voulut qu'elle allât, pour ainsi dire, au-devant des misères et des souffrances, et il créa au midi de la ville, à Pontlieue, sur les bords de la rivière d'Huisne, et sur la voie la plus fréquentée de celles qui aboutissent à la ville, un nouvel hospice. Comme il avait fait vue, pendant son exil, d'élever un monastère et un hospice en l'honneur de saint Martin, s'il avait le bonheur de retourner à son Église, il exécuta sa promesse, et mit cette fondation sous le patronage de ce grand évêque. Il l'enrichit des domaines de Logiague (les Loges), Nogintum (Nogent-sur-Loir), Novavilla (Neuville-sur-Sarthe), Antoniacum (Antoigné-sur-Sarthe), Monasteriolum (Montreuil-sur-Sarthe), et d'un autre domaine à Pontlieue même; puis de certaines redevances à lever sur les fermes de Talete, Crisciagus, Cameyrac (Gironde). Il voulut que cette fondation servît à plusieurs fins : on devait y recevoir, nourrir, loger, vêtir et soulager en toutes manières les étrangers et les pèlerins. Il ordonna aussi que seize pauvres aveugles ou infirmes y fussent inscrits sur la matricule, pour recevoir chaque jour la nourriture suffisante; et comme la charité ne s'exerce jamais mieux que quand elle est accompagnée du dévouement religieux, Bertrand remit ce ministère et cet hospice entre les mains des moines de l'abbaye de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Il plaça la maison sous la dépendance de l'abbé de la Couture, chargeant ce prélat de veiller d'une manière particulière au soin des pauvres matriculaires de cette basilique, à la réception des étrangers et au maintien de l'office divin, qui devait s'y célébrer en la même manière que dans la basilique même de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Voulant prévenir les effets de l'esprit de cupidité qui se glissait quelquefois jusque dans le sanctuaire, le saint Évêque recommande avec force que l'on ne porte jamais aucune atteinte aux dispositions qu'il a faites en faveur de cet établissement, et il menace des châtiments de Dieu et de la colère de saint Martin, l'évêque son successeur qui se rendrait coupable d'un tel larcin, ainsi que l'abbé de Saint-Pierre et de Saint-Paul, s'il ne défendait pas convenablement les revenus des pauvres.

Afin de perpétuer le témoignage de sa reconnaissance envers saint Martin, Bertrand statua que la fête de ce grand confesseur serait célébrée tous les ans dans l'abbaye, avec une solennité plus qu'ordinaire. Ce jour-là, l'évêque et tout le clergé de la ville devait se rendre à la basilique, pour y célébrer tous ensemble les offices divins en l'honneur du saint patron, puis s'asseoir à un repas que l'abbé de Saint-Pierre et de Saint-Paul devait fournir sur les revenus assignés par le fondateur.

Les monuments ne nous ont pas appris si le généreux évêque ne fit point d'autres dons à la basilique de Saint-Martin de Pontlieue; mais dans son testament il témoigne un grand désir de pouvoir quelque jour en augmenter les revenus.

Bertrand fit élever à une distance rapprochée de la cité, entre le nord et le couchant, au-delà du cours de la Sarthe, une basilique en l'honneur de saint Germain, évêque de Paris. Il acquittait en cela une dette de reconnaissance; car il devait à cet illustre pontife non-seulement une éducation distinguée, mais encore d'avoir été élevé lui-même à l'honneur du pontificat. Ce n'est pas que l'évêque de Paris eût été en mesure d'influer directe-

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ment sur l'élévation de Bertrand au siège du Mans, puisque, comme nous l'avons dit, Germain était mort depuis plusieurs années lorsque notre prélat reçut l'onction épiscopale; mais Bertrand attribuait cette faveur aux prières de son ancien maître.

Par un sentiment plein de convenance, et d'ailleurs par une nécessité de l'époque, Bertrand fonda un monastère de religieux pour desservir ce sanctuaire, élevé en l'honneur d'un évêque qui avait pratiqué longtemps la vie du cloître, et qui avait toujours chéri et favorisé les moines. Pour y assurer la célébration du service divin à perpétuité, il donna aux habitants de ce monastère les domaines de Charisacus, Chérizay (Sarthe), de Landolenx, de Grassac (Charente), et de Manciacus, puis l'exploitation agricole du Tronchet, des vignes à Sillé (Sarthe), d'autres vignes à Rouillon, et la moitié de plusieurs pâturages situés au même lieu.

Bertrand ne borna pas là sa reconnaissance envers saint Germain. On conservait encore au Mans l'espoir de posséder les précieuses dépouilles de l'évêque de Paris, et le tombeau que saint Domnole lui avait fait préparer dans la basilique de Saint-Vincent et de Saint-Laurent était toujours disposé pour le recevoir. Saint Bertrand donna à cette basilique la terre de Bobane, Saint-Germain-sur-Ecolle (Seine-et-Oise), située dans le territoire d'Étampes, sur la rivière de Cella. Il mit pour condition à ce legs, que si le corps du saint confesseur restait dans la basilique de Sainte-Croix et de Saint-Vincent, à Paris, ou s'il était transféré autre part, ce domaine demeurât toujours la propriété du monastère enrichi des dépouilles sacrées du saint évêque. Bertrand demanda seulement en retour que son nom soit inscrit dans le Livre de vie du monastère auquel reviendrait cette ferme de Bobane.

Le zèle de Bertrand, pour tant de pieuses et utiles fondations, ne l'empêchait pas de s'appliquer à réparer les blessures que le malheur des temps avait faites à la discipline. Sa piété, ses lumières et la faveur de Clotaire attirèrent à notre saint Évêque une distinction signalée. À cette époque, le Siège Apostolique choisissait souvent pour vicaire, dans les pays éloignés, comme l'était la Gaule, un évêque d'un mérite éminent. Plusieurs fois cette distinction fut accordée, non à des métropolitains, mais à de simples évêques, parce que, les translations étant extrêmement rares alors, le mérite supérieur ne se trouvait pas toujours sur les sièges les plus élevés. Les princes ambitionnèrent cette distinction pour les prélats qu'ils estimaient davantage. À l'époque où Bertrand gouvernait l'Église du Mans, on vit la reine Brunehaut solliciter saint Grégoire le Grand de l'accorder à Siagrius, évêque d'Autun; elle obtint l'objet de sa demande, et le grand homme à qui cet honneur fut déféré remplit dignement de si hautes fonctions; mais la mort, qui l'enleva bientôt après, l'empêcha de jouir longtemps de cette prérogative.

Plusieurs années après, Clotaire étant devenu seul maître de la Gaule, se mit en instance auprès de saint Grégoire, ou de son successeur Sabinien, afin d'obtenir le même honneur pour saint Bertrand. Selon l'usage, notre prélat dut aussi adresser une demande dans le même sens au Pontife, et lui envoyer un clerc de son Église, s'il ne faisait pas lui-même le voyage de Rome. Le Pape écouta favorablement ces demandes, et envoya à Bertrand l'insigne de cette dignité, c'est-à-dire le Pallium. Cet ornement que le Saint-Siège a coutume d'accorder aujourd'hui à tous les métropolitains et à un petit nombre d'autres évêques, s'obtenait plus difficilement au VIe siècle.

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Lorsqu'un évêque recevait l'insigne du Pallium et les fonctions de Vicaire du Saint-Siège, il commençait à tenir un rang plus élevé que les autres prélats; si son Église n'était pas métropolitaine, il devenait proto-thrône dans sa province, et quelquefois ce titre avec ses honneurs est resté attaché au siège lui-même. On peut croire que l'Église du Mans jouissait déjà de ce droit incontesté, puisqu'elle paraît la première après la métropole de la troisième Lyonnaise, dans toutes les Notices de l'Empire. Mais d'autres prérogatives toutes personnelles étaient attachées à ce Vicariat; elles étaient plus ou moins étendues selon la teneur des Lettres pontificales qui les conféraient, mais elles comprenaient toujours une inspection sur toutes les Églises du royaume, la charge de veiller au maintien de la discipline, et le droit de convoquer et de diriger les conciles des provinces ecclésiastiques.

L'histoire garde le silence sur ce que Bertrand fit en qualité de Vicaire du Siège Apostolique. Pendant les années qu'il exerça ces fonctions, il y eut plusieurs conciles dans la Gaule; mais les monuments anciens ne fournissent que des notions imparfaites sur ces assemblées, et on ne sait pas quel rôle y remplit notre grand évêque; aussi, pour ne point dépasser les données positives de l'histoire, nous n'entrerons dans aucun détail à cet égard.

Notre prélat, averti par le grand nombre de ses années que la mort pouvait approcher de lui, se résolut à faire son testament. À cet effet, selon les lois du temps, il sollicita de Clotaire des lettres signées qui lui permirent de disposer de tous ses biens, tant de ceux qu'il tenait de la munificence royale, que de ceux qu'il avait reçus en héritage de sa famille, ou enfin, de toute autre manière. Le roi l'autorisa à disposer de tous ses biens à perpétuité.

Bertrand assembla alors sept autres évêques ou chorévêques, et, en leur présence, il dicta au notaire Ebbon ce testament célèbre qui commence en ces termes: « Au nom du Seigneur Jésus-Christ et du Saint-Esprit, le six des calendes d'avril, l'an trente-deuxième du règne du très-glorieux seigneur le roi Clotaire, moi, Bertrand, pécheur et indigne évêque de la sainte Église du Mans, étant parfaitement sain de corps et d'esprit, mais craignant avec raison les suites de la fragilité humaine, j'ai dressé mon testament, et j'ai prié mon fils, le notaire Ebbon, de l'écrire sous ma dictée. Si, pour une cause quelconque, ce mien testament devenait invalide, soit pour le droit civil, soit pour le droit prétorial, ou par l'intervention de quelque loi nouvelle, je veux qu'il ait au moins la valeur de codicille ab intestat.

« Ainsi donc, lorsque j'aurai quitté la terre et payé ma dette à la nature, vous serez mes héritières, vous, très-sainte Église du Mans, conjointement avec la sainte et vénérable basilique de Saint-Pierre et de Saint-Paul, apôtres, que j'ai élevée par mes propres soins, en vue de la cité, pour la protéger et pour servir à l'utilité publique. Je vous constitue et déclare mes héritières... »

Par ces paroles, « la sainte Église du Mans », Bertrand entend l'église cathédrale, ou plutôt le chapitre qui la représentait. Il la constitue, comme l'on voit, son héritière conjointement avec la basilique de Saint-Pierre et de Saint-Paul; toutes les terres ou maisons qu'il lègue à l'une et à l'autre sont ensuite énumérées; il fait aussi quelques dons à différentes églises ou basiliques, et à plusieurs particuliers.

On remarque, dans plusieurs passages de son testament, que le motif de toutes ses largesses était, outre la dotation du clergé nombreux attaché à

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la cathédrale, l'entretien d'un grand nombre de pauvres matriculaires, ou inscrits sur les listes du chapitre pour être secourus dans tous leurs besoins. Un autre motif que l'on peut pareillement reconnaître, parce qu'il est exprimé en plusieurs endroits, c'est le soin du culte, et en particulier du luminaire, non-seulement dans l'église cathédrale, mais encore dans plusieurs basiliques. À cet effet, Bertrand assigne des domaines entiers à chacun de ces sanctuaires, afin que la lumière ne s'éteigne jamais ni dans l'église cathédrale, ni dans les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul, de Saint-Martin de Pontlieue, et de Sainte-Croix.

Le prélat vécut encore longtemps après avoir rédigé cet acte, et, quoique dans une vieillesse très-avancée, il s'occupa sans relâche du bien spirituel et temporel de son Église. Ce fut dans ce temps qu'il fonda ou au moins augmenta beaucoup le monastère d'Etival.

A une petite distance de la ville du Mans, en s'éloignant du côté du couchant, on rencontrait, au commencement du VIIe siècle, une forêt fort épaisse et qui s'étendait jusque sur les bords de la rivière d'Erve et au-delà. C'était un des lieux les plus solitaires et les plus sauvages de toute la province, et même de l'empire des Francs. Bertrand, obligé de s'enfuir devant les ennemis du roi Clotaire et les siens, s'était retiré, comme nous l'avons dit, pendant quelque temps dans cette solitude; il y trouva la sûreté et le repos et y construisit, dit-on, un oratoire. Quand la tranquillité eut été rendue à tout l'empire des Francs, par le règne paisible de Clotaire II, le saint évêque construisit un monastère dans ce lieu sauvage, afin que ses habitants pussent recevoir les instructions de la foi et le secours des Sacrements. L'histoire de ce monastère nous est d'ailleurs inconnue, comme celle d'un grand nombre d'autres de la même époque.

Tous les travaux de saint Bertrand ne l'empêchaient pas de s'appliquer encore à la culture des lettres; il entretenait un commerce épistolaire avec quelques-uns des prélats les plus distingués de l'époque, tels que saint Licinius d'Angers, saint Arnulfe, évêque de Metz et l'un des partisans les plus dévoués de Clotaire, et enfin saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers. Il adressait quelquefois à celui-ci, comme à l'homme le plus capable de les juger, les poèmes qu'il composait et que nous avons malheureusement perdus.

Bertrand parvint à une extrême vieillesse, et mourut en paix la veille des calendes de juillet, vers l'an 623.

Il fut inhumé par les évêques comprovinciaux, et par ses disciples dans sa chère basilique de Saint-Pierre et de Saint-Paul. La mémoire de ce grand évêque resta précieuse aux populations, qui continuèrent, pendant de longs siècles, à visiter son tombeau fécond en miracles jusqu'à ces derniers temps.

Nous avons emprunté cette vie à l'Histoire de l'Église du Mans, par Dom Piolin.

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Événements marquants

  • Naissance vers le milieu du VIe siècle
  • Baptême par saint Germain de Paris
  • Tonsure cléricale au tombeau de saint Martin à Tours
  • Ordination sacerdotale par saint Germain (avant 576)
  • Élection comme archidiacre de Paris
  • Nomination à l'évêché du Mans par le roi Gontran
  • Ambassade auprès des princes bretons en 587
  • Participation au concile de Poitiers (589-590) pour l'affaire de l'abbaye Sainte-Croix
  • Exils et emprisonnements durant les guerres civiles entre Neustrie et Austrasie
  • Rédaction de son testament en 615
  • Réception du Pallium et titre de Vicaire du Saint-Siège

Miracles

  • Apparition de l'archange saint Michel lui désignant le lieu de fondation de l'abbaye de la Couture
  • Miracles posthumes sur son tombeau

Citations

Il convient que le prêtre du Seigneur se fasse si bien remarquer par ses mœurs et sa conduite, que le peuple qui lui est confié puisse découvrir en lui, comme dans le miroir de sa vie, ce qu'il a à faire et ce qu'il a à corriger.

— S. Grég. Mag., Ep. xxxii (en exergue du texte)