Saint Laurent (Archidiacre de Rome)
Archidiacre de l'Église de Rome et Martyr
Résumé
Archidiacre de Rome sous le pape Sixte II, Laurent fut chargé de l'administration des biens de l'Église. Lors de la persécution de Valérien, il distribua les richesses aux pauvres avant d'être condamné au supplice du gril. Son courage face aux flammes et son humour héroïque en firent l'un des martyrs les plus célèbres de la chrétienté.
Biographie
SAINT LAURENT,
ARCHIDIACRE DE L'ÉGLISE DE ROME ET MARTYR
*Ignosce mihi, et non est inventa in me iniquitas.* *Psalm. xvi, 3.*
*Seguior fuit ignis qui furis ussit quam qui intus accredit.*
*Le feu qui dore son corps n'est rien près de celui qui embrase son âme.*
*S. Léon, Serm. de S. Laurentio.*
Si l'Espagne se vante d'avoir vu naître le très-illustre martyr saint Laurent, Rome se glorifie de lui avoir servi de théâtre pour son triomphe, et la France est heureuse de l'avoir pour un de ses protecteurs et de conserver dans plusieurs de ses églises une partie de ses dépouilles sacrées. Il naquit dans une maison de campagne située à deux milles d'Huesca, qui, jusqu'à nos jours, a conservé le nom de Lorêt. Son père s'appelait Orence, et sa mère Patience. Leur vie fut toute sainte et leur mémoire est en bénédiction ; aussi la ville d'Huesca solennise leur fête le premier jour de mai. Tous les monuments sont muets sur son éducation et sa première enfance. Comme celles du Sauveur, ses premières années s'écoulent dans le silence et l'obscurité, pour apparaître au monde déjà environnées de l'auréole de la sainteté.
Deux traditions seulement existent sur ses premières années. L'une, dans sa patrie, à Saragosse, qui revendique l'honneur d'avoir vu commencer chez elle l'éducation littéraire du jeune lévite ; ce serait aussi dans son université que Sixte fit connaissance de ce pieux jeune homme, et se lia avec lui de cette douce et sainte amitié qui ne finit qu'avec leur martyre. L'autre, à Gênes, où les deux Saints reçurent l'hospitalité des chrétiens de la ville, en se rendant à Rome. Et quand, plus tard, à quelques années de là, la renommée vint apprendre aux fidèles de Gênes le martyre étonnant du premier diacre de Rome, ils se ressouvirent de leur hôte, et lui consacrèrent un monument assez modeste, qui est devenu, avec les siècles, la superbe cathédrale de Gênes.
Quand saint Sixte fut appelé à monter sur la chaire de saint Pierre, la place d'archidiacre, devenue vacante par sa promotion, fut confiée à son disciple bien-aimé saint Laurent, tant les vertus et les talents qu'il avait déjà déployés dans le clergé de Rome, inspiraient de confiance, et faisaient compter sur son dévouement pour une charge aussi difficile.
Lorsque saint Laurent fut ainsi mis à la tête des sept diacres, qui, à l'imitation des sept élus par les Apôtres à Jérusalem, présidaient aux différents quartiers de la ville, il n'avait pas dépassé ce que l'on pourrait appeler le milieu de la vie commune ; par conséquent, il était encore dans toute la fleur de sa jeunesse et la beauté de l'âge. C'est du moins le souvenir que nous en a laissé la tradition, d'accord avec les monuments qui ont survécu aux ruines du temps.
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Les principales fonctions attachées à sa nouvelle dignité étaient d'assister le souverain Pontife, de dispenser les divins mystères aux fidèles, de prendre soin des pauvres, des infirmes, des vierges consacrées à Dieu. Il ajoutait à ces obligations communes à tous les diacres l'administration des domaines de l'Église et des oblations ecclésiastiques; car, dès cette époque, l'Église romaine possédait quelques fonds de terre, un grand nombre de maisons et de palais même dans la ville.
C'était donc sur l'archidiacre Laurent, gardien fidèle et dispensateur équitable de tous ces biens, que pesait le fardeau de cette grande administration. « Laurent, au milieu des trésors, des riches présents, de tant d'or que les fidèles et l'Église confiaient à ses mains, était pauvre cependant, nous dit saint Pierre Chrysologue, et vivait de la vie des pauvres ». Il savait, ce fidèle ministre, que si Dieu demande aux puissants de ce monde un compte exact de leurs richesses, plus sévère et plus rigoureux encore sera celui qu'il demandera des biens de l'Église, patrimoine du Christ et des pauvres, prix des péchés !
Aussi, ce fut précisément la fidélité scrupuleuse dans la gestion des revenus de l'Église, et l'observation des devoirs sacrés qu'elle impose, qui lui valurent la palme du martyre.
Nul symptôme ne présageait l'approche d'une persécution pour les chrétiens, quand Valérien prit les rênes de l'empire. Prince d'un caractère doux et porté à la clémence, il se montra rempli de bienveillance à leur égard, les favorisa même plus qu'aucun de ses prédécesseurs, sans en excepter les Philippe qui passaient pour chrétiens. « Son palais », dit Eusèbe, « était rempli d'adorateurs du vrai Dieu; vous l'eussiez pris plutôt pour une Église avec ses différents ministres que pour une demeure profane ».
Vers l'année 257, obligé de passer en Orient pour repousser les Barbares qui envahissaient l'empire de tout côté, ce prince eut encore la douleur de voir son armée et une partie des provinces romaines ravagées par la peste. Ces malheurs réunis exercèrent une fâcheuse influence sur son esprit naturellement faible. Il crut trouver dans les secrets de la magie le seul remède efficace à toutes calamités. Alors sans cesse obsédé par une troupe de devins d'Égypte qui prescrivaient à sa superstition les sacrifices les plus infâmes et les plus inhumains, il se laissa enfin persuader par eux que le seul obstacle à son bonheur personnel et à celui de son empire, c'étaient les adorateurs du Christ. Dès lors Valérien commença à éloigner les chrétiens de sa cour et à leur retirer ses faveurs; il y eut même çà et là dans les provinces quelques fidèles qui souffrirent le martyre; toutefois, sans ordre émané du trône, la persécution n'était pas encore devenue générale.
L'Église, toujours résignée mais prudente, n'ignorait pas les dispositions secrètes de l'empereur. Aussi s'attendait-elle à voir reparaître les édits violents, et le sang des chrétiens inonder l'empire. Tout à coup le bruit se répand que Valérien, du fond de l'Asie, vient d'adresser contre eux un nouveau rescrit au Sénat. En effet, toute la violence de la persécution devait peser, comme de coutume, sur Rome, cité privilégiée des martyrs, ses diacres, ses prêtres et surtout son Pontife.
Saint Sixte fut le plus cruellement attaqué. L'empereur ordonna qu'on se saisît de lui et qu'on le forçât de présenter de l'encens à ses idoles; mais ce généreux défenseur de la foi ayant refusé de le faire, il fut chargé de chaînes et de fers et jeté en cet état dans la prison Mamertine. Saint Laurent ayant appris que ce bienheureux Pontife était arrêté prisonnier et qu'il perdrait bientôt la vie pour la foi, il souhaita, comme le vrai diacre
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d'un si saint prêtre, de lui tenir compagnie dans ce sacrifice, et, pour obtenir cette grâce, il lui parla en ces termes pleins de zèle et de tendresse, que saint Ambroise lui met dans la bouche :
« Où allez-vous, mon père, sans la compagnie de votre enfant ? Que prétendez-vous faire, saint prêtre, sans celui que vous avez choisi pour ministre des saints autels ? Jamais je ne vous ai vu offrir nos saints Mystères sans vos officiers : qu'avez-vous trouvé en moi qui vous ait déplu ? Me croyez-vous capable de quelque lâcheté ou de quelque faiblesse ? Eprouvez-moi, de grâce, et vous verrez que je ne suis pas un ministre infidèle. Vous m'avez toujours confié jusqu'à présent la dispensation du sang de Jésus-Christ, et aujourd'hui vous me refusez l'honneur de mêler mon sang avec le vôtre. Ne craignez-vous pas que si on loue votre courage dans le martyre, on ne blâme néanmoins votre conduite d'abandonner ainsi votre disciple ? Combien de conquérants ont plus remporté de victoires par le courage de leurs sujets que par leurs propres combats ? Enfin, Abraham n'a-t-il pas levé le bras pour immoler lui-même son fils, et le Prince des Apôtres n'a-t-il pas cédé à saint Étienne la gloire d'être le premier de tous les Martyrs ? Pourquoi donc, père très-saint, ne permettrez-vous pas que vos enfants rendent témoignage de votre sagesse et de votre vertu en mourant généreusement avec vous ? Ne reculez pas le sacrifice d'un enfant que vous avez élevé ; la palme qu'il remportera en votre présence servira d'ornement à votre couronne, et son triomphe sera votre propre triomphe ».
Saint Sixte, touché des sentiments de son diacre, lui répondit de cette sorte pour le consoler :
« Je suis bien éloigné, mon fils, de vous abandonner ; mais la foi de Jésus-Christ vous appelle à de plus grands combats que les miens. Comme nous sommes déjà cassé de vieillesse, on ne nous prépare que de légères épreuves ; mais à vous, qui êtes dans la fleur de l'âge et dans une jeunesse vigoureuse, les tyrans vous donneront matière d'un triomphe beaucoup plus glorieux. Cessez donc de verser des larmes ; si je vais répandre mon sang pour l'Évangile, vous répandrez aussi le vôtre pour la même cause. Encore trois jours de patience, et vous verrez votre sort semblable au mien. Ce terme vous est nécessaire, il ne vous serait pas honorable de vaincre à la suite d'un autre, comme si vous aviez besoin que quelqu'un vous animât au combat ! Pourquoi voulez-vous prendre part à ma victoire, puisqu'on vous offre une couronne toute pleine et tout entière ? Pourquoi souhaitez-vous tant ma présence ? Elle montant aux cieux laissa Elisée sur la terre, et ce disciple ne perdit pas courage pour cela. Prenez soin seulement de distribuer, selon votre prudence, les trésors de l'Église que je vous ai laissés ».
Après ce discours, saint Sixte donna le baiser de paix à saint Laurent et se sépara de lui.
Ce saint diacre, vaincu par ces paroles, obéit à son souverain pasteur. Il alla par tous les endroits de Rome pour chercher les pauvres chrétiens dans les caves où ils étaient cachés, afin de les secourir dans leurs besoins. D'abord, il courut au mont Cœlius, où il y avait une sainte veuve nommée Cyriaque qui avait retiré dans sa maison plusieurs fidèles et même des prêtres et d'autres ministres de l'Église qui s'étaient réfugiés vers elle. Saint Laurent entra de nuit dans cette maison, et, pour témoigner son respect envers ces ecclésiastiques, il leur lava les pieds à tous ; ensuite il mit ses mains sur la tête de la veuve Cyriaque, qui était affligée depuis longtemps
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d'un grand mal de tête, et y joignant le signe de la croix, il la guérit parfaitement, puis il fit à chacun d'eux des aumônes selon son état.
La même nuit, il alla dans le quartier des Canides, dans une autre maison d'un nommé Narcisse, où il trouva encore un grand nombre de chrétiens qui s'y étaient réfugiés. Il y exerça les mêmes œuvres d'humilité et de charité qu'il avait faites chez la veuve Cyriaque. Il y rendit aussi la vue à un aveugle nommé Crescence, par le signe de la croix. De là il dirigea ses pas vers le pied du Viminal, dans la région du Vicus Patricius, ou quartier des Patriciens, et descendit dans la catacombe Népotienne, où il y avait environ soixante-trois chrétiens tant hommes que femmes; il y entra les larmes aux yeux, leur donna le baiser de paix, et leur distribua les secours qu'il avait apportés. Il rencontra en ce lieu un saint prêtre nommé Justin qui avait été sacré par saint Sixte. Laurent, reconnaissant son caractère, voulut lui baiser les pieds. Justin fit ce qu'il put pour s'en défendre; mais enfin, Laurent, par ses pressantes instances, remporta la victoire dans ce combat d'humilité; il lui baisa les pieds, les lui lava et fit la même chose à tous les autres hommes.
Après avoir passé toute la nuit dans ces exercices de charité, et avoir pleinement satisfait aux intentions de saint Sixte, il vit, le lendemain, ce bienheureux Pape que l'on menait au supplice. Du plus loin qu'il l'aperçut, il recommença ses soupirs et s'écria de nouveau : « Ah ! ne m'abandonnez pas, Saint-Père; j'ai fait tout ce que vous m'avez ordonné, j'ai distribué aux pauvres les trésors que vous m'avez confiés ».
Les soldats qui étaient à la garde de saint Sixte, entendant ce mot de trésor, se saisirent de Laurent et le menèrent au tribun Parthénius, qui en rapporta le fait à Valérien. Cet empereur en eut une grande joie : il le fit venir devant lui, l'interrogea sur divers points, et lui commanda de lui déclarer le lieu où il avait caché ces trésors. Le saint diacre n'ayant daigné lui faire aucune réponse, il le mit entre les mains d'Hippolyte, chevalier romain, avec ordre de l'examiner derechef sur ces trésors de l'Église. Hippolyte le conduisit dans sa demeure, située au Vicus Patricius, et l'enferma avec d'autres prisonniers dans une prison que l'on voit encore de nos jours sous l'église de Saint-Laurent in fonte. Il y avait parmi eux un nommé Lucille, qui y était depuis longtemps, et qui, à force de pleurer sa misère, était devenu aveugle. Saint Laurent, dont la vie s'était passée à soulager l'infortune, lui parla de Celui qui avait autrefois ouvert les yeux à l'aveugle-né, et des prodiges qu'il ne cessait d'opérer en faveur des siens. Puis il lui dit : « Consolez-vous, mon frère, car si vous voulez croire en Jésus-Christ, je vous promets de vous guérir ».
Lucille y consentit avec joie, et témoigna qu'il y avait déjà longtemps qu'il désirait être baptisé. Aussitôt le saint diacre lui conféra ce sacrement de notre régénération, et, en lui donnant la lumière de l'âme, il lui rendit au même instant celle du corps.
Le bruit de ce miracle se répandit aussitôt dans la ville, et attira dans la prison de Laurent un grand concours d'autres aveugles qui se vinrent jeter à ses pieds pour recevoir de lui un semblable bienfait. Il les guérit tous par le signe de la croix. Hippolyte, qui commençait à être ébranlé à la vue de tant de merveilles, pria saint Laurent en des termes pleins de douceur et d'honnêteté de lui donner connaissance des trésors dont il avait parlé. Le saint diacre prit de là occasion de l'instruire.
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« O Hippolyte », lui dit-il, « si vous voulez croire en Dieu, le Père tout-puissant, et en son Fils Jésus-Christ, je m'engage à vous faire voir de grands trésors, et je vous promets la vie éternelle ».
Ces paroles firent une si forte impression sur l'esprit d'Hippolyte, et la grâce, en même temps, opéra si puissamment dans son cœur, qu'il changea tout d'un coup de sentiment; il se convertit à la foi, et reçut le baptême des mains de saint Laurent avec toute sa famille composée de dix-neuf personnes.
Cependant Valérien commanda qu'on lui amenât Laurent. Hippolyte, qui prenait ses intérêts depuis qu'il était chrétien, lui donna avis de cet ordre, et le saint diacre, au lieu de s'en étonner, lui dit : « Allons, Hippolyte, allons, il y a des couronnes de gloire pour vous et pour moi ».
Amené devant le tyran et interrogé de nouveau sur ses trésors, il demanda le terme de trois jours pour les ramasser; le tyran le lui accorda, avec ordre à Hippolyte de l'accompagner partout. Saint Laurent assembla tout ce qu'il put trouver d'aveugles, de boiteux et d'autres pauvres, et alla avec cette suite au palais de l'empereur et lui dit : « Auguste prince, voilà les trésors de l'Église que je vous ai amenés : trésors éternels qui augmentent toujours sans jamais diminuer, qui se répandent partout et que chacun peut posséder ».
L'empereur, indigné de cette surprise, commanda qu'on le dépouillât et qu'on lui déchirât la peau avec des scorpions; et, pour l'épouvanter davantage, il fit apporter devant lui tous les instruments des supplices qu'on faisait endurer aux Martyrs, le menaçant de lui en faire sentir sur-le-champ toutes les rigueurs s'il ne voulait adorer ses dieux. Le généreux disciple de Jésus-Christ, sans s'émouvoir, lui répondit avec une constance toute chrétienne : « O infortuné ! qui crois m'effrayer par ces tortures, sache que si ce sont des tourments, ce n'est qu'à tes yeux et non aux miens : car j'en fais ma joie, et il y a longtemps que je n'ai point de plus ardent désir que de manger à cette table et de me rassasier de ces mets délicieux ».
L'empereur commanda qu'on le chargeât de chaînes et de fers, et qu'on le menât en cet état au palais de Tibère, bâti sur le mont Palatin, pour y être interrogé derechef. Puis il le fit revenir devant son tribunal au temple de Jupiter; là, il le pressa avec de nouvelles instances de découvrir les trésors, de sacrifier aux dieux et de ne plus mettre son espérance dans les richesses qu'il tenait cachées, parce qu'elles ne seraient pas capables, lui dit-il, de le garantir des peines qui lui étaient préparées. Notre invincible Martyr continua de répondre avec autant de douceur que de fermeté : « Je me confie aux trésors du ciel, qui sont la piété et la miséricorde divine et qui tiendront mon âme en liberté, pendant que mon corps sera exposé à tes supplices ».
L'empereur le fit fouetter de verges, et le saint diacre, comme pour l'insulter, lui dit : « Connais maintenant, misérable, que les trésors de Jésus-Christ me font triompher, puisque je ne sens point les tourments ».
L'empereur, voyant cela, le fit suspendre en l'air et lui fit brûler les flancs avec des lames de fer rougies au feu. Mais le Saint, méprisant encore ce tourment, adressa sa prière à Notre-Seigneur en ces termes : « Adorable Jésus, Fils unique du vrai Dieu, faites miséricorde à votre serviteur, qui, étant accusé, n'a pas été assez lâche pour désavouer votre nom, et qui en a soutenu la gloire au milieu des tortures les plus horribles ».
Cette tranquillité d'esprit que saint Laurent faisait paraître, ne servit qu'à animer davantage le tyran contre lui; il attribuait une victoire si mi-
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raculeuse à des enchantements diaboliques et le menaçait de nouveaux supplices. Le Saint lui répliqua avec le même courage : « Par la grâce de mon Dieu, je ne crains point les tourments qui ne sauraient être de longue durée : ne cesse donc point de me maltraiter, fais hardiment ce que tu pourras pour me faire souffrir ».
L'empereur, hors de lui-même par ce nouveau défi, le fit battre avec des fouets plombés d'une manière si cruelle, que le saint Martyr, croyant perdre la vie, leva les yeux au ciel et pria Dieu de recevoir son âme ; mais il entendit une voix qui lui dit qu'il n'était pas encore à la fin de ses peines et qu'il avait encore de rudes combats à souffrir. L'empereur entendit lui-même cette voix et s'écria : « Ne voyez-vous pas, ô Romains, que les démons viennent au secours de ce sacrilège, qui ne craint ni les dieux, ni vos princes, ni les tortures les plus rigoureuses ? »
Il le fit ensuite étendre sur le chevalet pour disloquer tous ses membres, et lui fit déchirer la peau avec des scorpions et d'autres instruments de supplices. Mais le Martyr, toujours constant et généreux, se moqua de ses bourreaux, et adressant la parole à Dieu, lui dit du plus profond de son cœur : « Soyez béni, mon Seigneur et mon Dieu, qui faites de si grandes miséricordes à celui qui en est indigne. Accordez-moi la grâce, mon adorable Sauveur, de faire connaître à tous ceux qui composent cette assemblée, que vous n'abandonnerez jamais vos serviteurs, mais que vous les consolerez au temps de la tribulation ».
Aussitôt le Père des miséricordes lui envoya un Ange pour le consoler et lui donner quelque soulagement dans son martyre ; l'Ange essuya avec un linge la sueur de son front et les plaies de son corps, comme il a été rapporté dans la vie de saint Romain.
Le même jour, l'empereur, qui s'était fait dresser un tribunal dans les Thermes d'Olympias, situés sur le mont Viminal, et voisins du palais de Salluste, y fit de nouveau comparaître saint Laurent, et, pour lui jeter tout à fait la terreur dans le cœur, il fit apporter encore une fois devant lui tous les instruments de supplices dont on pouvait affliger un corps humain. Il l'interrogea sur son pays, sur sa naissance et sur toute la suite de sa vie.
« Pour mon pays », dit saint Laurent, « je suis Espagnol, bien que j'aie été nourri à Rome dès ma jeunesse. On m'a fait chrétien dès le berceau, et j'ai toujours été élevé dans la connaissance et la pratique des lois divines ».
« Ah ! » dit l'empereur, « peux-tu te vanter de reconnaître une loi divine, toi qui méprises les dieux et qui te moques des justes châtiments de l'impiété ? »
« Il est vrai », répliqua saint Laurent, « que, par la miséricorde de mon Dieu, je ne reconnais point les idoles et que je ne crains point les tourments ; mais c'est en cela que j'obéis aux ordres de la loi divine ».
L'empereur le menaça, s'il ne changeait de sentiment, de le laisser toute la nuit dans les tortures.
« Si cela est », dit le Martyr, « cette nuit me sera un jour éclatant et une lumière sans obscurité ».
Il le fit frapper sur la bouche à coups de pierres ; mais cette épreuve ne servit qu'à l'affermir davantage dans la foi. Enfin, le tyran ne pouvant plus arrêter sa fureur, fit dresser en sa présence un lit de fer en forme de gril, et y ayant fait étendre notre saint Martyr, il fit allumer dessous un petit feu de charbons pour le faire rôtir à loisir, afin de rendre sa mort plus cruelle en la faisant durer plus longtemps. Tandis qu'il était dans une torture si intolérable, l'empereur, au lieu d'en avoir compassion, l'insultait
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en le pressant avec plus de rage que jamais de sacrifier à ses dieux ; les bourreaux attisaient le feu et enfonçaient de grandes fourches de fer dans le corps de cet admirable Saint, pour l'ajuster à leur mode. Mais saint Laurent, toujours inébranlable, se tournant vers le tyran, lui dit avec une résolution digne de lui : « Sache, misérable, que tes feux n'ont que du rafraîchissement pour moi, et qu'ils réservent toute leur ardeur pour te brûler toi-même éternellement sans jamais te consumer ». Puis, d'un visage riant et tout éclatant de lumière, il lui dit encore : « Ne vois-tu pas que ma chair est assez rôtie d'un côté ? tourne-la donc de l'autre ». Quand les bourreaux l'eurent tourné, il dit au juge : « Ma chair est présentement assez rôtie, tu peux en manger ».
Enfin, le terme de sa victoire étant arrivé, il rendit grâces à Dieu de lui ouvrir si heureusement les portes du ciel ; puis il rendit son esprit entre ses mains et alla recevoir les couronnes qui étaient dues à son zèle et à sa constance.
Le lendemain matin, Hippolyte et le prêtre Justin firent transporter le corps du saint Martyr dans la catacombe de l'avenue Cyriaque, près de la voie Tiburtine, appelée *le Champ Verano*, et située à deux kilomètres des murs de la ville. Beaucoup de fidèles se trouvèrent à cette pompe funèbre, et demeurèrent en ce lieu l'espace de trois jours et de trois nuits, qu'ils passèrent à jeûner, à veiller et à pleurer sur le tombeau du saint archidiacre, qui leur avait fait tant de bien. À la fin, le bienheureux Justin célébra la messe, et donna la communion aux assistants, qui, ensuite, se retirèrent tous, parce que le bruit de leur dévotion se répandait déjà dans Rome, et que les ennemis de l'Église se disposaient à les saisir.
Tel fut le martyre du très-illustre saint Laurent sur lequel saint Ambroise fit un beau discours. Saint Augustin et saint Léon, pape, disent que Rome n'a pas été moins honorée par le martyre de saint Laurent, que la ville de Jérusalem par celui de saint Étienne. Saint-Maximin l'égale aux Apôtres. Saint-Pierre Chrysologue, saint Siméon Métaphraste, et d'autres auteurs parlent aussi avec une admiration extraordinaire de ses vertus et de son courage. Prudence, en ses beaux vers, nous décrit ses combats et ses victoires, et dit que le martyre de saint Laurent fut la mort de l'idolâtrie, parce que dès lors le paganisme commença à tomber en décadence, et le nom de chrétien à devenir victorieux.
On invoque saint Laurent contre les incendies. On se rend en pèlerinage à Forestmontiers pour lui demander la guérison des brûlures et des irritations de peau qu'on appelle *Mal de Saint-Laurent*.
On voit, dans un fragment de verre conservé au Musée Vallicellano, le buste de saint Laurent, avec le monogramme du Christ derrière la tête, place ordinaire de l'auréole. Ce symbole signifie que le Christ, exprimé par cette figure, avait fait sa demeure dans l'âme et dans l'esprit du Bienheureux. Il porte une grande croix sur ses épaules, pour démontrer qu'il a fidèlement suivi son Maître, en portant sa croix. — Les anciennes peintures et les mosaïques de Rome le représentent avec cette grande croix à la main, parce que c'était l'office du diacre de la porter dans les fonctions sacrées. — Il est aussi peint sur la couverture d'un très-ancien manuscrit de la bibliothèque Vallicellana. Pour une raison à peu près analogue, on lui a remis le volume des Évangiles à la main dans les fresques du cimetière de Saint-Valentin, dans la mosaïque de Saint-Laurent hors des Murs, dans celles de la tribune de Sainte-Marie du Transtevère et de Saint-Clément. — Saint-Laurent est encore représenté entre les apôtres Pierre et Paul, assis
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sur un lectisterne, ou espèce de siège qui a la forme de nos canapés modernes. Tous les trois ils portent la *penula* ou chasuble ancienne. — On le voit aussi debout, revêtu de la toge, avec le volume des Évangiles à moitié déroulé. — Dans une gravure ancienne qui remonte aux premiers siècles, on voit deux bourreaux qui tiennent saint Laurent, l'un par les pieds, l'autre par les mains, et le retournent sur le gril. Au-dessus du Saint, son âme, sous la forme d'une petite figure les bras étendus, s'élève vers le ciel, pour y recevoir de la main de Dieu la couronne due à son triomphe. Le tyran qui préside à l'exécution, porte la couronne, et tient le sceptre en main. — Une peinture représente saint Laurent conférant le baptême à saint Romain, avec le même vase en bronze qui se conserve encore dans la sacristie de Saint-Laurent hors des Murs. — Dans les fresques de l'abside de l'antique église de Sainte-Cyriaque, au mont Gœlius, on voit, aux pieds de saint Laurent, l'argent monnayé, les riches vases d'or à l'usage du sacrifice, dont il se dispose à gratifier la foule de chrétiens et quelques clercs qui l'entourent. Plus loin, il est à genoux devant eux et leur lave humblement les pieds. Dans le troisième tableau, on a représenté une femme prosternée devant le Saint; celui-ci, debout, les yeux au ciel, lui dépose sur la tête le linge dont il vient de se servir dans le lavement des pieds. Cette femme était la pieuse veuve Cyriaque, dont la demeure servait d'asile aux fidèles persécutés. — Dans l'église de Saint-Nazaire et de Saint-Celse, à Ravenne, il est représenté tenant sa croix triomphale; auprès de lui se trouve le gril avec le brasier sur lequel il consomma son martyre, et une armoire ou bibliothèque, dans laquelle on remarque trois volumes sur lesquels on lit : Marcus, Matthæus, Lucas, le quatrième Joannes, est entre les mains du Saint. — On le représente aussi en dalmatique, tenant d'une main son gril, et de l'autre la palme du martyre.
## CULTE ET RELIQUES.
Les miracles qui se firent au tombeau du saint Martyr le rendirent célèbre; une multitude de temples furent élevés de tous côtés en son honneur. Mais ce fut surtout à Rome que sa protection se fit sentir; saint Léon le Grand dit que son patronage fut pour la ville de Rome ce que fut celui de saint Étienne pour Jérusalem, et Prudence attribue la conversion de la première de ces villes, principalement à son martyre. Aussi le culte de ce grand Saint y fut-il toujours particulièrement en honneur. Constantin fit bâtir une basilique sur son tombeau, qui est une des cinq patriarcales et une des sept principales stations, gouvernée aujourd'hui par des Chanoines réguliers de Saint-Augustin. Le corps de ce saint Martyr y est honoré. On y conserve aussi quelques morceaux du gril sur lequel il a été rôti; et, dans la tribune, derrière une grille dorée, on montre le marbre sur lequel le corps de saint Laurent fut mis après son martyre, et repose de longues années. Les traces de sang et de graisse liquéfiée y sont parfaitement visibles, quelqu'un en ait enlevé en plusieurs endroits pour les distribuer comme reliques. Le pape Alexandre II accorda une indulgence perpétuelle de quarante années et autant de quarantaines à tous ceux qui, s'étant confessés et ayant communié, visiteraient, quelque mercredi de l'année que ce fût, une église placée sous l'invocation de saint Laurent.
Le pape Damase honora aussi sa mémoire d'une autre église qui est collégiale, et qui se nomme Saint-Laurent in Damaso, où l'on conserve de sa cendre et des charbons qui servirent à le rôtir. Il y a encore, dans la même ville, Saint-Laurent in pane et perna, bâtie sur le lieu de son martyre, où l'on garde un des ossements de ses bras, avec quelques autres charbons de son brasier. Saint-Laurent in fonte, à l'endroit où ce grand Saint fit sortir une fontaine dont il se servit pour baptiser les nouveaux chrétiens. Saint-Laurent in Lucina, où il y a de sa chair brûlée teinte de son sang et de ses cendres. L'on y voit aussi la fourchette de fer dont les bourreaux se servirent pour attiser le feu, et le linge dont un ange vint essuyer ses plaies. Il y a de plus Saint-Laurent in Bergo Vecchio, Saint-Laurent le Petit et Saint-Laurent in Miranda. Dans le reste de l'Italie, les cathédrales de Viterbe, de Pérouse et de Gênes sont dédiées à saint Laurent; et en Espagne, la grande église d'Huesca, où il prit naissance, et la cathédrale de Burgos.
10 AGUT.
A Constantinople, l'impératrice sainte Pulchérie fit bâtir une belle église en son nom, où elle mit ses reliques; et l'empereur Justinien la rendit, depuis, encore plus magnifique.
Retiré de son tombeau à une époque inconnue (François Pouterla pense que ce fut au temps du pape saint Sylvestre), le chef de saint Laurent fut transporté d'abord au Sanctu Sanctorum, qui était la chapelle des Papes quand ils habitaient le palais du Latran, puis dans la chapelle Sixtine, au Vatican; puis enfin dans l'une des chapelles du palais du Quirinal, où il se trouve encore aujourd'hui. Ce chef vénérable s'est très-bien conservé. Le visage est recouvert de sa peau parfaitement lisse; la bouche a conservé toutes ses dents; la lèvre supérieure est visiblement contractée par l'action du feu ainsi que les yeux, dont l'un surtout est comme desséché. Ce chef est renfermé dans un beau reliquaire de forme gothique en argent doré et orné de bas-reliefs et d'émaux.
En 1860, à l'approche de l'invasion piémontaise, le saint pontife Pie IX l'a fait solennellement descendre au milieu de Rome, dans l'église de Saint-Laurent in Damaso, pour que le peuple, par des prières plus pressantes encore, vînt implorer le secours du grand défenseur du patrimoine de l'Église romaine.
Aujourd'hui, quoique Rome ait fait aux églises de nombreuses distributions des reliques du saint Martyr, la plus grande partie du corps repose toujours dans le lieu où saint Justin l'a déposé. Vers l'an 519, le pape Bormiadas détacha quelques particules du gril pour les envoyer à l'empereur Justin, qui l'en avait instamment prié par ses ambassadeurs.
L'église de Saint-Martin, de Laon, diocèse de Soissons (Aisne), expose, depuis le milieu du XIIIe siècle, le bras gauche et la main droite de saint Laurent, diacre et martyr. Voici ce que rapporte une tradition constante qui remonte à plus de six cents ans. Un religieux prémontré de Laon se sentit inspiré d'aller à la recherche d'une relique du bienheureux Martyr pour lequel il avait une dévotion particulière. Il quitte le monastère et va à Jerusalem. Là des religieux franciscains lui enjoignent de retourner à son monastère. Le religieux obéit, et après bien des fatigues il arrive en Hongrie dans un monastère de Prémontrés. Beaucoup de reliques y étaient négligées, entre autres une petite chasse contenant l'avant-bras gauche et la main de saint Laurent. Sa grande dévotion le pousse à enlever cette relique négligée par les religieux de ce monastère. Il l'enlève en effet et la transporte à Laon avec bien des fatigues. Lorsqu'il fut arrivé dans les environs de la ville, il fit prévenir Gautier ou Vautier de Bouxi (Wadferus), abbé de Saint-Martin. Quelques jours après une immense procession s'organisa pour venir chercher l'insigne relique. Anselme, cinquante et unième évêque de Laon, accompagné du Chapitre de sa cathédrale, vint la recevoir au pied de la montagne et la déposa dans l'église de Saint-Martin. Elle y a été conservée, honorée et exposée jusqu'à la Révolution française. Un pèlerinage s'était établi immédiatement et beaucoup de faveurs avaient été obtenues de Dieu par les pieux pèlerins. La fête de saint Laurent se célébrait très-solennellement le 10 août, le dimanche dans l'Octave et le jour de l'Octave. Chacun de ces trois jours on portait en procession la chasse où le bras était renfermé. Tous les pèlerins qui venaient vénérer la sainte face à Montreuil-sous-Laon ne manquaient pas d'aller également honorer la relique de saint Laurent. La chasse, don de la piété d'un roi de France, pesait 185 marcs d'argent doré. Le bras était posé sur un plat d'argent doré pesant 9 marcs. Autour du bras était une petite lame d'or très-fin sur laquelle était gravé en lettres gothiques : Bras de saint Laurent. Le pouce qui manquait à la main en avait été détaché pour être donné à une reine de France. Un tableau suspendu dans l'église représentait le religieux apportant le bras de saint Laurent.
Le 30 septembre 1793, la chasse et le bassin furent envoyés à la monnaie. Le sieur Selleux, administrateur de l'église paroissiale de Saint-Martin, étant présent à l'inventaire du mobilier, eut le bonheur de soustraire le bras de saint Laurent à l'impétuosité des révolutionnaires. Il a consigné sa déclaration dans un procès-verbal du 28 septembre 1793. Plusieurs anciens religieux de Prémontré de l'abbaye de Saint-Martin ont donné par écrit des attestations de l'identité de cette relique avec celle qu'ils avaient toujours vue dans l'église de Saint-Martin. Lors du rétablissement de celle en 1804, Selleux présenta la relique du bras de saint Laurent à l'autorité ecclésiastique avec toutes les pièces qui en constataient l'authenticité. Mgr Leblanc de Beaulieu, évêque de Soissons, fit comparaître les témoins, fit examiner et examina une série de procès-verbaux concernant l'enlèvement et l'identité de la relique, et en permit l'exposition publique dans l'église de Saint-Martin (15 avril 1804). En 1837, Mgr de Simony se fit représenter la châsse, l'ouvrit, examina les pièces, et après avoir vénéré la précieuse relique, retira deux petits ossements de l'extrémité du doigt index, scella de nouveau la chasse et confirma la permission de l'exposer à la vénération des fidèles.
Au diocèse de Ferentine, en Italie, on conserve, de temps immémorial, une ampoule de verre renfermant du sang du Martyr, desséché et adhérant aux parois du vase. Durant la plus grande partie de l'année, il demeure en cet état de coagulation; mais à l'approche du 10 août, dès le soir des premières Vêpres de la fête, il commence à se liquéfier et à entrer en ébullition. Au XVIIIe siècle, le pape Paul V fit constater l'authenticité de ce miracle, et fit renfermer quelques gouttes de ce sang miraculeux dans un riche reliquaire d'or, et déposer dans le trésor de Sainte-Marie-Majeure. On voit encore à Rome, dans l'église de Sainte-Marie, une grande partie de sa
tunique. Le reste de ses vêtements est conservé dans l'ancienne chapelle de notre Saint au palais de Latran, appelée, à cause des reliques insignes que les Papes y avaient réunies, Saint-Laurent ad fiancia Sanctorum.
La cathédrale de Nancy possède une côte de saint Laurent; elle fut conservée pendant la Révolution, reconnue et approuvée le 30 janvier 1803, par Mgr Ormond, et déposée dans la châsse de saint Sigisbert. L'église de Bouxières-aux-Dames, près Nancy, possède un fragment de côte du même Saint. L'église de Tounay, canton de Saint-Nicolas de Port, possède un beau fragment d'os, provenant d'un monastère d'Allemagne. Les Églises de Sens, du Mans, de Paris, obtinrent autrefois des souverains Pontifes quelques reliques du saint Martyr. Celle du Mans les a perdues durant la Révolution.
Outre les reliques dont nous venons de faire mention, en voici d'autres honorées sous le nom de saint Laurent: À Rome, de son bras, à Saint-Laurent hors des Murs et à Saint-Laurent-Panepens. De ses côtes, à Saint-Pierre, au Vatican, aux Douze-Apôtres, à Sainte-Croix-in-Jerusalem, à Sainte-Marie-in-Portica, à Sainte-Marie des Anges, à Sainte-Praxède. Une vertèbre, à Sainte-Marie-Majeure. À Sainte-Cécile, un os à demi brûlé. À Saint-Laurent-in-Damso, trois anneaux de sa chaîne, des cendres et des charbons. À Sainte-Marie-in-Cosmedia, de son gril. À Anvers, deux de ses doigts. De l'os des jambes, à Florence, à Padoue, à Sainte-Marie des Vierges, à Naples. De l'os des épaules, à Tongres, à Cologne. De son gril et des cendres, à l'Escurial, à Pérou. De son sang et de sa chair, à Liège. À Aix-la-Chapelle, une parcelle de son crâne, dans l'église de Saint-Jean-Baptiste à Borcelle; de son linceul et de sa dalmatique, dans l'église de Sainte-Thérèse. De ses ossements, à Venise, à Padoue, à Auxerre. À Sens, une vertèbre; à Molay, dans le même diocèse, de son gril et de ses ossements. À Romeville, diocèse de Saint-Brie, la moitié d'une dent. À Nevers, deux dents. À Montreuil-sur-Mer, une côte.
Nous nous sommes servi, pour compléter cette biographie, de l'Histoire de saint Laurent, par l'abbé Labouw; de l'Hagiologie Nivernoise, par Mgr Croquier; de Notes locales fournies par M. Henri Conquet, du chapitre de Sclazens, et par M. l'abbé de Blaye.
Événements marquants
- Naissance à Huesca en Espagne
- Éducation littéraire à Saragosse
- Rencontre avec le futur pape Sixte
- Nommé archidiacre de Rome par Sixte II
- Distribution des trésors de l'Église aux pauvres
- Guérisons miraculeuses d'aveugles (Lucille, Crescence)
- Conversion et baptême d'Hippolyte
- Présentation des pauvres comme 'trésors de l'Église' à l'empereur
- Martyre sur un gril sous le règne de Valérien
Miracles
- Guérison de la veuve Cyriaque
- Restitution de la vue à Crescence et Lucille
- Source miraculeuse jaillie en prison (Saint-Laurent in fonte)
- Liquéfaction annuelle de son sang à Ferentine
Citations
Voici les trésors de l'Église : trésors éternels qui augmentent toujours sans jamais diminuer.
Ma chair est présentement assez rôtie, tu peux en manger.