Saint Ferdinand III (Roi de Léon et de Castille)

Roi de Léon et de Castille

Fête : 30 mai 13ᵉ siècle • sainte

Résumé

Roi de Castille et de Léon au XIIIe siècle, Ferdinand III fut un monarque chrétien exemplaire, cousin de saint Louis. Il consacra son règne à la Reconquista, reprenant Cordoue et Séville aux Maures, tout en réformant les lois et protégeant les pauvres. Canonisé en 1671, il est resté célèbre pour sa piété filiale et son humilité victorieuse.

Biographie

SAINT FERDINAND III. ROI DE LÉON ET DE CASTILLE

Quand il avait dit : « Seigneur, Dieu, vous êtes mon secours », il ne craignait plus rien sur la terre. Il a été très humble, c'est pour cela qu'il a été très victorieux. Baronius.

Ferdinand III était fils aîné d'Alphonse, roi de Léon, et de Bérengère de Castille, sœur de Blanche, reine de France ; il se trouve ainsi être le cousin de notre saint Louis. Comme lui il fut un grand Saint et un grand roi ; comme lui encore, il fit des règlements pleins de sagesse. Il humilia les grands, qui tyrannisaient les petits, purgea ses États des brigands et des voleurs, fit rassembler les lois de ses prédécesseurs en un code et donna une nouvelle face à l'Espagne. Son zèle pour la foi fut sans bornes ; sa piété, sa vie austère et exemplaire, sa magnificence dans tout ce qui concerne le culte de Dieu furent toujours regardés par les peuples chrétiens comme la principale cause qui enchaînait la victoire à ses armes. Un nouveau trait de ressemblance avec notre Louis, c'est qu'il conserva toujours un respect, mêlé de beaucoup de piété filiale et de la plus grande déférence pour sa mère. Elle s'était démise en sa faveur de son royaume de Castille, qu'elle tenait par droit de naissance. Par ses conseils, le jeune monarque sut étouffer toutes les divisions et s'affermit sur le trône. C'est encore par les conseils de sa mère qu'il choisit pour compagne Béatrix, fille de Philippe de Souabe, empereur d'Allemagne, la princesse la plus accomplie de son temps. Cette union, fondée principalement sur la vertu, ne souffrit jamais d'altération. Sept princes et trois princesses furent les fruits de cette heureuse alliance.

Ferdinand, élevé sur le trône, montra ce que peut pour le bonheur du peuple un roi véritablement chrétien. Sévère pour lui-même, il était plein de douceur et de compassion pour les autres. Il sut toujours commander à ses passions. Il faisait respecter les lois, mais il était toujours prêt à pardonner au coupable repentant. Quant aux injures qui lui étaient personnelles, il les oubliait volontiers. Le désir qu'il avait de rendre son peuple heureux se manifestait surtout dans le choix des personnes auxquelles il confiait une portion de son autorité ; il voulait que tous ses ministres fussent animés d'un amour sincère pour le bien public. Le célèbre Rodrigue, archevêque de Tolède et grand chancelier de Castille, fut durant trente ans à la tête de ses conseils. Il était si parfaitement uni avec Ferdinand et Bérengère, qu'ils semblaient n'avoir tous trois qu'une seule âme. Pour empêcher toute injustice de la part des tribunaux, le roi institua la cour connue depuis sous le nom de Conseil royal de Castille. C'est à elle qu'on appelait de toutes les autres cours. Les plus habiles jurisconsultes eurent ordre en même temps de dresser un corps de lois qui pût servir de règle à tous les magistrats.

Le pieux Ferdinand fonda quelques évêchés, fit bâtir ou réparer avec magnificence plusieurs églises et assigna encore des fonds considérables pour la reconstruction d'un grand nombre de monastères et d'hôpitaux. Il eut en même temps plusieurs guerres à soutenir contre les Maures, et cependant il ne chargea jamais ses sujets d'impôts : c'était dans une sévère économie qu'il trouvait les fonds nécessaires pour faire face à tant de dépenses. Dans l'une de ces guerres, un de ces politiques aux entrailles de fer, qui comptent pour rien la misère des peuples, s'avisa de lui proposer un moyen de lever des subsides extraordinaires. « À Dieu ne plaise, lui répondit le prince, que j'adopte votre projet ; la Providence saura m'assister par d'autres voies. Je crains plus les malédictions d'une pauvre femme qu'une armée de Maures ». C'est par cette bonté d'âme qu'il fut, durant trente-cinq ans de règne, l'idole de ses sujets. Tant il est vrai que pour se faire aimer il faut aimer soi-même !

Ce fut en 1226 que Ferdinand commença à tirer l'épée contre les infidèles ; mais, dès qu'il l'eut tirée, il ne la laissa plus reposer. Quelques années après, il leur prenait les meilleures places de l'Andalousie et les royaumes de Cordoue et de Jaén. Aben-Mahomet s'était reconnu son vassal ; il fut assassiné par ses sujets, qui ne pouvaient souffrir qu'il se fût rendu vassal d'un prince chrétien. Ferdinand profita de cette occasion pour conquérir tout le royaume de Baëça. C'était toujours la gloire de Dieu que le saint roi se proposait dans toutes ses guerres. « Seigneur, disait-il souvent, les yeux élevés au ciel, vous sondez les cœurs ; vous savez que je cherche votre gloire, et non pas la mienne. Je ne me propose pas d'acquérir des royaumes périssables, mais d'étendre la connaissance de votre saint nom ».

Rodrigue, archevêque de Tolède, remplissait dans l'armée les fonctions d'un pasteur zélé. Le roi voulut qu'on inspirât à ses soldats les sentiments d'une piété sincère ; il leur donnait lui-même l'exemple de toutes les vertus. Il jeûnait rigoureusement, et portait un cilice fait en forme de croix. Souvent il passait les nuits en prières, surtout à la veille d'une bataille ; c'était à Dieu qu'il attribuait tous ses succès. Aussi sa confiance dans le secours divin était-elle sans bornes. On portait toujours devant ses armes une image de la Vierge, afin que sa vue remplît les soldats d'ardeur, de confiance en Dieu et d'espérance de la victoire. Outre cette image, autour de laquelle se ralliaient ses fidèles soldats, le roi en portait lui-même une petite sur sa poitrine, et il la suspendait à l'arçon de sa selle, quant il marchait au combat : c'est la fameuse statuette de Notre-Dame des Batailles que l'on conserve encore aujourd'hui à Séville.

Ferdinand se préparait à former le siège de Jaén, quand il apprit la nouvelle de la mort de son père. Il devint dès lors héritier du royaume de Léon, qui depuis a toujours été uni à celui de Castille. Mais ce ne fut qu'après trois ans de luttes qu'il se vit possesseur paisible de ses nouveaux États. Lorsqu'il eut soumis ceux qui lui disputaient l'héritage paternel, il reprit les armes contre les Maures et fit le siège d'Abéda, qui ne fut emporté qu'après une longue résistance. Vers le même temps, son fils l'infant Alphonse, à la tête de 1 500 hommes seulement, battit à Xérès l'armée formidable d'Abenbut, roi de Séville, divisée en sept corps, dont chacun était plus nombreux que l'armée chrétienne. Cette victoire, qui ne coûta que dix soldats à Alphonse, fut regardée partout comme un miracle de la protection divine. Les Maures prisonniers déposèrent qu'ils avaient vu à la tête de leurs ennemis, l'apôtre saint Jacques monté sur un cheval blanc, et avec l'armure d'un cavalier. Plusieurs chrétiens rendirent aussi le même témoignage.

La joie que causait au roi de si glorieuses victoires, fut troublée par une amère douleur. En 1236, Ferdinand perdit sa vertueuse épouse, la reine Béatrix. Ce coup, qui l'avait trouvé extrêmement sensible, ne put cependant

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dant l'abattre. Il puisa dans la grandeur de sa foi, la force pour supporter la perte de cette épouse bien-aimée, et après les premières larmes, que lui arrachait une trop juste douleur, il reprit le cours de ses opérations guerrières. Pendant que Jacques d'Aragon enlevait aux Maures le royaume de Majorque, lui achevait la conquête de Baëça et de Cordoue. Cette dernière ville, qui renfermait trois cent mille habitants, était entre les mains des infidèles depuis cinq cent vingt-quatre ans, et elle avait été longtemps la capitale de leur empire en Espagne. Ferdinand y fit son entrée le jour de saint Pierre et de saint Paul, en 1236, et l'on vit un prince chrétien occuper le palais d'Abdéram le Grand, trois siècles après l'époque où il fut construit. La grande mosquée fut purifiée par Jean, évêque d'Osma, et convertie en église sous l'invocation de la mère de Dieu. Elle est encore aujourd'hui la cathédrale de Cordoue; c'est un chef-d'œuvre d'architecture mauresque, où l'on compte douze mille colonnes. Al-Manzour y avait fait apporter les cloches de Compostelle sur les épaules des chrétiens, et Ferdinand les fit reporter en Galice sur celles des Maures.

L'année suivante, le roi, par les conseils de sa mère et les sollicitations de Blanche, reine de France, épousa Jeanne de Ponthieu qui lui donna deux fils et une fille. Cette princesse vécut toujours dans la plus parfaite union avec Ferdinand et Bérengère, et imita leur ferveur dans les exercices de piété. Lorsqu'au printemps le roi se mettait à la tête de ses armées, Jeanne demeurait auprès de Bérengère et l'aidait ordinairement dans l'administration des affaires intérieures de l'État.

Dans les campagnes qui suivirent la prise de Cordoue, Ferdinand s'empara de vingt-quatre places, dont Ecija fut la première, et la dernière Moron. Alors les rois Maures de Murcie et de Grenade se déclarèrent ses vassaux. Après la mort d'Abenbut, Séville s'était érigée en république. Ferdinand résolut de l'attaquer avec toutes ses forces. Après deux ans de préparation, il s'avança contre elle. Séville était la ville la plus forte et la plus peuplée d'Espagne. Elle avait une double enceinte de murailles très-hautes et fort épaisses, et elle était flanquée de cent soixante-six tours. Le Guadalquivir défendait la partie occidentale; au pied du mur intérieur était un fossé large et profond. Les assiégés tiraient d'ailleurs leurs vivres du fameux Jardin d'Hercule, auquel ils ont donné le nom d'Axarafa. C'est le plus fertile et le plus délicieux canton de l'ancienne Bétique. Il a dix lieues de long, cinq de large et trente de circuit. Outre un grand nombre de bourgs et de châteaux, on y comptait cent mille fermes ou métairies. Il est à la droite du Guadalquivir, et sa communication avec la ville était défendue par le château de Triana.

La flotte de Ferdinand défit celle des Maures. Le saint roi, avec ses forces de terre, empêchait l'arrivée des secours envoyés d'Afrique, et remportait tous les jours de nouveaux avantages sur les ennemis. Enfin, après seize mois d'une vigoureuse résistance, la ville se rendit le 23 novembre 1249. Les Maures obtinrent un mois pour disposer de leurs effets. Trois cent mille se retirèrent à Xérès, et cent mille passèrent en Afrique. Axataf, gouverneur des infidèles à Séville, étant arrivé sur une hauteur d'où l'on découvrait la mer d'un côté et la ville de l'autre, fixa ses yeux sur ce beau pays qu'il abandonnait, et dit en pleurant : « Il n'y a qu'un favori de Dieu qui ait pu, avec si peu de monde, prendre une ville si forte et si peuplée. C'était écrit. Sans un décret du ciel, nulle puissance humaine n'eût pu l'enlever aux Maures ». Le saint roi rendit à Dieu de solennelles actions de grâces, et implora la protection de la sainte Vierge devant la célèbre image

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que l'on voit encore à Séville et dite Notre-Dame des rois. Il fit rebâtir la cathédrale avec une telle magnificence, qu'elle ne le cède à aucune église de la chrétienté, si l'on excepte celle de Tolède. Vers le même temps, il ajouta à ses domaines plusieurs autres villes, telles que Xérès, Médina, Sidonia, Cadix, Arcos, Lebrexa, etc. Il préparait une expédition contre les Maures d'Afrique, lorsqu'il fut atteint de la maladie qui devait le ravir à l'amour de ses peuples. Averti que sa fin approchait, il fit une confession de toute sa vie et demanda le saint Viatique, qui lui fut apporté par l'évêque de Ségovie, suivi du clergé et de la cour. Le fervent monarque, à la vue du saint Sacrement, se jeta hors de son lit pour se mettre à genoux; il avait la corde au cou, comme un criminel, tenant dans ses mains un crucifix qu'il baisait et arrosait de ses larmes. Dans cette posture, il s'accusa tout haut de ses péchés. Ce n'étaient que des fautes légères qui échappent au plus juste. Il fit ensuite un acte de foi plein d'amour, et reçut le corps du Sauveur avec les sentiments de la plus tendre dévotion. Il appela ses enfants avant de mourir, leur donna sa bénédiction et ses derniers avis, puis il expira tranquillement, le 30 mai 1252, dans la cinquante-troisième année de son âge et la trente-cinquième de son règne. On l'enterra devant l'image de la sainte Vierge dans la grande église de Séville où l'on garde encore son corps dans une belle chasse. Son tombeau fut honoré de plusieurs miracles. Clément X le canonisa en 1671.

Saint Ferdinand aimait à s'intituler porte-enseigne de saint Jacques. Aussi le représente-t-on avec la bannière de l'Apôtre marquée de la croix de Calatrava d'une main et l'épée de l'autre; cette épée qu'il tira si glorieusement pour le nom de Dieu. Il tient en main une clef: c'est celle de Cordoue et de Séville. On peut voir dans cette clef, soit le symbole de la conquête de ces deux villes, soit la traduction d'un événement historique. Les historiens Espagnols racontent qu'une clef fatidique conservée à Séville, portait ces mots:

Biea abrira, Bey entrara.

Dieu ouvrira, Le roi entrera.

Lorsque les assiégés virent que, malgré ses faibles ressources, Ferdinand remportait chaque jour de nouveaux avantages, ils jugèrent que la résistance devenait inutile et allèrent présenter la clef prophétique au vainqueur. On conserve encore deux de ces clefs à la cathédrale de Séville. — Une gravure reproduite par le Père Cahier, dans ses caractéristiques, représente le saint roi en pied, la couronne et le heaume sur la tête; tenant de la main droite une clef; sa main gauche serre sur son cœur la statuette de Notre-Dame des Batailles; armes de Castille sur la poitrine; costume des guerriers du moyen âge: cotte de mailles, cuirasse, gantelets, etc.

Nous avons emprunté cette Vie à la Vie des Saints de M. l'abbé Catilot.

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SAINT URBICE.

Vers le temps des pontifes romains Vigile et Pélage, florissait, à Mehun-sur-Loire, Urbice, disciple de saint Lifard, qui vivait en ermite dans un désert. Il imita parfaitement toutes les vertus de son maître, en particulier son obéissance. À force d'obéir ponctuellement aux ordres de son

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maître, il obtint, nouveau saint Maure, de faire des miracles. Sa sainteté fut éclatante; et après l'avoir pris pour compagnon et pour auxiliaire dans la fondation du monastère de Mehun, qui devint plus tard un collège de chanoines (une collégiale), saint Lifard, sachant que sa fin était proche, voulut le désigner pour lui succéder.

L'évêque Marc, qui gouvernait alors l'église d'Orléans, apprenant la nouvelle de la mort de Lifard, se rendit en toute hâte à Mehun, pour lui rendre les honneurs de la sépulture ecclésiastique. Les obsèques achevées, ce prélat, qui connaissait Urbice pour être comblé des dons du ciel, et qui n'ignorait pas qu'il avait succédé au bienheureux Lifard, lui donna sa bénédiction et le confirma dans sa fonction d'abbé.

Son prédécesseur n'avait laissé qu'un monastère étroit et de petite apparence; Urbice l'agrandit et l'éleva à une plus grande hauteur. Mais son principal soin fut de faire régner l'observance régulière parmi ses frères. Il atteignit lui-même le plus haut degré de la perfection monastique, et s'acquitta très-saintement de ses devoirs; après quoi il émigra de ce monde vers Dieu, à la fin du VIe siècle.

Propre d'Orléans.

Événements marquants

  • 1226 : Début des campagnes contre les infidèles
  • 1230 : Héritier du royaume de Léon à la mort de son père
  • 1236 : Prise de Cordoue et mort de la reine Béatrix
  • 1249 : Prise de Séville après seize mois de siège
  • 1671 : Canonisation par Clément X

Miracles

  • Apparition de l'apôtre saint Jacques sur un cheval blanc lors de la bataille de Xérès
  • Miracles posthumes sur son tombeau à Séville

Citations

Je crains plus les malédictions d'une pauvre femme qu'une armée de Maures

— Texte source (réponse à un projet de taxes)

Seigneur, vous sondez les cœurs ; vous savez que je cherche votre gloire, et non pas la mienne.

— Texte source

Date de fête

30 mai

Époque

13ᵉ siècle

Décès

30 mai 1252 (naturelle)

Catégories

Patron(ne) de

Autres formes du nom

  • Ferdinand III (fr)
  • Fernando III (es)

Prénoms dérivés

Ferdinand, Fernand, Fernando

Famille

  • Alphonse (père)
  • Bérengère de Castille (mère)
  • Saint Louis (cousin)
  • Blanche de Castille (tante)
  • Béatrix de Souabe (épouse)
  • Jeanne de Ponthieu (épouse)
  • Alphonse (l'infant) (fils)