Saint Flavius de Chalon-sur-Saône
Évêque de Chalon-sur-Saône
Résumé
Ancien chancelier du roi Gontran de Bourgogne, Flavius devint évêque de Chalon-sur-Saône en 580. Reconnu pour son éloquence et sa piété, il participa à plusieurs conciles majeurs et fonda l'abbaye de Saint-Pierre. Il est également l'auteur d'une hymne célèbre pour le lavement des pieds du Jeudi Saint.
Biographie
SAINT FLAVIUS, ÉVÊQUE DE CHALON-SUR-SAÔNE (vers 595).
Saint Flavius n'était pas moins distingué par ses vertus que par sa naissance. La haute considération dont il jouissait détermina saint Gontran, roi de Bourgogne, à le choisir pour son référendaire ou chancelier. Il lui confia donc le sceau royal et le soin de distribuer les aumônes. Cette charge honorable demandait un homme juste, zélé, vigilant, ferme et charitable. Flavius réunissait toutes ces qualités, et le choix de Gontran fit autant d'honneur au roi qu'à son ministre.
Après la mort de saint Agricole, en 580, le clergé et le peuple de Châlon élurent pour évêque le pieux chancelier. On pensait que ses talents pour l'administration et l'habitude de traiter d'importantes affaires lui faciliteraient l'exercice de la charge pastorale. Le roi de Bourgogne y consentit, heureux de voir choisir un évêque parmi ses principaux officiers. Les historiens du temps vantent l'éloquence de Flavius, forte et douce, également puissante à foudroyer le vice et à charmer les cœurs par les attraits de la vertu. Ce pieux évêque assista aux deux premiers conciles de Mâcon, en 581 et 585, au troisième de Lyon, en 583, et au second de Valence, en 584. On le voit encore assister à Nemours, Nemptodurum, au baptême du jeune Clotaire, fils de Frédégonde, avec Altherina de Lyon et saint Syagre d'Autun.
Saint Flavius fonda ou du moins restaura l'abbaye de Saint-Pierre, en 584. Comme ce monastère tient une grande place dans les annales de Châlon, il convient d'en retracer brièvement l'histoire. L'abbaye de Saint-Pierre était placée sur une éminence, au nord de la ville, dans un lieu où un saint ermite avait élevé un oratoire près du cimetière public. Détruite par les Sarrasins, l'évêque Gilbold la rétablit en 887, sous la Règle de Saint-Benoît, et y choisit sa sépulture et celle des chanoines. Elle fut fort endommagée par le feu du ciel, le 29 août 905. Riche et superbe en ses bâtiments, elle était comme une forteresse entourée de murs et de fossés. L'abbé de Saint-Pierre avait reçu de Clément V le droit de porter la crosse et la mitre. Les évêques de Châlon, à leur première entrée, étaient défrayés à l'abbaye pendant un jour et une nuit ; mais l'abbé les obligeait à jurer la conservation des privilèges et exemptions du monastère.
Pillée par les Calvinistes, en 1562, elle fut, l'année suivante, changée en citadelle, par ordre de Charles IX. Les moines dispersés, ayant refusé le château de Germoles, dans la crainte d'y être insultés par les Huguenots, se réunirent en la commanderie de Saint-Antoine, dont la maison leur fut adjugée par le roi. Mais sur l'opposition des Antonius, ils se retirèrent chez les Carmes. Après avoir tenté en vain de s'unir au Chapitre de Saint-Vincent, ils bâtirent une église qui fut consacrée par Pontus de Thyard.
Cette abbaye fut unie à la congrégation de Saint-Maur, en 1662, sous l'abbé Claude Esplard. Tous les religieux étaient nobles ; ils avaient leur noviciat à Chapèze. Les Bénédictins, en 1692, jetèrent les fondements d'une nouvelle basilique, dédiée le 29 août 1713, par Mgr François Madot. Elle sert aujourd'hui d'église paroissiale.
Saint Flavius mourut avant la fin du VIe siècle, et fut inhumé dans l'église de Saint-Pierre. Relevé de terre par l'évêque Gilbold, il fut canonisé par Jean VIII, en 879. Son chef, que l'on conservait à l'abbaye dans un reliquaire d'argent, fut profané et pillé par les Huguenots. Ces malheureux iconoclastes enlevèrent aussi le chef de saint Loup, que l'on a retrouvé depuis, dix châsses magnifiques où étaient les corps saints, les statues de Notre-Dame, de saint Jean-Baptiste, de saint Jacques et de saint Loup, placées aux piliers qui soutenaient la voûte du chœur, et toutes couvertes d'or fin et d'azur.
On trouve dans plusieurs anciens missels de France, et dans quelques missels autunois manuscrits ou imprimés, antérieurs au XVIIe siècle, une hymne composée par saint Flavius de Châlon, pour le lavement des pieds, le jeudi saint. Un coutumier très-ancien de l'église de Cluny affirme que saint Flavius est réellement l'auteur de cette pièce intéressante qui commence par ces mots :
Tellus et mitra jubilant In magni cœna principis.
La Cène du grand Roi remplit d'allégresse les cieux et la terre...
Cette hymne entoure le fait évangélique de quelques embellissements poétiques, que la foi et la piété expliquent facilement. — Sur un des chapiteaux de Saint-Lazare, comme dans cette hymne, Jésus-Christ, lavant les pieds de saint Pierre, est représenté assisté par des anges.
Note de M. Devouroux ; Légendaire d'Autun.
Événements marquants
- Référendaire et chancelier du roi Gontran
- Élection à l'évêché de Chalon en 580
- Participation aux conciles de Mâcon (581, 585), Lyon (583) et Valence (584)
- Assistance au baptême de Clotaire à Nemours
- Fondation ou restauration de l'abbaye de Saint-Pierre en 584
- Canonisation par Jean VIII en 879
Citations
Tellus et mitra jubilant / In magni cœna principis.