Bienheureux Alvarez de Cordoue

Confesseur et Prédicateur

Fête : 19 fevrier 15ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Dominicain espagnol du XIVe et XVe siècles, Alvarez de Cordoue fut un grand prédicateur en Europe et en Palestine. Confesseur de la reine Catherine de Castille, il fonda le couvent de Santa-Curli et lutta activement contre le schisme d'Occident avant de mourir en 1420.

Biographie

LE BIENHEUREUX ALVAREZ DE CORDOUE (1420).

Alvarez de Cordoue, né vers le milieu du XIVe siècle, prit l'habit de Saint-Dominique en 1368. Son attrait pour les austérités lui faisait ajouter à la sévérité de la règle des pratiques très rigoureuses. Il portait le cilice avec une chaîne de fer qui lui servait de ceinture. L'humilité, la charité, l'esprit d'oraison, telles étaient les principales vertus qu'on admirait en lui, et qui éclatèrent aux yeux du peuple lorsqu'il se livra au ministère de la prédication.

Après avoir donné des missions dans les royaumes d'Andalousie et de Castille et ramené à Dieu une grande multitude de pécheurs, il passa en Italie et de là en Palestine, où les efforts de son saint ministère ne furent pas moins consolants. De retour en Castille, l'an 1405, il y reprit l'œuvre qu'il avait si heureusement commencée.

Après la mort de Henri II, roi de Castille, la reine Catherine, sa veuve, le choisit pour son confesseur, lui donna toute sa confiance, et le fit son conseiller intime. Il profita de sa position influente à la cour pour faire honorer la piété et la religion. Les fonctions qu'il exerçait auprès de la reine lui devenant tous les jours plus difficiles, il obtint d'en être déchargé, et cette princesse, en le congédiant, le mit en état de bâtir un couvent de son Ordre, se chargeant de contribuer à tous les frais de cet établissement. Alvarez le fit construire sur une montagne à deux lieues de Cordoue, et lui donna le nom de Santa-Curli, c'est-à-dire Échelle du ciel, mais il refusa la riche dotation que la reine et le jeune roi Jean II, son fils, voulaient y attacher.

Lorsqu'il s'y fut retiré, il vit bientôt arriver un grand nombre de religieux et de novices qui se présentaient pour vivre sous sa conduite. Il contribua beaucoup à l'extinction du schisme d'Occident par les efforts qu'il fit pour détacher de Pierre de Lune les partisans nombreux qu'il conservait en Espagne. Digne imitateur de saint Vincent Ferrier, il faisait dans l'Andalousie ce que cet homme apostolique faisait dans différents royaumes, et ses missions ne finirent qu'avec sa vie. Il mourut le 19 février 1420, et divers miracles attestèrent sa sainteté. Bientôt on l'invoqua comme Bienheureux, et son tombeau devint célèbre par le concours des pèlerins qui venaient réclamer son intercession. Son culte a été autorisé par Benoît XIV qui l'a étendu à tout l'Ordre de Saint-Dominique.

Année dominicaine.

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## LA BIENHEUREUSE ÉLISABETH PICENARDI (1468).

Élisabeth eut pour parents deux nobles habitants de Mantoue, nommés Léonard Picenardi et Panie Nuvoloni. Cette dernière s'occupa avec soin de l'éducation d'Élisabeth et la forma de bonne heure à la pratique des vertus chrétiennes ; la pieuse enfant aimait à se retirer dans une petite cellule, et là elle méditait la parole de Dieu ; ses seules récréations étaient d'aller de la maison de ses parents à l'église de Saint-Barnabé, où elle se faisait remarquer par sa piété. Ses qualités et ses vertus attirèrent bientôt les regards et de nombreux partis se présentèrent ; mais Élisabeth, qui avait consacré à Dieu sa virginité, les refusa tous, et, avec la permission de son père, s'étant retirée chez une sœur qu'elle avait, elle entra dans le Tiers Ordre des Servites.

Dès lors elle mena un genre de vie bien plus parfait encore. Sa prière était continuelle, et elle mortifiait son corps de toutes les manières ; chaque jour elle se confessait et recevait la sainte Eucharistie. L'exemple de ses vertus attira un certain nombre de jeunes filles qui voulurent se mettre sous sa conduite ; Élisabeth les édifia, et les forma si bien à la piété, qu'elles voulurent entrer dans le Tiers Ordre. Une vie si parfaite lui mérita les faveurs du ciel. On assure que jamais elle ne pria en vain la Sainte Vierge ; on la regardait comme une excellente avocate auprès de Dieu et de Marie. L'estime dont on l'entourait et les grâces particulières qu'elle recevait de Dieu, n'amoindrirent aucunement son humilité ; elle voulait toujours se faire passer pour la plus criminelle et la plus méprisable des créatures. À l'âge de quarante ans, elle fut atteinte d'une maladie d'entrailles qui la conduisit au tombeau ; elle mourut le 19 février 1468. Son corps, selon son désir, fut porté à l'église de Saint-Barnabé, et il s'y opéra un grand nombre de miracles. Ses reliques furent, après plusieurs translations, déposées en 1779 dans la chapelle de la famille Picenardi, dans le diocèse de Crémone, en un lieu nommé le Champ des Tours : elles y sont encore maintenant conservées avec respect.

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## XXe JOUR DE FÉVRIER

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## MARTYROLOGE ROMAIN.

A Tyr, en Phénicie, la mémoire des bienheureux martyrs (Dieu seul connaît leur nombre), qui, sous l'empereur Dioclétien, furent mis à mort par le gouverneur militaire, Véturius, avec des supplices nombreux, et se succédant les uns aux autres. Premièrement, ils furent déchirés par tout le corps à coups d'étrivières, ensuite livrés à toutes sortes de bêtes féroces dont la vertu divine les délivra sans lésion ; enfin la rigueur du fer et du feu ayant été employée, ils consommèrent leur martyre. Ceux qui animaient cette troupe glorieuse à poursuivre la victoire étaient les évêques Tyrannion, Sylvain, Pélée et Nil, et le prêtre Zénobe, qui, par un heureux combat, gagna avec eux la palme du martyre. 304 et 310. — Dans l'île de Chypre, les saints martyrs Petame et Némèse. — À Constantinople, saint Éleuthère, évêque et martyr. 499. — En Perse, la naissance au ciel de saint SADOTH, évêque, et de cent vingt-huit autres, qui, sous Sapor, roi des Perses, ayant refusé d'adorer le soleil, acquirent de brillantes couronnes par une mort cruelle. 342. — À Calame, en Sicile, saint Léon, évêque, qui brilla par ses vertus et ses miracles. VIIIe s. — Le même jour, saint EUCHER, évêque d'Orléans, que Dieu releva d'autant plus par l'éclat des miracles, que ses environs l'opprimèrent davantage par leurs calomnies. 738. — À Tournai, en Belgique, saint ÉLÉUTHÈRE, évêque et confesseur. 531. — À Thérouanne, le bienheureux Didier, trente-troisième évêque de cette ville. Après avoir gouverné son église pendant vingt-deux ans, il alla mourir dans un monastère près de Mons. 1194.

## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

A Liège, saint Eucher, aussi évêque et confesseur. — Au même lieu, saint Falcon, frère et successeur du précédent. — À Autun, saint Gal, prêtre. — En Irlande, saint Bolcain, évêque, qui avait passé une grande partie de sa vie en France. Vers 600. — À Tarbes, la fête de saint VALÈRE ou VALLIER, évêque de Consacans, dont l'entrée au ciel est marquée le 15 juillet. 564. — À Alger, saint POSSIDONIUS, évêque de Calame. — À Roubaix, la bienheureuse THÈCLE. IXe s.

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

**Martyrologe de Saint-Basile.** — À Constantinople, saint Antoine, évêque, de l'Ordre de Saint-Basile, qui florissait au temps de l'empereur Léon VI ; sa naissance au ciel est le 12 février, IXe s.

**Martyrologe de Vallombreuse et de Cîteaux.** — Saint Canut, roi et martyr, mentionné le 7 de janvier et le 16 février.

**Martyrologe des Frères Prêcheurs.** — L'octave de sainte Catherine Ricci.

**Martyrologe de l'Ordre Romano-Séraphique.** — Saint Raymond de Pennafort, confesseur, dont le jour natal est le 20 février.

**Martyrologe de l'Ordre Séraphique.** — À Bourges, la bienheureuse Jeanne de Valois, autrefois reine de France, par laquelle a été institué, sous la règle des dix vertus de la bienheureuse Vierge Marie, l'Ordre de la très-sainte Annonciation, qui est placé sous l'obédience et la direction des Frères Mineurs. Elle s'envole au ciel le 4 février.

**Martyrologe des Carmes chaussés.** — Saint Maur, abbé, dont la mémoire est rapportée le 15 de février.

**Martyrologe de l'Ordre des Servites.** — Saint Ildefonse, évêque de Tolède et confesseur, dont la naissance au ciel est célébrée le 22 février.

**Martyrologe des Capucins.** — Saint Ignace, dont le jour natal tombe le 1er de ce mois, mais qui est honoré par nous aujourd'hui.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.

En Angleterre, sainte Mildrède, vierge et abbesse de Minstrey, VIIe s. — À Rome, les saints Victor, Corona, et leurs vingt compagnons, martyrs. — À Avila, en Espagne, sainte Paule, surnommée Rarbate, c'est-à-dire barbue, vierge. On raconte que, fuyant les poursuites d'un libertin et prête à tomber entre ses mains, elle fut sauvée par un changement miraculeux qui s'opéra dans sa personne et la rendit entièrement méconnaissable : son surnom lui serait venu de la barbe qui couvrit son visage dans cette circonstance. IVe s. — En Irlande, saint Olcan ou Bolcan, évêque, qui fut baptisé par saint Fabrice. 500. — À Bethléem, en Palestine, sainte Pauline ou Paule la Jeune. Son père était fils de cette grande sainte Paule surnommée l'ancienne, honorée par saint Jérôme, et frère de sainte Eustochie, non moins exaltée par ce grand docteur ; sa mère Læta était aussi de l'une des premières familles de Rome : ces deux nobles époux gémissaient de n'avoir pas d'enfants : par leurs prières, ils obtinrent du ciel celle qui devait être sainte Pauline. Quand elle fut grande, on l'envoya à Bethléem où vivait dans la plus haute sainteté, à la tête d'une troupe de vierges, sa tante Eustochie. La vénérable Paule était morte quand la jeune Pauline arriva : elle n'avait pas eu la consolation de presser contre son sein maternel la fille de son fils tant regretté. À l'école de sa vertueuse tante, la petite-fille des consuls devint une des gloires de l'Église. Après la mort de la vierge Eustochie, Pauline continua les traditions de son illustre famille, et embauma l'Orient du parfum suave de ses vertus. 480. — En Angleterre, le bienheureux Ulric ou Ulfric, prêtre et solitaire. Il avait été d'abord un prêtre mondain. Visiblement tourmenté par les démons, dont une Sainte le délivra, il se fit remarquer ensuite par ses macérations et son austérité. Il prédit la mort du roi d'Angleterre Henri Ier, et accomplit de son vivant un grand nombre de miracles. Mathieu Pâris a écrit sa Vie. An 1154. — En Orient, saint BESSARION, solitaire de Scété. Fin du IVe s.

Événements marquants

  • Prise d'habit chez les Dominicains en 1368
  • Missions en Andalousie, Castille, Italie et Palestine
  • Retour en Castille en 1405
  • Confesseur et conseiller de la reine Catherine de Castille
  • Fondation du couvent de Santa-Curli (Échelle du ciel) près de Cordoue
  • Lutte contre le schisme d'Occident et Pierre de Lune

Miracles

  • Divers miracles attestés après sa mort attirant les pèlerins à son tombeau