Saint Landry de Lanslevillard

Curé de Lanslevillard

Fête : 14 juin 11ᵉ siècle • saint

Résumé

Moine de la Novalaise devenu curé de Lanslevillard, Landry se dévoua au rétablissement de la foi en Maurienne après les invasions sarrasines. Il mourut martyr, précipité dans l'Arc par des habitants de Faudant hostiles à ses réprimandes. Son corps fut retrouvé miraculeusement grâce au son spontané des cloches et à une procession guidée par une croix s'élevant seule.

Biographie

SAINT LANDRY, CURÉ DE LANSLEVILLARD (XIXe siècle).

Au nombre des religieux qui vinrent consoler et ramener à Dieu les malheureuses populations du diocèse de Maurienne, après l'expulsion des Sarrasins, était Landry. On ne sait rien ni de ses parents, ni de sa naissance, dont on ne connaît pas même la date. La tradition nous apprend seulement qu'il était né à Bonneval ou à Lanslevillard et que, dégoûté du monde, il s'était retiré à la Novalaise pour se consacrer au Seigneur, dans la prière, le travail et l'observance de la Règle de saint Benoît, que ce monastère avait adoptée depuis l'an 726.

Ses supérieurs, qui appréciaient son mérite, le chargèrent de desservir, avec l'aide d'un autre religieux, Lauslebourg, Bessans, Bonneval et Lanslevillard, où il fixa sa résidence. La tradition nous montre saint Landry visitant fréquemment sa paroisse, pour consoler les affligés, terminer les différends, réconcilier les ennemis et recommander à tous, à l'exemple de saint Jean, de s'aimer les uns les autres. On ne sait pas combien de temps Landry exerça ce ministère aussi méritoire devant Dieu que fructueux pour les âmes ; on sait seulement qu'il aboutit au martyre.

Bonneval se composait, au temps de notre Saint, de deux hameaux : celui de l'Ecot, et celui de Faudant. Les habitants du dernier étaient, en grande partie, des Sarrasins qu'avaient attirés les mines découvertes dans les environs. Ils avaient acquis des richesses considérables ; mais en même temps le luxe, la fréquentation des infidèles, la privation de prêtres et de secours religieux pendant bien des années, avaient développé parmi les chrétiens de ce hameau le germe de tous les vices. Landry courut à la recherche de ces brebis égarées. Mais tous les efforts qu'il fit pour les ramener au bercail furent inutiles : il ne recueillit que de la haine, et enfin quelques-uns des plus endurcis, ne voulant plus supporter la fermeté tout évangélique de ses réprimandes, résolurent de se défaire de lui. Un jour que le Saint allait à l'Ecot, ils l'attendirent au passage, fondirent sur lui et le précipitèrent dans la rivière de l'Arc.

Le Seigneur avertit lui-même les habitants de Lanslevillard de la mort de leur pasteur bien-aimé. Tout à coup les cloches sonnent comme aux grandes fêtes. Ces sons inouïs mettent la population en émoi. On court au clocher : mais on n'y trouve personne, et cependant les joyeuses volées continuent. Alors l'anxiété est à son comble : tout le peuple va à l'église attendre qu'il plaise à Dieu de faire connaître sa volonté. À peine y est-il assemblé, que la croix des processions, s'élevant à hauteur d'homme, s'avance vers la porte. Le prêtre qui dessert la paroisse avec saint Landry, la voit, revêtu du surplis et de l'étole, et le peuple l'accompagne, désireux de voir la fin d'un événement aussi merveilleux. La procession descend le chemin qui conduit à la rivière. Enfin la croix, que personne n'a portée, s'arrête près d'une caverne creusée sous un rocher que baignent les îlots de l'Arc. On entre, et la première chose qu'on aperçoit, c'est le corps de saint Landry, la tête appuyée sur la main droite, appuyée elle-même sur une pierre ; de la main gauche il tient une palme. Après avoir vénéré le saint corps que le Seigneur confie à la piété filiale des habitants de Lanslevillard, on le met dans un linceul dont quatre personnes prennent les coins, et la procession reprend, au chant des hymnes, le chemin de l'église.

Le corps de saint Landry fut déposé dans la sacristie, où il resta jusqu'en 1765. Le 23 juillet 1764, Mgr Filippa de Martiniana, revenant d'une mission à laquelle il avait présidé lui-même à Bessans, scella la chasse dans laquelle les saintes reliques venaient d'être transportées, et permit de les exposer publiquement à la vénération des fidèles. M. Esprit Combet, curé de Lanslevillard, avait, malgré de fortes oppositions, fait ouvrir, du côté de l'Évangile, une chapelle pour les recevoir. Elle fut bénite le 19 mars 1765, sous le vocable de saint Joseph. Le 10 juin suivant, la chasse y fut solennellement placée sur l'autel, après avoir été portée en procession au lieu où le corps avait été trouvé et où l'on avait élevé, en l'honneur du Saint, un petit oratoire qui existe encore, à côté du chemin qui conduit à Bessans.

Pendant les mauvais jours de la Révolution, les saintes reliques eurent beaucoup à souffrir des profanations. Toutefois, Dieu permit qu'elles ne fussent pas perdues totalement. Ce qui en reste repose dans une magnifique chasse en bois doré, qui décore la chapelle de Saint-Joseph de Lanslevillard. La chasse a environ cinq pieds et demi de longueur sur trois pieds de largeur ; des anges la surmontent, tenant une couronne.

Le corps de saint Landry est presque entier ; il n'y manque que quelques os, le bras droit, le crâne et la mâchoire supérieure, dont l'église de Lanslebourg a été enrichie, on ne sait à quelle époque. Mais les sceaux des reliquaires qui les renferment ayant été brisés, ces dernières reliques sont aujourd'hui privées d'authenticité.

Il y a encore dans l'église de Lanslevillard un petit reliquaire, en forme de bras, que l'on porte aux processions et dans lequel on a mis, en 1809, de la chair du bras gauche de saint Landry.

Bien de si touchant que la coutume que les habitants de la Haute-Maurienne ont toujours eue en saint Landry. Les prodiges qui amenèrent la découverte de son corps au XIe siècle étaient un témoignage suffisant de la gloire dont il jouissait dans le sein de Dieu. Aussi la paroisse de Lanslevillard l'honora-t-elle tout aussitôt comme un Saint et comme son protecteur naturel.

La fête de saint Landry se célébrait, avant la Révolution, le 10 juin. Son origine devait remonter à plusieurs siècles, car on ne trouve aucun vestige de son institution. On exposait sur le maître-autel le reliquaire, qui contient de la chair du bras de saint Landry ; on chantait ensuite le

15 JUIN.

Veni Creator et l'Iste Confessor, et l'on se rendait en procession à la chapelle de Saint-Joseph. Là, le curé, après avoir chanté l'oraison du Saint, bénissait le peuple avec le reliquaire, et l'on rentrait à l'église au chant de l'hymne ambroisienne. À l'autel de Saint-Joseph, le curé bénissait une seconde fois le peuple avec le reliquaire, et la cérémonie se terminait par la célébration du saint sacrifice et la bénédiction du Saint-Sacrement.

Cette fête, interrompue depuis 1793, a été rétablie en 1847, par Mgr Vibert, et fixée au 14 juin.

Nous avons abrégé ce que nous venons de dire de saint Landry de la notice détaillée qu'on peut lire dans l'Histoire hagiologique du diocèse de Maurienne, par l'abbé Truchet, curé de Saint-Jean-d'Arves.

Événements marquants

  • Entrée au monastère de la Novalaise sous la règle de saint Benoît
  • Mission de desservir Lanslebourg, Bessans, Bonneval et Lanslevillard
  • Prédication auprès des populations et des Sarrasins de Faudant
  • Précipité dans la rivière de l'Arc par des habitants hostiles
  • Découverte miraculeuse du corps guidée par une croix et des cloches
  • Translation solennelle des reliques en 1765
  • Rétablissement de la fête en 1847

Miracles

  • Sonnerie spontanée des cloches à sa mort
  • Croix de procession s'élevant et se déplaçant seule pour guider le peuple vers le corps
  • Découverte du corps intact tenant une palme dans une caverne