Saint Léandre de Séville
Résumé
Saint Léandre est l'artisan de la réforme liturgique en Espagne au VIe siècle, introduisant le symbole de Nicée pour contrer l'arianisme. Il joua un rôle clé dans la conversion des Goths et laissa des écrits majeurs, dont une règle pour sa sœur Florentine et un discours au concile de Tolède de 589.
Biographie
LITURGIE ET ÉCRITS DE SAINT LÉANDRE.
On doit à saint Léandre une réformation de la liturgie de l'Église d'Espagne. Cette liturgie prescrivit la récitation du symbole de Nicée à la messe, conformément à ce qui se pratiquait déjà en Orient, pour faire une déclaration expresse qu'on n'adhérait pas à l'arianisme. Peu de temps après, cette précieuse coutume passa dans l'Église de Rome et le reste de l'Occident.
L'Espagne reçut de Rome les premières lumières de la foi, comme nous l'apprenons de la lettre du pape Innocent Ier à Décennius, et c'est pour cela que saint Isidore dit, l. I., c. 15, Offec. ecc., que l'office des églises d'Espagne a été institué par saint Pierre. Les cérémonies et la discipline des mêmes églises avaient une origine romaine : c'est un fait dont on peut se convaincre par la lecture de leurs anciens conciles. Les Goths ariens substituèrent à la liturgie de Rome celle qu'Uphilus avait composée d'après les liturgies orientales. On croit que saint Léandre en fit une nouvelle d'après ces deux premières et d'après celle des Gaules. Saint Isidore et saint Ildefonse lui donnèrent ensuite un nouveau degré de perfection. L'Espagne ayant passé sous la domination des Sarrasins ou des Arabes, les chrétiens de ce royaume furent appelés *mixti Arabes*, c'est-à-dire *Arabes molles*, d'où leur liturgie prit le nom de *mozarabique*. Elle fit place à celle de Rome dans le XIe et dans le XIIe siècles. Le cardinal Ximenès rétablit la liturgie mozarabique en une chapelle de la cathédrale de Tolède ; elle est aussi en usage dans sept églises de la même ville, mais seulement pour le jour de la fête du patron.
Le P. Florès pense que la liturgie de saint Léandre n'était point différente de la mozarabique, et qu'à l'exception de quelques rites de peu d'importance, elle n'avait rien de commun avec celle des Orientaux. Voir sa *Spagna sagrada*, t. III, diss. de la Missa antiqua de Espagne, p. 187, 198, etc. Mais, quoique ces liturgies eussent entre elles beaucoup de conformité, elles avaient pourtant des différences considérables en quelques points. Nous apprenons ceci d'une lettre que le P. Durriel, savant jésuite, a donnée sur les monuments littéraires trouvés en Espagne. On puisera de grandes lumières sur cet article, ainsi que sur plusieurs autres particularités concernant l'antiquité ecclésiastique d'Espagne, dans la collection des manuscrits gothiques que le P. Florès a donnée au public. Les curieux consultèrent aussi avec plaisir la nouvelle édition des liturgies des églises chrétiennes, que MM. Assemani ont donnée à Rome en 15 vol. in-fol. La liturgie mozarabique a été imprimée à Rome, in-fol., par les soins du P. Lesley, jésuite écossais.
Le tome LXXV de la *Patrologie latine* de M. Migne, et le suivant, comprennent les liturgies mozarabiques. Il nous reste de saint Léandre : 1° une lettre à sa sœur Florentine, sous ce titre : *De l'institution des vierges et du mépris du monde* (tome LXXXII de la *Patrologie* de M. Migne) ; 2° un *Discours sur la conversion des Goths* : il fait partie du troisième Concile de Tolède, en l'an 589 (tome LXXII de la *Patrologie* de M. Migne).
Événements marquants
- Réformation de la liturgie de l'Église d'Espagne
- Introduction de la récitation du symbole de Nicée à la messe
- Conversion des Goths
- Participation au troisième Concile de Tolède en 589
Citations
De l'institution des vierges et du mépris du monde
Discours sur la conversion des Goths