Saint Gundelbert
Archevêque de Sens, Fondateur de l'abbaye de Senones
Résumé
Archevêque de Sens au VIIe siècle, Gundelbert quitta son siège en raison des guerres civiles pour se retirer dans la solitude des Vosges. Il y fonda l'abbaye de Senones en 661 sur un terrain concédé par le roi Childéric II. Il finit ses jours dans l'austérité, possiblement lors d'un pèlerinage à Moyenvic.
Biographie
SAINT GUNDELBERT, ARCHEVÊQUE DE SENS,
FONDATEUR DE L'ABBAYE DE SENONES
Entre 646 et 730. — Papes : Saint Eugène Ier ; Vitalien. — Roi de Bourgogne et de Neustrie : Clotaire II. — Roi d'Austrasie : Childéric II.
D'après le moine Richer, en sa chronique, Gundelbert, de nation franque, méritait par sa science et ses vertus l'honneur de monter sur le siège archiépiscopal de Sens, au duché de Bourgogne. Il se livra tout d'abord avec un zèle d'apôtre aux fonctions de son éminente dignité, ne cherchant, en tous ses actes, autre chose que la gloire de Dieu, la propagation de l'Évangile et la sanctification de ses ouailles. Mais les troubles suscités par les intrigues de Frédégonde et de Brunechilde, selon les uns, et, selon d'autres, par les combats sanglants que se livraient les rois Théodoric et Théodebert, paralysant ses efforts, il remit en d'autres mains sa houlette pastorale, disposa de son patrimoine et, suivi de quelques clercs, il s'éloigna pour se livrer, dans le calme de la solitude, à la prière et à la méditation des vérités éternelles.
Parvenu jusqu'aux montagnes des Vosges, il s'arrêta et résolut de se fixer dans un lieu hérissé de forêts, absolument inhabité et arrosé par une petite rivière que la rapidité de son courant a fait nommer Rabode. Informé que ce lieu était du domaine de Childéric II, roi d'Austrasie, il alla demander à ce prince la permission d'y élever une demeure, ce qu'il obtint avec l'abandon complet d'une superficie de terrain à laquelle Dom Calmet donne quinze lieues (60 kilomètres) de circonférence. Le diplôme qui assure à Gundelbert cette royale concession est de l'an 661. Bientôt les nouveaux solitaires, à la suite de leur chef, eurent abattu des arbres séculaires, mis en culture un espace de terrain qu'ils rendirent fertile, et construit un monastère auquel le saint archevêque donna le nom de la ville qu'il avait habitée : Sens, en latin Senonæ, dont on a fait en français Senones.
Dans son XIXe opuscule, intitulé : *De l'abdication de l'épiscopat*, adressé au pape Nicolas II, saint Pierre Damien s'exprime ainsi sur notre
SAINT FÉLIX, ÉVÊQUE DE METZ. 615
Saint : Que dirai-je de Gundelbert, cet illustre archevêque de Sens ? Brûlant d’un céleste désir, il quitta l’Église qui lui avait été confiée, pour construire, dans un lieu nommé *Grandiacium*, le monastère de Senones, qu’il appela ainsi du nom du diocèse qu’il avait auparavant administré.
Le temps et le lieu du trépas de saint Gundelbert sont restés longtemps indéterminés ; encore aujourd’hui ne les connaît-on que par approximation. Richer se restreint à dire : « Mais parce qu’on ne trouve rien de certain de sa sépulture, j’ay mieux aimé n’en rien écrire que d’en susciter chose douteuse à la postérité, obstant qu’aucuns tiennent qu’il repose avec autres de ses compagnons saints au lieu de Moyenvic ». Jean Ruyr répète la même chose, à peu près dans les mêmes termes, au livre IV (IIe partie) des Saintes Antiquités de la Vosge ; mais au chapitre VII de la 3e partie « selon que les Autheurs ou Manuscrits » le lui ont fourni, il assigne environ l’an 720 pour celui de la mort du saint fondateur de Senones. Enfin, Dom Calmet rapporte, d’après Richer, qu’on tient que « ce saint prélat étant allé en pèlerinage à Moyenvic, pour y visiter les reliques des saints Pient, Agent et Colombe, y décéda et y fut inhumé. Mais », continue-t-il, « nous n’avons aucun monument certain de ce fait ». Il paraît fort extraordinaire qu’un personnage de ce mérite, archevêque d’un grand siège, fondateur d’un célèbre monastère, père d’un grand nombre de religieux, soit demeuré inconnu jusqu’au point qu’on ignore où il est mort et le lieu de sa sépulture. Cela prouve beaucoup mieux la grande retraite, l’extrême désintéressement, le peu de curiosité et d’amour-propre de ces saints solitaires, que leur indifférence pour leur père et fondateur.
Nous devons cette notice à M. l’abbé Guillaume, chan. hon., aum. de la chapelle ducale, à Nancy.
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## SAINT FÉLIX, ÉVÊQUE DE METZ (128).
Félix fut, après saint Clément, père et apôtre de l’église de Metz, dont il avait été l’actif coopérateur, le troisième évêque de ce siège. Il posséda toutes les vertus épiscopales, et s’illustra par de saintes veilles. Il gouverna son église pendant quarante-deux ans, triompha de beaucoup de persécutions et parvint enfin à la patrie céleste. Il fut enseveli dans la crypte de l’oratoire que saint Clément avait construit en l’honneur de saint Pierre, prince des Apôtres.
Bientôt, pour honorer la mémoire du bienheureux prélat, fut érigée, sous son nom, une basilique, dans laquelle éclatèrent des signes de la puissance divine. La vénération du peuple pour saint Félix ne fit qu’augmenter avec le temps, et, au XIe siècle, l’empereur saint Henri voulut enrichir de ses reliques la basilique de Wurtzbourg qu’il avait construite, où elles sont honorées très-religieusement. Au 128.
### Propre de Metz.
646 22 FÉVRIER.
Événements marquants
- Accession au siège archiépiscopal de Sens
- Abdication de l'épiscopat suite aux troubles politiques
- Retraite dans les Vosges avec quelques clercs
- Obtention d'une concession territoriale de Childéric II en 661
- Fondation du monastère de Senones
- Pèlerinage et mort possible à Moyenvic
Citations
Brûlant d’un céleste désir, il quitta l’Église qui lui avait été confiée, pour construire, dans un lieu nommé Grandiacium, le monastère de Senones