Saint Élaphe de Châlons
Dix-septième évêque de Châlons-sur-Marne et Confesseur
Résumé
Évêque de Châlons au VIe siècle, Élaphe se distingua par sa piété, sa charité envers les pauvres et ses bâtisses religieuses. Envoyé en mission en Espagne par la reine Brunehaut pour rapporter des reliques, il mourut de fièvre durant le voyage en 587. Ses reliques, réputées miraculeuses, sont conservées à Châlons.
Biographie
SAINT ÉLAPHE,
DIX-SEPTIÈME ÉVÊQUE DE CHALONS-SUR-MARNE ET CONFESSEUR (587). — LE BIENHEUREUX GUERRIC DE TOURNAI, ABBÉ D'IGNY,
Elaphe naquit à Limoges, et eut pour père Léon. Dès son enfance il s'adonna tout entier à la piété. Il observait les lois divines avec une fidélité rare, et se conduisait avec tant de sagesse, qu'on ne remarqua jamais rien dans ses discours et dans ses mœurs qui fût inconvenant, ni qui se ressentît de la jeunesse.
Quand il fut monté sur le trône épiscopal de Châlons (572), il se montra un modèle parfait de toutes les vertus, donna l'exemple de toutes les bonnes œuvres, se fit chérir des princes par sa science et sa sainteté. Sa renommée se répandit au loin.
Son père étant mort, il était devenu maître de son héritage. Il voulut en faire un saint usage. De concert avec son frère Lumier, déjà diacre, ils dotèrent l'église de Saint-Étienne de Châlons de quatorze villages avec tous leurs droits et appartenances. Gilles, archevêque de Reims, souscrivit à cette donation.
Embrâsé du zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, Elaphe songea à élever un monument digne de sa ville épiscopale. Il consacra de grosses sommes d'argent à bâtir une cathédrale proche des Sibylles, au lieu où elle est à présent. Mais il ne lui fut pas donné de couronner son œuvre.
Pendant environ quatorze ans qu'Elaphe fut évêque de Châlons, il remplit parfaitement les devoirs de bon pasteur. Il prêchait de paroles et d'exemples, assistait libéralement les pauvres de ses grands biens, allait même chercher les malades pour les soulager dans leurs infirmités, les consolait par de douces paroles et leur administrait les sacrements.
Saint Elaphe fut honoré d'une mission de confiance, mais qui lui devint fatale. La reine Brunehaut l'envoya en Espagne pour avoir des reliques de la vierge sainte Eutalie, et les rapporter en France. Mais une fièvre violente, causée par les fatigues du voyage et par les grandes chaleurs, le surprit en chemin et l'enleva à l'amour de son peuple. Son corps fut rapporté dans sa ville. Son décès est marqué le 19 août de l'an 587.
On l'enterra dans la nef de l'église de Saint-Jean-Baptiste, au côté droit du crucifix. Mais les miracles ayant continué d'attester sa sainteté, on plaça ses reliques dans une belle chasse, que l'on déposa dans l'église de Saint-Pierre, où il fut toujours révéré comme saint. Ce fut Guidon II, cinquante-deuxième évêque, qui en fit la translation en l'année 1145. Depuis la destruction de l'abbaye de Saint-Pierre, ces précieuses reliques furent transportées dans l'église du saint précurseur, et c'est encore là maintenant qu'on les présente à la vénération des fidèles.
On célèbre la fête de saint Elaphe le 19 août.
Extrait des Beautés de l'histoire de la Champagne, par l'abbé Bellot.
Événements marquants
- Accession au trône épiscopal de Châlons en 572
- Donation de quatorze villages à l'église Saint-Étienne
- Construction d'une cathédrale proche des Sibylles
- Mission en Espagne pour la reine Brunehaut
- Translation des reliques en 1145 par Guidon II
Miracles
- Miracles posthumes attestant sa sainteté ayant mené à la translation de ses reliques