Saint Judicaël, roi de Bretagne

Roi de Bretagne, Religieux, Confesseur

Fête : 16 decembre 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Roi de Bretagne au VIIe siècle, Judicaël abandonna par deux fois son trône pour la vie monastique sous la direction de saint Meen. Souverain pieux et charitable, il est célèbre pour son humilité, ayant accepté les tâches les plus viles du cloître après avoir gouverné son peuple avec justice. Il finit ses jours au monastère de Gaël vers 638.

Biographie

XVI JOUR DE DÉCEMBRE

MARTYROLOGE ROMAIN.

Saint Eusèbe, évêque de Verceil, dont on a rappelé la mémoire le 1er août et le 15 décembre. 370. — Les trois enfants Ananias (ou Sidrach), Azarias (ou Abdenago), et Mizaël (ou Misach), dont les corps reposaient à Babylone, dans une caverne. VIe s. avant Jésus-Christ. — A Ravenne, les saints martyrs Valentin, officier dans les troupes ; Concorde, son fils ; Naval et Agricole, qui souffrirent la mort pour Jésus-Christ, durant la persécution de Maximien. IVe s. — A Formies, en Campanie, sainte Albine, vierge, martyrisée sous l'empereur Bèce. 250. — En Afrique, plusieurs saintes Vierges, qui, durant la persécution des Vandales, sous Hunérie, roi arien, ayant été suspendues en l'air avec de lourdes pierres aux pieds, et brûlées avec des lames ardentes, consommèrent heureusement leur martyre. 482. — A Vienne, saint ADON, évêque et confesseur. 875. — A Aberdeen, en Irlande, saint Léon, évêque. 111. — A Gaza, en Palestine, saint Irénion, évêque. 350.

MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

Au diocèse de Beauvais, saint HILDEMAN (Hildeminus), évêque de ce siège et confesseur. 844. — Au diocèse de Cambrai, saint EVRARD, confesseur, fondateur de l'abbaye de Saint-Calixte de Cysning (Chanoines de Saint-Augustin). 869. — Aux diocèses de Dijon et de Verdon, saint Eusèbe, évêque de Verceil, dont nous avons esquissé la notice au jour précédent. 370. — Au diocèse de Viviers, saint Adon, évêque de Vienne et confesseur, cité au martyrologe romain de ce jour. 875. — Au diocèse d'Alger, les saintes Tertulis et Antonio, vierges et martyres. IIIe s. — Au diocèse de Châlons-sur-Marne, fête de l'Invention (674) et de la Translation (1318) des reliques de saint Memmie ou Menge, premier évêque de ce siège et confesseur, dont nous avons donné la vie au 5 août. 120. — En Bretagne, saint JUDICAEL, confesseur, qui échangea la pourpre contre l'habit religieux. 658. — Autrefois, à Donzy (Nièvre), au diocèse de Nevers, fête de la Translation de saint Caradoc ou Caradouc d'Écosse, prêtre, religieux au monastère d'Ysem ou Saint-Ismaël (cnoté de Boas, en Écosse). 13 avril 1121. — A Belley, le bienheureux Bernard de Portes II, religieux chartreux, puis évêque de Belley (1135), et enfin prieur de Portes (1146). Chargé d'années et usé par les jeûnes, les veilles et les autres macérations auxquelles il n'avait cessé de se livrer, il alla jouir de la couronne immortelle que lui avaient acquise ses mérites, laissant après lui une grande réputation de sainteté, qui fut confirmée par des grâces surnaturelles qu'obtinrent plusieurs personnes en s'adressant à lui. 1152 ou 1158. — A Ramey, près de Namur, la bienheureuse Iée de Nivelle, de l'Ordre de Cîteaux, citée au martyrologe de France du 29 novembre. XIIe s.

MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

*Martyrologe des Chanoines Réguliers.* — Saint Eusèbe, évêque de Verceil, qui propagea beaucoup et au loin l'Ordre des Chanoines Réguliers et dont la naissance au ciel est célébrée le 1er août. 370.

*Martyrologe de l'Ordre des Frères-Précheurs.* — A Gênes, le bienheureux SÉBASTIEN MAGGI, confesseur, de notre Ordre, qui, par l'exemple de ses vertus et la prédication de la parole de Dieu, confirma dans une solide piété plusieurs villes de l'Italie. 1494.

*Martyrologe de l'Ordre de la bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel.* — A Florence, au monastère de Sainte-Marie des Anges, la Translation du corps de sainte Marie-Madeleine de Pazzi, vierge, de l'Ordre des Carmélites. 1607.

*Martyrologe de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin.* — En Afrique, le martyre de plusieurs saintes Vierges de notre Ordre, qui, durant la persécution des Vandales, sous le roi arien Hunéric, ayant été suspendues en l'air avec de lourdes pierres aux pieds, et brûlées avec des lames ardentes, consommèrent heureusement leur martyre. 482.

*Martyrologe de l'Ordre des Carmes Déchaussés.* — A Florence, au monastère de Sainte-Marie des Anges, la Translation du corps de sainte Marie-Madeleine de Pazzi, de l'Ordre des Carmélites. 1607. — Saint Eusèbe, évêque de Verceil, dont il est fait mention le 1er août et le 15 décembre. 370.

ADDITIONS FAITES D'APRÈS DIVERS HAGIOGRAPHES.

A Turin, en Piémont, la bienheureuse MARIE DES ANGES, carmélite. 1717. — Au diocèse de Naples, saint Janvier, évêque de Bénésent et martyr, dont nous avons donné la vie, avec celle de ses compagnons, au 19 septembre. 305. — Chez les Grecs, saint Modesle, abbé du monastère de Saint-Théodose (Palestine), puis patriarche de Jérusalem. Il se rendit recommandable par son zèle à maintenir la pureté de la foi contre les hérésies qui régnaient de son temps. 650.

SAINT JUDICAEL, ROI DE BRETAGNE,

RELIGIEUX A SAINT-JEAN DE GAEL

16 DÉCEMBRE.

put s'empêcher d'admirer une si grande ferveur, mais il fit entendre à Judicaël qu'il n'est pas moins dangereux, quelquefois, de vouloir triompher par la force de certaines tentations, que de ne se mortifier pas assez par une discrétion trop réservée.

Judicaël écoutait ces instructions avec docilité, et quelque fortes que puissent être les corrections que saint Meen lui imposait, il trouvait toujours tant de bonté et de tendresse pour lui dans les avis salutaires de son maître, qu'il les recevait sans peine et s'y soumettait avec joie. Il n'eut même aucune répugnance à prendre soin du jardin de la communauté, sous la direction de celui qui en avait l'intendance, et il aimait d'autant plus ce vil emploi, qu'il vivait du travail de ses mains, et que la fatigue inséparable de cette occupation affaiblissait insensiblement dans son corps l'ennemi domestique qu'il appréhendait.

Il n'y avait pas longtemps que Judicaël était dans cette maison, où, après son entrée, il avait reçu la tonsure cléricale et l'habit monastique, marque de son engagement, lorsque le saint abbé Conard-Meen rendit son âme à Dieu, et laissa son disciple dans une si grande affliction, que rien ne fut capable de le consoler de cette perte. L'ancien auteur de la Vie de saint Josse nous apprend que Judicaël laissa alors croître ses cheveux et sa barbe, reprit ses habits séculiers, remonta sur le trône après la mort de son frère, Salomon II, arrivée vers l'an 630, édifia toute la maison royale et toute la cour par l'exemple de ses vertus.

Judicaël se maria à une dame de la même famille et du même pays que la reine sa mère, et qui, selon la chronique de Saint-Brieuc, se nommait Meronoë ou Merovoë, et, selon l'auteur des Actes de saint Léri, Morone. Elle n'était guère moins vertueuse que son époux, et ne se portait pas avec moins de zèle que lui à toutes sortes d'actions de religion et de piété ; ce qui entretint entre eux une paix et une concorde admirables. Persuadés tous deux que la principale obligation des rois chrétiens est de s'employer avec zèle à faire régner dans leurs États la loi de Jésus-Christ, et que toute leur grandeur devait être dans la dépendance de la sienne, ils ne se servaient de leur puissance que pour le faire adorer avec plus de respect. Ils n'employaient leurs trésors que pour soulager plus efficacement l'indigence des pauvres, et n'usaient de leur autorité que pour faire observer plus fidèlement les lois de Dieu, faire régner dans leur royaume la piété et la justice. L'auteur de la Vie de saint Judicaël rapporte en particulier quelques faits qui montrent combien à cet égard les dispositions de son cœur étaient saintes. Il nourrissait toujours à la suite de sa cour, dit cet auteur, une troupe de pauvres auxquels il faisait distribuer régulièrement tout ce qu'on desservait de sa table, et les servait souvent de ses propres mains. Il avait même pour eux une si grande tendresse, que, trouvant un jour un pauvre lépreux au bord d'une rivière rapide, qu'on ne pouvait passer à pied qu'avec beaucoup de peine, il commanda à tous les officiers et seigneurs de sa suite de marcher en avant, et de le laisser seul. Quand ils furent éloignés, il embrassa le lépreux, et pour lui faire traverser la rivière, le plaça devant lui sur son cheval, sans se rebuter de sa puanteur et de ses ulcères ; et l'on ajoute que ce lépreux apparent était Jésus-Christ même, qui, lui ayant promis de dignes récompenses, lui donna sa bénédiction, et disparut aussitôt.

Le Saint, au milieu de l'abondance et de la délicatesse de sa table, était très-sobre, et savait si bien cacher ses abstinences, qu'il semblait ne chercher qu'à se satisfaire dans ses repas, lorsqu'il ne s'occupait qu'à se mortifier. Il se réduisit à ne boire que de l'eau, et pour cacher cette pénitence, il se faisait donner à boire dans une coupe d'or couverte.

Sa bonté pour ses peuples et sa piété pour Dieu brillent avec éclat dans ce que l'on va dire. Une fois, pendant la nuit qui précède le jour de Pâques, et pendant qu'il était retiré pour se préparer à la solennité de la fête, il fut surpris d'entendre le bruit et les cris d'un grand nombre de charretiers, qui tâchaient de se devancer les uns les autres au passage d'un pont qui n'était pas fort éloigné de son palais. Il demanda quelle en était la cause ; et on lui dit que les fermiers de quelques droits qu'on lui payait en espèces lui amenaient un grand nombre de chariots chargés, et que c'était d'où venaient tout ce vacarme et cette confusion. Il fut si peiné qu'on employât la plus sainte nuit de l'année à cette sorte de travail, et qu'on lui payât des redevances onéreuses aux peuples dans un temps où l'Église est occupée à rendre grâces à Dieu de ce que Jésus-Christ nous a délivrés de ce que nous devions tous à la justice de son Père, qu'il résolut sur-le-champ de remettre pour jamais à ses sujets cette imposition, et il le fit effectivement, comme il l'avait résolu.

Le temps qu'il avait demeuré sous saint Meen, dans l'abbaye de Gaël, lui avait fait concevoir tant d'estime pour la vie religieuse, qu'il bâtit quelques autres monastères et sanctuaires, entre lesquels on compte Notre-Dame de Paimpont, élevée en l'honneur de la sainte Vierge, sur le bord d'un étang, à la tête d'un pont, d'où lui est venu son nom. Ce religieux prince fit desservir cette chapelle par des religieux du monastère de Saint-Meen, et accorda, par une charte, vers l'an 648, des terrains à tous ceux qui voudraient s'établir dans la forêt qui couvrait le pays. En effet, dans les temps les plus reculés, une immense forêt partageait toute la Bretagne : elle était au nombre des bois sacrés des druides, qui en arrosaient les arbres de sang humain ; et on y trouve encore çà et là des pierres qui servaient d'autel pour leurs horribles sacrifices. Le saint roi Judicaël jugea que le meilleur moyen de purifier ces lieux et de réparer les outrages qui y avaient été faits à l'humanité, était d'y établir le culte de la sainte Vierge, que les druides honoraient sans la connaître. En effet, Notre-Dame de Paimpont attira bientôt à elle de nombreux pèlerins qui vinrent implorer son secours et lui demander des remèdes pour toutes les infirmités humaines. Mais malheureusement, vers le commencement du dixième siècle, des pirates normands vinrent incendier et anéantir le pieux sanctuaire. Un siècle plus tard, il fut relevé par un prince de Bretagne, et devint une abbaye de chanoines réguliers de Sainte-Geneviève. Le culte de Marie reprit alors son premier lustre : de tous côtés on vint prier Notre-Dame de Paimpont ; presque tous les jours il y avait quelque pèlerinage ; le lundi de la Pentecôte surtout l'affluence était immense. Enfin ce sanctuaire acquit une telle réputation, que dans la cathédrale même de Rennes, comme dans l'église du Rheu, on consacra un autel à Notre-Dame de Paimpont.

Ces bonnes œuvres ne pouvaient contenter le cœur de Judicaël, et quoi qu'il donnât aux monastères, sa conscience lui suggérait toujours qu'il ne s'acquittait pas à leur égard tant qu'il ne s'y donnait pas lui-même. Un remords secret lui reprochait sans cesse sa sortie du cloître et les engagements qu'il y avait contractés sous la discipline de saint Meen. Il est vrai que ses devoirs à l'égard de sa famille, le bruit flatteur de la cour, la multitude des affaires, les occupations inséparables de sa dignité, détournaient souvent son attention de ces pensées qui troublaient son repos, mais elles revenaient souvent, et si elles ne produisaient pas une dernière résolution, elles ébranlaient au moins et relâchaient les liens qui le retenaient dans ce siècle. On le vit en effet s'adonner plus que jamais aux exercices de piété, à la lecture de l'Écriture sainte, aux aumônes, à la prière, et bientôt après se renfermer dans le monastère où il avait déjà pris l'habit. Après une longue vie passée dans les exercices de la piété et de la mortification, il rendit paisiblement son âme à Dieu, le 16 décembre vers l'an 638. Il fut enseveli à côté de son maître saint Meen. Aujourd'hui il ne reste de ses reliques, dans l'église de Saint-Meen, que la partie inférieure d'un fémur ; le reste a disparu à la Révolution.

On représente saint Judicaël ayant une couronne à ses pieds et tenant un balai à la main ; c'est la caractéristique ordinaire des personnages qui, après avoir renoncé à une vie brillante selon le monde, embrassaient avec joie les offices les plus humbles dans le cloître.

Saints de Bretagne, par Dom Lobineau et l'abbé Trosvaux ; Caractéristiques des Saints, par le Révérend Père Cahier.

Événements marquants

  • Entrée au monastère de Gaël sous saint Meen
  • Retour sur le trône après la mort de son frère Salomon II vers 630
  • Mariage avec Morone
  • Fondation du monastère de Notre-Dame de Paimpont vers 648
  • Renoncement définitif au trône pour la vie monastique
  • Mort et sépulture à côté de saint Meen

Miracles

  • Rencontre avec Jésus-Christ sous les traits d'un lépreux qu'il aide à traverser une rivière

Date de fête

16 decembre

Époque

7ᵉ siècle

Décès

16 décembre vers l'an 638 (naturelle)

Catégories

Prénoms dérivés

Judicaël

Famille

  • Salomon II (frère)
  • Meronoë (ou Morone) (épouse)
  • Josse (frère (mentionné via l'auteur de sa Vie))