Saint Senoch (Senou) de Tiffauges

Abbé en Touraine

Fête : 24 octobre 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Abbé en Touraine au VIe siècle, Saint Senoch vécut une vie d'austérité extrême, portant des chaînes et se consacrant à l'oraison. Ami de Saint Grégoire de Tours, il se distingua par sa charité envers les pauvres, rachetant des esclaves et construisant des ponts. Il mourut en 579 après avoir manifesté un profond repentir pour un mouvement de vanité passager.

Biographie

SAINT SENOCH OU SENOU DE TIFFAUGES,

ABBÉ EN TOURAINE

SAINT SENOCH OU SENOU DE TIFFAUGES, ABBÉ EN TOURAINE. 577

pieds nus et portait autour du cou, des pieds et des mains, de lourdes chaînes de fer. Voulant mener une vie plus solitaire encore, il se priva de la vue de ses frères et s'enferma dans sa cellule, où il passait les jours et les nuits dans des veilles et des oraisons continuelles. Bientôt le parfum de sa sainteté se répandit au loin, et une multitude de fidèles vinrent lui demander des conseils ou des consolations. Ils lui portaient fréquemment de l'argent ; mais le Saint, se rappelant souvent cet oracle de la bouche de Notre-Seigneur : « Ne vous amassez point de trésors sur la terre, parce que là où est votre trésor, là est aussi votre cœur », remettait tous ces dons de la charité entre les mains des indigents. On dit que pendant sa vie il racheta, avec l'argent provenant de ces offrandes des fidèles, un grand nombre d'esclaves.

Saint Grégoire de Tours nous apprend que lorsqu'il vint prendre possession du siège épiscopal de cette ville, Senoch quitta sa cellule et se rendit à Tours pour le voir ; puis, après l'avoir salué et lui avoir donné le baiser de paix, il retourna aussitôt dans le lieu de sa retraite. Cependant il y eut un moment de faiblesse dans cette vie si admirable. Ayant cédé à la pensée de revoir ses parents dans le pays de sa naissance, la vanité s'empara de cette âme jusque-là si détachée d'elle-même, si désireuse de l'oubli des hommes, et il rapporta de cette visite une fierté arrogante qui n'échappa point à l'œil vigilant de saint Grégoire de Tours. Après une sévère réprimande de sa part, Senoch accepta avec humilité et reconnaissance les reproches et les conseils de son évêque, et s'écria : « Je reconnais maintenant la vérité des paroles sorties de la bouche sacrée de l'Apôtre : Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur ». Pour montrer la sincérité de son repentir, il consentit à ne plus se séquestrer de la société des hommes, si ce n'est depuis la Saint-Martin jusqu'à Noël, et depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques.

Comme le Seigneur opérait par son entremise beaucoup de guérisons miraculeuses, les pèlerins vinrent en foule à sa cellule. Saint Grégoire de Tours raconte plusieurs des nombreux miracles opérés par le serviteur de Dieu, au moyen du signe de la croix. Des aveugles, des boiteux, des enfants perclus de tous leurs membres, ou contrefaits, des corps enflés à la suite de la morsure de quelques reptiles, des démoniaques, obtinrent de lui leur guérison. Pour ceux qu'il guérissait et qui étaient pauvres, il leur donnait avec grande joie la nourriture et le vêtement, et pourvoyait à tous leurs besoins, après s'être informé avec une sollicitude toute paternelle de leurs moyens de vivre, de leurs ressources présentes, de leurs projets et de leurs espérances pour l'avenir. Il avait tant de soin et de prévoyance pour les nécessiteux, qu'il prenait la peine de leur construire des ponts pour passer les rivières, de peur que quelqu'un n'eût à déplorer un de ces malheurs qui n'arrivent que trop souvent par la crue des eaux.

Après une vie illustrée par tant de merveilles, saint Senoch fut saisi d'une fièvre qui le retint trois jours au lit, et l'avertit que sa dernière heure approchait. Saint Grégoire de Tours, informé par ses disciples de son état, se rendit en toute hâte auprès de lui ; mais une heure après son arrivée, il le vit expirer entre ses bras. C'était le 24 octobre 579.

Le corps du saint abbé fut déposé dans le sépulcre qui lui avait été préparé. Une foule innombrable, composée de tous ceux qu'il avait rachetés de l'esclavage, ou délivrés de leurs dettes, qu'il avait rendus à la santé, ou vêtus et nourris dans leur misère, assistèrent à ses funérailles. Saint Grégoire de Tours étant venu, trente jours après ses obsèques auxquelles

VIES DES SAINTS. — TOME XII. 37

24 OCTOBRE.

il avait présidé, offrir le saint sacrifice sur sa tombe, selon la coutume des premiers siècles, un homme tout contrefait recouvra l'usage de ses membres. De nombreux prodiges ayant été opérés sur son tombeau, on ne tarda pas à lui rendre un culte public. Dans le diocèse de Tours, et jusque dans la Bretagne, sa fête était célébrée avec une grande dévotion le 24 octobre.

On le représente une grosse chaîne au cou, et priant.

Tiré de la Vie du Saint, écrite par saint Grégoire, évêque de Tours. — Cf. Vies des saints personnages de l'Anjou, par le R. P. Duc, Chamard; et Annales hagiologiques de la France.

Événements marquants

  • Vie de solitude et d'austérité avec port de chaînes de fer
  • Rachat de nombreux esclaves avec les dons des fidèles
  • Visite à Saint Grégoire de Tours lors de son accession au siège épiscopal
  • Épisode de vanité lors d'une visite à ses parents suivi d'un repentir public
  • Construction de ponts pour les nécessiteux
  • Mort entre les bras de Saint Grégoire de Tours

Miracles

  • Guérison d'aveugles et de boiteux par le signe de la croix
  • Guérison de corps enflés par des morsures de reptiles
  • Délivrance de démoniaques
  • Guérison d'un homme contrefait sur son tombeau trente jours après ses obsèques

Citations

Je reconnais maintenant la vérité des paroles sorties de la bouche sacrée de l'Apôtre : Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur

— Texte cité par l'auteur

Date de fête

24 octobre

Époque

6ᵉ siècle

Décès

24 octobre 579 (naturelle)

Catégories

Attributs iconographiques

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

guérison des aveugles, guérison des boiteux, guérison des démoniaques, morsures de reptiles

Autres formes du nom

  • Senou (fr)

Prénoms dérivés

Senoch, Senou

Famille

  • Inconnu (parents)