Saint Jean de Capistran

Général de l'Ordre des Frères Mineurs et Légat du Saint-Siège

Fête : 23 octobre 15ᵉ siècle • saint

Résumé

Juriste de renom devenu franciscain après une épreuve carcérale, Jean de Capistran fut l'un des plus grands prédicateurs du XVe siècle. Surnommé l'Apôtre de l'Europe, il parcourut le continent pour réformer son ordre et combattre les hérésies. Il est célèbre pour avoir mené l'armée chrétienne à la victoire lors du siège de Belgrade contre les Turcs.

Biographie

SAINT JEAN DE CAPISTRAN,

GÉNÉRAL DE L'ORDRE DES FRÈRES MINEURS ET LÉGAT DU SAINT-SIÈGE

Si Dieu ne se proposait de mettre en possession de son héritage ceux qui sont éprouvés, il ne prendrait pas soin de les former par la tribulation.

Saint Antoine.

Jean naquit à Capistran, petite ville de l'Abruzze, au royaume de Naples, d'un gentilhomme angevin, qui s'était marié en ce pays en allant avec Louis, duc d'Anjou, son seigneur, au secours du roi de Naples. Lorsqu'il eut achevé ses humanités, il vint à Pérouse étudier le droit canon et le droit civil, et il se rendit si habile en l'un et en l'autre, que sa réputation vola par toute l'Italie, et qu'on lui donna, dans Pérouse même, une charge de judicature assez considérable. La sagesse et l'intégrité avec lesquelles il s'en acquitta, fit qu'un des principaux du pays lui offrit sa fille unique en mariage, et Jean accepta cette proposition.

Tout lui souriait dans le monde; la fortune et les honneurs étaient venus à lui, et l'avaient fait, en peu de temps, un des heureux de la terre. Mais Dieu, qui ne l'avait pas doué de belles qualités pour en faire un esclave du monde, permit qu'une amertume salutaire vînt se mêler à ses joies. En un instant, le cours de sa prospérité fut entravé, et les flatteuses espérances de sa fortune se trouvèrent dissipées.

Les habitants de Pérouse, s'étant ligués contre le roi de Naples, eurent à soutenir une guerre qui ne fut pas à leur avantage. Comme Jean était né sujet du roi de Naples, il fut soupçonné de favoriser le parti de ce prince

et d'entretenir des intelligences avec son armée. On l'arrêta : il eut beau se justifier et prouver jusqu'à l'évidence qu'il n'avait voulu que ménager un accommodement entre les deux partis, il n'en fut pas moins jeté en prison, où il attendit longtemps et vainement que le roi de Naples s'intéressât en sa faveur. Cet oubli d'un prince dont il avait servi les intérêts, et l'ingratitude des habitants de Pérouse firent faire au prisonnier de sérieuses réflexions sur l'instabilité et le néant des biens de ce monde. En même temps, sa jeune épouse mourut, et, tous ses liens étant brisés, il résolut de ne plus servir d'autre maître que Dieu.

Par son ordre, ses biens furent vendus, sa rançon fut payée ; et, de sa prison, il passa au monastère du Mont, près de Pérouse, où la Règle de Saint-François était observée dans toute sa pureté. Il y fut reçu ; mais le gardien, craignant que cette vocation ne fût l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver par tout ce qu'il put imaginer de plus humiliant et de plus pénible.

Il ordonna au postulant de faire le tour de la ville de Pérouse, monté sur un âne, couvert d'un mauvais habit, et portant sur la tête un écriteau où divers péchés étaient écrits. C'était une étrange épreuve pour un homme qui avait paru avec éclat dans la ville, et qui s'y était fait une haute réputation de sagesse, de prudence et de discrétion. Mais Jean n'avait pas quitté le monde à demi ; il fut ravi de pouvoir étouffer en lui, dans cette occasion, jusqu'aux derniers restes de l'esprit du monde. Après une telle épreuve, les autres humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus rien. Pourtant elles furent terribles. Comme il avait commencé tard, Dieu voulut le faire avancer rapidement par des actes héroïques ; mesurant la profondeur des fondements à la hauteur future de l'édifice, le Seigneur l'exerça par des humiliations proportionnées au grand dessein qu'il avait sur lui. Par deux fois, Jean fut chassé et du noviciat et du couvent, comme incapable de remplir jamais même les derniers emplois de la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres eux-mêmes qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs, en dissipant toutes leurs craintes ; Jean fut reçu de nouveau et, enfin, admis à la profession.

Avant sa première communion religieuse, il jeûna trois jours, sans prendre aucun aliment, et passa tout ce temps dans des prières et des larmes continuelles. Devenu profès, il entreprit une vie tout à fait admirable. Il affligeait sa chair par de fréquentes disciplines et des jeûnes presque continus : il ne mangeait qu'une fois le jour, et, bien que la viande ne fût pas défendue dans son Ordre, il resta trente-six ans sans en manger. Il n'avait point d'autre lit que le plancher, et son sommeil n'était ordinairement que de deux ou trois heures. Les sept premières années, il ne se servit point de sandales, ni dans le couvent, ni dehors, mais marcha toujours pieds nus sur la terre. Il ne cherchait point à adoucir les incommodités des voyages, et ce ne fut que dans la vieillesse, où les forces lui manquèrent, qu'on put le résoudre à aller autrement qu'à pied. Il aimait tellement la pauvreté, qu'il ne voulait que des habits vils, étroits, usés et couverts de pièces. L'honneur lui était insupportable, et il le fuyait avec plus d'empressement que les ambitieux n'en ont pour se le procurer. Outre l'office divin qu'il récitait avec une dévotion angélique, il disait tous les jours les Heures de Notre-Dame, l'office des Morts, les sept Psaumes de la pénitence et d'autres Oraisons particulières ; et si ses occupations l'avaient

23 OCTOBRE.

empêché de s'en acquitter, il trouvait le temps en d'autres jours de les répéter deux ou trois fois. Étant ordonné prêtre, ce qui arriva lorsqu'il eut fait ses vœux, il disait chaque jour la messe les larmes aux yeux, et d'une manière si sainte et si pieuse, qu'il inspirait de la piété à tous les assistants. Il avait aussi ses temps réglés pour l'oraison mentale et la méditation.

Ses principaux emplois furent de secourir les malades dans les hôpitaux et de prêcher de tous côtés la parole de Dieu. Il y réussit si admirablement, qu'il y a peu de prédicateurs dans le cours de tous les siècles ecclésiastiques qui lui pussent être comparés. Le général de son Ordre, voyant ses austérités, sa mortification, sa dévotion et son zèle pour le salut des âmes, dit de lui, comme par un esprit prophétique, qu'il serait l'ornement de la religion et le modèle de toutes les vertus régulières. Il se fit le disciple de saint Bernardin de Sienne, tant pour son propre avancement spirituel, que pour se rendre plus capable, sous sa conduite, d'annoncer aux peuples la parole de Dieu ; et il n'est pas possible de dire combien il profita dans une si sainte école. Il en donna d'illustres témoignages, soit dans les livres qu'il composa, qui sont pleins de piété et d'érudition ; soit dans les discussions publiques, où il parut toujours comme un homme d'une capacité extraordinaire ; soit dans les conférences particulières, où il répondait sur-le-champ à toutes sortes de questions, quelque épineuses qu'elles fussent ; soit enfin par une infinité de belles actions, qui lui méritèrent l'approbation de toutes les personnes honorables. Il puisa, pour ainsi dire, dans le cœur de ce Saint une dévotion sainte et respectueuse envers la sainte Vierge. Lorsqu'il prêchait ses louanges, on lui voyait le visage tout en feu et éclatant de lumière. Sédulius, célèbre écrivain de son Ordre, proteste en avoir été témoin oculaire. Un jour qu'il publiait ses grandeurs, il parut sur sa tête une étoile d'une admirable splendeur, et une autre fois cette Reine des anges lui présenta elle-même un calice plein d'une liqueur céleste, dont la suavité lui remplit tout le cœur d'une joie inexplicable. Dans sa reconnaissance pour les instructions qu'il avait reçues d'un si excellent maître, il alla à Rome pour le justifier des calomnies qu'on avait semées contre lui, comme s'il eût enseigné des erreurs, sous prétexte d'inspirer la dévotion envers le saint Nom de Jésus. Et il l'en justifia si parfaitement en présence du Pape et des cardinaux, qu'ils reconnurent très-évidemment l'innocence du saint accusé.

Mort à lui-même, Jean ne vivait plus que de Jésus et de Jésus crucifié. Sa vie était une oraison continuelle, que les travaux les plus actifs ne pouvaient interrompre. Lorsqu'il était à genoux, aux pieds du crucifix ou devant le tabernacle, on l'eût dit ravi en extase ; les larmes qui coulaient de ses yeux manifestaient les sentiments d'amour séraphique dont son cœur débordait. À l'amour ardent qu'il avait pour Jésus-Christ, répondait sa tendre dévotion envers la très-sainte Vierge Marie. « La Providence », disait-il, « m'a donné le nom de Jean, pour que je sois le fidèle disciple de Jésus, et le fils très-aimant de Marie ».

Prêchant un jour à Aquila, il commentait, en les appliquant à Marie, ces paroles de l'Apocalypse : *Signum magnum apparuit in cælo* : « un signe admirable a paru dans le ciel » ; tous les assistants purent voir une brillante étoile qui planait au-dessus de l'auditoire, en projetant ses rayons sur le visage du saint prédicateur.

La Marche d'Ancône, la Pouille, la Calabre et tout le royaume de Naples furent les premiers théâtres où s'exerça le zèle de Jean de Capistran. Mais bientôt il fallut à ce nouveau Paul des horizons plus vastes ; il parcourut successivement la Lombardie, l'État de Venise, la Bavière, l'Autriche, la Carinthie, la Moravie, la Bohème, la Saxe, la Pologne et la Hongrie, et partout il opéra des conversions éclatantes. À la fin d'un sermon qu'il fit à Aquila sur la vanité et les dangers du monde, les femmes apportèrent leurs vains ornements et tous les objets qui avaient été si souvent des occasions de péché pour elles et pour les autres, et elles les précipitèrent dans un grand feu allumé près de la chaire: On vit arriver la même chose à Nuremberg, à Leipsick, et en plusieurs autres endroits. À Prague, en Bohème, à la suite de son sermon sur le jugement dernier, plus de cent jeunes hommes embrassèrent la vie religieuse, la plupart dans l'Ordre de Saint-François.

En Moravie, il convertit quatre mille Hussites, et composa un livre pour combattre leurs erreurs. Les Juifs eux-mêmes ressentirent les effets du zèle de cet Apôtre infatigable; leur endurcissement ne put tenir contre la charité d'un homme si puissant en œuvres et en paroles; un grand nombre d'entre eux se convertirent à la suite de ses prédications. Enfin, les Turcs, ces ennemis mortels du nom chrétien, s'ils refusèrent d'ouvrir les yeux aux lumières de la foi que le Saint portait en tout lieu, furent du moins contraints de reculer devant l'activité de son zèle et l'efficacité de ses prières.

Les souverains pontifes Martin V, Eugène IV, Pie II, Nicolas V et Calixte III employèrent souvent Jean de Capistran dans d'importantes affaires. Le Saint fut successivement inquisiteur de la foi en Italie, nonce apostolique en Sicile, puis en France auprès de Philippe, duc de Bourgogne, et de Charles VII, roi de France, commissaire apostolique en Allemagne, et enfin légat et directeur de la Croisade contre les Turcs. Partout ses négociations furent couronnées de succès. Plusieurs Papes voulurent élever le Saint à la dignité épiscopale; mais tous leurs efforts et les vœux des populations vinrent échouer contre l'humilité du serviteur de Dieu.

Cependant, en travaillant avec tant de gloire au bien de toute l'Église, Jean de Capistran ne négligeait pas le bien particulier de l'Ordre de Saint-François. Partout où il passait, il faisait refleurir la discipline régulière. Par ses soins, les Chapitres généraux sanctionnèrent d'utiles règlements, destinés à faire revivre le premier esprit de l'Ordre. Enfin, il fut d'un puissant secours à saint Bernardin de Sienne dans la fondation de la réforme dite de l'Observance.

Il avait une grâce singulière pour réconcilier les ennemis. Il apaisa une grande sédition dans Rieti, en rendant la vie à un pauvre homme dont la tête avait été fendue en deux. Il reconcilia la ville d'Aquila avec Alphonse, roi d'Aragon; il réunit les nobles maisons des Oropèses et des Lauxievèses, qui entretenaient entre elles depuis longtemps une fâcheuse inimitié. Il obligea un père de pardonner à celui qui avait assassiné son fils, et qui lui en avait fait manger le foie. Enfin, il était si puissant en œuvres et en paroles, que personne ne pouvait résister à ce qu'il demandait de lui. Il a arrêté la pluie en l'air durant ses sermons; il a imposé silence à des oiseaux qui l'interrompaient pendant ce temps: un batelier malhonnête lui ayant refusé de le passer au-delà du Pô, il passa cette grande rivière à pied sec sur son manteau.

En 1455, il assista à la diète qui se tenait à Neustadt, et, par ses exhortations pleines de feu, il y anima les peuples à prendre les armes contre les Turcs, ennemis redoutables du nom chrétien. Cette guerre, néanmoins, fut différée par la mort du pape Nicolas V, qui en était le premier moteur.

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Sous Calixte III, son successeur, qui fit vœu d'employer toutes ses forces et jusqu'à la dernière goutte de son sang pour reprendre Constantinople, Ladislas, roi de Hongrie ; Jean Huniade, vayvode de Transylvanie ; George, prince de Russie, les palatins et les plus grands du royaume écrivirent au serviteur de Dieu et le conjurèrent de se rendre auprès d'eux pour relever le courage abattu des fidèles. Il y alla, après avoir obtenu la permission du Pape ; il inspira un nouveau courage à l'armée, assemblée à Bude ; enfin, par un ordre exprès de Sa Sainteté, après avoir reçu la croix des mains du cardinal de Saint-Ange, légat du Saint-Siège, il courut au secours de Belgrade, que Mahomet II avait assiégée. Il avait avec lui plus de quarante mille hommes, Français, Italiens, Allemands, Bohémiens, Polonais et Hongrois, qu'il avait ramassés par la ferveur de ses prédications ; mais il valait lui seul une armée tout entière. Il eut en chemin des assurances que les armes chrétiennes seraient victorieuses, par une flèche qu'il vit tomber du ciel, portant ces mots en lettres d'or : « Jean, ne craignez point, vous triompherez des Turcs par la vertu de mon nom et de la sainte croix que vous portez ». Cette vision dissipa la tristesse dont son cœur était enveloppé, et elle donna aussi une vigueur merveilleuse aux soldats qui en furent informés. Il approcha donc de la place ; et malgré les diligences et les efforts des Turcs, il y entra avec beaucoup de gloire. Ensuite, il soutint généreusement tous les assauts des ennemis, fit faire des sorties très avantageuses, les chassa de leurs retranchements, les défit dans leurs lignes ; et, pour comble de ses victoires, il les contraignit de lever le siège et de se retirer honteusement après plusieurs jours de tranchée ouverte. Le grand sultan, qui se faisait appeler « la terreur de l'univers », fut blessé lui-même à ce siège, d'un coup de flèche, et l'on dit que quarante mille Turcs y perdirent la vie ; fort peu de chrétiens y moururent.

Notre Saint, qui était toujours à la tête des troupes lorsqu'elles faisaient une sortie, ne reçut aucune blessure ; mais, comme si Dieu ne l'eût réservé au monde que pour cette grande action, peu de temps après il fut affligé d'une fièvre quotidienne, accompagnée de douleurs très-aiguës, et il eut des assurances que le terme de sa vie était venu. Une nouvelle si heureuse lui fit oublier la rigueur de ses maux, et il ne faisait autre chose, dans la plus grande violence de ses convulsions, que de bénir Dieu et de lui témoigner qu'il ne souffrait pas tant qu'il méritait et souhaitait de souffrir. Désirant mourir entre les bras de ses frères, il demanda d'être transporté dans leur couvent de l'Observance de Villech, près de Sirmich, en Hongrie. Le roi, la reine et tous les grands seigneurs de Hongrie l'y allèrent visiter, et sa chambre était toujours pleine de personnes de qualité, qu'il exhortait à vivre chrétiennement. Il se confessa souvent pendant sa maladie ; il reçut le Viatique, couché sur la terre ; il répondit à tous les suffrages des agonisants. Enfin, il expira saintement, le 23 octobre 1456, à l'âge de 74 ans. On pourrait justement l'appeler martyr ; car les hérétiques lui ont donné deux fois du poison pour le faire mourir, et il n'est mort effectivement que des fatigues immenses qu'il avait subies dans la défense de la ville de Belgrade contre les infidèles. Il avait refusé deux évêchés, disant adroitement pour s'excuser que, Notre-Seigneur lui ayant donné toute la terre, il n'était pas raisonnable qu'il se renfermât dans de si petits lieux.

On le représente : 1° passant l'eau sur son manteau ; 2° ressuscitant des morts ; 3° tenant son étendard orné d'une croix, et dans l'autre main trois clous.

SAINT GRATIEN, MARTYR EN PICARDIE.

[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]

Son corps, après son décès, demeura aussi beau et aussi flexible que s'il eût été encore animé; on l'expose plusieurs jours à la dévotion du peuple, et il fut ensuite enterré dans le cloître du couvent où il était décédé. Sa fosse fut garnie de chaises et de serrures de fer, de peur qu'on ne l'enlevât.

Lorsque les Turcs se rendirent maîtres de ce lieu, il fut transféré dans une autre ville. Les Luthériens pillèrent depuis sa chasse et jetèrent ses reliques dans le Danube; alors, les catholiques eurent soin de le tirer de l'eau et de le porter à Elisc, près de Vienne, en Autriche, où il reçut les hommages et la vénération des peuples.

Le révérend Père Arlus du Moustier, dans son martyrologe des Saints de l'Ordre de Saint-François, dit que Dieu a opéré une infinité de miracles par l'attouchement de son cercueil et des autres choses qui l'avaient touché; il fait aussi mention d'un manuscrit de la bibliothèque du roi, qui a pour titre: *Les miracles de frère Jean de Capistran*, où plusieurs sont marqués en détail; entre autres, jusqu'à vingt morts ressuscités, des démoniaques délivrés, des aveugles, des sourds, des muets et toutes sortes d'autres malades guéris; des captifs ont aussi été tirés de leur prison et de leurs chaises.

Le pape Léon X permit de le révérer comme un Bienheureux dans tout le diocèse de Salm, et d'y célébrer sa fête avec une messe et un office solennels. Grégoire XV a étendu cette permission à tous les religieux de son Institut; enfin, il fut canonisé par le pape Alexandre VIII, le 16 octobre 1690, et Benoît XIII publia la Bulle de sa canonisation en 1734.

Les principaux ouvrages de saint Jean de Capistran sont: 1° un Traité de l'autorité du Pape contre le concile de Bâle; 2° Le miroir des prêtres; 3° un Pénitentiel; 4° le Traité du jugement dernier; 5° le Traité de l'antéchrist et de la guerre spirituelle; 6° Quelques traités sur divers points du droit civil et canonique. Ses livres de la conception de la sainte Vierge, et de la Passion de Jésus-Christ (sur lesquels on peut consulter Benoît XIV, de Canoniz. Sanct.), ainsi que ses ouvrages contre Rockysana et les Hussites, n'ont jamais été imprimés.

*Annales Franciscaines*, L. vi; *Annales de Wedding*; *Bull. rom.*, I. XIII. — Cf. *Vies des Saints personnages de l'Anjou*, par le D. P. Dom Chassard; *Vie du Saint*, par Christophe de Vurise et Gabriel de Vérens; le P. Henri Sédulius, *Hist. Seraphica*, seu S. Franc. et aliorum SS. hujus ordinis.

Événements marquants

  • Études de droit à Pérouse et carrière de magistrat
  • Emprisonnement lors de la guerre contre le roi de Naples
  • Entrée au monastère du Mont près de Pérouse après le veuvage
  • Prédications à travers l'Europe (Italie, Allemagne, Bohême, Pologne)
  • Lutte contre les Hussites et conversion de Juifs
  • Défense de Belgrade contre Mahomet II en 1456

Miracles

  • Traversée du Pô à pied sec sur son manteau
  • Silence imposé aux oiseaux
  • Arrêt de la pluie pendant ses sermons
  • Résurrection de vingt morts
  • Vision d'une flèche céleste annonçant la victoire

Citations

La Providence m'a donné le nom de Jean, pour que je sois le fidèle disciple de Jésus, et le fils très-aimant de Marie

— Texte source

Date de fête

23 octobre

Époque

15ᵉ siècle

Décès

23 octobre 1456 (naturelle)

Invoqué(e) pour

succès des armées chrétiennes, guérison des malades, délivrance des captifs

Autres formes du nom

  • Giovanni da Capestrano (it)

Prénoms dérivés

Jean

Famille

  • Gentilhomme angevin (non nommé) (père)