Saint Gaon (Gand)

Anachorète

Fête : 26 mai 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Neveu de saint Vandrille et allié aux rois d'Austrasie, saint Gaon renonça aux grandeurs pour la vie monastique à Fontenelle puis la solitude à Oye. Après un voyage à Rome pour enrichir l'Église de reliques et de livres, il finit ses jours en anachorète. Son culte est particulièrement vivant à Langres et en Franche-Comté, où il est devenu le patron des gantiers par paronomasie.

Biographie

SAINT GAON, ANACHORÈTE (VIIe siècle).

Saint Gaon naquit au territoire de Verdun d'une famille alliée par le sang aux rois d'Austrasie. À l'exemple de son oncle maternel, saint Vandrille, il méprisa les plaisirs et les grandeurs du monde qui l'avaient séduit quelque temps, distribua ses biens aux pauvres et s'appliqua dans la solitude à la prière et aux pratiques de la pénitence. Il passa plusieurs années avec son oncle au monastère de Saint-Romain, sur le mont Jou, en Franche-Comté. Il le suivit dans le pays de Caux et bâtit avec lui l'abbaye de Fontenelle, sur un domaine qu'ils tenaient de leur cousin Archambaut, maire du palais de Clovis II.

Après y avoir construit quatre églises, saint Gaon se rendit à Rome afin d'obtenir des reliques. Le pape Vitalien le reçut avec une extrême bonté et combla ses désirs. Gaon rapporta de précieuses reliques, des exemplaires de la Bible, des livres de liturgie et plusieurs ouvrages des anciens Pères de l'Église : en sorte que de tels voyages étaient utiles non-seulement à la religion, mais encore au progrès de la science.

On compta bientôt jusqu'à trois cents religieux à Fontenelle. Saint Gaon, qui préférait à tout la solitude absolue, se retira, du consentement de son oncle, dans un lieu sauvage nommé Oye, *Augia*, situé à deux lieues de Sézanne-en-Brie. Il y construisit un ermitage, où il finit saintement ses jours au déclin du VIIIe siècle.

Le 16 septembre 1621, son corps fut solennellement reconnu au monastère de Saint-Gaon établi à l'endroit où le solitaire était mort.

Augie, ou Oye en Champagne, ne fut d'abord qu'une simple cellule, car on ne voit pas que Gaon ait eu le titre d'abbé. Ce lieu, désolé au neuvième siècle par les invasions des Normands, fut relevé de ses ruines par une dame nommée Ève, qui y fonda un monastère. Ce nouvel établissement porta le titre d'abbaye jusqu'en 1334, époque à laquelle il fut réduit en prieuré, sous la dépendance de Montier-la-Celle. On l'appelait le prieuré de Saint-Gand.

Il est resté quelque souvenir de ce saint religieux dans la Franche-Comté, et une paroisse du diocèse de Besançon porte encore aujourd'hui son nom et l'honore comme son protecteur spécial. C'est Saint-Gand, près de Gray. On le vénère d'un culte particulier dans quelques provinces en-deçà de la Loire. Son nom a été altéré dans le langage vulgaire. Il a été appelé saint Gon, et surtout saint Gand, et c'est par allusion à cette dernière dénomination que les gantiers ou mégissiers l'ont choisi pour leur patron.

Chaque année, le 26 mai, on fait à Langres une procession solennelle dans les rues de la ville en l'honneur de saint Gaon. C'est l'accomplissement d'un vœu qui remonte à l'année 1632. Il fut déterminé par une peste qui se joignait aux malheurs de la guerre et qui enleva le tiers de la population à Langres et aux environs. Il n'était que la rénovation d'un premier vœu fait au commencement du XVIIe siècle. On portait à cette procession des reliques de l'anachorète qui étaient précieusement enchâssées. Elles étaient au trésor de l'église de Saint-Pierre. On célèbre dans tout le diocèse la fête de saint Gaon qui, du reste, ne lui appartient ni par sa naissance ni par aucune circonstance de sa vie.

Cf. Baillet, Boll., Saints de Franche-Comté, Saints de la Haute-Marne.

Événements marquants

  • Distribution de ses biens aux pauvres
  • Séjour au monastère de Saint-Romain sur le mont Jou
  • Fondation de l'abbaye de Fontenelle avec saint Vandrille
  • Voyage à Rome auprès du pape Vitalien pour obtenir des reliques et des livres
  • Retraite dans la solitude à Oye (Augia) près de Sézanne-en-Brie
  • Reconnaissance solennelle de son corps le 16 septembre 1621

Miracles

  • Cessation de la peste à Langres suite à un vœu et une procession en son honneur

Date de fête

26 mai

Époque

7ᵉ siècle

Décès

Déclin du VIIIe siècle (naturelle)

Invoqué(e) pour

protection contre la peste

Autres formes du nom

  • Gon (fr)
  • Gand (fr)
  • Augia (la)

Prénoms dérivés

Gaon, Gon, Gand

Famille

  • Saint Vandrille (oncle maternel)
  • Archambaut (cousin)
  • Rois d'Austrasie (allié par le sang)